ISBN : 2020238187
Éditeur : Editions du Seuil (1995)


Note moyenne : 3.34/5 (sur 91 notes) Ajouter à mes livres
Sur la place Jamâa-El-Fnâ de Marrakech, Salem le conteur brandit un manuscrit : les mémoires d'Ahmed, l'homme-femme. Ahmed est en réalité Zahra, la huitième fille de Hadj Ahmed le potier, qui, humilié de n'avoir engendré aucu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    Ce livre est l'histoire d'un secret. Dans une ville arabe, se tient un conteur qui montre à l'assistance un grand cahier en disant : « le secret est là, dans ces pages, tissé par des syllabes et des images. Il me l'avait confié juste avant de mourir » (p. 12). La foule questionne alors : « Et qui fut-il ? ». Cet être énigmatique dont l'histoire nous est contée a été prénommé Ahmed par son père. Il est issu d'une famille comptant 7 filles, ce qui constitue une malédiction pour le père d'Ahmed qui n'a pas d'héritier mâle. Il a donc décidé que la huitième naissance serait celle d'un garçon. Or, le destin s'acharne puisque la mère met au monde une huitième fille. Qu'importe, pour le reste de l'humanité, cette fillette sera un garçon. Comment Ahmed va-t-il grandir au cœur de ce secret ?
    Ce roman m'apparaît comme une œuvre véritablement énigmatique, d'un abord ésotérique. Cet aspect peut séduire le lecteur, mais peut aussi le rebuter. Si, au départ, je me suis laissée porter par le mystère des mots, je me suis vite perdue parmi tous les conteurs qui se multipliaient, offrant au lecteur des versions bien différentes de l'histoire d'Ahmed.
    L'écriture de Tahar Ben Jelloun est très poétique, métaphorique et donne au style une tournure très belle mais aussi très difficile à suivre. Ainsi, par exemple, Ahmed a laissé au conteur chargé de narrer son histoire quelques clés, « des signes à déchiffrer » (p. 189). « La première métaphore est un anneau comportant sept clés pour ouvrir les sept portes de la ville » (p. 189). Ainsi, le conteur ouvre tour à tour ces sept portes par le pouvoir des mots. Figurent ainsi la porte du jeudi, celle du vendredi, la dernière étant « la porte des sables », en écho au titre du roman.
    Cette œuvre fait réfléchir le lecteur sur l'identité : comment se construire homme, ainsi que le demande le père, quand on a un corps de femme ? Puis comment échapper à la loi du père pour se reconstruire femme ? Ahmed fera diverses expériences bouleversantes à ce sujet, en s'exhibant dans un cirque notamment. Il nous questionne également sur le poids du secret, du mensonge familial, le poids de la tradition et de la religion. Il interroge aussi la question des mots, du récit oral qui porte un secret par la bouche des conteurs, véritables griots. le roman magnifie le langage écrit, à travers la correspondance d'Ahmed avec un mystérieux inconnu. Parlant de la tenue d'un journal intime, l'auteur rapporte les paroles d'un poète égyptien : « de si loin que l'on revienne, ce n'est jamais que de soi-même. Un journal est parfois nécessaire pour dire que l'on a cessé d'être » (p. 11-12).
    Si le sujet abordé ici peut paraître original et puissant (l'identité sexuelle, sexuée d'un être vivant dans un pays arabe), l'écriture trop sibylline peut décourager. La fin notamment m'a paru terriblement absconse et m'a beaucoup déçue.
    Si le lecteur souhaite prolonger les thèmes de « L'Enfant de sable », il pourra lire « la nuit sacrée » (prix Goncourt 1987).
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    • Livres 2.00/5
    Par rkhettaoui, le 05 mai 2012

    rkhettaoui
    je n'ai jamais cru aux racontars , aux commérages , aux pressentiments propres aux charlatanismes . Dans cette optique , je n'ai pas apprécié ce recit longuet,dissonant de Tahar Bendjelloun , débordant de rebondissements et de situations invraissemblables frôlant le ridicule
    L'Enfant De Sable , une histoire sobrement simplette , ravivée naivement par ce géniteur , désarçonné par une marmaille de filles , rien que des filles auxquelles il manquait implacablement , un frère ,un digne héritier , dont la venue serait en mesure de perpétuer la raison d'être de cette famille , de ce vieux père de famille , qui ne croit plus en son étoile , rebutée à une destinée dont les forces maléfiques prédominant hégémoniquement semblaient s'acharner sur lui en le privant de ce successeur tant désiré et attendu
    Devant l'emprise de ce mauvais sort et de l'impact suscitée , biaisement de cette malédiction ,la victime tissa une trame, un subterfuge d'une dextérité inégalable au terme de laquelle il statua que la prochaine naissance serait un garçon quoiqu'il advienne. Dès-lors on assistera à l' entrée fracassante de L'Enfant De Sable , enfant de sortilège , de maléfices , de recits rocambolesques ,d' incarnation de doublure de personnalité : Ahmed / Zahra dont les rôles campés traduisaient un malaise social truffé de toute une nuée de mascarades, d'identité et de mentalité ainsi que l'émergeance des aléas de l'émancipation de la femme maghrébine
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    • Livres 2.00/5
    Par Nono19, le 28 mars 2012

    Nono19
    Le sujet du livre est intéressant : un homme qui n'a eu que des filles décide que son prochain enfant s'appellera Ahmed que ce soit une fille ou un garçon et qu'il sera élevé comme tel.
    Par malchance, cet enfant est de nouveau une fille Ce n'est pas grave, le père a tout prévu avec la complicité de son épouse et d'une sage-femme.
    "Ahmed" fera donc son entrée dans le monde comme un garçon et aura l'éducation et l'apprentissage qui vont avec.
    L'histoire suit Ahmed dans ses questionnements, dans les différentes étapes de sa vie et plusieurs personnages se relaieront pour conter son histoire.
    Mais voilà, l'auteur nous embarque dans des envolées lyriques incroyables (je me suis sentie très stupide car mon cerveau disait à la fin de certains paragraphes : hein??) et dans des phrases à rallonges. le spirituel et les métaphores pleuvent. Et moi, simple lectrice, je n'arrive plus à suivre.
    Donc bon sujet, quelques bons moments (certaines réflexions sur l'identité, le fait de se trouver, ...) mais je me suis plus que perdue en cours de route.
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  • Par Aela, le 17 février 2011

    Aela
    C'est un récit inspiré d'un fait divers authentique, l'histoire d'une fille que son père décide de faire passer pour un garçon.
    Le roman explore les déchirements créés par ce changement d'identité.
    C'est aussi une réflexion sur l'identité féminine dans une société qui la nie.
    Tahar Ben Jelloun aime explorer les fractures que connaît le Maroc et plus généralement le Maghreb contemporain. Il dénonce la perte des traditions, la situation de la femme soumise à la domination de l'homme.
    Une évocation réaliste qui se mêle à l'émotion poétique.

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    • Livres 2.00/5
    Par Myrinna, le 31 mars 2010

    Myrinna
    Poétique à souhait. Il y a plusieurs intervenants qui interfèrent ou qui veulent donner une précision au récit. Son style me fait penser à Paulo Coelho...Je le conseillerais uniquement aux personnes qui apprécient la grande littérature qu'aux amateurs d'un Marc Levy ou d'un Mary Higgins Clark...Ce n'est pas un roman uniquement pour se divertir, c'est un roman qui pousse à la réflexion sur les problèmes d'identité.
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Citations et extraits

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  • Par quenlore, le 27 novembre 2011

    L'enfant de sable - Alors, j'ai décidé que la huitième naissance serait une fête, la plus grande des cérémonies, une joie qui durerait sept jours et sept nuits. Tu seras une mère, une vraie mère, tu seras une princesse, car tu auras accouché d'un garçon. L'enfant que tu mettras au monde sera un mâle, ce sera un homme. Il s'appellera Ahmed même si c'est une fille! J'ai tout arrangé, j'ai tout prévu. On fera venir Lalla Radhia, la vieille sage-femme; elle en a pour un an ou deux, et puis je lui donnerai l'argent qu'il faut pour qu'elle garde le secret...
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  • Par Myrinna, le 31 mars 2010

    La porte du samedi se ferme dans un grand silence.
    Avec soulagement Ahmed sortit de cette porte. Il comprit que sa vie tenait à présent au maintien de l'apparence. Il n'est plus une volonté du père. Il va devenir sa propre volonté
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  • Par quenlore, le 27 novembre 2011

    Être femme est une infirmité naturelle dont tout le monde s'accommode. Être homme est une illusion et une violence que tout justifie et privilégie. Être est simplement un défi.
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  • Par Hahasiah, le 16 mars 2012

    Il avait entendu dire un jour qu'un poète égyptien justifiait ainsi la tenue d'un journal :"De si loin que l'on revienne, ce n'est jamais que de soi-même. Un journal est parfois nécessaire pour dire que l'on a cessé d'être". Son dessein était cela : dire qu'il avait cessé d'être.
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  • Par zazimuth, le 24 août 2010

    J'ai beaucoup lu et j'ai opté pour le bonheur. La souffrance, le malheur de la solitude, je m'en débarrasse dans un grand cahier. (p.51)
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Vidéo de Tahar Ben Jelloun

Tahar Ben Jelloun - Que la blessure se ferme .
Tahar Ben Jelloun vous présente son ouvrage "Que la blessure se ferme". Parution le 22 mars 2012 aux éditions Gallimard.http://www.mollat.com/livres/tahar-ben-jelloun-que-blessure-ferme-9782070137343.htmlNotes de Musique : Anouar Brahem - 3 The Mozdok's Train








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