J'ai retrouvé avec plaisir
Antony Beevor pour cette histoire de la bataille de
Stalingrad, après celle du Débarquement de Normandie. Ici encore, on ne peut se méprendre, c'est bien un livre d'histoire : on parle des forces en présence, des généraux, des dirigeants politiques, des faits d'armes et des soldats. Mais il y a de temps à autres une petite "touche" apportée par l'auteur qui raccroche le récit au style romanesque par exemple quand il s'attache à décrire le physique et la psychologie des personnages.
Le livre aborde successivement l'avant, le pendant et l'après de la bataille de
Stalingrad : l'invasion de la Russie par l'Allemagne, la confrontation à
Stalingrad, l'encerclement et la reddition de l'armée allemande. Et enfin, on lira les réactions allemandes, russes et britanniques à ce tournant (le début de la fin ?) de la seconde guerre mondiale.
Ce qui m'a choqué le plus, c'est le manque total d'empathie entre les soldats des deux camps : à
Stalingrad, il n'y avait pas de place pour la pitié, et le moral était directement lié à la proximité de la victoire. Les idéologies étaient trop fortes, elles brisaient les hommes. J'ai aussi été frappé par les influences sur leurs armées respectives (en dépit des avis de leurs états-majors) de Staline et Hitler, deux paranoïaques, un calculateur cruel et un fou cruel.
Comme dans le "Débarquement de Normandie", on se sent parfois un peu perdu. Des illustrations supplémentaires (il y a déjà quelques photos et cartes) ne seraient pas du luxe : des photos pour fixer les évènements dans la mémoire et surtout des cartes pour situer les forces et orienter leur avance.
A mon sens, un très, très bon livre d'histoire, pour ne jamais oublier la tragédie de la guerre.