BD lue dans le cadre de Masse Critique avec un GRAND merci à Babelio !
1936.
Robert Capa, juif hongrois, de son vrai nom, Endre Friedman, 22 ans, tête brûlée, photographe reporter, rejoint le front républicain espagnol.
Avec Gerda Pohorylle, son amour, il forme un couple de photographes déjà reconnus.
En Espagne c'est la guerre civile. Franco a pris de force le pouvoir contre la toute jeune république. Les combats sont féroces, inégaux.
D'un côté les fascistes armés jusqu'aux dents, soutenus par la puissante et riche église catholique espagnole. de l'autre côté, des bandes rivales d'utopistes : le POUM (trotskistes), la CNT (anarchistes), l'UGT (syndicat républicain), les EUSKADI (basques), le PCE (communistes) et les fameuses Brigades Internationales (avec
Hemingway, Dos Passos,
Malraux entre autres moins célèbres mais pas moins héroïques). Tous avec leur rêves de liberté jusqu'à
s'entredéchirer...
Sur le front, au plus près des combats, Capa inaugure le photojournalisme engagé. Celui qui témoigne.
Ses photos, légendées par sa compagne Gerda, font le tour du monde.
(Gerda meurt écrasée par un char républicain)
1939. La république espagnole meurt avant même d'avoir vécu.
Sous les bottes sanguinolantes de Franco : le feu des armes, la fumée des bombardements, les cendres des morts.
Capa deviendra le plus grand photographe de guerre du monde.
La BD «
Tristes cendres» raconte tout cela.
Le scénario de
Mikel Begona est remarquable : documenté, détaillé, instructif.
Inaket, l'illustrateur, dessine en trois couleurs : le bleu, le blanc et le noir.
Cendres froides.
Les traits sont succints mais précis.
La couverture de ce très beau livre ressemble à une affiche de propagande...à la manière des futuristes.
Une lecture dessinée d'un triste épisode à compléter, pour ceux qui veulent bien s'intéresser à cette histoire d'espoirs, avec l'indispensable et émouvant «Le bref été de l'anarchie» de H. M. Enzensberger, déjà chroniqué par mes soins sur ce site.