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ISBN : 2020099071
Éditeur : Seuil (01/02/1988)

Note moyenne : 3.46/5 (sur 351 notes)
Résumé :
Inspiré d'un fait divers authentique, ce roman raconte la vie d'Ahmed, huitième fille d'un couple qui, sans héritier mâle, décide d'élever celle-ci comme un garçon. Découvrant peu à peu dans le trouble et l'incertitude ce qui est dissimulé aux yeux de tous, Ahmed choisit d'assumer la révolte de son père, de vivre en homme et d'épouser une fille délaissée, bientôt sa complice dans une vertigineuse descente aux enfers du mensonge social le plus fou.
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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
19 septembre 2012
« L'Enfant de sable » est un roman qui peut se lire à plusieurs niveaux.
C'est d'abord l'histoire d'une fille (« naître fille est une calamité » – page 166), la huitième, que son père - au désespoir de n'avoir toujours pas d'héritier - nomme Ahmed, faisant ainsi croire à tout le monde que c'est un fils, et qu'il élève comme un garçon. En ce sens, le livre retrace la naissance, la vie puis la mort de ce garçon fabriqué et de cette fille manquée, de cette osmose instable et éphémère, de cet enfant de sable, enfant confisqué dans son sexe et dans son être. C'est le récit de l'échec d'une vie, d'un martyre provoqué par un père et accepté par son enfant, l'histoire d'une solitude quasi-absolue. Déchirant, d'une cruauté parfois insoutenable, c'est d'une descente aux enfers qu'il s'agit.
C'est également une analyse de la société traditionnelle marocaine, de ses tabous notamment en matière de sexualité, et de ses espoirs : la femme marocaine est présentée comme une usine à fabriquer des enfants (de préférence, des mâles), éternellement soumise, humiliée et contrainte par les hommes ; le mâle est présenté comme usant et abusant des pouvoirs que lui confère la tradition, rigidifié par son éducation (en « créant » Ahmed, son père cherche à perpétuer l'honneur de son propre nom de famille), ancré dans ses certitudes, obnubilé par le sexe et par le regard de l'autre (« ce peuple est affamé de sexe ; chaque regard sur la femme est un arrachage de djellaba et de robe ») mais devant en permanence bâillonner la violence de son désir. le lecteur évolue au milieu d'une société où règne le mensonge familial (les soeurs sont au service de leur « frère » mais il n'y a aucune solidarité entre elles, pas plus qu'il n'y a de solidarité entre leur mère et elles), le mensonge collectif, le poids de la tradition (la femme est idéalisée au rang de femme fatale mais cantonnée dans son rôle de reproductrice) et de la religion.
C'est aussi un essai sur les rôles respectifs du réel et de l'imaginaire : le réel est embelli ou transformé grâce au conteur (le griot) ou à l'écrivain (public ou privé), lesquels s'essayent à mêler, avec habileté et talent, contes, légendes, rites, personnages et situations. L'individu, dans ce théâtre de la vie, en est réduit à jouer un rôle : être soi-même, c'est être conscient de l'existence de son propre masque mais aussi de la nécessité de le garder sous peine de cesser de jouer le rôle, donc d'exister. Ce rôle doit être joué dans le respect du scénario, en préservant ce qui ne peut être dit : le secret crée un vide que l'imaginaire vient combler, rendant ainsi la réalité acceptable. Dans cette entreprise de « construction » du réel, les conteurs jouent eux-même un rôle de première importance : par la médiation du texte et de leurs corps, ils arrivent à falsifier les histoires des autres (page 171) et à surmonter la négation sociale du corps féminin, quitte à raconter l'histoire autrement (page 204).
C'est en outre une analyse de la place laissée à l'écrit : les mots utilisés peuvent comporter une part de lyrisme, de mystère et de poésie, le style peut être tantôt clair, tantôt énigmatique voir ésotérique (les quarante dernières pages, qui donnent l'impression que c'est au lecteur de choisir la fin de l'histoire d'Ahmed, en sont une illustration criante) mais au final l'écrit reste. L'écrit consigne ce qui est et ce qui doit être, et il énonce la vérité. le cahier d'Ahmed, cahier autobiographique décrivant des événements mais aussi une longue série de lettres anonymes échangées avec un mystérieux correspondant - elles-mêmes encastrées dans le récit du conteur -, montre la complexité du réel, complexité que l'écrit a pour fonction de révéler et de transmettre, alternant mots et silence, réel et leurres. Ahmed libère son corps grâce au verbe et à l'écrit, marquant ainsi sa douleur et hurlant ses entraves. Mais attention, le livre est un labyrinthe (page 178) fait à dessein pour confondre les hommes, avec l'intention de les perdre.
C'est enfin et surtout une réflexion sur l'identité et la construction identitaire de l'individu : le thème du sexe et la question de l'essence féminine et masculine (naît-on ou devient-on femme ?) cachent en fait, sur le ton de la confidence, la question de la personnalité et du rapport au corps (enveloppe portant tout individu de l'intérieur mais l'emportant également vers l'extérieur). le désir de se dépasser et de s'échapper du corps devient une nécessité pour l'individu qui refuse son corps : le corps est donc à la fois objet et sujet d'écriture. La fascination et la nostalgie de l'androgyne, être qui présente l'avantage d'offrir un double et une unicité, sont réelles : Tahar Ben Jelloun exhume ainsi, comme le rapporte Kahina Bouanane in « le corps en cris et écrits », le mythe d'Aristophane (dans le Banquet de Platon) de la coupure originelle, le concept de l'homme double et la quête de la deuxième moitié perdue. « A l'origine, l'homme et la femme ne faisaient qu'un, ils étaient considérés comme un être rond, parfait qui se confondait avec le cosmos » (Kahina Bouanane in ouvrage cité). Ni impuissant, ni homosexuel, Ahmed est un double sexué vivant. Fatima, l'épouse épileptique d'Ahmed, refusait son propre corps : Ahmed a découvert le courage, le désespoir, le masque, l'envie de vide et l'absence du sexe de son épouse (Fatima porte une gaine de chasteté). Miroir d'Ahmed, Fatima permet non seulement à Ahmed d'avoir une apparence sociale mais aussi de solidifier sa dimension sexuée.
Roman un peu long, polyphonique, de lecture assez fluide, débordant de rebondissements et de situations vraisemblables mais imprévisibles, à la fois biographie et conte, générant ainsi (dans cette surenchère de conteurs et cette pluralité de voix) un peu de brouillage narratif, « L'Enfant de sable » est un ouvrage hyper-réaliste mais innervé de spiritualité, un conte philosophique (Ahmed étant en quête de son identité) et une exploration des fractures que connaît le Maroc contemporain : une société hypocrite (page 146), résignée (page 155), très dure (page 160) où on réprime sans quoi on est réprimé (page 121), générant cauchemars, angoisses (Ahmed, dans sa réclusion, est effrayé à l'idée que son père puisse le mettre à mort sous prétexte qu'en redevenant femme, il a trahi ; il en vient à rêver de la mort de son père, son géniteur et le créateur de l'androgyne, mort qui a le pouvoir de l'affranchir de l'éternelle malédiction) et tensions (l'armée en vient même à tirer à balles réelles sur ses propres enfants). Bombe à retardement ou critique à fleuret moucheté, dans un contexte géopolitique ou le destin ( = le fatum) pourrait conduire à effacer la notion de culpabilité, « L'Enfant de sable » est un ouvrage remarquable où corps et écriture se conjuguent à tous les temps et sur tous les tons.
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jeunejane
20 avril 2017
Le roman se passe dans une ville arabe.
Hadj Ahmed, un riche commerçant, a déjà sept filles.
Quand son huitième enfant apparaît, c'est la honte ; Zahra vient au monde. Encore une fille !
Il répand un mensonge fou.
Il va déclarer à tous qu'un fils lui est né, il se nomme Ahmed.
A partir de ce moment, un long chemin de souffrance commence pour Ahmed ( Zahra ) qui jouera jusqu'au bout le jeu de son père en demandant une fille en mariage.
La beauté du livre réside dans les cahiers écrits par Ahmed-Zahra la nuit, sous la toute jolie plume de Tahar Ben Jelloun qui transforme cette histoire en conte.
L'enfant de sable constitue le premier tome. le deuxième " La nuit sacrée" a reçu le prix Goncourt en 1987.
Je viens de relire celui-ci, pas du tout en lecture rapide car l'histoire, les sentiments, l'écriture valent la peine de s'y attarder une nouvelle fois.
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Iboo
02 avril 2016
"Ô hommes du crépuscule ! Je sens que ma pensée se cherche et divague." déclare le premier conteur de la vie d'Ahmed.
Et bien voilà ! C'est bien ce qu'il me semblait... il divague.
Je ne comprends absolument rien à ses envolées, ses métaphores, son délire. Pendant que sa pensée se cherche, moi, je me perds.
Au tiers du livre, un autre conteur prend la place du premier et la narration devient un peu plus claire. Un peu plus claire mais guère plus intéressante. De situations répétitives en redondantes jérémiades existentialistes... on tourne en rond. Avec, malgré tout, quelques percées pour se recentrer sur l'histoire en elle-même afin de ne pas nous perdre totalement en dépit de toutes les invraisemblances dont elle est truffée.
Et les choses ne s'arrangent pas quand, au deuxième tiers, trois ou quatre autres conteurs entrent en scène, chacun y allant de sa version de l'affaire.
On se croirait sur une place de marché où des commères, se donnant des airs de philosophes, surenchérissent à grands renforts de sensationnel, de nébuleux, et de sordide.
J'avais envie de lire une histoire, envie d'être étonnée, de voyager, et je suis restée assise sur le bord du chemin à tenter de rester attentive à la démonstration logorrhéique d'un auteur que je ne connaissais pas et dont j'espérais beaucoup.
Au bénéfice du doute, je lui accorde néanmoins deux étoiles car il se peut que, agacée par l'ensemble, je sois passée à côté de ce roman.
Il me reste à lire "La nuit sacrée" mais je vais attendre un peu... juste le temps qu'il faut pour que ma déception s'estompe.
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Jahro
21 avril 2013
A partir d'un destin hors du commun, Tahar Ben Jelloun se lance dans une étude originale de la perception et de sa retranscription.
On découvre Ahmed, né femme dans un monde tournée vers l'homme, masculinisé de force et de ruse par son père pour tromper l'ennemi, l'autre, la communauté.
Mais vivre un autre que soi n'est évidemment pas si simple.
Pour raconter cette histoire, l'auteur multiplie les styles et les tons à travers plusieurs couches de récits. Il y a sa propre voix, anonyme et détachée ; il y a le conteur virtuose vers qui toute la rue converge. Il y a le héros, qui se révèle dans sa correspondance entretenue avec lui-même. Il y a enfin ces badauds qui écoutent, tentent de comprendre et reformulent avec leurs mots. de proche en proche, le message se propage et s'altère, s'imprègne des sensibilités, force ici ce qui s'efface là, devient un mythe tantôt raillé ou vénéré.
La vérité, elle, attend son heure. de l'être au centre de tout, de ses souffrances et des joies, ses fiertés, ses doutes, il ne reste pas grand-chose. Débarrassée des rêveries des uns et des excès des autres, la plume n'offre plus que traces, impressions, tromperies.
Et c'est dommage. Car dès les premières pages, quand c'est l'absent qui narre, on est happé par ce style que maitrise si bien l'Orient depuis des millénaires, cette approche faite d'aventures, de dépaysement et d'amours qui fait le charme des contes des Mille et une nuit et que préservent encore quelques héritiers, Amin Maalouf par exemple.
On aurait aimé passer plus de temps avec cette atmosphère, s'abandonner au souffle du désert que hante la voix du muezzin, entrer dans les souks et partager le pain de l'habitant. On aurait aimé creuser la souffrance de cet homme-femme respecté pour un autre et rejeté pour ce qu'il est. On aurait aimé disséquer cette société unijambiste qui n'a d'intérêt que pour le sexe fort et méprise le faible comme un ersatz nécessaire.
Mais là n'est pas l'objet du livre.
Ben Jelloun se borne à mimer chaque tonalité, s'amuse avec les genres et s'abandonne dans les songes les plus confus. Et il nous perd. Sans doute ne suis-je pas assez rompu à la poésie mystique pour apprécier, n'empêche que tout cela laisse une impression gênante de vain narcissisme.
Et pourtant il y a quelque chose. Un vrai talent peut-être mal dirigé mais qui promet, une maestria des mots qui laisse la porte ouverte au sceptique et l'invite à retenter la chance par la suite.
Cette suite, elle existe : La nuit sacrée. Rendez-vous dans quelques jours.
2,5/5
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rkhettaoui
05 mai 2012
je n'ai jamais cru aux racontars , aux commérages , aux pressentiments propres aux charlatanismes . Dans cette optique , je n'ai pas apprécié ce recit longuet,dissonant de Tahar Bendjelloun , débordant de rebondissements et de situations invraissemblables frôlant le ridicule
L'enfant de sable , une histoire sobrement simplette , ravivée naivement par ce géniteur , désarçonné par une marmaille de filles , rien que des filles auxquelles il manquait implacablement , un frère ,un digne héritier , dont la venue serait en mesure de perpétuer la raison d'être de cette famille , de ce vieux père de famille , qui ne croit plus en son étoile , rebutée à une destinée dont les forces maléfiques prédominant hégémoniquement semblaient s'acharner sur lui en le privant de ce successeur tant désiré et attendu
Devant l'emprise de ce mauvais sort et de l'impact suscitée , biaisement de cette malédiction ,la victime tissa une trame, un subterfuge d'une dextérité inégalable au terme de laquelle il statua que la prochaine naissance serait un garçon quoiqu'il advienne. Dès-lors on assistera à l' entrée fracassante de l'enfant de sable , enfant de sortilège , de maléfices , de recits rocambolesques ,d' incarnation de doublure de personnalité : Ahmed / Zahra dont les rôles campés traduisaient un malaise social truffé de toute une nuée de mascarades, d'identité et de mentalité ainsi que l'émergeance des aléas de l'émancipation de la femme maghrébine
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane20 avril 2017
A partir de ce jour, je ne suis plus votre frère ; je ne suis pas votre père non plus, mais votre tuteur. J'ai le devoir de veiller sur vous. Vous me devez obéissance et respect. Enfin, inutile de vous rappeler que je suis un homme d'ordre et que, si la femme chez nous est inférieure à l'homme, ce n'est pas parce que Dieu l'a voulu ou que le prophète l'a décidé, mais parce qu'elle accepte ce sort. Alors subissez et vivez dans le silence.
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ZebraZebra19 septembre 2012
page 94

[...] "15 avril. Je me suis assez donné. A présent je cherche à m'épargner. Ce fut pour moi un pari. Je l'ai presque perdu. Être femme est une infirmité naturelle dont tout le monde s'accommode. Être un homme est une illusion et une violence que tout justifie et privilégie. Être tout simplement est un défi. Je suis las et lasse. S'il n'y avait ce corps à raccommoder, cette étoffe usée à rapiécer, cette voix déjà grave et enrouée, cette poitrine éteinte et ce regard blessé, s'il n'y avait ces âmes bornées, ce livre sacré, cette parole dite dans la grotte et cette araignée qui fait barrage et protège, s'il n'y avait l’asthme qui fatigue le cœur et ce kif qui m'éloigne de cette pièce, s'il n'y avait cette tristesse profonde qui me poursuit ... J'ouvrirais ces fenêtres et escaladerais les murailles les plus hautes pour atteindre les cimes de la solitude, ma seule demeure, mon refuge, mon miroir et le chemin de mes songes." [...]
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genougenou05 mars 2017
Ma vie fut principalement aux livres. J'en ai écrit, publié, détruit, lu, aimé... Cette femme, envoyé par une main bienfaisante, vint, juste la nuit, me donner une dernière image, offrir à mon souvenir son visage entièrement tourné vers un passé que je devais deviner. Je ne suis dit que ce n'était pas un hasard, mais bien le fait d'une bonté anonyme : emporter dans un voyage souterrain l'image d'une beauté émue. J'entrai dans l'obscurité accompagné de ce visage qui allait, plus que les livres, occuper ma vie, ce long couloir du crépuscule.
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JahroJahro03 avril 2013
La place est propre. Plus de charmeurs de serpents, plus de dresseurs d'ânes ni d'apprentis acrobates, plus de mendiants montés du Sud à la suite de la sécheresse, plus de charlatans, plus d'avaleurs de clous et d'épingles, plus de danseurs ivres ni de funambules unijambistes, plus de djellabas magiques aux quinze poches, plus de gamins simulant l'accident sous un camion, plus d'hommes bleus vendant des herbes et du foie de hyène pour jeter le sort, plus d'anciennes putains reconverties dans la voyance, plus de tentes noires fermées sur le mystère à garder précieusement au fond de la mémoire, plus de joueurs de flûtes qui charment les jeunes filles, plus de boutiques où l'on mange des têtes de mouton cuites à la vapeur, plus de chanteurs édentés et aveugles qui n'ont pas de voix mais qui s'entêtent à chanter l'amour fou de Qaïss et Leila, plus de montreurs d'images érotiques aux fils de bonne famille, la place s'est vidée. Elle n'est plus une place tournante. Elle est juste un lieu propre pour une fontaine inutile. On a déplacé aussi la gare routière à l'autre bout de la ville. Seul le Club Méditerranée est resté à sa place.
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genougenou04 mars 2017
Situation étrange ! On aurai dit que j'étais dans un livre, un de ces personnages pittoresques qui apparaissent au milieu d'un récit pour inquiéter le lecteur ; j'étais peut-être un livre parmi les milliers serrés les uns contre les autres dans cette bibliothèque où je venais naguère travailler. Et puis un livre, du moins tel que je le conçois, est un labyrinthe fait à dessein pour confondre les hommes, avec l'intention de les perdre et de les ramener aux dimensions étroites de leurs ambitions.
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