ISBN : 2070314618
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 3.31/5 (sur 213 notes) Ajouter à mes livres
Vous connaissez la fin: tout le monde meurt. Certes la mort arrive à pas mal de gens, un jour ou l'autre. L'originalité de cette histoire, c'est que tous ses personnages vont mourir en même temps et au même endroit. Est-ce que la mort crée des liens entre les êtres ?> voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 11 septembre 2011

    Malaura
    Au 107ème étage du World Trade Center, existait un restaurant, le "Windows on the World".
    Ce jour-là, à 8h45, un Boeing 747 s'écrasait contre l'immense building d'acier et de verre.
    C'était le 11 septembre 2001 et l'Amérique vivait le plus grand attentat de tous les temps et la plus grande tragédie de son histoire.
    Carthew et ses deux fils déjeunaient ce matin-là au Windows on the World.
    Pendant près de deux heures, avant que les Twins Towers ne s'effondrent, ils ont vécu l'enfer, ne pouvant rien faire d'autre qu'attendre la mort.
    Récompensé par le prix Interallié en 2003, ce roman à demi-fictif à une odeur de soufre.
    Il relate par le menu, minute par minute, le calvaire qu'ont eu à subir des centaines de personnes, notamment le personnage principal, Carthew, un homme divorcé auquel l'on s'attache d'emblée et que l'on suit, l'estomac noué, tout au long de ces deux heures où il tente désespérément de cacher sa peur à ses deux fils et l'imminence de leur mort, devenue inéluctable.
    En parallèle à la tragédie, l'auteur insère son propre itinéraire au moment des faits, mêlant une part de sa propre histoire à celle de la famille américaine.
    Confession intime baignée de pensées personnelles, de réflexions sur son existence et son cheminement culturel, familial, amoureux… Un homme qui se laisse aller à des déambulations parisiennes sans se douter que bientôt, dans quelques heures, tous les repères sociaux, mondiaux, moraux, vont éclater en mille morceaux de verre et d'acier mêlés.
    Certains passages de ce très beau docu-fiction sont à ce point poignants que les larmes coulent sans que vous puissiez les retenir : les explosions, le feu, la fumée vous prennent à la gorge, les sentiments contradictoires vous animent et vous submergent : incompréhension, stupeur, désarroi, terreur, espoir, rage de vivre…résignation…
    Une palette émotionnelle variée et nuancée qui va de l'affliction à l'indignation, de l'espérance à l'impuissance.
    Beigbeder est ici très loin des provocations et autre fanfaronnades auxquelles il nous a précédemment habitué.
    On y découvre un écrivain bouleversant, infiniment triste et humain, qui utilise le cynisme et l'humour pour masquer une détresse bien réelle, émouvante et profonde.
    Bien sûr c'est un livre terriblement dur mais en faisant revivre cette tragédie, l'auteur nous exhorte à nous souvenir, au nom de toutes les personnes qui sont mortes ce jour-là dans des conditions atroces.
    Ce devoir de mémoire nous le leur devons bien.
    Un livre pour ne pas oublier…Dix ans déjà.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 31 janvier 2012

    carre
    Je sais que Beigbeder agace autant qu'il plait. Je fait parti de la deuxième catégorie. Avec ce roman, on retrouve un auteur plus soft que dans "99 francs". Ce livre ne manque pas de sincérité, avec des passages vraiment réussis, notamment quand il parle de lui et si Beigbeder joue de cynisme de dérision et d'humour, il prend comme matière, un évènement dramatique planétaire pour je crois, en tout cas je l'ai ressenti comme cela, rendre un hommage à toutes ces victimes anonymes rayés de la vie en quelques secondes. Et tant pis pour les grincheux, je trouve que c'est un très bon roman.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 13 octobre 2009

    Zazette97
    Deux histoires s'entremêlent dans ce roman : celle de Carthew Yorston, un agent immobilier texan venu déjeuner le 11/9/2001 au World Trade Center avec ses fils et celle de l'écrivain lui-même qui, au sommet de la Tour Montparnasse, imagine un an et demi plus tard ce qu'auraient pu être les derniers instants des victimes du restaurant situé au 107 ème étage de la tour nord.
    L'histoire se déroule entre 8h30 et 10h29, chaque minute constituant un chapitre.
    Et Beigbeder de souligner : " Ceci n'est pas un thriller; juste une tentative - peut-être vouée à l'échec - de décrire l'indescriptible." (p. 76)
    Pourtant, à l'instar d'un thriller, la tension monte.
    Des premiers coups de fil à la famille jusqu'à l'effondrement final de la tour nord, chaque personnage révèle sa part d'humanité face à un acte qui en est totalement dépourvu.
    Le récit se resserre peu à peu autour du personnage de Carthew Yortson.
    Tout comme son personnage Octave Parango partait en Russie pour trouver le nouveau visage d'une marque de cosmétiques nommée "L'Idéale", l'auteur voyage, sonde, enquête et attribue un visage bien que fictionnel aux attentats du 11 septembre, comme pour compenser tous ces visages occultés par les médias américains et internationaux.
    Même le titre "Au secours pardon" (rédigé 4 ans plus tard) aurait pu être celui de "Windows on the World" tant le double tableau de ce roman dépeint à la fois la détresse étouffée des victimes et le repentir de l'auteur quant à son comportement d'homme (je pense notamment à ce passage zolesque intitulé "Je m'accuse"). C'est selon moi dans leur représentation de l'image du père que Carthew Yortson et l'auteur se confondent le plus.
    Minute après minute, les certitudes, les utopies, les libertés, la société s'écroulent suite à ce drame qui creusera une brèche et sèmera le doute dans les esprits de millions de citoyens américains (et non-américains).
    Bien que les dernières heures des victimes soient présentées sous l'angle de l'imagination de l'auteur, je n'ai pas pu m'empêcher de m'imaginer qu'elles ne devaient pas être si éloignées de la réalité. S'ajoute une riche documentation récoltée par Beigbeder qui nous apprend une quantité de choses sur l'histoire des différents pays gravitant autour du drame.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2009/09/windows-on-world-frederic-..
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    • Livres 4.00/5
    Par luCa, le 22 décembre 2009

    luCa
    Il faut s'appeler Frédéric Beigbeder pour s'attaquer à un thème si délicat et seulement deux ans après le drame, lorsque le traumatisme est encore si fort, dans la conscience collective. Les attentats du 11 Septembre 2001, sur le World Trade Center, ont marqué à jamais l'histoire du monde. Et tous ces gens, tous ces employés, voyant arriver l'avion, et souffrant ensuite pendant de longues minutes, enfermés dans les tours, qu'ont ils vécus ? “Le meilleur moyen de le savoir, c'est de l'inventer” proclame l'auteur. Pari osé, pari relevé haut la main. Nous suivons alors, minute par minute, le récit d'un américain, père de famille divorcé et papa gâteau, ayant, le matin même, cédé aux caprices de ses enfants. C'est ainsi qu'ils se retrouvent dans le “Windows on the World”, le restaurant situé au dernier étage de la tour Nord. Réflexions intimes du personnage, remémoration d'une vie douloureuse et passée, comme séparée du temps, mais juste pour se rappeler, qu'il existe; parole cathartique. On est face à ce personnage comme dans la peau d'un voyeur, assistant à une scène horrible. On aimerait s'en aller, en finir, mais plus on tourne les pages, plus on s'approche de l'issue fatale que l'on connaît si bien. C'est alors qu'apparaît, comme un nouveau souffle, la figure de l'auteur, sereine et lasse, client fervent de la tour Montparnasse, qui nous entraîne, lui aussi, dans ses pensées (toutes aussi pessimistes parfois, mais d'un autre genre). On partage ses quelques souvenirs d'enfance, on voit peu à peu le quartier brumeux s'animer, la voix de l'auteur nous guidant au travers du brouillard, avant de retourner dans le pénible brasier. Alternativement, on passe de l'un à l'autre, comme un cycle tourbillonnant, où l'on entre au fond des choses.
    C'est un livre magnifique, des phrases fortes, comme transcendantes. Même les réflexions, que l'on peut qualifier de simples, sont intelligentes. On le lit d'un trait, d'une ligne, que l'on suspend entre les deux tours, celle de New-York et celle de Paris, et que l'on parcoure en courant, de peur que les flammes ne nous touchent. Mais c'est un fois lu, qu'elles nous atteignent et brillent encore devant nos yeux.

    Lien : http://bookkingdom.wordpress.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 14 août 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Étant donné le thème, l'histoire aurait pu être difficile à lire mais c'est sans compter sur la touche de légèreté de la plume de Beigbeder. Cependant, l'histoire est touchante. Un père et ses deux fils en train de déjeuner dans l'une des deux tours du World Trade Center lorsque tout arrive. Un père qui essaye tant bien que mal de convaincre ses fils que tout ça n'est qu'un jeu.
    Mon seul petit bémol c'est que selon les chapitres, l'intrigue se passe parfois à New-York, parfois à Paris. Et l'histoire de Paris n'apporte pas grand-chose à l'histoire, j'ai trouvé que cela coupait plutôt le reste. Il y a aussi les passages de sa vie qu'il raconte, sa propre vie.
    On se retrouve parfois un peu en décalage mais c'est un peu son style également. J'ai toujours l'impression qu'il écrit comme il pense, sans relire, sans se poser de questions. Qu'il pose les mots sur le papier et puis c'est tout.
    Ca ne donne pas des livres extraordinaires mais ça donne tout de même des livres agréables à lire.
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Citations et extraits

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  • Par jplegault, le 20 mai 2012

    Après la surprise, l'étonnement, l'espoir, au bout d'un quart d'heure ne reste plus que la terreur, une crainte brute qui brouille le jugement et fait flageoler les jambes.
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  • Par Couperine, le 04 juillet 2010

    8 h 30
    Vous connaissez la fin : tout le monde meurt. Certes, la mort arrive à plein de gens, un jour ou l’autre. L’originalité de cette histoire, c’est qu’ils vont tous mourir en même temps et au même endroit. Est-ce que la mort crée des liens entre les hommes ? On ne dirait pas : ils ne se parlent pas. Ils font la gueule, comme tous ceux qui se sont levés trop tôt et mastiquent leur petit déjeuner dans une cafétéria de luxe. De temps en temps, certains prennent des photos de la vue, qui est la plus belle du monde. Derrière les immeubles carrés, la mer est ronde ; les sillages des bateaux y dessinent des formes géométriques. Même les mouettes ne vont pas aussi haut. La plupart des clients du Windows on the World ne se connaissent pas entre eux. Lorsque leurs regards se croisent par mégarde, ils raclent leur gorge et replongent illico dans les journaux. Début septembre, tôt le matin, tout le monde est de mauvaise humeur : les vacances sont terminées, il faut tenir bon jusqu’à Thanksgiving. Le ciel est bleu mais personne n’en profite.

    Dans un instant, au Windows on the World, une grosse Portoricaine va se mettre à crier. Un cadre en costume cravate aura la bouche bée. « Oh my God. » Deux collègues de bureau resteront muets de stupéfaction. Un grand rouquin lâchera un « Holy shit! » La serveuse continuera de verser son thé jusqu’à ce que la tasse déborde. Il y a des secondes qui durent plus longtemps que d’autres. Comme si l’on venait d’appuyer sur la touche « Pause » d’un lecteur de DVD. Dans un instant, le temps deviendra élastique. Tous ces gens feront enfin connaissance. Dans un instant, ils seront tous cavaliers de l’Apocalypse, tous unis dans la Fin du Monde.
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  • Par ZiziMuleATresse, le 17 octobre 2010

    10h24
    J'ignore vraiment pourquoi j'ai écrit ce livre. Peut-être parce que je ne voyais absolument pas l'intérêt de parler d'autre chose. Qu'écrire d'autre . Les seuls sujets intéressants sont les sujets tabous. Il faut écrire ce qui est interdit. La littérature française est une longue histoire de désobéissance. Aujourd'hui les livres doivent aller là où la télévision ne va pas. Montrer l'invisible, dire l'indicible. C'est peut-être impossible mais c'est sa raison d'être. La littérature est une "mission impossible".
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  • Par l-opulence-de-la-nuit, le 08 octobre 2011

    Ma vie est un désastre mais personne ne le voit car je suis très poli : je souris tout le temps. Je souris parce que je pense que si l'on cache sa souffrance elle disparait. Et dans un sens, c'est vrai : elle est invisible donc elle n'existe pas, puisque nous vivons dans le monde du visible, du vérifiable, du matériel. La douleur n'est pas matérielle ; elle est occultée. Je suis un négationniste de moi-même.
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  • Par Zazette97, le 13 octobre 2009

    Nous vivons une époque étrange; la guerre s'est déplacée. Le champ de bataille est médiatique : dans ce nouveau conflit, le Bien et le Mal sont difficiles à départager.
    Difficile de savoir qui sont les bons et les méchants : ils changent de camp quand on change de chaîne.
    La télévision rend le monde jaloux. Avant, les pauvres, les colonisés, les opprimés ne contemplaient pas la richesse tous les soirs sur un écran, dans leurs bidonvilles. Ils ignoraient que certains pays possédaient tout tandis qu'eux ramaient pour rien.
    En France, la Révolution aurait eu lieu beaucoup plus tôt si les serfs avaient eu un petit écran pour regarder le luxe des Rois et des Reines.
    (...) Ce phénomène est récent : on l'appelle la mondialisation mais son vrai nom est télévision.
    La mondialisation est économique, audiovisuelle, cinématographique et publicitaire, mais le reste ne suit pas : ni le politique, ni le social.p.145
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Vidéo de Frédéric Beigbeder

Interlignes - Frédéric Beigbeder - Lecture .
Frédéric Beigbeder lit, pour Interlignes, un extrait de son roman "Un roman français"Découvrez l'intégralité de l'entretien sur www.interlignes.tv








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