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ISBN : 2070314618
Éditeur : Gallimard (2005)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 673 notes)
Résumé :
Vous connaissez la fin: tout le monde meurt. Certes la mort arrive à pas mal de gens, un jour ou l'autre. L'originalité de cette histoire, c'est que tous ses personnages vont mourir en même temps et au même endroit. Est-ce que la mort crée des liens entre les êtres ?

Le seul moyen de savoir ce qui s'est passé dans le restaurant situé au 107éme étage de la tour nord du World Trade Center, le 11 septembre 2001, entre 8h30 et 10h29, c'est de l'inventer.<... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
Malaura11 septembre 2011
  • Livres 4.00/5
Au 107ème étage du World Trade Center, existait un restaurant, le "Windows on the World".
Ce jour-là, à 8h45, un Boeing 747 s'écrasait contre l'immense building d'acier et de verre.
C'était le 11 septembre 2001 et l'Amérique vivait le plus grand attentat de tous les temps et la plus grande tragédie de son histoire.
Carthew et ses deux fils déjeunaient ce matin-là au Windows on the World.
Pendant près de deux heures, avant que les Twins Towers ne s'effondrent, ils ont vécu l'enfer, ne pouvant rien faire d'autre qu'attendre la mort.
Récompensé par le prix Interallié en 2003, ce roman à demi-fictif à une odeur de soufre.
Il relate par le menu, minute par minute, le calvaire qu'ont eu à subir des centaines de personnes, notamment le personnage principal, Carthew, un homme divorcé auquel l'on s'attache d'emblée et que l'on suit, l'estomac noué, tout au long de ces deux heures où il tente désespérément de cacher sa peur à ses deux fils et l'imminence de leur mort, devenue inéluctable.
En parallèle à la tragédie, l'auteur insère son propre itinéraire au moment des faits, mêlant une part de sa propre histoire à celle de la famille américaine.
Confession intime baignée de pensées personnelles, de réflexions sur son existence et son cheminement culturel, familial, amoureux… Un homme qui se laisse aller à des déambulations parisiennes sans se douter que bientôt, dans quelques heures, tous les repères sociaux, mondiaux, moraux, vont éclater en mille morceaux de verre et d'acier mêlés.
Certains passages de ce très beau docu-fiction sont à ce point poignants que les larmes coulent sans que vous puissiez les retenir : les explosions, le feu, la fumée vous prennent à la gorge, les sentiments contradictoires vous animent et vous submergent : incompréhension, stupeur, désarroi, terreur, espoir, rage de vivre…résignation…
Une palette émotionnelle variée et nuancée qui va de l'affliction à l'indignation, de l'espérance à l'impuissance.
Beigbeder est ici très loin des provocations et autre fanfaronnades auxquelles il nous a précédemment habitué.
On y découvre un écrivain bouleversant, infiniment triste et humain, qui utilise le cynisme et l'humour pour masquer une détresse bien réelle, émouvante et profonde.
Bien sûr c'est un livre terriblement dur mais en faisant revivre cette tragédie, l'auteur nous exhorte à nous souvenir, au nom de toutes les personnes qui sont mortes ce jour-là dans des conditions atroces.
Ce devoir de mémoire nous le leur devons bien.
Un livre pour ne pas oublier…Dix ans déjà.
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fredho
fredho11 février 2013
  • Livres 4.00/5
Sous le regard de Frédéric Beigbeder, nous suivons le destin tragique d'une famille américaine, un père divorcé Carthew Yorston et ses deux fils Jerry et David, partit petit-déjeuner dans une des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001.
Pour ce faire Beigbeder se place au 56ème étage de la tour Montparnasse « Au ciel de Paris » un an après la catastrophe, et imagine l'itinéraire de ce père et ses deux fils minutes après minutes face au calvaire de cet attentat qui occupe désormais les mémoires meurtries de l'histoire de l'Amérique.
Nous assistons, impuissants, à ce huis clos pesant de la lutte pour la vie d'un père et ses enfants en autres, essayant pour échapper aux flammes de monter au plus haut du gratte-ciel, le ciel, ce ciel qui deviendra les flammes de l'enfer.
Les parallèles dans ce roman sont les réflexions de F. Beigbeder à travers ce père divorcé, l'auteur porte un regard sur sa vie, s'identifie à lui mais apporte également des réflexions pertinentes sur la société, la politique, la consommation, les différences culturelles et religieuses, les conquêtes de l'homme, la puissance américaine... toutes ces évolutions rendent-elles le monde meilleur et les gens plus heureux !
Très différent de ce que j'ai pu lire de cet auteur, même si on reconnaît bien la touche de F. Beigbeder, pour une fois cet écrivain plutôt égocentrique et nombriliste s'intéresse aux autres (sans toutefois omettre de parler de lui c'est sa marque de fabrique !), il dévoile une part d'humanité que l'on a rarement observé dans ces livres, un regard empathique, il décrit l'indicible, imagine cette tragédie et ces victimes avec réalisme. Un récit marquant, lourd d'émotions et de frissons, j'avoue avoir eu parfois le souffle coupé et la larme à l'oeil en lisant des passages douloureux, pour moi de loin le meilleur roman de F Beigbeder.
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Christelle83230
Christelle8323012 décembre 2015
  • Livres 4.00/5
Laissez les à-priori de côté et laissez-vous tenter par ce Beigbeder déroutant, bien qu'on connaisse tous la fin de l'histoire.
L'auteur nous narre ici le déroulement des deux heures les plus marquantes de ces dix dernières années. Son objectif : cerner l'ineffable qui a changé notre perception du monde, sans tomber dans le pathos et le racoleur. Pour cela, l'auteur fait des allers-retours constants entre la fiction et son propre ressenti, véritable échappatoire à l'horreur, avec une plume légère et émouvante.
Une justesse d'écriture qui permet à Beigbeder de rendre hommage à sa façon aux victimes de ces attentats.
Si d'aucuns pourraient reprocher la désinvolture dont fait preuve l'auteur, il s'agit pour moi d'un positionnement adopté, loin de l'image d'un Beigbeder crispant et inconvenant.
Un livre que l'on n'oublie pas.
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Alodia
Alodia30 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Beigbeder peut agacé, choqué, voire exaspéré... mais cela fait partit de son style. Il nous compte l'histoire d'un agent immobilier new-yorkais orgueilleux,machiste et égocentrique qui en voyant la mort arrivée, redevient un être fragile, mortelle qui revient à des principes et valeurs indispensables.
De plus, à travers ce personnage, nous vivons dans l'extrême et le plus proche possible l'attentat du 11 septembre 2001. Frédéric Beigbeder mélange très bien son histoire et ses ressenties sur cet évènement planétaire, ses réflexions en haut de Paris, sa fille et sa future femme,et la tragique fin de Carthew et ses deux fils. J'ai aussi beaucoup apprécié les citations en anglais, les différentes typographies présentes et les remarques très provocateurs(quelques fois vulgaires) de Frédéric.
On suit jusqu'à l'acte fatidique du personnage principal les doutes, l'espoir ,la désillusion et la fierté d'un père envers ses fils ainsi que la fatalité d'avoir était quelqu'un d'autres et non soi-même. On suit minute par minute, heure par heure, jusqu'à 10h29. Magnifique livre, sujet très dur à traiter et délicats mais avec des réflexions presque véridiques et qui font penser le lecteur à sa vie.
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potzina
potzina03 février 2015
  • Livres 4.00/5
Frédéric Beigbeder n'est pas un auteur que j'affectionne particulièrement. Si j'ai pris du plaisir à la lecture de certains de ses romans, je me suis aperçue que quelques mois après ma lecture, il ne m'en restait presque rien. Autant dire qu'ils ne me touchent pas vraiment et que je les lis en dilettante.
Avec Windows on the World, la chose est différente : je l'ai lu à sa sortie et je m'en souviens encore très bien. Il faut dire que le sujet avait de quoi me remuer puisque l'auteur situe l'action de son livre le jour des attentats du 11 septembre.
Le livre de Beigbeder m'a beaucoup émue. le mélange de pure fiction avec des passages sur la vie de l'écrivain m'a plu, cela donne (à mes yeux) encore plus de force au récit. J'ai pleuré souvent pendant ma lecture et j'en suis ressortie toute secouée.
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Les critiques presse (1)
Chatelaine06 janvier 2016
On a aimé l’audace du bad boy des lettres parisiennes, qui le premier ose écrire un livre sur ce sujet sensible et son style lapidaire d’une grande sensibilité.
Lire la critique sur le site : Chatelaine
Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
l-opulence-de-la-nuitl-opulence-de-la-nuit08 octobre 2011
Ma vie est un désastre mais personne ne le voit car je suis très poli : je souris tout le temps. Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparait. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. La douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée. Je suis un négationniste de moi-même.
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LydiaBLydiaB04 juillet 2010
8 h 30
Vous connaissez la fin : tout le monde meurt. Certes, la mort arrive à plein de gens, un jour ou l’autre. L’originalité de cette histoire, c’est qu’ils vont tous mourir en même temps et au même endroit. Est-ce que la mort crée des liens entre les hommes ? On ne dirait pas : ils ne se parlent pas. Ils font la gueule, comme tous ceux qui se sont levés trop tôt et mastiquent leur petit déjeuner dans une cafétéria de luxe. De temps en temps, certains prennent des photos de la vue, qui est la plus belle du monde. Derrière les immeubles carrés, la mer est ronde ; les sillages des bateaux y dessinent des formes géométriques. Même les mouettes ne vont pas aussi haut. La plupart des clients du Windows on the World ne se connaissent pas entre eux. Lorsque leurs regards se croisent par mégarde, ils raclent leur gorge et replongent illico dans les journaux. Début septembre, tôt le matin, tout le monde est de mauvaise humeur : les vacances sont terminées, il faut tenir bon jusqu’à Thanksgiving. Le ciel est bleu mais personne n’en profite.

Dans un instant, au Windows on the World, une grosse Portoricaine va se mettre à crier. Un cadre en costume cravate aura la bouche bée. « Oh my God. » Deux collègues de bureau resteront muets de stupéfaction. Un grand rouquin lâchera un « Holy shit! » La serveuse continuera de verser son thé jusqu’à ce que la tasse déborde. Il y a des secondes qui durent plus longtemps que d’autres. Comme si l’on venait d’appuyer sur la touche « Pause » d’un lecteur de DVD. Dans un instant, le temps deviendra élastique. Tous ces gens feront enfin connaissance. Dans un instant, ils seront tous cavaliers de l’Apocalypse, tous unis dans la Fin du Monde.
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ZiziMuleATresseZiziMuleATresse17 octobre 2010
10h24
J'ignore vraiment pourquoi j'ai écrit ce livre. Peut-être parce que je ne voyais absolument pas l'intérêt de parler d'autre chose. Qu'écrire d'autre . Les seuls sujets intéressants sont les sujets tabous. Il faut écrire ce qui est interdit. La littérature française est une longue histoire de désobéissance. Aujourd'hui les livres doivent aller là où la télévision ne va pas. Montrer l'invisible, dire l'indicible. C'est peut-être impossible mais c'est sa raison d'être. La littérature est une "mission impossible".
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Zazette97Zazette9713 octobre 2009
Ecoute, je suis chrétien, il est musulman et t'es juif, ce qui veut dire qu'on croit tous dans le même Dieu, OK? Alors tu te calmes. On a qu'à prier dans nos trois religions, comme ça Dieu aura trois fois plus de chances de nous entendre et d'ouvrir cette goddam door! p.183
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Zazette97Zazette9713 octobre 2009
J'en veux beaucoup à l'inventeur du parachute de bureau de n'en avoir eu l'idée qu'après la tragédie. Ce n'est pourtant pas une création très compliquée : tu n'aurais pas pu y penser avant, pauvre connard? J'aurais aimé voir des centaines d'hommes et de femmes se jeter dans le vide avec leur sac sur le dos, et leur parachute s'ouvrir au-dessus de WTC Plaza. J'aurais aimé les voir planer dans le bleu, narguer la pesanteur et les terroristes, poser le pied sur le béton, tomber dans les bras des pompiers.p.184
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