ISBN : 2923682211
Éditeur : Les Allusifs (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Les Allusifs ont amorcé la publication d’une nouvelle série portant sur les peurs avec la parution de La Présence de Pierre Jourde en mars 2011 et poursuivent avec Auto-Stop de Daniel Bélanger.

« Auto-Stop» est un récit intime en forme de poèmes/chansons... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 01 juin 2011

    Seraphita
    Vincent est un jeune homme de 19 ans, particulièrement tourmenté. de manière poétique, il livre son vécu d'errance, en quête de l'autre, inaccessible, en quête de lui-même au plus loin des rencontres. Son périple l'amène à quitter l'Amérique pour gagner le vieux continent, d'abord la France, puis l'Italie. Voici Florence, une ville prometteuse où réside Anna. C'est le temps de l'amour. Puis des doutes. Voici alors Venise. Puis Florence. Errances multiples, hasardeuses, où se dessine l'ambivalence humaine. Une quête de retrouvailles ?
    J'ai lu ce court récit intimiste (79 pages) dans le cadre de l'opération « Masse Critique » et je remercie Babelio de m'avoir offert un moment de lecture à la fois bref mais également puissant, magique et intense.
    Cet ouvrage de Daniel Bélanger intitulé « Auto-stop » est paru en avril 2011 aux Editions les Allusifs. Daniel Bélanger est né en 1961. Québécois, il est auteur-compositeur interprète. « Fondés à Montréal en 2001, les Allusifs publient des œuvres littéraires qui ouvrent des horizons inépuisables sur la pluralité des expériences humaines », ainsi que le relate le site internet de l'éditeur. « Auto-stop » a été publié dans une nouvelle collection intitulée « Les Peurs ». Ce récit se propose d'explorer la peur d'exister.
    Le format de cet ouvrage me semble original et attractif : il est assez petit, un peu à l'image des livres de poche et s'emporte avec soi facilement. La couverture est insolite : le titre « Auto-stop » n'est pas mis en exergue. Il figure en petits caractères en haut à droite. Les prénom et nom de l'auteur sont par contre mis en avant, occupant, en gros caractères, la place dévolue habituellement au titre.
    L'écriture peut surprendre de prime abord : l'auteur a choisi la prose poétique. Les lignes sont courtes, le texte est centré. Au départ, j'ai eu un peu de mal à entrer dans ce style, étant plutôt habituée à lire des romans en prose, dans lesquels le texte est présenté de manière traditionnelle. Puis la surprise a vite laissé place à la fascination.
    Vincent est un jeune homme tourmenté, pétri d'ambivalences, de doutes. Son errance témoigne d'une quête de sens. le miroir tendu par l'autre permettra-t-il à ce jeune homme de se reconnaître enfin ? Qui est l'insaisissable Anna qui s'offre pourtant à lui dans l'entièreté de sa chair ? Quel nom donner à ce sentiment qu'elle éveille en lui ? L'amour ? Vincent doute soudain et quitte Florence, ville qui symbolise son ambivalence. Vient alors Venise, dont Vincent témoigne que sa puissance lui « a coupé le souffle ». Errance en train, bus ou en voiture : « je faisais de l'Auto-stop sans trop savoir si j'en avais envie ou non » (p. 9). Florence de nouveau, qui révèle à Vincent l'énigme d'une Anna qui lui échappe.
    L'écriture poétique de l'auteur est magnifique, travaillée au millimètre près. le ton peut parfois être un peu cru évoquant les tourments de la chair, mais aussi vaporeux, se plaisant à dépeindre les sentiments de Vincent. J'ai aimé ce portrait si juste, si touchant d'un jeune homme à la dérive, en quête de retrouvailles. Un vrai coup de cœur ! Un grand merci à Babelio !
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par rose, le 30 mai 2011

    rose
    Auto-stop ? le récit publié sous ce titre par Daniel Bélanger aux éditions des Allusifs tient bien moins du récit picaresque que semble annoncer son titre que de l' « arrêt sur soi », à l'âge critique de 19 ans, lorsque l'on est encore en quête de soi.
    En fait de quête, le narrateur paraît se fuir. Fuir le père bon mais « endormi » (c'est l'image qu'il emporte de lui), en sommeil de la vie. Fuir la mère déprimée qu'il ne peut aider. Fuir en Europe qu'il traverse méthodiquement, enfermé dans une glace sentimentale qui ne lui donne accès à rien, ni à la chaleur des rencontres ni à la magie des lieux.
    Jusqu'à ce qu'il rencontre Anna l'Italienne, ses gestes sûrs de lavandière, son mystère de fille inaccessible, si ce n'est par le corps qu'elle offre. Une rencontre-révélation, la vie enfin – provisoirement, car la glace ressaisit sa proie vivement.
    Mais le narrateur offre au couple un drôle de happy end, le temps que les faux semblants érigés par les deux amants, ces êtres de fuite, se dissipent…
    Deuxième récit publié par les Allusifs dans une collection portant sur les « peurs », le récit de Daniel Bélanger explore avec poésie la peur de vivre. Incapable d'éprouver, de s'abandonner, de se lier, le jeune homme que fut le narrateur doit faire l'expérience d'un sentiment qui ressemble à l'amour, du manque, de la perte de soi, pour gagner l'apaisement et finalement s'ouvrir à l'autre sans mensonge. le charme de cette aventure qui mène aussi à l'art (car le jeune homme désire sans y parvenir tout d'abord se libérer de lui-même dans les mots, la musique) tient en outre à sa forme, des vers libres qui transforment cette expérience en élégie.

    Lien : http://journalimaginaire.wordpress.com/2011/05/30/qu%E2%80%99il-est-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Bulle_Tine, le 14 juin 2011

    Bulle_Tine
    Auto-stop, de Daniel Bélanger, est construit autour de la peur de vivre et d'exister. Chanteur bien connu au Québec, l'auteur a écrit ce texte sous la forme d'une longue chanson. Vincent, 19 ans, part faire un périple à travers l'Europe, par envie de fuir le foyer familial plus que pour la découverte et les plaisirs des voyages. Suffisant, blasé et bien à l'abri de tout élément non prévisible, enfermé dans sa solitude, Anna va lui tomber dessus à Florence et le retenir quelques jours dans une sorte de bulle chaude où il va se laisser aller à l'insouciance et à l'envie de s'attacher à cette fille dont il ne connaît rien, "troublante parce que impénétrable autrement qu'en son sexe". Mais quand vient l'occasion soudaine de s'installer avec elle, la peur lui fait quitter la ville sans explications pour Anna : "Je l'ai embrassée, me suis rhabillé, suis sorti avec cette allure du gars qui part mais qui reviendra bien sûr, lui faisant un clin d'œil complice et un tendre sourire, comme ceux que je faisais quand je ne revenais pas." Il lui faudra quelques jours à Venise pour se décider à revenir vers elle, partie, comme lui, sans laisser de traces. Une lettre viendra finalement lever une supercherie qui aura réussi à le détourner de sa solitude voulue et de ses peurs qui le paralysaient. Un joli petit livre en somme, poétique, un brin mélancolique, et qui donne envie de secouer ce Vincent comme un prunier pour qu'il sorte enfin de ce monde centré sur sa petite personne.

    Lien : http://bulle-tine.blogspot.com/2011/06/call-me-boucle-dor.html
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Citations et extraits

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  • Par Bulle_Tine, le 14 juin 2011

    Je l'ai embrassée, me suis rhabillé, suis sorti avec cette allure du gars qui part mais qui reviendra bien sûr, lui faisant un clin d’œil complice et un tendre sourire, comme ceux que je faisais quand je ne revenais pas.
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  • Par Seraphita, le 07 juin 2011

    Non, tous les silences nocturnes
    ne se ressemblent pas.
    J’entends les tapages
    qu’un homme entendra
    au cour de sa subsistance,
    les forges et les scieries,
    les cris et les pleurs,
    les larmes et les reproches.
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  • Par Seraphita, le 07 juin 2011

    Pourtant, qu’est-ce que cette émotion suscitée
    par le roc en regard de celle
    causée par la plus magnifique des filles ?
    Appelons ça peut-être
    la dyslexie des sentiments.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Seraphita, le 07 juin 2011

    J’aime à être à l’intérieur de
    moi comme sous un
    édredon doux et chaud.
    Je n’ai jamais eu peur de ma solitude.
    Je l’ai toujours acceptée,
    comme cet homme handicapé assumant
    son infirmité, la faisant sienne
    et la nourrissant de singularités,
    aux limites de l’arrogance.
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  • Par Seraphita, le 07 juin 2011

    Je faisais de l’auto-stop
    sans trop savoir si j’en avais envie ou non.
    Je me plantais au bord de la route,
    espérant que
    parmi la cohorte des bolides
    l’un d’eux freine sa course
    et me fasse monter.
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