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ISBN : 2070406466
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.59/5 (sur 140 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Car tout était déjà en moi, enfoui. Quelque chose entre la tragédie grecque et la comédie à l'italienne. Une farce bouffonne au goût amer, un drame dont on se retient de rire. Ni une complainte, ni une leçon, ni une morale. Juste une ode à la déroute, un poème chantant ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 04 juillet 2012

    colimasson
    D'emblée, Antonio donne le ton en nous présentant son environnement d'une manière sardonique–ton que l'on retrouvera dans chaque page de ce livre, aussi mordant lorsqu'Antonio l'utilisera pour décrire les étapes de la progression de l'intrigue que lorsqu'il partagera avec son lecteur des réflexions sur la question de ses origines. Les deux semblent d'ailleurs fortement liés car c'est en revenant à Sora, la ville italienne dont sont issus ses aïeux, qu'Antonio se retrouve empêtré dans une histoire qui deviendra beaucoup plus compliquée et dangereuse que ce qu'il avait initialement prévu.
    Après la mort de son ami Dario, lui aussi immigré italien quoique plus attaché à ses origines que ne l'est Antonio, ce dernier décide d'élucider le mystère de sa disparition en revenant sur les derniers projets qui avaient animés feu son ami. Ainsi, Antonio se retrouve dans le patelin de ses ancêtres, découvrant les terres sur lesquelles pousse un raisin de mauvaise qualité et dont on tire un vin tout aussi médiocre. Véritable gâchis que cet héritage familial même pas foutu de mettre un peu de beurre dans les épinards des rejetons... Dario en avait pris conscience rapidement et Antonio, mis au courant des projets fomentés par son ami pour redonner un peu de valeur financière à ces terres, décide de poursuivre la tâche entamée par son ami. Pour attirer l'attention sur ses vignes, Antonio invoque les miracles religieux les plus grossiers (on en aura la preuve : ce sont aussi ceux qui marchent le mieux). Hélas, il est loin d'imaginer les conséquences qui découleront de cette mise en scène. Antonio se retrouve dépassé par les évènements, abruti devant le spectacle de l'enchaînement des faits, spectateur effrayé des mœurs d'un pays qu'il connaît mal. Ce sera l'occasion de faire surgir une foule de personnages typiques, d'autant plus stéréotypés que l'on sent qu'Antonio craint d'avoir quoi que ce soit de commun avec eux. On retrouve la mama italienne, diva de l'assaisonnement des pâtes et spécialiste du zapping télévisé ; le faux aveugle qui ne cesse de chanter en déambulant à travers les champs ; la mafia locale ; les ressortissants de la période Mussolini ; et plus généralement, une population encore fortement ancrée dans les traditions et coutumes chrétiennes.
    Antonio n'est pas à l'aise mais cette confrontation lui permettra de soigner le mal –la honte de ses origines fantasmées- par le mal –la découverte des plus ardents représentants de ses origines. Lui qui cherchait coûte que coûte à se définir par opposition à sa patrie d'origine comprendra qu'il s'agit d'une démarche vaine puisque, de toute façon, Antonio est bien trop différent de la population locale pour qu'il puisse être assimilé à leur communauté. Ce retour au bercail familial permettra également à Antonio de comprendre certaines particularités du comportement de ses parents. L'agacement qu'il concevait parfois pour eux cèdera gentiment place à une forme de tendresse plus élaborée. Mais cette métamorphose n'est pas creusée car La Commedia des ratés n'est pas un livre sur les origines, et son intention première est de nous embarquer le long d'une intrigue bien ficelée. Cette intrigue, pas passionnante en soi, n'est toutefois pas désagréable à lire car Antonio nous la fait vivre à travers son regard chargé d'un mélange d'ironie et de lassitude bien dosé. Comble de l'ironie, Antonio se laisse rattraper par ses origines à travers ce trait de caractère universellement partagé de la gourmandise ; et s'il renie les autochtones, il ne crache jamais sur un café bien préparé ou un plat de pâtes bien accommodé.
    « Les rigatonis sont des pâtes larges, trouées et striées afin de mieux s'imprégner de sauce. Un calibre assez gros pour diviser une famille en deux, les pour et les contre, et chez nous, mon père à lui seul se chargeait du contre. Il a toujours détesté les pâtes qu'on mange une à une et qui remplissent la bouche. Il est fervent défenseur des capellinis, le plus fin des spaghettis, cassés en trois et qui cuisent en quelques secondes. Est-ce pour le geste agile de la fourchette slalomant dans une entropie frétillante, ou bien cet étrange sentiment de fluidité dans le palais, mais il n'en démord pas. »
    Encore une fois, et cela semble être la grande leçon de ce siècle (en ce sens, l'originalité ne triomphe pas) : les anti-héros font preuve de leur talent à susciter la sympathie et le rire, et à conférer un surplus d'intérêt à une intrigue qui serait peut-être tombée dans l'anecdotique sans cela.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-la-commedia-des-rates-1991-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 21 mars 2012

    carre
    Antonio hérite d'un vignoble dans le sud de l'Italie, ce qu'il n'a pas prévu ces les emmerdes qui accompagne le cadeau de son pote Mario.
    Il se rend dans le village ou il s'aperçoit très vite qu'il est devenu un étranger.
    On ne dira jamais assez le plaisir qu'on a à lire Benacquista. Ce roman prouve une fois de plus le talent et l'inventivité de ces textes. de rebondissements en arnaques, le prauve Antonio va déguster sec, mais ce retour au pays va être l'occasion de ce réconcilier avec le pays de ces origines. Entre tendresse et un humour plein de dérision,
    la langue de Benacquista fait merveille, truffant le récit de mots italiens aussi savoureux qu'un tiramisu, on rit de bon coeur, et l'on finit son roman avec un seul mot en tête : encore.
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    • Livres 3.00/5
    Par Metaphore, le 02 mai 2013

    Metaphore
    Un peu de fraicheur sous forme de polar italien. Tous les ingrédients sont présents : mafia, absurde, miracles, amour, Vatican, secrets, vin et pasta.
    Tonino Benacquista nous présente Antonio, qui va essayer de comprendre dans quoi a mêlé un de ses amis avant de mourir assassiné. Celui-ci lui a laissé un héritage qui l'intrigue.
    Pour son enquête il doit aller dans la région natale de sa famille, ce retour aux origines ne va pas se faire sans mal, l'étranger qu'il est dans cette campagne italienne va être malmené. Il ne va pas être déçu du voyage. Il pense prendre le dessus mais rien n'est si évident. A vouloir duper les autres, il perd la main comme à un jeu de cartes, le bluffe et la triche sont au rendez-vous. Il fini par ne plus maitriser la situation et se retrouve embarqués dans des aventures absurdes.
    Un livre drôle à la recette italienne.

    Lien : http://metaphorebookaddict.wordpress.com/2013/04/26/la-commedia-des-..
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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 01 février 2012

    zorazur
    Ce livre qui m'a fait découvrir et apprécier Tonino Benacquista est un pur régal du début à la fin - et pas seulement parce qu'on y parle de pâtes sous toutes leurs formes et à toutes les sauces. On va de trouvaille bienheureuse en rebondisssement inattendu, plusieurs histoires s'entrecroisent à la plus grande joie du lecteur qui ne sait jamais où il va atterrir et dont la vigilance est toujours prise en défaut car l'auteur ne cesse de le prendre au dépourvu.
    Après avoir lu ce livre, on ne fera plus jamais cuire sa sauce tomate de la même façon.
    Et surtout, on ne regardera plus jamais les rigatoni de la même façon !
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    • Livres 4.00/5
    Par belledeschamps, le 01 mars 2008

    belledeschamps
    Communauté italienne de la banlieue parisienne des années 1960. Dario meurt assassiné et lègue un vignoble "au pays" à Antonio, un ami d'enfance qu'il n'a pas revu depuis des années. Antonio soupçonne tout de suite Dario, roi de la magouille, de ne pas avoir acheté ces terres pour se transformer en paisible vigneron. Il n'aura de cesse de découvrir l'arnaque pour la reprendre à son compte... sans avoir nécessairement envisagé toutes les conséquences de ses actes. Excellent polar, avec humour et suspense.
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Citations et extraits

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  • Par bibliophage, le 20 février 2009

    [Les pâtes] C'est le royaume suprême de la forme. C'est de la forme que naîtra le goût. [...] C'est là qu'on s'aperçoit que l'arrondi a un goût, le long et le court ont un goût, le lisse et les stries aussi. [...] C'est parce que la vie elle-même est si diverse et si compliquée qu'il y a autant de formes de pâtes. Chacune d'elles renvoie à un concept. Chacune va raconter une histoire. Manger un plat de spaghettis, c'est comme imaginer le désarroi d'un être plongé dans un labyrinthe, dans une entropie inextricable de sens, dans un sac de noeud. Il lui faudra de la patience et un peu de dextérité pour en venir à bout. Regardez comment est fait un plat de lasagnes, vous n'y verrez que la couche apparente, le gratin qu'on veut bien vous montrer. Mais notre individu veut voir les strates inférieures, parce qu'il est sûr qu'on lui cache des choses profondément enfouies. Pour s'apercevoir petu-être qu'il n'y a rien de plus qu'en surface. [...] Il n'y a rien de plus creux, de plus vide, et de plus mystérieux que dans un simple macaroni. En revanche, le ravioli, lui, renferme quelque chose, on ne sait jamais vraiment quoi, c'est une énigme dans un coffre qu'on n'ouvre jamais, une boîte qui va intriguer notre sujet par ce qu'elle recèle. Vous savez, on prétend qu'à l'origine ces raviolis étaient destinés aux navigateurs. On enveloppait des restes de viandes et de bas morceaux hachés dans une fine couche de pâte, en espérant que le marins ne chercheraient pas à savoir ce qu'il mangeaient.
    -Vraiment ? Et le tortellini, ça peut rappeler quoi? L'anneau, la bague ?
    -Pourquoi pas le cercle, tout simplement. L'histoire sans fin. La boucle. Partir. Pour retourner forcément là d'où l'on vient.

    (fin)
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  • Par colimasson, le 13 juillet 2012

    Tu fais de la peine, banlieue. Tu n’as rien pour toi. Tes yeux regardent Paris et ton cul la campagne. Tu ne seras jamais qu’un compromis. T’es comme le chiendent. Mais ce que je te reproche le plus, c’est que tu pues le travail. Tu ne connais que le matin et tu déclares le couvre-feu à la sortie des usines. On se repère à tes cheminées. Je n’ai jamais entendu personne te regretter. Tu n’as pas eu le temps de t’imaginer un bien-être. Tu n’es pas vieille mais tu n’as pas de patience, il t’en faut toujours plus, et plus gros, t’as toute la place qu’il faut pour les maxi et les super. La seule chose qui bouge, chez toi, c’est la folie des architectes. Ce sont eux qui te font vivre, avec toutes ces maquettes qu’ils te destinent. Ta mosaïque infernale. Ils se régalent, chez toi, c’est la bacchanale, l’orgie, le ténia. Ils se goinfrent d’espace, une cité futuriste ici, tout près de la Z.U.P., à côté d’un gymnase bariolé, entre un petit quartier plutôt quelconque des années cinquante qui attend l’expropriation, et un centre commercial qui a changé de nom vingt fois. Si d’aventure un embranchement sauvage d’autoroute n’est pas venu surplomber le tout. T’as raison de te foutre de l’harmonie parce que tu n’en as jamais eu et que tu n’en auras jamais. Alors laisse-les faire, tous ces avant-gardistes, tous ces illuminés du parpaing, ils te donnent l’impression de renaître, quand, en fait, tu ne mourras jamais. T’iras chercher plus loin ,tu boufferas un peu plus autour, mais tu ne crèveras pas. C’est ça, ta seule réalité. Il est impossible de te défigurer, tu n’as jamais eu de visage.
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  • Par mgeffroy, le 25 février 2008

    - Quand ils donnent le résultat du tirage au sort, vous pouvez tourner un peu la sauce et rajouter une petite boîte de concentré de tomates, juste pour donner un peu de couleur, deux petits piments, pas plus, laissez le feu bien fort, évitez de couvrir, ça va gicler partout mais on dit qu'une sauce all'arrabbiata est réussie quand la cuisine est constellée de rouge. Passez sur la deux.
    Un feuilleton brésilien tourné en vidéo, deux amants compassés qui s'engueulent dans un living.
    - A la fin de l'épisode ce sera le journal télévisé, et on pourra passer à table. La sauce et les pâtes seront prêtes exactement en même temps. Quinze minutes. Vous avez retenu ?(...)
    - Pas mal votre recette, mais je n'ai pas la télé.
    - Alors, mangez des pois chiches.
    Les pâtes brulantes sont arrivés dans mon assiette. Un délice qui enflamme le palais. Je me suis toujours méfié des filles qui savaient faire la cuisine.
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  • Par colimasson, le 09 juillet 2012

    Certains auraient pris une cuite, moi je fais un café qu’il aurait bu en connaisseur. De l’eau minérale, avec juste une toute petite pincée de sel. Le café, un mélange colombien, que je mouds assez gros, à cause du temps chaud. Je pose le filtre dans le réservoir et visse le couvercle. Qu’est-ce que tu dis de ça, Dario ? Ça t’étonne que je sois aussi méticuleux avec le café. Tu penses qu’un bon seau de lavasse me suffirait ? Tu ne vas pas me croire, mais l’expresso, c’est la dernière chose qui me rattache au pays. Phase délicate : déposer une larme d’eau dans le réservoir pour que les toutes premières gouttes de café qui vont sortir –les plus noires- ne s’évaporent pas sur le métal brûlant. Dès qu’elles apparaissent, je les verse sur un sucre posé dans une tasse, et mélange très fort pour avoir une belle émulsion brune. Quand le reste du café est sorti je remplis une tasse entière et y dépose l’émulsion qui reste en suspension et donne ce goût introuvable de ce côté-ci des Alpes.
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  • Par Peek-the-Books, le 14 juillet 2012

    P42
    Il est trop tôt pour tout. Pas pour un peu de café bien serré. j'ai voulu en faire un bon, un de ceux que je ferais goûter à une fille pour l'épater. Sans doute ma manière à moi de célébrer l'enterrement d'un petit rital.
    Certains auraient pris une cuite, moi je fais un café qu'il aurait bu en connaisseur. De l'eau minérale, avec juste une toute petite pincée de sel.
    Le café, un mélange colombien, que je mouds assez gros, à cause du temps chaud.
    Je pose le filtre dans le réservoir et visse le couvercle.
    Qu'est-ce que tu dis de ça Dario ?
    Ca t'étonne que je sois aussi méticuleux avec le café ?
    Tu penses qu'un bon seau de lavasse me suffirait ?
    Tu ne vas pas me croire, mais l'expresso, c'est la dernière chose qui me rattache au pays. Phase délicate : déposer une larme d'eau dans le réservoir pour que les toutes premières gouttes de café qui vont sortir - les plus noires - ne s'évaporent pas sur le métal brûlant.
    Dès qu'elles apparaissent je les verse sur un sucre posé dans une tasse, et mélange très fort pour avoir une belle émulsion brune. Quand le reste du café est sorti, je remplis une tasse entière et y dépose l'émulsion qui reste en suspension et donne ce goût introuvable de ce côté des Alpes.
    A la tienne Dario.
    Encore endormi, j'ai siroté un bon quart d'heure le nectar...
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