La famille Blake affronte les problèmes ordinaires d'une famille ordinaire. A la seule différence qu'ils sont une ancienne famille de mafieux d'origine Sicilienne, forcée de se cacher en France pour échapper aux représailles.
J'ai découvert la famille Blake dans le livre
Malavita, que j'avais beaucoup apprécié. Les péripéties de cette famille de mafieux, exilés américains forcés de se cacher dans un petit village de France, m'avaient bien fait rire. Très rapidement, je me suis procurée la suite afin de prolonger ce moment, et cette semaine j'ai décidé d'aller à leur rencontre.
Soyons honnête, il est rare qu'une suite soit au niveau d'un premier volume qui peut être unique. J'ai déjà vécu une déception avec le caveau de famille, suite du mec de la tombe d'à côté. Je ne pensais pas la revivre avec
Malavita, bien que la lecture d'avis m'ait prévenue.
Dans
Malavita encore, on assiste à la normalisation de la famille Blake. Fred vieillit et se range. Maggie se lance dans quelques projets personnels pour agrémenter sa vie en Provence. Belle a quitté la famille pour étudier à Paris. Et Warren est devenu un gaillard amoureux et fiable qui a décidé de devenir menuisier.
C'est parfois compliqué pour les mômes et la mère, surtout que Fred est toujours un peu un gamin. Mais la vie semble quand même un long fleuve tranquille.
Les mésaventures se suivent et se ressemblent. On assiste aux amourettes des enfants, mais comme Belle et Warren sont équilibrés, ce n'est en soi pas très marrant et demeure dans le registre du commun. En fait ils sont fades et effacés. Leurs spécificités ne refont pas surface, désirant absolument s'intégrer. Au point d'en devenir chiants….et c'est bien dommage.
Maggie qui semblait prendre de l'autonomie au début du récit, se retrouve comme un canard avec les pattes à l'air. Là encore on pouvait s'attendre à une réaction un peu délirante venant d'une mama ayant vécu avec un mafieux. Mais elle est aussi étouffée par les convenances et le désir d'être normale.
Quant à Fred…un écrivain raté et geignard qui vieillit mal. Bref, un vieux type normal.
Le récit montre donc le tournant pris par cette famille hors-norme qui finalement se fond dans le décor au point d'en oublier tout un passé et de virer de bord. de telles personnalités semblent pourtant à la base être incompatibles avec un quotidien pantouflard mais
Tonino Benacquista arrive à nous convaincre que si, même un type qui a tué des centaines de gars de façon très inventive est capable de tout zapper et de se contenter d'une machine à écrire en mangeant de la pizza et buvant du vin de la région.
A la deuxième moitié du livre, on a, certes, quelques rebondissements, mais qui auraient dû intervenir plus tôt afin de nous épargner le manque d'inaction des premières pages. C'est bien dommage, car le regain d'intérêt surgit mais trop tardivement.
Au final, je ressors de cette lecture avec la même impression que pour le caveau de famille. En première partie, on nous décrit des scènes banales et probables, avec beaucoup de réalisme mais sans saveur ni audace. Et c'est bien dommage. Fred, Maggie, Belle et Warren méritaient mieux. Même les mecs qui les protègent sont au bord de la dépression devant tant d'ennui et d'inaction….