ISBN : 2707300705
Éditeur : Editions de Minuit (1957)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 118 notes) Ajouter à mes livres
« Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d’immobilité, cette notion d’enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu’il peut faire c’est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ianf, le 22 décembre 2010

    ianf
    On ne peut Pas résumer Fin de partie, simplement parce qu'il n'y a Pas d'intrigue, Pas d'histoire au sens propre. Ce sont quatre personnages - Clov et Hamm, Nagg et Nell ; c'est un lieu clos - car au dehors, c'est "Mortibus" ; c'est une boucle sans fin ; c'est un temps inexistant ; c'est surtout des répliques, des dialogues, des relations entre les personnages magnifiquement mis en scène par le génie de Beckett.
    Fin de partie, c'est aussi la mise en évidence de la misère de la condition humaine dans tout ce qu'elle a de plus ignoble, de plus inutile. Oui, l'homme est inutile, la vie est un fardeau (Hamm dira à son père : "Salopard ! Pourquoi m'as-tu fait ?"), et l'attente d'une mort qui semble refuser de se montrer : Hamm prie pour que ça ne "rebondisse Pas", et si "quelque chose suit son cours", si "ça avance", les personnages continuent d'attendre, mais en vain : la fin de la pièce est un écho au début, et si quelques éléments peuvent faire penser qu'en effet, ça va finir, l'impression de boucle et d'éternel recommencement nous fait réaliser que ce n'est Pas fini. Clov l'annonce lui-même, dès la première (et somptueuse) réplique de Fin de partie : "Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir." Fin de partie nous raconte une fin qui n'en finit Pas de finir, et qui au fond, semble ne jamais vouloir s'achever.
    Mais, plus que tout encore, Fin de partie est l'éloge du théâtre le plus fascinant qui existe. Cette pièce, si elle s'éloigne du théâtre traditionnel comme le théâtre shakespearien (d'ailleurs, Beckett y fait de multiples allusions : "Mon royaume pour un boueux", dira Hamm), est en fait au plus proche du théâtre, car c'est dans cet art qu'elle puise toute sa force. Les personnages sont des acteurs en train de jouer (Clov sert "à donner la réplique" à Hamm, qui se demande : "Pourquoi cette comédie, tous les jours ?"), comme le suggère la première pantomime de Clov ; ils dialoguent dans cet espace exigu qu'est la scène de théâtre. Les objets, le décor, les mouvements comptent davantage que les paroles et que l'intrigue, preuve évidente que c'est au coeur de l'essence théâtrale que Beckett puise toute la force de son oeuvre.
    Fin de partie, pièce en un acte emplie de métathéâtralité (théâtre dans le théâtre), combine tous les thèmes chers à Beckett : la condition humaine faible et misérable (on n'est Pas sans penser à Pascal en lisant la pièce), les relations entre individus, le langage qui perd sa splendeur et se déconstruit ("tout est a - (bâillements) - bsolu"...), et surtout le théâtre. Car Fin de partie, en tant que pièce qui va à l'encontre du modèle théâtral ordinaire (personnages vides, absence de scène d'exposition et de fin, langage déconstruit, aucune intrigue, références classiques détournées tel le couple maître-valet qui devient le couple parodique Hamm-Clov, etc.), est en fait le théâtre en lui-même. C'est ça qui en fait un chef-d'oeuvre, et même très certainement supérieur à En attendant Godot.
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 27 décembre 2007

    chartel
    Samuel Beckett, un inconnu, un mystère, une énigme. Tellement encensé par certains, tellement honni par d'autres (beaucoup moins nombreux peut-être.) Je ne pouvais rester plus longtemps dans l'ignorance et avant de connaître l'homme, j'ai découvert l'une de ses nombreuses pièces, « Fin de partie ». Ce choix s'est fait logiquement, parce que j'avais pu voir une mise en scène de cette œuvre (par Jean-Claude Fall au CDN Languedoc-Roussillon, à l'automne 2006). Si je n'ai Pas gardé un très grand souvenir de la pièce jouée, j'ai tout de même senti le besoin de lire le texte, et ce fut un vrai bonheur. Si Samuel Beckett a marqué son époque, c'est sûrement parce qu'il a renouvelé le théâtre. Tout d'abord, on est saisi par la surabondance et le pointillisme des didascalies. Elles sont, en effet, omniprésentes, précisant le moindre geste, la moindre attitude ou pause de chaque personnage. Je ne saurais expliquer les raisons de cette méticulosité formelle, mais elle réduit considérablement la liberté du metteur en scène et des acteurs. Mais ce dirigisme apparent s'accompagne d'une grande liberté d'interprétation du sens de la pièce.
    Elle montre le temps qui Passe inexorablement, pour Hamm, son serviteur Clov ainsi qu'un duo probable de vieux parents, Nagg et Nell. La parcimonie des informations sur les raisons de la présence de tous ces personnages, ainsi que sur leurs liens réciproques aide à mettre au premier plan de la pièce l'absurdité de leurs faits et gestes. Samuel Beckett expose des êtres vivant dans leur routine et leur morne quotidien, attendant Passivement la fin prochaine de leur petit manège. Cette impuissance de l'Homme face à l'existence est symbolisée par la paralysie des personnages. Hamm ne peut quitter son fauteuil roulant, Nagg et Nell vivent cloîtrés dans leurs poubelles, et Clov, le seul être pourtant mobile, reste soumis aux ordres et volontés de Hamm.
    Les personnages de cette pièce sont donc des êtres insignifiants, englués dans leurs petits Passe-temps quotidiens, spectateurs du vide existentiel à L'Image de Clov qui répète inlassablement : « quelque chose suit son cours ». Samuel Beckett ne nous raconte Pas une histoire pour occuper un peu de notre temps, mais il ouvre grand nos yeux sur ce temps qui Passe.
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    • Livres 4.00/5
    Par spicyfrog, le 18 novembre 2011

    spicyfrog
    Fin de partie est une pièce de théâtre qui nous laisse perplexe du début à la fin. Beckett à pour habitude que la pièce suit un cours inattendu et surtout, on se demande qu'elle est le but de cette pièce. L'extinction de l'espèce humaine où il ne resterait que deux personnes qui se détestent en même temps qu'ils doivent s'apprécier vis-à-vis du fait qu'ils ne restent plus qu'eux? Les personnages sont à la fois comique, touchant, fascinant et celui de Hamm nous montre ce que peut être la cruauté humaine. Chapeau à Beckett qui manie le théâtre de l'absurde avec un talent incroyable.
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    • Livres 5.00/5
    Par Megh, le 19 novembre 2010

    Megh
    Que dire de ce livre ? Je l'ai littéralement adoré. J'adore ce genre de théâtre, un théâtre de l'absurde où les dialogues s'enchaînent et n'ont ni queue ni tête. le style est simple, épuré et les répliques sont loufoques. Quand bien même ce livre présente un aspect cruel, tout dépend du point de vue, pour ma part je l'ai trouvé poétique. Il y a certaines citations comme ça que j'aimerais garder en tête tout le temps, tellement je les trouve belle. La lecture est rapide, agréable.
    A lire, tout simplement.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ulrikya, le 21 mai 2011

    Ulrikya
    Les conditions des personnages semblent être déroutantes mais les touches d'humour noir par ci et là de la part de Beckett nuancent cette atmosphère apocalyptique.
    Entre la vie et la mort, les personnages sont à court d'idée, seul l'isolement et la mort semblent être leur réconfort.
    Très beau livre.
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Citations et extraits

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  • Par AgathaMM, le 08 février 2012


    HAMM-Salopard, pourquoi tu m'as fait?
    NAGG-Je ne pouvais pas savoir.
    HAMM-Quoi? Qu'est ce que tu ne pouvais pas savoir?
    NAGG-Que ce serait toi. (...).
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  • Par AgathaMM, le 08 février 2012

    Quelque chose suit son cours
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  • Par chartel, le 28 décembre 2007

    NAGG (bas). – Tu as entendu ? Un cœur dans la tête !

    Il glousse précautionneusement.

    NELL. – Il ne faut pas rire de ces choses, Nagg. Pourquoi en ris-tu toujours ?

    NAGG. – Pas si fort !

    NELL (sans baisser la voix). – Rien n’est plus drôle que le malheur, je te l’accorde. Mais –

    NAGG (scandalisé). – Oh !

    NELL. – Si, si, c’est la chose la plus comique au monde. Et nous en rions, nous en rions, de bon cœur, les premiers temps. Mais c’est toujours la même chose. Oui, c’est comme la bonne histoire qu’on nous raconte trop souvent, nous la trouvons toujours bonne, mais nous n’en rions plus.

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  • Par Morgouille, le 14 juin 2009

    HAMM. — Prions Dieu.
    CLOV. — Encore ?
    NAGG. — Ma dragée !
    HAMM. — Dieu d’abord ! (Un temps.) Vous y êtes ?
    CLOV (résigné). — Allons-y.
    HAMM (à Nagg). — Et toi ?
    NAGG (joignant les mains, fermant les yeux, débit précipité). — Notre Père qui êtes aux…
    HAMM. — Silence ! En silence ! Un peu de tenue ! Allons-y. (Attitudes de prière. Silence. Se décourageant le premier.) Alors ?
    CLOV (rouvrant les yeux). — Je t’en fous ! Et toi ?
    HAMM. — Bernique ! (A Nagg.) Et toi ?
    NAGG. — Attends. (Un temps. Rouvrant les yeux.) Macache !
    HAMM. — Le salaud ! Il n’existe pas !
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  • Par gteisseire2, le 27 juillet 2010

    L'infini du vide sera autour de toi, tous les morts de tous les temps ressuscités ne le combleraient pas, tu y seras comme un petit gravier au milieu de la steppe... Oui, un jour tu sauras ce que c'est, tu seras comme moi, sauf que toi tu n'auras personne , parce que tu n'auras eu pitié de personne et qu'il n'y aura plus personne de qui avoir pitié.
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