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ISBN : 288474133X
Éditeur : Infolio (2008)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Julian West, jeune homme de bonne famille établi à Boston, fait une expérience sans précédent : il s'endort un soir de 1887 et se réveille en l'an 2000. Le monde qu'il découvre est pacifique, heureux, riche à souhait. Comment la transformation s'est-elle opérée ?
C'est ce que raconte Bellamy dans ce roman publié en 1888, qui fut un immense succès de librairie. Dans le futur qu'il met en scène, l'humanité a compris qu'industrialisation et urbanisation peuven... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
NinonStein
19 juillet 2015
  • 5/ 5
Un nantis américain du XIXème siècle, capitaliste convaincu, se réveille un beau matin au XXème siècle, dans la chambre d'un médecin et sa famille, soit 113 ans après qu'il se soit endormi. Ce personnage principal Julian West, est le héros d'un roman d'utopie, par lequel son auteur, Edward Bellamy entreprend une critique de son époque. Le texte se trame essentiellement autour de dialogues entre le héros et ses hôtes, émaillés des descriptions des deux mondes (le XIXème et le XXème), faisant apparaître un écrivain (ici traduit) à la plume élégante et surtout dont l'analyse politique est d'une pertinence rare. Le relire aujourd'hui donne l'occasion de ressaisir les principes de base du capitalisme à l'heure de sa naissance, d'en mesurer les échecs successifs, et de découvrir une pensée socialiste américaine issue de l'expérience même de cette naissance regrettable. En effet, il ne s'agit ni d'un communisme, ni d'un anarchisme, mais bien d'une pensée socialiste singulièrement progressiste et inventive, et qui redonne un sens à ce courant politique moribond aujourd'hui. La lecture de ce texte reste un moment de plaisir, de part la forme de suspens induite par la situation de départ (le réveil 113 après), mais aussi par l'intrigue discrètement amoureuse qui va lier le héro et sa jeune hôtesse. Une petite romance qui ne prend pas trop de place et allège le récit politique.
Succès international à sa parution, fin 1800, ce livre aurait initié des mouvements contestataires, soutenus par l'auteur, sur lesquels cette lecture donne envie de se pencher.
La maison d'édition l'Eternel, dont c'est la première publication, pourrait elle trouver dans cette thématique de quoi se forger une ligne éditoriale ?
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CeCedille
26 janvier 2013
  • 4/ 5
Lorsque, le lundi 30 mai 1887, Julian West, jeune Bostonien fortuné et insomniaque, s'endort à l'aide des passes magnétiques dans la chambre souterraine qu'il s'est fait construire pour sommeiller au calme, il ne se doute pas qu'il va se réveiller cent treize ans, trois mois et onze jours plus tard, dans une société américaine méconnaissable. Venu d'un siècle âpre au gain, cerné de misères et d'injustices, il découvre un monde apaisé, harmonieux et prospère. La famille de l'aimable docteur Leete, dans laquelle il se trouve, lui sert de guide pour dévoiler et expliquer les tenants et les aboutissants de ce monde édifiant. Et comme la jeune fille de la maison, la jolie Édith, a de bonnes raisons de s'intéresser à lui, le cours d'économie politique, de droit et de sociologie que vont lui délivrer ses hôtes est agréablement vaporisé d'eau de rose.
le procédé du récit de Bellamy n'est pas original. Louis-Sébastien Mercier, en 1771, dans son livre "L'An 2440, un rêve s'il en fut jamais", avait utilisé le même, faisant se réveiller son narrateur six cent soixante dix ans plus tard, dans une France enfin touchée par "Les Lumières". Mais les idées de Bellamy ont plus à voir avec l'électricité qu'avec les fulgurances, avec le raisonnement qu'avec l'imagination.
Dans la société qu'il imagine, c'est l'État qui a la haute main sur la production industrielle, et non le privé, qui disperse et multiplie des activités brouillonnes et peu efficaces.Une immense " fabrique" industrielle performante apporte la prospérité à tous, puisque chacun y contribue, selon ses capacités. Un impressionnant système d'orientation professionnelle est décrit, assez moderne et inventif. Chacun dispose d'un sorte de carte de crédit qui lui permet d'accéder à tous les services et les biens. L'argent a disparu de cette économie distributive. La retraite est à 45 ans, après 24 années d'activité, avec un argumentaire qui renvoie à des débats très actuels. le téléphone, qui est commercialisé à la fin des années 1870 aux États-Unis, est devenu en l'an 2000 la radio en haute fidélité à domicile, ce qui n'est pas trop mal vu.
Certes, il y a des "blancs" : rien n'est dit des moyens de transport, ni du problème noir. On marche à pied en ville. Et -last but not least- le souvenir de l'expérience soviétique de planification centralisée nourrit la circonspection du lecteur le plus bienveillant.
Reste une réflexion humaniste et vivante sur l'organisation sociale et les moyens de l'améliorer, en tenant compte des comportements individuels et collectifs. Intéressant exercice d'économie et de sociologie fiction, avec des bonheurs d'écriture, puisque certains passages, quelquefois résumés, ont été colportés dans la littérature ouvrière, pour le tableau saisissant et édifiant qu'ils traçaient de l'injustice sociale. Ainsi de la "parabole de la diligence" qui est restée dans la mémoire de la littérature politique et que l'on retrouvera dans la rubrique "citations".
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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TmbM
27 septembre 2016
  • 4/ 5
A son réveil, ce jour-là, Julian West réalise qu'il n'est plus en 1887 mais en l'an 2000. Pourquoi ? Peu importe, là n'est pas la question. Aussi, ne vous lancez pas dans ce livre si vous n'êtes féru que de voyage dans le temps, vous resteriez sur votre faim. En effet, Edward Bellamy se penche plus sur de longues théories d'économie politique que sur celles de la distorsion de l'espace ou de la rupture du continuum.
Donc, disais-je, Julian West se reveille 113 ans plus tard, chez le docteur Leete. Ils s'entretiennent longuement, constatent les différences entre l'une et l'autre époque et Julian West réalise que le XXème siècle est béni d'abondance, purifié par la justice, adouci par la fraternité. Il y règne, de manière généralisée, un bonheur matériel, une clarté intellectuelle et une élévation morale. S'enchaînent alors les idées visionnaires et la conception d'un monde basé sur une forme idéale du communisme. Les Hommes sont égaux, les femmes émancipées, le mot « servile » a disparu du dictionnaire.
La suite sur mon blog :
Lien : http://touchezmonblogmonseig..
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CeCedille
08 octobre 2012
  • 4/ 5
Un des plus grands succès littéraire du siècle dernier : "Looking backward". Une utopie industrielle, avec une réflexion intéressante sur le fonctionnement du capitalisme au XIXème, et d'innovantes propositions pour une société idéale de l'an 2000 : la carte de crédit, la radio en hi-fi, la retraite à 45 ans, l'orientation professionnelle, tout celà précisément imaginé en 1888. L'immense fabrique industrielle que devient notre monde en l'an 2000 est moins convaincante : Mauvais souvenir de la planification soviétique, sans doute... Livre intéressant, pour la qualité de la réflexion économique, avec des échos assez actuels. Contient un texte célèbre dans la littérature ouvrière : la parabole de la diligence :« .. je comparerai la société à une grande diligence à laquelle était attelée l'humanité, qui traînait son fardeau péniblement à travers les routes montagneuses et ardues...."
Lien : http://diacritiques.blogspot..
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Florel
06 avril 2016
  • 2/ 5
Inquiétant, bonne matière à réflexion, mais franchement pas agréable à lire. Ce n'est pas un roman c'est un programme politique avec toute sa technique.

Lien : http://voyagelivresque.canal..
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Citations & extraits (2) Ajouter une citation
CeCedilleCeCedille26 janvier 2013
je comparerai la société à une grande diligence à laquelle était attelée l’humanité, qui traînait son fardeau péniblement à travers les routes montagneuses et ardues. Malgré la difficulté de faire avancer la diligence sur une route aussi abrupte, et bien qu’on fût obligé d’aller au pas, le conducteur, qui n’était autre que la faim, n’admettait point qu’on fit de halte. Le haut du coche était couvert de voyageurs qui ne descendaient jamais, même aux montées les plus raides. Ces places élevées étaient confortables, et ceux qui les occupaient discutaient, tout en jouissant de l’air et de la vue, sur le mérite de l’attelage essoufflé. Il va sans dire que ces places étaient très recherchées, chacun s’appliquant dans la vie à s’en procurer une et à la léguer à son héritier. D’après le règlement, on pouvait disposer librement de sa place en faveur de n’importe qui ; d’un autre côté, les accidents étaient fréquents et pouvaient déloger l’heureux possesseur. À chaque secousse violente, bon nombre de voyageurs tombaient à terre ; il leur fallait alors s’établir eux-mêmes au timon de la diligence sur laquelle ils s’étaient prélassés jusqu’alors. Quand on traversait un mauvais pas, quand l’attelage succombait sous le poids du fardeau, quand on entendait les cris désespérés de ceux que rongeait la faim, que les uns, épuisés de fatigue, se laissaient choir dans la boue, que d’autres gémissaient, meurtris par la peine, les voyageurs d’en haut exhortaient ceux qui souffraient à la patience, en leur faisant entrevoir un meilleur sort dans l’avenir. Ils achetaient de la charpie et des médicaments pour les blessés, s’apitoyaient sur eux ; puis, la difficulté surmontée, un cri de soulagement s’échappait de toutes les poitrines. Eh bien, ce cri n’était qu’un cri d’égoïsme ! Quand les chemins étaient mauvais, le vacillement de ce grand coche déséquilibrait quelquefois, pour un instant, les voyageurs des hauts sièges, mais quand ils réussissaient à reprendre leur assiette, ils appréciaient doublement leurs bonnes places, ils s’y cramponnaient, et c’était là tout l’effet produit par le spectacle de la misère la plus poignante. Je répète que si ces mêmes voyageurs avaient pu s’assurer que ni eux ni leurs amis ne couraient aucun risque, le sort de l’attelage ne les eût guère inquiétés.
Je sais que ces principes paraîtront cruels et inhumains aux hommes du vingtième siècle ; mais voici les deux raisons qui les expliquent : d’abord, on croyait le mal irrémédiable, on se déclarait incapable d’améliorer la route, de modifier les harnais, la voiture même, la distribution du travail ou de l’attelage. On se lamentait généreusement sur l’inégalité des classes, mais on concluait que le problème était insoluble. Le second empêchement à tout progrès était cette hallucination commune à tous les voyageurs d’en haut, qui consistait à voir, dans ceux qui traînaient la voiture, des gens pétris d’une autre pâte qu’eux. Cette maladie a existé, il n’y a aucun doute, car j’ai moi-même voyagé, dans le temps, sur le haut du coche et j’ai moi-même été atteint du délire commun. Ce qu’il y a de plus curieux, c’est que les piétons, qui venaient de se hisser sur la voiture et dont les mains calleuses portaient encore les traces des cordes qu’ils tiraient tout à l’heure, étaient les premières victimes de cette hallucination. Quant à ceux qui avaient eu le bonheur d’hériter de leurs ancêtres un de ces sièges rembourrés, leur infatuation, leur conviction d’être substantiellement distincts du commun des mortels, n’avaient plus de limites.
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Erik35Erik3507 juin 2016
Mon hôte insista pour me faire prendre une autre gorgée de liquide, puis il me tâta le pouls.
---- Mon cher monsieur, dit-il, votre apparence est celle d'un homme cultivé, ce qui n'était pas, de votre temps, aussi ordinaire que du notre. Les effets sont adéquats aux causes, et les lois naturelles opèrent toujours et partout suivant une logique infaillible. Je m'attends à ce que vous soyez un peu saisi par ce que je vais vous dire ; mais j'ai la conviction que vous ne laisserez pas troubler mal à propos la sérénité de votre esprit. Vous avez l'apparence d'un homme de trente ans à peine, et vous n'êtes pas dans les conditions de celles où l'on se trouve en sortant d'un somme un peu trop prolongé, et pourtant nous sommes aujourd'hui le 10 septembre de l'an 2000 et vous avez dormi, tout juste, cent treize ans, trois mois et onze jours.
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