ISBN : 270731952X
Éditeur : Editions de Minuit (2006)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Mercier et Camier nous invitent au voyage.
La contrée qu'ils vont parcourir, une île jamais nommée, est parfaitement reconnaissable. C'est l'Irlande, merveilleusement décrite ici, avec ses landes de bruyères, les jetées de ses ports lancées vers le large pour enl... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 2.00/5
    Par hove, le 17 août 2011

    hove
    Les pérégrinations de ces deux personnages, attachants, souvent en désaccord mais toujours unis dans la difficulté m'ont laissé dubitatif. Je n'ai malheureusement réussi à m'imprégner de leur univers, de leur philosophie, de leur motivations...mais n'est ce Pas exactement vers cette incompréhension que veut nous mener l'auteur? Je ne pense pouvoir me forger un réel avis pour l'instant.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 10 novembre 2010

    brigetoun
    le premier roman de Beckett que j'ai lu, il y a des années, nombreuses, de cela. Celui qui est sans doute le plus facile d'accès, surtout quand on vient de son théâtre. Celui qui est peut-être le moins cruel, où l'humour est le plus direct.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 10 novembre 2010

    L'instant que Mercier hésite, avant de rendre ce salut, inattendu pour en dire le moins, Camier en profite pour reprendre son chemin. On ne s'en sort plus de ce présent. Mais même les morts on peut bien les saluer, rien ne s'y oppose, c'est même bien vu, ils n'en profitent pas mais cela fait plaisir aux croque-morts, cela les aide à croquer, et aux amis et aux parents, et aux chevaux, cela les aide à se croire en survie, à celui qui salue cela fait du bien aussi, c'est vivifiant. Mercier ne se laisse pas démonter, que non, il lève la main à son tour, la bonne, l'hétérologue, dans ce geste large et complaisamment désintéressé qu'ont les prélats., dédiant à Dieu des portions de matière favorisées. Que je suis bon, dit Mercier, meilleur que s'il me voyait. Mais pour en finir avec ces délires, arrivé à la première fourche (finie la lande !) Camier s'arrêta (enfin un petit passé) et son coeur battait (encore un) plus fort à la pensée de ce qu'il allait mettre dans ce suprême salut gravide à en péter de délicatesse sans précédent.
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  • Par brigetoun, le 10 novembre 2010

    Il arrivait alors, tantôt à Mercier, tantôt à Camier, de s'abîmer si avant dans ses pensées que la voix de l'autre, reprenant son argumentation, était impuissante à l'en tirer, ou ne se faisait pas entendre. Ou, arrivés simultanément à des conclusions souvent contraires, ils se mettaient simultanément à les exprimer. Il n'était pas rare non plus que l'un tombât en syncope avant que l'autre eut achevé son exposé. Et de temps en temps ils se regardaient, incapables de prononcer un mot, et l'esprit vide. C'est à l'issu de l'une de ces torpeurs qu'ils renoncèrent à pousser leur enquête plus loin, pour l'instant.
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  • Par brigetoun, le 10 novembre 2010

    Le champ s'étendait devant eux. Rien n'y poussait, rien d'utile aux hommes c'est-à-dire. On ne voyait pas très bien non plus en quoi ce champ pouvait intéresser les animaux. Les oiseaux devaient y trouver des lombrics. Il était de forme fort irrégulière et entourée de haies malingres, composées de vieilles souches d'arbres et de fourrés de ronces. Il y avait peut-être quelques mûres sauvages en automne. Une herbe bleue et aigre disputait le sol aux chardons et aux orties. Ces dernières auraient pu servir de fourrage, à la rigueur.
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  • Par brigetoun, le 10 novembre 2010

    Il me regarde faire, sans un mot, se dit Camier. Il sortit une grande enveloppe de sa poche, en sortit et jeta les objets suivants : plusieurs boutons, deux échantillons de cheveux ou de poils, un mouchoir brodé, plusieurs lacets (sa spécialité), une brosse à dents, un morceau de caoutchouc, une jarretière, des bouts d'étoffe divers. L'enveloppe aussi, il la jeta, quand il eut fini de la vider. C'est comme si je me curais le nez, se dit-il.
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