99 F
Fréderic Beigbeder
Histoire : Octave, créatif dans une grosse boite de pub est trop lucide en fait et réalise que son monde totalement fashion et plein de drogues est en fait un milieu super méchant tout ça... Et donc il vaut se faire virer mais -oh surprise!- plus il fait de conneries plus il monte en grade.
Style : Grosse surprise au début mais qui ne dure pas. Lucide, froid et presque parfait dans le premier chapitre, à peine au dessus de
Thomas Clément dans le dernier. Un sublime suicide.
Oui: J'ai lu ce livre cet été en prévoyant la vague qui va nous submerger dans quelques semaines et avec l'intention de ne pas passer pour la dernière des quiches, d'avoir un avais argumenté quoi... sur un auteur que j'avais volontairement délaissé jusque là.
Et franchement ce fût une grosse surprise. le style du premier chapitre m'a totalement scotché : lucide froid, glacé, nihiliste, parfait.
Non: Heureusement (ou pas d'ailleurs, ça dépend du coté où on se pose évidemment) le livre ne s'arrête pas là et les chapitres suivants m'ont rassuré; comme un vrai pubard
Beigbeder sait trouver des accroches et des idées de roman presque géniales sauf qu'il a le souffle d'un hamster. le reste du livre (pourtant 300 pages en poche écriture moyenne) retourne dans le bac à sable ou il s'embourbe. Autosatisfaction à toutes les pages, regard décalé sans intérêt, clichés enfilés comme des perles, comme son héros qui veut quitter la pub et n'y arrive pas, Beig aimerait bien arriver à critiquer son milieu mais n'y arrive pas et reste devant à le décrire en se touchant la nouille.
Peut être simplement parce que son milieu (si on sort la drogue et le fric) est juste aussi banal et pathétique qu'un autre:; qu'une fois qu'on a soufflé sur les paillètes il faut s'attaquer à l'âme humaine et là ce devient un peu trop dur, enfin ça demande du vrai boulot et du vrai courage quoi... Et puis tout le monde sait bien qu'après les paillettes le public ne suit plus. Et ça Beig le sait, malgré tout.
Conclusion : 99F n'a pas grand intérêt en soi. Mieux vaut lire BEE ou houellbi pour observer un peu nos contemporains. Par contre 99 peut être abordé comme l'archétype même de la littérature des second couteaux, tous les thèmes abordés ici l'étant de prés ou de loin dans la flopée de livres qui nous encombrent chaque année. Voila donc son seul intérêt : quand vous avez lu 99 vous pouvez vous épargner 50% dans autres livres sur la pub/le glamour/ les drogues qui de prés ou de loin raconteront la même chose, en moins bien (a ce niveau d'exploitation du même thème, on va d'ailleurs finir par trouver du pétrole non?)
Par contre tant qu'a faire de lire un livre sur la monde du commerce je ne saurai à l'inverse que trop vous conseiller "
Le Capital" de
Stéphane Osmont (chez grasset) qui au niveau style est du même acabit mais dont le propos tient la route et tape là ou beig n'imaginerai même pas s'aventurer...
M'enfin j'dis ça hein, j'dis rien.... Et puis c'est vrai qu'Osmont est moins médiatique que beig, je reconnais...
Ainsi donc, je trouvais beig agaçant à étaler sa bêtise crasse à la face du monde avec l'air auto satisfait de celui qui croit avoir "compris "quelque chose (oui je sais comment marche le monde des dominants tu vois bébé...); à le lire je me rends compte qu'en plus c'est une grosse feignasse qui s'arrête quand il a trouvé un pitch accrocheur pour un roman. Une feignasse qui finalement nous prive en plus d'un auteur (à coup sur) chaudement recommandable.
A le lire il m'énerve donc encore plus...
Oui ou non: Oui pour être dans le coup et en parler avec vos amis; non pour le style et l'histoire qui font... pschiiit puis.... Plof.
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