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ISBN : 2072442125
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se pose... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Sharvey, le 23 décembre 2013

    Sharvey
    Après avoir bien posé et démarqué les différences biologiques entre les hommes et les femmes, ainsi que leurs conséquences historiques et dans l'imaginaire collectif, De Beauvoir se penche ici sur la formation des femmes, sur ce que l'on leur inculque, de même que sur leurs situations dans le monde; elle termine l'ouvrage en donnant quelques pistes ouvrant vers une libération.
    Ce livre, autant "coup de poing" que le premier, permet de bien voir la différence d'éducation entre les sexes. De Beauvoir y démontre comment l'éducation de la petite fille, la porte à - déjà - se pencher vers des activités plus calmes et restreintes - à l'attente - tandis que l'éducation dont bénéficie le petit garçon - plus laxiste et ouverte - le dispose à plus d'expérimentations et de découvertes - à l'action. Cette situation s'amplifie à l'adolescence où la jeune fille apprend la beauté, où elle comprend qu'elle doit plaire, mais que pour cela, elle se doit d'être passive, de s'effacer devant les garçons, que: "Toute affirmation d'elle-même diminue sa féminité et ses chances de séduction." (p.98) La jeune fille doit ainsi renoncer à son moi, à ses chances d'épanouissement personnel ce qui explique pourquoi elle se met au service des intérêts et actions de l'homme si facilement: elle cherche à compenser son manque de développement personnel en s'affiliant à celui de l'homme.
    La situation de la femme est aussi, trop souvent, problématique; en fait : « La lourde malédiction qui pèse sur elle, c'est que le sens même de son existence n'est pas entre ses mains. » (p.277) Ainsi, dans le mariage comme dans la prostitution ou le célibat, la femme ne peut, bien souvent, se réaliser et s'épanouir à la mesure de ses potentialités. Il en ressort maints rivalités, jalousies, souffrances et désœuvrement (qui se fait parfois sentir plus tardivement dans sa vie, c'est-à-dire lorsque la femme a accompli ce qu'on attendait d'elle : la maternité et le rôle de femme au foyer le plus souvent, mais en tous les cas : une position plutôt soumise et passive).
    Simone de Beauvoir a écrit ses deux livres vers la fin des années 40. La situation a évidemment évolué positivement depuis. Il y a des possibilités de libération et celles-ci ont été saisies par plusieurs. de fait, les femmes réussissent de plus en plus à conquérir leur indépendance; elles travaillent, elles étudient, elles expérimentent différentes sphères d'activités et elles peuvent faire à peu près tout ce que les hommes de leur âge peuvent. Et pourtant, un long chemin reste à parcourir si nous voulons un monde vraiment égalitaire. La femme est encore très prise dans des questions d'images et de séduction. Elle est encore, très souvent, gardienne des valeurs et traditions familiales et les contraintes matérielles de la vie familiale lui incombent en plus grande part dans beaucoup de ménages. En fait, plus qu'il n'en appert dans cette critique, cette situation est d'une grande complexité et un cercle vicieux s'est instauré où chacun des deux camps y perd et y gagne; « (…) les deux sexes sont chacun victimes à la fois de l'autre et de soi (…) chaque camp est complice de son ennemi (…) » (p.637). Cependant, De Beauvoir termine cet ouvrage noblement en nous enjoignant à évoluer collectivement afin de faire « triompher le règne de la liberté » (p.652), règne où les deux genres ont à gagner en liberté mais aussi en authenticité et en épanouissement.

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    • Livres 2.00/5
    Par lecassin, le 27 novembre 2012

    lecassin
    « Le deuxième sexe » constitue une étude fouillée qui pose, entre autres questions, la question de l'existence ou non d'une identité féminine innée, pour mieux la récuser : « on ne naît pas femme on le devient »…
    S'appuyant sur l'infériorisation de la femme à travers les âges dans tous les domaines de la société, hors la maison, Simone de Beauvoir s'attache à démontrer que tout, les parents, la société, la religion, formate les femmes dans leur infériorité par rapport au « mâle » ; et que mariage et enfants sont un piège qui les cloue à la maison et les empêche de se réaliser en tant qu'individu à l'extérieur. D'où le militantisme de Simone de Beauvoir pour une égalité homme/femme qui selon elle rendrait les deux plus libres…
    Le deuxième sexe constitue un des piliers du néo-féminisme post soixante-huitard qui connaîtra son apogée dans le milieu des années soixante-dix. le slogan, car c'en est un, «On ne naît pas femme on le devient » faisant écho à l'autre, celui du mouvement de mai 68, «Il est interdit d'interdire».
    Quoiqu'il en soit, les faits sont là…présentés, détaillés, analysés. Il n'en reste pas moins que l'interprétation qu'en fait Simone de Beauvoir est parfois un peu « tirée par les cheveux ». Un grand texte, à lire, tout en gardant à l'esprit qu'il s'agit d'un texte militant : le credo d'une femme engagée pour la reconnaissance du droit des femmes.
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    • Livres 5.00/5
    Par Shakespeare, le 25 juillet 2014

    Shakespeare
    « À présent, je sais tout sur le vagin de votre patronne » aura écrit François Mauriac à la revue des Temps modernes après avoir lu le Deuxième sexe. Si l'expression est moqueuse, il y a un tout de même un fond de vérité. Car lorsque Simone de Beauvoir se propose de comprendre la situation de la femme pour en expliquer sa condition, elle vise l'exhaustivité. En effet, après un premier tome présentant la femme d'aujourd'hui (deuxième moitié du XXème) sous sa condition biologique, historique, et psychologique, la philosophe poursuit son analyse afin de voir dans quelles mesures ladite condition peut changer.
    De Beauvoir pousse ainsi l'analyse et l'interprétation encore plus loin dans ce deuxième tome. Elle n'en reste pas moins tout aussi exhaustive, multipliant les références artistiques et les témoignages. D'un style très accessible, Castor – comme l'appelait Sartre – justifie chaque observation. Maintes fois le lecteur semble découvrir une évidence qui lui avait jusqu'alors échappé. La philosophe réussit à capter l'attention tout au long de son ouvrage : de la remise en question du complexe d'Œdipe jusqu'aux études des femmes les plus névrosées. le seul regret, c'est qu'en tant que lecteur du XXIème siècle, on aurait aimé une actualisation de l'ouvrage. La naissance d'internet et le rapport des femmes à ce média auraient sûrement constitué un chapitre supplémentaire conséquent.

    Ceci étant dit, De Beauvoir répond bel et bien à la problématique. Et si les femmes sont passées au crible sous la plume, les hommes ne sont pas en reste. Si bien que la critique touche aussi bien le premier que le deuxième sexe. Simone de Beauvoir n'est d'ailleurs pas tendre avec l'espèce humaine en général et un certain cynisme se dégage par moment : « ce que l'homme et la femme haïssent l'un chez l'autre, c'est l'échec éclatant de sa propre mauvaise foi et de sa propre lâcheté » affirme-t-elle d'ailleurs dans sa conclusion…
    Pour autant, cynique ne veut pas dire fataliste. C'est alors que le courant existentialiste se fait sentir. A l'instar de Sartre, De Beauvoir ne croit pas au destin et considère que nous avons tous en nous la possibilité de décider de notre avenir. Seulement, lorsque Beauvoir présente les solutions dans sa conclusion, si l'utopie semble bel et bien possible, on peut y déceler un léger paradoxe amenant à un certain fatalisme. En effet De Beauvoir propose entre autre d'éduquer les enfants pareillement, sans distinction de sexe et de ne pas les abandonner aux parents mais de les faire éduquer par la communauté. L'idée est estimable, mais cela ne signifie-t-il pas que nous, adultes lecteurs, sommes déjà déterminés par notre éducation qui ne fut pas celle décrite ci-dessus ? Dès lors, comment infléchir le cours de notre destin, de notre situation d'homme ou de femme si nous avons été, notre enfance durant, influencés malgré nous ? Simone de Beauvoir semble proposer une solution pour les générations à venir, mais notre présent inégalitaire semble quelque peu perdu. Nous sommes dans une période évolutive, nous ne connaîtrons ainsi pas le fruit de nos actions. C'est en cela que la conclusion semble quelque peu fataliste, ce qui est paradoxal pour une existentialiste…
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 22 juillet 2014

    fx131
    Aprés avoir fait un ètat des lieux de la condition féminine , mme De Beauvoir s'attaque ici a l'éducation qui était celle des femmes à cette époque . Comme le premier tome , cet opus est trés incisif , percutant , utile à une socièté qui encore de nos jours considére la femme comme une potiche . Indispensable.
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    • Livres 5.00/5
    Par CharlotteL, le 19 novembre 2014

    CharlotteL
    Un classique incontournable

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Citations et extraits

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  • Par Jcequejelis, le 03 octobre 2014

    Les hommes que nous appelons grands sont ceux qui ‑ d'une façon ou de l'autre ‑ ont chargé leurs épaules du poids du monde : ils s'en sont plus ou moins bien tirés, ils ont réussi à le recréer ou ils ont sombré; mais d'abord ils ont assumé cet énorme fardeau. C'est là ce qu'aucune femme n'a jamais fait, ce qu'aucune n'a jamais pu faire. Pour regarder l'univers comme sien, pour s'estimer coupable de ses fautes et se glorifier de ses progrès, il faut appartenir à la caste des privilégiés; à ceux‑là seuls qui en détiennent les commandes il appartient de le justifier en le modifiant, en le pensant, en le dévoilant; seuls ils peuvent se reconnaître en lui et tenter d'y imprimer leur marque. C'est dans l'homme, non dans la femme, qu'a pu jusqu’ici s’incarner l'Homme. Or, les individus qui nous paraissent exemplaires, ceux qu'on décore du nom de génies, ce sont ceux qui ont prétendu jouer dans leur existence singulière le sort de l'humanité tout entière. Aucune femme ne s'y est crue autorisée. Comment Van Gogh aurait‑il pu naître femme? Une femme n'aurait pas été envoyée en mission dans le Borinage, elle n'aurait pas senti la misère des hommes comme son propre crime, elle n'aurait pas cherché une rédemption; elle n'aurait donc jamais peint les tournesols de Van Gogh. Sans compter que le genre de vie du peintre - la solitude d'Arles, la fréquentation des cafés, des bordels, tout ce qui alimentait l'art de Van Gogh en alimentant sa sensibilité ‑ lui eût été interdit. Une femme n'aurait jamais pu devenir Kafka : dans ses doutes et ses inquiétudes, elle eût pas reconnu l'angoisse de l'Homme chassé du paradis. il n'y a guère que sainte Thérèse qui ait vécu pour son compte, dans un total délaissement, la condition humaine : on a vu pourquoi. Se situant par‑delà les hiérarchies terrestres, elle ne sentait pas plus que saint Jean de la Croix un plafond rassurant au‑dessus de sa tête. C'était pour tous deux la même nuit, les mêmes éclats de lumière, en soi le même néant, en Dieu la même plénitude. Quand enfin il sera ainsi possible à tout être humain de placer son orgueil par‑delà la différenciation sexuelle, dans la difficile gloire de sa libre existence, alors seulement la femme pourra confondre son histoire, ses problèmes, ses doutes, ses espoirs, avec ceux de l'humanité; alors seulement elle pourra chercher dans sa vie et ses œuvres à dévoiler la réalité tout entière et non seulement sa personne. Tant qu'elle a encore à lutter pour devenir un être humain, elle ne saurait être une créatrice.

    [21e édition p. 557]

    2035
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  • Par lecassin, le 07 décembre 2011

    Les femmes d'aujourd'hui sont en train de détrôner le mythe de la féminité; elles commencent à affirmer concrètement leur indépendance; mais ce n'est pas sans peine qu'elles réussissent à vivre intégralement de leur condition d'être humain.


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  • Par pictura, le 16 mars 2014

    La jeune fille sensible et généreuse, réceptive et ardente, est toute prête à devenir une grande amoureuse.
    Quand elle ne rencontre pas l’amour, il lui arrive de rencontrer la poésie.

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  • Par lecassin, le 07 décembre 2011

    La prostituée est un bouc émissaire; l'homme se délivre sur elle de sa turpitude et il la renie. Qu'un statut légal la mette sous une surveillance policière ou qu'elle travaille dans la clandestinité, elle est en cas traitée en paria.


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  • Par lecassin, le 07 décembre 2011

    Une des malédictions qui pèse sur la femme c'est que, dans son enfance, elle est abandonnée aux mains des femmes. Le garçon aussi est d'abord élevé par sa mère; mais elle a du respect pour sa virilité et il lui échappe très vite.


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