ISBN : 2246734118
Éditeur : Grasset&Fasquelle (2009)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 273 notes) Ajouter à mes livres
" C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que so... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (51)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 1.00/5
    Par DocteurPlatoche, le 20 janvier 2012

    DocteurPlatoche
    Certains bouquins sont comme des contrats de téléphonie mobile ou des billets d'avion low cost : il vaut mieux lire ce qui est écrit en petits caractères, au risque de s'exposer à de fâcheux malentendus. La qualité du service réside dans l'astérisque. C'est le cas de la dernière publication signée Beigbeder. On a dans les mains un livre à la couverture jaune pisseux, lointain reliquat d'une maison d'édition autrefois respectable, et l'on court au quiproquo si l'on ignore le sous-titre : roman. Indication certes anodine mais qui place d'emblée ces pages dans le domaine de la fiction et exige du lecteur une attitude particulière. Il ne s'agit pas de considérer les faits narrés comme parfaitement authentiques, mais d'accepter d'y croire, de suspendre notre incrédulité. Dans le cas présent, cela évite bien des mauvaises surprises. Les personnages sont fictifs donc le Frédéric Beigbeder dont il est ici question est à distinguer de celui, bien réel, dont l'avocat a menacé les journalistes de poursuites, s'ils avaient le toupet de parler de l'arrestation de son client pour usage de stupéfiant. Dans ce roman, un écrivain qui se décrit comme célèbre, à succès, bref puant, est embarqué pour avoir tapé un rail de coke sur le capot d'une voiture. Rien à voir, effectivement. Une nuit au cachot va donner à cet homme-nez l'occasion de revenir sur sa naissance, sur l'histoire de sa famille et sur ses drames adolescents. C'est bien connu, l'enfermement est une condition – nécessaire mais pas suffisante – à l'écriture. le narrateur le rappElle au détour d'un interrogatoire, en se plaçant pêle-mêle aux côtés de Villon, Marot, Cervantès, Casanova, Voltaire, Sade, Verlaine, Wilde, Dostoïevski, Genet, Céline… N'en jetez plus ! On a bien compris dans quElle division il jouait, le Fredo. Toute grande œuvre naît d'une tragédie personnElle : ici, le pauvre reclus forme le projet de son livre car il ne peut pas dormir – comme Proust, faut-il comprendre. En effet, sa cellule de garde-à-vue ne sent pas très bon et puis, il y a du bruit. Il va donc concevoir un roman qui nous racontera l'histoire de sa vie. Ce livre appartient donc au genre bigrement original de l'autofiction. On doit ainsi suspendre notre incrédulité : les souvenirs de Frédéric ne sont pas la biographie de Beigbeder (flagrance philosophique au détour d'une page : « toute vie a autant de versions que de narrateurs : chacun possède sa Vérité »), il ne faut pas tout prendre au premier degré, pas même la prétention de littérature qu'affiche ce torchon.
    Sous couvert de la fiction, le narrateur peut faire la satire d'une certaine bêtise, cElle d'un auteur de bonne famille, dont l'écriture doit bâtir sa célébrité (« la pointe de mon Bic s'enfonçait dans la peinture blanche comme les mains des acteurs dans le ciment d'Hollywood Boulevard ») et sa tour d'argent (« le bonheur d'être coupé du monde, voilà ma première addiction »). L'autodérision est sensible, notamment quand le narrateur menace la police : « si vous ne me libérez pas tout de suite, j'écris un livre ! ». Néanmoins, Elle n'excuse pas la catastrophe d'ensemble (il a vraiment écrit ce livre). le personnage débite âneries crasses sur évidences molles ; il joue à l'excès le rôle d'un furoncle de vanité, bouffi d'orgueil et suintant de frustration. Son nombril, gonflé de vacuité, est le centre d'un monde gras et fat, situé entre les beaux quartiers Parisiens, les stations balnéaires du Sud-ouest et les clubs de polo (d'où les captivantes révélations sur la bite de quelques grands patrons). Stressé, pressé par la police, ce bouton d'acné égoïste explose. Et voilà : son pus éclabousse presque trois cents pages.
    Passé le premier dégoût, j'avoue que cette parodie de la stupidité beigbedérienne a pu me faire sourire. La dimension héroï-comique du livre est parfois irrésistible : un nanti, arrêté pour une histoire banale, passe une nuit ordinaire en cellule en ressassant sa vie médiocre et la transforme en existence digne de figurer auprès des événements historiques du siècle dernier. « Ce livre serait alors une enquête sur le terne, le creux, un voyage spéléologique au fond de la normalité bourgeoise, un reportage sur la banalité français ». Pourquoi le conditionnel ? Ah, oui, le titre l'annonce en fanfare : Frédéric a, au moins, des dimensions hexagonales. L'ouverture d'Un roman français (non, non, pas Une Suite française, voyons !) donne le ton quand Elle mentionne la mort d'un aïeul durant la première guerre. « Ce descendant de croisés a été condamné à imiter Jésus-Christ : donner sa vie pour les autres. Je descends d'un preux chevalier qui a été crucifié sur des barbelés de Champagne ». On l'aura compris, ce roman se fonde sur deux principes, usés jusqu'à la corde par les publicitaires : comparaison et assimilation. Je rapproche deux éléments (une voiture et la masculinité par exemple) et je les identifie métonymiquement (la voiture est une part de la masculinité). Je me compare donc je suis. Ici, Frédéric se mesure à beaucoup de choses, à tout le monde, i.e. ses parents (aussi frivoles, plus riches), ses grands-parents (moins pleutres, plus élégants), son frères (moins moche, plus riche), les innombrables auteurs cités (ses égaux). La phrase est ainsi encombrée de formules comparatives qui n'apportent rien, sinon quelques mauvaises blagues et l'affliction du lecteur. Passons sur les références aux auteurs. Il s'agit surtout de se cacher derrière des icônes pour éviter de parler de soi (Weyergans l'a fait avec habileté dans Trois jours chez ma mère, dont Grasset nous ressert ici l'épigone dégénérée). Ces citations peuvent agacer ou faire involontairement sourire (franchement, la fille « aux yeux bleus comme une héroïne d'Henry James », fallait le faire), quand Elles ne trahissent pas la sottise du narrateur (les quelques lignes sur Foucault, parmi les seules références un peu développées, laissent présager de ce qu'il a compris des autres écrivains honteusement embrigadés). Elles forment le pendant culturel aux Vérités fulgurantes – sur la vie, la mort, la littérature – qui émaillent les chapitres. En vrac : « On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas que l'on va s'en remettre » ; « il est difficile de se remettre d'une enfance malheureuse, mais il peut être impossible de se remettre d'une enfance protégée » ; « ce truc qu'on appElle la liberté, c'était surtout une lutte pour une vie plus douillette que cElle des générations précédentes » ; « définition possible de l'amour : un électrochoc qui ressuscite le souvenir » ; « tout écrivain est un “Ghostbuster” : un chasseur de fantômes » (je vous épargne les références à Proust) et enfin : « l'esclavage du féminisme – avant les Femmes élevaient les enfants, maintenant Elles élèvent les enfants et doivent EN PLUS travailler ».
    Flippant, non ?
    Non. Il ne faut pas prendre au sérieux ces blagues de potache. On vous avait prévenu, il s'agit d'un roman. Cela excuse tout, même les comparaisons les plus imbéciles, surtout quand Frédéric est fâché tout rouge. Enfermé, il se révolte : « La Loi n'a pas toujours raison, particulièrement en France » et donne l'exemple du gouvernement Pierre Laval. La garde à vue se prolonge et L'Idiot prend ses aises : « les conditions de détention des étudiants contestataire à Téhéran : les mêmes qu'à Paris 8e ». Ah, ces pandores veulent la guerre ? Hé bien, ils l'auront ! Finies les réticences rhétoriques ! « J'écris le mot “divorce” mais jamais il ne fut prononcé par mes parents avant des années. C'était comme les “événements” d'Algérie… ». Faut-il le répéter ? Frédéric est aux dimensions de la France ! Cet homme ne se compare plus à l'Histoire. Ses petits drames sont l'Histoire : « En 1942, les enfants ne savaient rien sur les juifs cachés par leurs parents au deuxième étage de la Villa Navarre ; trente ans plus tard, les enfants ne savaient rien sur le divorce de leurs propres parents ».
    On le voit, le ridicule n'évite pas l'indécence. Et on salue à cet égard la conscience professionnElle de Grasset qui a suivi le même chemin. En décidant de censurer le chapitre consacré au magistrat Jean-Claude Marin, on a donné la touche de grotesque éditorial qui manquait au tableau. le narrateur vilipende celui qui a décidé de prolonger sa détention et prend des airs de Dante, Voltaire ou Zola (rayez la mention inutile). Ces lignes sont d'un niveau rarement atteint : « J'accuse l'accusation. […] Les mots : Jean, Claude et Marin, pour les générations à venir, ne seront pas un prénom et un nom oubliés. […] Pour toujours, Jean, Claude et Marin symboliseront la Cruauté d'une Justice Disproportionnés envers les Artistes Malades. […] Te voilà immortalisé pour les siècles et les siècles… ». L'ironie du passage est aussi fine qu'un calembour de Jean Roucas. Qui peut prendre Frédéric au sérieux quand il déclare : « Cette page est de loin la plus dangereuse que j'ai jamais écrite de ma vie » ? Et bien, l'éditeur qui, en bon lecteur de roman, suspend son incrédulité et censure le passage par crainte de représailles judiciaires. Et Grasset de nier que c'est simplement pour faire du buzz et qu'il n'est pas marchand de tapis…
    Avec Un roman français, Beigbeder nous prouve qu'un auteur doit savoir faire feu de tout bois, de toute brindille, même d'une souche de fin de race. Son écriture est plate, ses réflexions stupides et l'histoire n'est même pas assez intéressante pour pouvoir figurer dans un forum Internet. Et pourtant, il la publie, il la vend et sa renommée va permettre d'éclipser des œuvres plus méritoires.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Zazette97, le 08 février 2011

    Zazette97
    "Un roman français" est un roman de l'écrivain français Frédéric Beigbeder, auteur de "99 francs", "L'amour dure 3 ans" ou encore de "Windows on the World", publié en 2009.
    Le 28 janvier 2008, alors que son frère s'apprête à recevoir la Légion d'honneur, Frédéric Beigbeder se fait interpeller par la police alors qu'il sniffe de la cocaïne sur le capot d'une voiture en compagnie d'un autre écrivain.
    S'ensuit dès lors une garde à vue prolongée au cours de laquelle il connaîtra les tourments de l'interrogatoire, de la fouille intégrale et de l'enfermement que sa claustrophobie a du mal à gérer.
    Les angoisses montent et se heurtent bientôt à des souvenirs d'enfance que l'auteur pensait avoir oublié. Fouiller et se réfugier dans les méandres de sa mémoire apparaît dès lors comme le seul moyen pour l'écrivain de s'évader de sa sombre cellule.
    "Un roman français" peut être considéré comme un petit ovni dans l'oeuvre de l'auteur. L'usage du mot "roman" dans le titre n'en réfère pas tant au contenu qu'au constat de l'auteur qui déplore que le mensonge de ses parents quant aux circonstances réelles de leur divorce l'ait fait vivre dans une fiction durant de nombreuses années.
    Si ses romans précédents laissaient entrevoir autant de biographies déguisées montrant un homme provocateur, arrogant, irresponsable, profondément égoïste et enferré dans un "présent perpétuel", "Un roman français" se présente comme les coulisses de la vie de l'auteur, l'occasion pour lui de convoquer des souvenirs enfouis, de figer son enfance, de s'installer dans le temps, d'accepter de vieillir en somme.
    En marge des interrogatoires et des conditions de détention décrites comme inhumaines, l'auteur évoque au détour de flashs le petit garçon et l'adolescent sage, timide et complexé qu'il était, toujours en retrait par rapport à son frère aîné qui s'échinait à mener une vie structurée tandis que lui prenait délibérément la tangente.
    Sans renier ses origines et les aspects positifs d'une enfance privilégiée, il aborde également les manques dont il a souffert alors que fils de divorcé, il partageait les modes de vie diamétralement opposés de ses parents et passait son temps entre deux maisons en compagnie de beaux-parents qui se renouvelaient fréquemment.
    Il examine les incidences que les non-dits ont pu avoir sur sa vie d'adulte et la façon dont il a reproduit malgré lui un schéma familial marqué par l'absence du père au fil des générations.
    Et pourtant, il n'y a ici aucune trace de jugement ni de rancoeur. L'auteur saisit ici l'occasion de rendre hommage à ces ancêtres héroïques morts pour leur pays, à ce frère qu'il aime malgré leurs différences, à ses parents qui l'ont élevé comme ils l'ont pu, à sa fille qui à travers ses questions et ses découvertes lui offre la chance de revivre son enfance.
    Bon qu'on se le dise, il s'agit ici d'une autobiographie qui suppose pour une fois un narcissisme pleinement assumé.
    Forcément, lorsqu'on entend parler de sa vie, on en vient à parler de soi - logique - comme à évoquer le milieu dans lequel on a grandi pour pouvoir se situer par rapport à ses ancêtres, ses parents, son époque, etc.
    Même si je concède que les aspects généalogiques sont un passage obligé lorsqu'on se livre à l'exercice de l'autobiographie, je dois bien reconnaître que ceux-ci m'ont quelque peu ennuyée tant je me désintéresse du milieu mondain et de ses protagonistes.
    J'étais avant tout curieuse de connaître le regard que portait Frédéric Beigbeder sur une enfance ma foi idyllique de l'extérieur, à ce qu'il reste une fois qu'est grattée la grosse couche de vernis.
    Certains lecteurs ont résumé ce livre à une somme de jérémiades injustifiées. Je ne saurais leur donner raison tant je pense que chaque expérience est vécue différemment par chacun d'entre nous et que chaque souffrance se veut singulière et incomparable.
    Ce n'est pas parce qu'une douleur peut être jugée infime en regard d'autres qu'elle ne peut être exprimée. Si c'était le cas, plus personne ne pourrait plus se plaindre dans la mesure où il existe toujours pire ailleurs.
    Aussi si je reconnais volontiers que l'auteur ait pu souffrir d'une enfance trop protégée et d'un séjour en prison, je n'ai pas tellement apprécié les mises en parallèle dressées entre sa vie et le sort de ses ancêtres ainsi que d'autres écrivains.
    J'ai largement préféré les passages où l'auteur se contentait de sa seule voix, sans avoir recours à des exemples rutilants de l'Histoire qui loin d'appuyer la sincérité de sa démarche lui donnaient un caractère grotesque.
    Pour le reste, on retrouve la patte de l'auteur, ses chapitres courts, sa façon de raconter une histoire en l'adjoignant de nombreux référents littéraires, musicaux, cinématographiques, publicitaires, l'abondance de marques qui rappellent ses origines sociales mais un humour cynique malheureusement beaucoup moins présent, comme si l'auteur avait cru jugé bon de modérer ses propos pour être enfin pris au sérieux.
    Certes, cette lecture ne fut pas une torture mais je préférais néanmoins quand l'auteur se mettait en scène sous un angle fictionnel.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/02/un-roman-francais-frederic..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Livrespourvous, le 09 mars 2010

    Livrespourvous
    Me voilà bien hésitant, balançant entre la sincérité et le devoir de réserve.
    Yann Moix, dans le Figaro du 20 août dernier, demande le Goncourt pour Frédéric Beigbeder. De quoi parle-t-il ? De ce prix qu'on donna jadis entre autres à Proust (1919), Malraux (1933), Elsa Triolet (1944), Julien Gracq (1951), Romain Gary (1956 et 1975), Jacques Laurent (1971), Dominique Fernandez (1982), Marguerite Duras (1984) ?
    Mais bon, comme il le précise astucieusement, Moix est un ami de Beigbeder.... Au moins, je suis libéré de cette entrave.
    Par principe, je lis chaque livre de Beigbeder, peut-être à tort pour nager dans le courant, peut-être aussi parce qu'en bon chrétien, je me dis qu'on ne sait jamais, l'écrivain peut enfin se réveiller, surprendre et épater.
    Mais là, ça suffit vraiment.
    Bon que je vous résume : un soir, au sortir d'une boîte de nuit parisienne, le narrateur consomme de la drogue sur le toit d'une voiture. Patatras, la police patrouille et l'arrête. le narrateur se retrouve embastillé et subit les vexations d'un procureur qui rêve de "se faire" un people. Et voilà que recroquevillé sur le banc de la geôle (saluons le passage où Beigbeder souligne l'inhumanité de nos prisons), notre écrivain national retrouve le chemin (la position foetale) de son enfance et donc, de sa famille.
    Mais alors, qu'il aurait pu livrer des pages somptueuses sur ce monde enfoui, disparu, annihilé mais formateur, des pages nécessaires dans cette vie qui galope et fout le camp, et raconter ce qu'a été une enfance, la sienne et ce qui demeure, une famille, un père, une mère et un frère, Beigbeder se contente de nous dresser un catalogue de ses émissions télévisées préférées, de ses friandises préférées, de ses musiques préférées, de ses jouets préférés, sans oublier de rappeler que lui fréquente Castel, grâce à son père.
    Et là, perfidement, avec le mépris de celui qui en est - et c'est dommage, car là aussi il aurait pu en tirer quelque chose de magnifique, avec sa morgue de souffreteux parisien né à Neuilly, la mauvaise foi, la provocation, l'allumette qu'on craque pour le plaisir égoïste de la craquer -, il vous balance les adresses exclusives du sixième arrondissement mais aussi la liste des fréquentations prestigieuses de son père et de sa mère. Sans omettre le Tir aux pigeons, le Racing et le Polo, grâce auquel Beigbeder nous apprend que Jean-Luc Lagardère était bien pourvu. L'actuel propriétaire des éditions Grasset sera heureux de l'apprendre.
    Le style est quelconque, des formules publicitaires pour rester jeune, de la bonne facture pour un article de Voici mais qui ne passe pas l'épreuve littéraire.
    Le seul mérite de ce livre est de nous rappeler que nous avons une famille, une histoire, des racines et en ces temps de crise, de mondialisation, c'est salutaire.
    Allez je me trompe sûrement, je suis atteint de cécité littéraire car comme l'écrit Frédéric Beigbeder, page 183, il est "l'un des auteurs français les plus traduits dans le monde".
    A votre tour de juger.
    Ceci dit, comme je défends ici les livres, je vous conseille de lire une petite merveille sensible qui m'a collé un sacré bourdon : Ce que nous avons eu de meilleur de Jean-Paul Enthoven. C'est aussi aigre qu'une tranche de citron, et ça vous laisse une désespérance, à croire que cette diablesse de vie percute nos idéaux, nos rêves et efface un à un les restes de bonheur pour ne laisser fleurir qu'une douce et dérangeante nostalgie.
    Oui, je sais, il s'agit d'un roman paru en 2008 mais les bons livres ont de la robustesse et ce roman mérite mieux que son destin littéraire actuel.

    Lien : http://livrespourvous.centerblog.net
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 07 octobre 2009

    Seraphita
    Frédéric Beigbeder, à l'âge de 42 ans, voit sa vie basculer lorsqu'il est placé en garde à vue, pour une durée qui ne cesse de croître, à sa grande horreur, pour consommation de stupéfiants. C'est en détention, alors qu'il est dépouillé de tout, notamment de stylo, que germe l'idée d'écrire un livre. Plus précisément, une autobiographie. Se pose alors un problème de taille : l'auteur ne garde aucun souvenir de son enfance. Mais sa détention va avoir des conséquences miraculeuses sur sa mémoire, des bribes de souvenirs s'échappant goutte à goutte de son inconscient récalcitrant au fil des heures et de l'enfermement. Ce sont ces souvenirs d'enfance que dépeint dans son autobiographie Frédéric Beigbeder, souvenirs retrouvés progressivement à la lueur de la captivité.
    Ce qui m'a surtout intéressée dans cette autobiographie, ce sont davantage les occasions de son écriture, à savoir l'histoire en fil rouge de la claustration de l'auteur. Au départ, la mémoire est hermétique. Mais à force d'introspection, rendue possible et nécessaire par l'enfermement, les souvenirs font retour et tissent le fil d'un récit, véritable « roman français ». Par contre, l'autobiographie en elle-même m'a parue assez inintéressante, l'auteur accumulant, de manière fastidieuse, les énumérations de personnages sans fin. Quelques réflexions et anecdotes apparaissent néanmoins intéressantes, notamment vers la fin, dans l'idée de la transmission, génération après génération, des enseignements et héritages des ancêtres, en particulier, l'art du ricochet. Une réflexion sur le temps qui passe, qui n'en finit pas de passer, le temps qui permet à la mémoire d'œuvrer et d'éclore.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par emeralda, le 05 février 2010

    emeralda
    Je suis habituée à lire des chroniques de Frederic Beigbeder tous les mois dans le magazine "Lire". J'y prends en général beaucoup de plaisir car il est certain qu'il n'a pas sa langue dans sa poche et il sait se montrer un brin désinvolte, voir il jette un peu d'huile sur le feu.
    Dans son livre, j'ai retrouvé cette plume. Il est un provocateur et l'on se demande si on l'adore ou si on lui mettrait bien volontiers une paire de gifles. Sans doute les deux à la fois.
    Il sait se moquer des autres, mais il n'est pas avar de bons jeux de mots sur lui-même. Il n'est pas toujours tendre même si charité bien ordonnée commence par soi-même.
    Je ne prends pas tout pour argent comptant car Beigbeider sait mêler le vrai et le faux avec brio. Il reste quand même de l'authenticité dans ce récit.
    L'inspiration pour ce titre lui est venu d'une expérience peu ordinaire. Il a en effet commencé à « rédiger » lors d'une garde-à-vue pour avoir fait usage de stupéfiants sur le capot d'une voiture en plein Paris ! Pas banal, mais l'homme ne l'est pas non plus…
    « J'aurais donné n'importe quoi pour un livre ou un somnifère. N'ayant ni l'un, ni l'autre, j'ai commencé à écrire ceci dans ma tête, sans stylo, les yeux fermés. Je souhaite que ce livre vous permette de vous évader autant que moi, cette nuit-là. »
    Je me suis évadée, certes, mais dans mon passé car j'ai retrouvé pleins de petites choses ici ou là qui sentait bon la nostalgie et l'enfance. Je suis pourtant 10 ans plus jeune, mais il y a des choses presque immuables…
    La définition que Frédéric Beigbeder nous donne sur ce qu'est un enfant, ce qu'il vit peut surprendre, voir en choquer peut-être certains, mais moi, je lui ai trouvé une vérité crue qui peut faire mal, qui n'est donc pas toujours bonne à dire, mais pourtant…
    « On a tendance à idéaliser ses débuts, mais un enfant est d'abord un paquet que l'on nourrit, transporte et couche. En échange du logement et de la nourriture, le paquet se conforme à peu près au règlement intérieur. »
    J'ai noté que l'auteur est un provocateur et ce n'est sans doute pas la première fois qu'il ose franchir ainsi les limites, les barrières légales. Il l'avoue lui-même, mais cette fois, il n'en tire aucune gloire personnelle, bien au contraire.
    « Cette fois, on allait m'enfermer un peu plus longtemps pour une cause nettement moins humanitaire. »
    Pour les détails, je préfère vous renvoyer vers l'ouvrage car c'est un délice que de lire les anecdotes vues et racontées par Frédéric Beigbeder lui-même.
    Il ne cherche pas la vérité absolue dans ce récit, mais sa vérité. C'est elle qui sera au rendez-vous en effet, mais elle ne sera pas la seule…
    « Je sens que je vais devoir embarquer ici de nombreux proches, vivants ou morts (j'ai déjà commencé). Ces gens aimés n'ont pas demandé à se retrouver dans ce livre comme dans une rafle. Je suppose que toute vie a autant de versions que de narrateurs : chacun possède sa vérité ; précisions d'emblée que ce récit n'exposera que la mienne. »
    Sa vision de la vie de famille pourra en faire frémir plus d'un, mais j'en connais qui vont la trouver ravissante. Pour ma part, je ne puis lui donner tort sur tout et même si je trouve que certaines explications sont contestables, il y a aussi un peu de vrai dans ces écrits…
    « Une vie de famille est une suite de repas dépressifs où chacun répète les mêmes anecdotes humiliantes et automatismes hypocrites, où l'on prend pour un lien ce qui n'est que loterie de la naissance et rites de la vie en communauté. Une famille, c'est un groupe de gens qui n'arrivent pas à communiquer, mais s'interrompent très bruyamment, s'exaspèrent mutuellement, comparent les diplômes de leurs enfants comme la décoration de leurs maisons, et se déchirent l'héritage de parents dont le cadavre est encore tiède. Je ne comprends pas les gens qui considèrent la famille comme un refuge alors qu'elle ravive les plus profondes paniques. Pour moi, la vie commençait quand on quittait sa famille. »
    La suite sur :

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2010/02/histoire-de-famille-u..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Augustin Trapenard pour le Magazine Littéraire

    Pour
    On raconte que l'éditeur d'Antoine Blondin enfermait celui-ci pour le forcer à achever ses livres Pour commencer le sien, Frédéric Beigbeder s'en est quant à lui remis aux forces de police. Surpris en ... > lire la suite

    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (61)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Storm, le 02 septembre 2009

    (...)la "vie de famille".Pourquoi cette expression m'apparaît-elle comme une menace, voire un oxymoron ? On se figure tout de suite un pauvre homme épuisé, qui tente d'installer un siège-bébé dans une automobile ovale. Bien sûr, il n'a pas fait l'amour depuis des mois. Une vie de famille est une suite de repas dépressifs où chacun répète les mêmes anecdotes humiliantes et automatismes hypocrites, où l'on prend pour un lien ce qui n'est que loterie de la naissance et rites de la vie en communauté. Une famille, c'est un groupe de gens qui n'arrivent pas à communiquer, mais s'interrompent très bruyamment, s'exaspèrent mutuellement, comparent les diplômes de leurs enfants comme la décoration de leurs maisons, et se déchirent l'héritage de parents dont le cadavre est encore tiède. Je ne comprends pas les gens qui considèrent la famille comme un refuge alors qu'elle ravive les plus profondes paniques.Pour moi, la vie commençait quand on quittait sa famille.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Couperine, le 01 juillet 2010

    Allongé sur un banc en ciment, aux alentours de quatre heures du matin, en ce soir noir, la situation me semblait simple : Dieu croyait en mon frère et Il m'avait abandonné. Comment deux êtres aussi proches dans l'enfance avaient-ils pu connaître des destins aussi contrastés ? Je venais d'être interpellé pour usage de stupéfiants dans la rue avec un ami. Dans la cellule voisine, un pickpocket tapait du poing sur la vitre sans conviction, mais avec suffisamment de régularité pour interdire tout sommeil aux autres détenus. S'endormir eût été de toute façon utopique car même quand les séquestrés cessaient de beugler, les policiers s'apostrophaient à haute voix dans le couloir, comme si leurs prisonniers étaient sourds. Il flottait une odeur de sueur, de vomi et de bœuf-carottes mal réchauffé au micro-ondes.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Sandy80, le 23 octobre 2010

    On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas que l'on va s'en remettre.
    Citation de qualité ? (59 votes positifs)
  • Par Florel, le 02 juillet 2010

    "Pourtant la France est le pays de la liberté. ce qui m'autorise à revendiquer le Droit de me Brûler les Ailes, le Droit de Tomber Bien Bas, le Droit de Couler à Pic."

    "Toutes mes angoisses sont de sa faute aussi : il m'a inoculé un virus dont on ne guérit jamais. Le bonheur d'être coupé du monde, voilà ma,première addiction. Arrêter de lire des romans exige beaucoup de force. Il faut avoir envie de vivre, courir, grandir. J'étais drogué avant même que d'avoir le droit de sortir le soir. Je m'intéressais d'avantage aux livres qu'à la vie.
    Depuis je n'ai cessé d'utiliser la lecture comme un moyen de faire disparaître le temps, et l'écriture comme moyen de le retenir."


    Et pour finir un passage de Kant que l'auteur cite dans son livre et qu'il faut que je mette tellement je l'adore !

    "Un gouvernement fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, semblable à celle d'un père envers ses enfants c'est à dire un gouvernement paternaliste, où donc les sujets, comme les enfants mineurs qui ne peuvent distinguer ce qui leur est véritablement utile ou nuisible, sont réduis au rôle simplement passif d'attendre du seul jugement du chef de l'Etat qu'il décide comment ils doivent être heureux, et de sa seule bonté qu'il veuille bien s'occuper de leur bonheur : un tel gouvernement est le plus grand despotisme qu'on puisse concevoir."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par kloobeastII, le 28 août 2010

    Son rire en cascade est mon médicament, je devrais l’enregistrer en boucle et me le diffuser les soirs de déprime. S’il fallait définir la joie de vivre, le bonheur d’exister, ce serait cet éclat de rire, une apothéose, ma récompense bénie, un baume descendu du ciel (p.174)
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)

> voir toutes (72)

Videos de Frédéric Beigbeder

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Frédéric Beigbeder


L'amour dure trois ans : rencontre avec Frédéric Beigbeder pour l'adaptation cinéma de son roman
A l'occasion de la sortie de son premier film "L'amour dure trois ans", adapté de son roman publié en 1997, Frédéric Beigbeder était à la Fnac pour une rencontre exceptionnelle. "Marc Marronnier, critique littéraire le jour et chroniqueur mondain la nuit, vient de divorcer d'Anne. Il est sûr à présent que l'amour ne dure que 3 ans. Il a même écrit un pamphlet pour le démontrer ; mais sa rencontre avec Alice va ébranler toutes ses certitudes." La Fnac : l'engagement cinéma La Fnac accompagne les grands succès publics et critiques, les auteurs confirmés comme les premiers films, sans sectarisme, mais avec toujours un souci de pédagogie et une volonté d'accompagner les clients vers les films qui créent l'événement. La Fnac se distingue par l'organisation de grands événements en magasins et dans les salles de cinéma partenaires, par la production de bonus dédiés à des éditions DVD exclusives et par la mise en place de partenariats à l'année avec des festivals et de grandes institutions du cinéma et de l'art. Enregistré le 21 janvier 2012 à la Fnac Forum des Halles, Paris.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Un roman français par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (486)

> voir plus

Quiz