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ISBN : 2070365336
Éditeur : Gallimard (1974)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 64 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Si l'on nous offrait l'immortalité sur la terre, qui est-ce qui accepterait ce triste présent? Demande Jean-Jacques Rousseau dans l'Emile. Ce livre est l'histoire d'un homme qui a accepté.
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 26 septembre 2009

    monito
    Dans ce roman, Simone de Beauvoir reprend un mythe classique en littérature, celui de l'immortalité. Raymond Fosca se voit un jour proposer ce marché, laisser la vie sauve à une pauvre âme contre l'assurance de la vie éternelle. Prince toscan du 13ème siècle, avide de grand œuvre, il n'hésite pas malgré les préventions faites, et boit une bouteille d'un élixir qui lui assure la vie éternelle.
    C'est l'histoire de ce flash back de plusieurs siècles qui anime les pages de ce roman. De Charles Quint à Jacques Cartier en passant par le siècle des Lumières et la Révolution de 1848 pour en finir par les années d'après guerre en France, dans un tête à tête entre Fosca et Régine, une actrice, avide de gloire et sûre de son existence…enfin presque.
    Au-delà de l'immortalité et de la mort profonde qu'elle provoque chez Fosca qui ne revit que quelques fois grâce à des femmes ou à des causes qui lui donnent l'illusion d'agir et de vivre, tout en étant mort, ce roman est aussi un plaidoyer pour l'homme, pour son action, pour sa folie. L'Homme sait qu'il est mortel, sait que ce qu'il construit ou ce à quoi il aspire ne le satisfera pas, qu'il ne verra sans doute pas le bout et l'achèvement de ses objectifs. L'Homme sait que même une fois atteints ses objectifs seront remplacés par d'autres, parce qu'il est par nature insatisfait et c'est cette insatisfaction, cette recherche de plus ou de différent qui fait de lui un Homme vivant.
    Fosca voit, au travers du destin des personnages qu'il nous fait croiser, que c'est toujours la même histoire qui recommence.
    Au-delà de l'horreur de la vie éternelle, c'est la beauté de l'action de l'Homme qui l'emporte. Quoi qu'il arrive, en dépit des fautes et des horreurs commises, il cherche à agir, pour améliorer son sort, améliorer aussi celui de l'ensemble, toujours face aux mêmes forces contraires, un éternel recommencement.
    Faut-il alors craindre la mort et dire que nos vies ne servent à rien, puisqu'au final, tout ce qui a précédé et tout ce qui suivra ne sera toujours qu'un recommencement et que à peine nés nous sommes déjà morts comme le constate amèrement Fosca ? Faut-il au contraire être impressionné et porté par cette force – éternelle – qui guide nos pas ?
    Fosca mesure au fil des pages ces phrases qui lui furent dites et répétées comme un leitmotiv au cours des siècles qu'il a traversés : c'est parce qu'ils meurent que les hommes vivent…
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    • Livres 5.00/5
    Par leolechat, le 27 septembre 2012

    leolechat
    - « Il faut beaucoup de force, beaucoup d'orgueil ou beaucoup d'amour pour croire que les actes d'un homme ont de l'importance et que la vie l'emporte sur la mort . » Des paroles implacables que prononce Fosca l'immortel, l'anti-héros de ce roman de Simone de Beauvoir.
    Ce roman-fleuve, mélange de plusieurs genres, est à la fois un roman philosophique, historique, fantastique et psychologique. C'est également une réflexion sur la condition humaine, une démonstration de l'existentialisme, théorie qui soutient la supériorité de l'existence humaine sur toute autre essence. Puisque Fosca est immortel, il ne peut pas être un homme puisque toute existence est soumise à la mort et que c'est justement cette prise de conscience par l'homme de sa fin inéluctable qui rend les moments qu'il vit aussi précieux et qui vont le motiver à s'engager dans l'action et à vivre pleinement ses passions en se sachant condamné !

    Ce conte philosophique nous raconte l'épopée de Fosca qui a délibérément opté pour l'immortalité et la jeunesse éternelle, et qui tel Sisyphe, voué à faire éternellement rouler son rocher, n'en peut plus de voir le temps s'écouler et souffre de la lassitude auquelle le condamne un cadeau qui se révèle empoisonné...
    Éternel voyageur du temps, Fosca voit le jour en 1279 dans un palais de la ville imaginaire de Carmona, en Italie. Une cité gouvernée par une succession de tyrans, dévastée par des guerres incessantes et gangrenée par la pauvreté de ses habitants frappés par de nombreux impôts.
    Fosca se voit un jour offrir l'élixir de vie par un vieux mendiant, à condition qu'il lui laisse la vie sauve. Il accepte ce marché avec joie, pensant que sa qualité d'immortel va enfin lui permettre d'assouvir ses ambitions démesurées. Il sera tour à tour : prince régnant de Carmona, conseiller secret de Charles Quint, explorateur du nouveau monde, scientifique et révolutionnaire. Il rencontre également l'amour sous les traits de plusieurs femmes qui vont traverser sa vie, mais finit cependant par épuiser tous ses désirs et sombre alors dans l'ennui, puis dans l'apathie. Son chemin d'errance va alors croiser celui de Régine, à qui il va faire le récit de sa vie. Actrice de théâtre, égocentrique, vaniteuse, rongée par l'envie et la méchanceté, cette dernière pense pouvoir acquérir l'immortalité en restant gravée dans la mémoire de Fosca. Elle finit cependant par déchanter, quand elle prend conscience qu'elle n'est qu'un "brin d'herbe", elle pousse alors un cri terrible et sombre dans la folie...
    Et si l'immortalité dont tout homme a rêvé un jour, n'était qu'un long et sombre cauchemar ? Alors, cadeau ou fardeau ?

    Ce roman que j'avais déjà lu il y a quelques années, est pour moi une redécouverte et le sujet d'un nouvel émerveillement. Au-delà d'une profonde réflexion sur le thème de l'immortalité, cette lecture est un vrai bonheur pour la richesse du vocabulaire employé par l'auteure, les dialogues savoureux et la consistance des personnages. C'est à mon humble avis, l'un des meilleurs romans de l'oeuvre de cette grande philosophe ! Cette nouvelle plongée dans l'univers de Simone de Beauvoir me donne d'ailleurs envie de relire quelques classiques, notamment "L'Oeuvre au noir" de Marguerite Yourcenar, où il est question d'alchimie !

    Lien : http://leslecturesdisabello.blogspot.fr/2012/09/tous-les-hommes-sont..
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    • Livres 4.00/5
    Par alicejo, le 21 avril 2010

    alicejo
    La vie à travers les siècles d'un homme ambitieux qui a choisi l'immortalité pour mener à bien ses envies de pouvoir. Un choix qu'il va être vite amené à regretter...

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    • Livres 5.00/5
    Par EmilyB, le 15 août 2014

    EmilyB
    Un de mes livres préférés. Très accessible. Simone de Beauvoir imagine dans cette oeuvre la vie, l'histoire d'un immortel. Un vrai.

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Citations et extraits

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  • Par kris334, le 28 juin 2014

    Mais quant à moi, ma poitrine était gonflée d'une houle trop puissante ; je ne pouvais rien entendre hors cette voix triomphante qui jamais ne résonnerait aux oreilles d'un homme ; c'était ma propre voix et elle me disait : voilà que l'Univers m'appartient pour toujours, à moi seul; il est mon domaine et personne ne peut le partager avec moi. Charles gouvernera quelques années, et moi j'ai devant moi l'éternité. Je m'approchai de la fenêtre. Je regardai le ciel étoilé que traversait une ceinture de lait ; des millions de millions d'étoiles. Et sous mes pieds une seule terre : ma terre; Elle flottait toute ronde dans l'éther, tachetée de bleu, de jaune et de vert ; je la voyais. Des vaisseaux voguaient sur les mers ; des routes sillonnaient les continents: et moi, d'un geste de ma mains, j'arrachais les forêts inextricables, j'asséchais les marécages, je réglais le cours des fleuves ; le sol se couvrait de champs et de pâturages, des villes poussaient aux croisement des routes. Les plus humbles tisserands habitaient des grandes maison claires, les greniers étaient pleins de pur froment ; tous les hommes riches, forts et beaux, tous étaient heureux. Je pensai : "Je ressusciterai le paradis terrestre."
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  • Par Alixone, le 15 août 2013

    Un des moines hérétiques que nous avons fait bruler m'a dit avant de mourir : il n'y a qu'un seul bien, c'est d'agir selon sa conscience. Si cela est vrai, il est vain de vouloir dominer la terre; on ne peut rien pour les hommes, leur bien ne dépend que d'eux mêmes.

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  • Par kris334, le 28 juin 2014

    Mais quant à moi, ma poitrine était gonflée d'une houle trop puissante ; je ne pouvais rien entendre hors cette voix triomphante qui jamais ne résonnerait aux oreilles d'un homme ; c'était ma propre voix et elle me disait : voilà que l'Univers m'appartient pour toujours, à moi seul; il est mon domaine et personne ne peut le partager avec moi. Charles gouvernera quelques années, et moi j'ai devant moi l'éternité. Je m'approchai de la fenêtre. Je regardai le ciel étoilé que traversait une ceinture de lait ; des millions de millions d'étoiles. Et sous mes pieds une seule terre : ma terre; Elle flottait toute ronde dans l'éther, tachetée de bleu, de jaune et de vert ; je la voyais. Des vaisseaux voguaient sur les mers ; des routes sillonnaient les continents: et moi, d'un geste de ma mains, j'arrachais les forêts inextricables, j'asséchais les marécages, je réglais le cours des fleuves ; le sol se couvrait de champs et de pâturages, des villes poussaient aux croisement des routes. Les plus humbles tisserands habitaient des grandes maison claires, les greniers étaient pleins de pur froment ; tous les hommes riches, forts et beaux, tous étaient heureux. Je pensai : "Je ressusciterai le paradis terrestre."
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  • Par kris334, le 28 juin 2014

    Mais quant à moi, ma poitrine était gonflée d'une houle trop puissante ; je ne pouvais rien entendre hors cette voix triomphante qui jamais ne résonnerait aux oreilles d'un homme ; c'était ma propre voix et elle me disait : voilà que l'Univers m'appartient pour toujours, à moi seul; il est mon domaine et personne ne peut le partager avec moi. Charles gouvernera quelques années, et moi j'ai devant moi l'éternité. Je m'approchai de la fenêtre. Je regardai le ciel étoilé que traversait une ceinture de lait ; des millions de millions d'étoiles. Et sous mes pieds une seule terre : ma terre; Elle flottait toute ronde dans l'éther, tachetée de bleu, de jaune et de vert ; je la voyais. Des vaisseaux voguaient sur les mers ; des routes sillonnaient les continents: et moi, d'un geste de ma mains, j'arrachais les forêts inextricables, j'asséchais les marécages, je réglais le cours des fleuves ; le sol se couvrait de champs et de pâturages, des villes poussaient aux croisement des routes. Les plus humbles tisserands habitaient des grandes maison claires, les greniers étaient pleins de pur froment ; tous les hommes riches, forts et beaux, tous étaient heureux. Je pensai : "Je ressusciterai le paradis terrestre."
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  • Par Ivich, le 24 avril 2014

    "Elle rabattit sur ses jambes les pans de sa robe de chambre et se pelotonna de nouveau sur le tapis. Mais il avait suffit de ce coup de sonnette pour ternir la perfection de cet instant. Maintenant, le reste du monde existait de l'autre côté de la porte, Régine n'était plus seule avec elle-même. Elle regarda les abat-jour de parchemin, les masques japonais, tous ces bibelots qu'elle avait choisis un à un et qui lui rappelaient de précieuses minutes ; ils se taisaient, les minutes s'étaient fanées ; celle-ci allait se faner comme les autres. La petite fille ardente était morte, la jeune femme avide allait mourir, et cette grande actrice qu'elle souhaitait si passionnément devenir mourrait aussi. Peut-être les hommes se rappelleraient-ils quelque temps son nom. Mais ce goût singulier de sa vie sur ses lèvres, cette passion qui brûlait son coeur, la beauté des flammes rouges et leurs secrètes fantasmagories, personne ne pourrait s'en souvenir. "
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