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ISBN : 288474133X
Éditeur : Infolio (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Julian West, jeune homme de bonne famille établi à Boston, fait une expérience sans précédent : il s'endort un soir de 1887 et se réveille en l'an 2000. Le monde qu'il découvre est pacifique, heureux, riche à souhait. Comment la transformation s'est-elle opérée ?
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 4.00/5
    Par CeCedille, le 26 janvier 2013

    CeCedille
    Lorsque, le lundi 30 mai 1887, Julian West, jeune Bostonien fortuné et insomniaque, s'endort à l'aide des passes magnétiques dans la chambre souterraine qu'il s'est fait construire pour sommeiller au calme, il ne se doute pas qu'il va se réveiller cent treize ans, trois mois et onze jours plus tard, dans une société américaine méconnaissable. Venu d'un siècle âpre au gain, cerné de misères et d'injustices, il découvre un monde apaisé, harmonieux et prospère. La famille de l'aimable docteur Leete, dans laquelle il se trouve, lui sert de guide pour dévoiler et expliquer les tenants et les aboutissants de ce monde édifiant. Et comme la jeune fille de la maison, la jolie Édith, a de bonnes raisons de s'intéresser à lui, le cours d'économie politique, de droit et de sociologie que vont lui délivrer ses hôtes est agréablement vaporisé d'eau de rose.
    le procédé du récit de Bellamy n'est pas original. Louis-Sébastien Mercier, en 1771, dans son livre "L'An 2440, un rêve s'il en fut jamais", avait utilisé le même, faisant se réveiller son narrateur six cent soixante dix ans plus tard, dans une France enfin touchée par "Les Lumières". Mais les idées de Bellamy ont plus à voir avec l'électricité qu'avec les fulgurances, avec le raisonnement qu'avec l'imagination.
    Dans la société qu'il imagine, c'est l'État qui a la haute main sur la production industrielle, et non le privé, qui disperse et multiplie des activités brouillonnes et peu efficaces.Une immense " fabrique" industrielle performante apporte la prospérité à tous, puisque chacun y contribue, selon ses capacités. Un impressionnant système d'orientation professionnelle est décrit, assez moderne et inventif. Chacun dispose d'un sorte de carte de crédit qui lui permet d'accéder à tous les services et les biens. L'argent a disparu de cette économie distributive. La retraite est à 45 ans, après 24 années d'activité, avec un argumentaire qui renvoie à des débats très actuels. le téléphone, qui est commercialisé à la fin des années 1870 aux États-Unis, est devenu en l'an 2000 la radio en haute fidélité à domicile, ce qui n'est pas trop mal vu.
    Certes, il y a des "blancs" : rien n'est dit des moyens de transport, ni du problème noir. On marche à pied en ville. Et -last but not least- le souvenir de l'expérience soviétique de planification centralisée nourrit la circonspection du lecteur le plus bienveillant.
    Reste une réflexion humaniste et vivante sur l'organisation sociale et les moyens de l'améliorer, en tenant compte des comportements individuels et collectifs. Intéressant exercice d'économie et de sociologie fiction, avec des bonheurs d'écriture, puisque certains passages, quelquefois résumés, ont été colportés dans la littérature ouvrière, pour le tableau saisissant et édifiant qu'ils traçaient de l'injustice sociale. Ainsi de la "parabole de la diligence" qui est restée dans la mémoire de la littérature politique et que l'on retrouvera dans la rubrique "citations".

    Lien : http://diacritiques.blogspot.fr/2010/12/edward-bellamy-suite.html
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    • Livres 4.00/5
    Par CeCedille, le 08 octobre 2012

    CeCedille
    Un des plus grands succès littéraire du siècle dernier : "Looking backward". Une utopie industrielle, avec une réflexion intéressante sur le fonctionnement du capitalisme au XIXème, et d'innovantes propositions pour une société idéale de l'an 2000 : la carte de crédit, la radio en hi-fi, la retraite à 45 ans, l'orientation professionnelle, tout celà précisément imaginé en 1888. L'immense fabrique industrielle que devient notre monde en l'an 2000 est moins convaincante : Mauvais souvenir de la planification soviétique, sans doute... Livre intéressant, pour la qualité de la réflexion économique, avec des échos assez actuels. Contient un texte célèbre dans la littérature ouvrière : la parabole de la diligence :« .. je comparerai la société à une grande diligence à laquelle était attelée l'humanité, qui traînait son fardeau péniblement à travers les routes montagneuses et ardues...."

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Citations et extraits

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  • Par CeCedille, le 26 janvier 2013

    je comparerai la société à une grande diligence à laquelle était attelée l’humanité, qui traînait son fardeau péniblement à travers les routes montagneuses et ardues. Malgré la difficulté de faire avancer la diligence sur une route aussi abrupte, et bien qu’on fût obligé d’aller au pas, le conducteur, qui n’était autre que la faim, n’admettait point qu’on fit de halte. Le haut du coche était couvert de voyageurs qui ne descendaient jamais, même aux montées les plus raides. Ces places élevées étaient confortables, et ceux qui les occupaient discutaient, tout en jouissant de l’air et de la vue, sur le mérite de l’attelage essoufflé. Il va sans dire que ces places étaient très recherchées, chacun s’appliquant dans la vie à s’en procurer une et à la léguer à son héritier. D’après le règlement, on pouvait disposer librement de sa place en faveur de n’importe qui ; d’un autre côté, les accidents étaient fréquents et pouvaient déloger l’heureux possesseur. À chaque secousse violente, bon nombre de voyageurs tombaient à terre ; il leur fallait alors s’établir eux-mêmes au timon de la diligence sur laquelle ils s’étaient prélassés jusqu’alors. Quand on traversait un mauvais pas, quand l’attelage succombait sous le poids du fardeau, quand on entendait les cris désespérés de ceux que rongeait la faim, que les uns, épuisés de fatigue, se laissaient choir dans la boue, que d’autres gémissaient, meurtris par la peine, les voyageurs d’en haut exhortaient ceux qui souffraient à la patience, en leur faisant entrevoir un meilleur sort dans l’avenir. Ils achetaient de la charpie et des médicaments pour les blessés, s’apitoyaient sur eux ; puis, la difficulté surmontée, un cri de soulagement s’échappait de toutes les poitrines. Eh bien, ce cri n’était qu’un cri d’égoïsme ! Quand les chemins étaient mauvais, le vacillement de ce grand coche déséquilibrait quelquefois, pour un instant, les voyageurs des hauts sièges, mais quand ils réussissaient à reprendre leur assiette, ils appréciaient doublement leurs bonnes places, ils s’y cramponnaient, et c’était là tout l’effet produit par le spectacle de la misère la plus poignante. Je répète que si ces mêmes voyageurs avaient pu s’assurer que ni eux ni leurs amis ne couraient aucun risque, le sort de l’attelage ne les eût guère inquiétés.
    Je sais que ces principes paraîtront cruels et inhumains aux hommes du vingtième siècle ; mais voici les deux raisons qui les expliquent : d’abord, on croyait le mal irrémédiable, on se déclarait incapable d’améliorer la route, de modifier les harnais, la voiture même, la distribution du travail ou de l’attelage. On se lamentait généreusement sur l’inégalité des classes, mais on concluait que le problème était insoluble. Le second empêchement à tout progrès était cette hallucination commune à tous les voyageurs d’en haut, qui consistait à voir, dans ceux qui traînaient la voiture, des gens pétris d’une autre pâte qu’eux. Cette maladie a existé, il n’y a aucun doute, car j’ai moi-même voyagé, dans le temps, sur le haut du coche et j’ai moi-même été atteint du délire commun. Ce qu’il y a de plus curieux, c’est que les piétons, qui venaient de se hisser sur la voiture et dont les mains calleuses portaient encore les traces des cordes qu’ils tiraient tout à l’heure, étaient les premières victimes de cette hallucination. Quant à ceux qui avaient eu le bonheur d’hériter de leurs ancêtres un de ces sièges rembourrés, leur infatuation, leur conviction d’être substantiellement distincts du commun des mortels, n’avaient plus de limites.
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