ISBN : 2707318914
Éditeur : Minuit (2004)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
De même que Dante chemine de cercle en cercle pour atteindre son Enfer ou son Paradis, de même est-ce, chacun dans un cercle bien distinct, que Samuel Beckett situe les trois principaux protagonistes de sa trilogie, Molloy, Malone meurt et L'Innommable, afin qu'ils atte... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par Erostrate, le 12 octobre 2011

    Erostrate
    « L'innommable » est l'ultime volet de la trilogie de Beckett commencée par « Molloy » puis poursuivie par « Malone meurt ». « L'innommable » plonge le lecteur dans un lieu inconnu et inquiétant. Afin d'échapper à sa mort intérieure, le héros doit sans cesse parler.
    Mesdames et messieurs accrochez-vous, vous avez là un livre exceptionnellement creux et inintéressant. Pourtant, les premières lignes présageaient un scénario captivant et inédit, en vain. Imaginez-vous un endroit sale et vide comme l'espace, ajoutez-y au beau milieu un homme cloué seul sur sa chaise, laissez-le déblatérez tout ce qu'il lui vient à l'esprit et vous avez ce que Beckett essaie de vous faire espérer, à savoir, rien. Il n'y avait que lui pour inventer ça. On le savait difficile à suivre dans ses délires mais là, il atteint des sommets dans le, pardonnez-moi l'expression, « foutage de gueule ». A la lecture du roman, je me suis longtemps demandé pourquoi nous raconte-t-il ça ? le héros dont on ignore le nom déconcerte et décourage par son insignifiance. Au final, rien n'adviendra.
    Je peux comprendre le délire et le plaisir à décrire le néant mais dans un livre long de 210 pages, je ne vois Pas l'intérêt. L'humour est quasi absent et quand il vient, c'est pour parler de scatophilie, d'érection ou de masturbation. le texte est ponctué d'innombrables virgules débouchant à des phrases sans fin. Un livre qui n'aura su que combler mon temps.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 03 décembre 2009

    brigetoun
    dans ce texte, peut être mon préféré, plongée d'attention fascinée, heureuse parce qu'avec l'illusion d'un accord, avec les approfondissements successifs du "je" qui se dégage de Mahood et de Worm, qui finit par se constituer comme représentant paradoxal de l'humain dans l'immense phrase de neuf pages me conduisant, pensée coulant au fil de la page, guidée à travers les redites, les variations, les fausses digressions, d'étapes en étapes, jusqu'à "... pourquoi le temps ne Passe Pas, ne vous laisse Pas, pourquoi il vient s'entasser autour de vous..." et "je ne vois plus rien pour l'instant"
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 03 décembre 2009

    on s'est toujours raconté n'importe quoi.... ne cherchant plus, cherchant encore, ne trouvant rien, trouvant enfin, ne trouvant plus...... sans savoir quoi, sans savoir où, où est la nature, où est l'entendement...... où sont les autres ? qui est ce qui parle, ce n'est pas moi qui parle... que je sois cela, que je crie, que je bouge, que je sorte d'ici, que je naisse, que je meure, que j'écoute..... les mots sont partout, dans moi, hors de moi.... je suis fait de mots.... où que j'aille je me retrouve, m'abandonne, vais vers moi, viens de moi.... peur du bruit, peur des bruits, bruits des bêtes, bruits des hommes, bruits du jour et de la nuit..
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  • Par brigetoun, le 03 décembre 2009

    Je ne poserais plus de questions, il n’y a plus de questions, je n’en connais plus. Elle sort de moi (cette voix), elle me remplit, elle clame contre mes murs, elle n’est pas la mienne, je ne peux pas l’arrêter, je ne peux pas l’empêcher, de me déchirer, de me secouer, de m’assiéger. Elle n’est pas la mienne, je n’en ai pas, je n’ai pas de voix et je dois parler, c’est tout ce que je sais…
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  • Par brigetoun, le 03 décembre 2009

    Ah mais un petit filet de voix d’homme forcé, pour murmurer ce que leur humanité suffoque, aux oubliettes, garrotté, au secret, au supplice, un petit halètement de condamné à vivre, pour balbutier ce que c’est que d’avoir à célébrer la relégation, attention. Pah, ils sont tranquilles, je suis emmuré de leurs vociférations, personne ne saura jamais ce que je suis, personne ne me l’entendra dire, même si je le dis, et je ne le dirai pas, je ne pourrai pas, je n’ai que leur langage à eux, si, si, je le dirai peut être, même dans leur langage à eux, pour moi seul, pour ne pas avoir vécu en vain, et puis pour pouvoir me taire, si c’est ça qui donne le droit au silence, et rien n’est moins sûr, c’est eux qui détiennent le silence, qui décident du silence…
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  • Par Hebephrenie, le 20 juin 2010

    Ce sera moi, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais donc continuer, il faut dire des mots, tant qu'il y en a, il faut les dire, jusqu'à ce qu'ils me trouvent, jusqu'à ce qu'ils me disent, étrange peine, étrange faute, il faut continuer, c'est peut-être déjà fait, ils m'ont peut-être déjà dit, ils m'ont peut-être porté jusqu'au seuil de mon histoire, devant la porte qui s'ouvre sur mon histoire, ça m'étonnerait, si elle s'ouvre, ça va être moi, ça va être le silence, là où je suis, je ne sais pas, je ne le saurai jamais, dans le silence on ne sait pas, il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer.
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  • Par brigetoun, le 03 décembre 2009

    Il est bon de s'assurer de sa position corporelle dès le début, avant de passer à des choses plus importantes. Mais qu'est-ce qui indique que je regarde droit devant moi, comme je l'ai indiqué ? Je me sens le dos droit, le cou droit et sans torsion et là-dessus la tête, bien assise, comme sur son bâtonnet la boule du bilboquet... Tout cela est tombé... avec mes yeux mes cheveux, sans laisser de trace, tombé si bas si loin que je n'ai rien entendu, que ça tombe encore peut-être, mes cheveux lentement comme de la suie toujours, de la chute de mes oreilles rien entendu
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