> Alexis Fouillet (Traducteur)

ISBN : 220710883X
Éditeur : Denoël (2011)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres

Trainspotting à la danoise, Submarino explore le Copenhague underground à travers les destins de deux frères en quête d'une normalité dont ils ignorent tout. Enfants des services sociaux, Nick et son frère se rencontrent à l... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par trust_me, le 22 août 2011

    trust_me
    Pour Nick et son frère, la vie n'a jamais été une partie de plaisir. Des premières années passées dans la rudesse d'un foyer pour garçons abandonnés de Copenhague. Un beau jour, leur mère s'est pointée pour les récupérer. le début d'une belle vie de famille ? Pas vraiment. Maman est alcoolique, et pas qu'un peu. du genre à trainer dans les bars jusqu'à pas d'heure, louant ses charmes dans les toilettes contre un verre. Souvent ses fils la retrouve au petit matin, affalée dans la cuisine, baignant dans sa pisse. Quand elle est tombée enceinte, il n'y a même pas eu de répit et une fois que le petit est né, ce sont ses grands frères qui se sont occupés de lui tant bien que mal : pas toujours évident d'aller piquer du lait en poudre et des couches au supermarché du coin.
    Mais c'est quand le drame est survenu que tout a basculé :
    "Quand nous nous sommes réveillés ce matin, il ne bougeait plus.
    Quand nous nous sommes réveillés ce matin, quand maman est sortie de la pièce où elle avait dormi toute la nuit, il était tout à fait inerte.
    Dans son landau, dans l'entrée. Tout blanc.
    Maman a dormi ici toute la nuit mais elle n'a rien entendu. Il n'y avait rien à entendre. Il ne bougeait pas.
    Maman a eu un choc quand elle l'a trouvé.
    Maman s'était assise et ne disait plus rien, elle était sous le choc. Ça a duré plusieurs heures.
    Alors nous avons appelé. Maman n'en était presque pas capable.
    Mais il faut le faire, il faut appeler.
    Maman était assise auprès de lui, même s'il ne bougeait plus, et essayait de lui donner le sein.
    Maman avait eu un choc.
    Quand nous nous sommes réveillés ce matin…"
    C'est après la mort du bébé que les deux garçons ont mal tourné. Nick, rongé par l'alcool, garde chevillée au corps une violence qu'il a parfois du mal à contrôler. Déjà incarcéré pour avoir tabassé un pauvre gars qui l'avait regardé de travers, il tente de se tenir à carreau, passant sa rage sur les haltères d'une salle de sport et trainant avec Ivan, un SDF taciturne. Son frère, devenu héroïnomane, élève seul son fils de six ans et dirige une petite équipe de dealers à l'incontestable efficacité.
    Mais à force de se débattre au bord du précipice, les frangins vont finir par glisser. Plus dure sera la chute...
    Longtemps que je n'avais pas lu un roman aussi « dur ». Réaliste ? J'en sais foutre rien. Crédible ? Aucun doute là-dessus. La construction du texte est limpide : le point de vue des frères est exprimé à la première personne en deux parties très distinctes incluant quelques flashbacks sur leur jeunesse commune. le tout encadré par un prologue et un épilogue qui donnent au lecteur les clés pour comprendre les tenants et les aboutissants du récit. Les chapitres sont très courts, percutants. L'écriture est simple, les dialogues sonnent juste.
    Pas question de juger, de donner une leçon. Juste dérouler les faits, mettre à nue la mécanique de cet engrenage inarrêtable qui emmène Nick et son frère toujours plus loin dans la marginalité. Submarino est une tragédie. Dès le départ, on comprend que le sort des deux « héros » est jeté. Leur destin tout tracé ne peut qu'aboutir à ce dénouement terrible.
    C'est presque devenu un classique dans la littérature étrangère actuelle, il faut toujours qu'un auteur aille gratter jusqu'à l'os les comportements « borderline » de ses contemporains, souvent d'ailleurs en s'inspirant de sa propre existence. Il y a eu Bukowski aux États-Unis, il y a Murakami Ryu au Japon, il y a Pedro Juan Guttierrez à Cuba et tant d'autres encore. Au Danemark, il y a dorénavant Jonas T. Bengtsson qui, avec ce second roman, frappe très fort. Sans doute un texte à ne pas mettre entre toutes les mains pour éviter que certains lecteurs « sensibles » ne l'abandonnent en route. Pour ma part, c'est tout à fait la littérature que j'aime, celle qui vous saute à la gorge sans faire de chichi. Mais je me garderais bien de conseiller ce titre sans concession, préférant laisser à chacun d'entre vous le soin de se faire son propre avis.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ignatus-reilly, le 05 septembre 2011

    ignatus-reilly
    C'est à un voyage au bout de l'enfer que nous convie Jonas T. Bengsson.
    L'enfer : c'est le quotidien de deux laissez-pour-compte, Nick et son frère.
    Après avoir vécu dans des institutions pour garçons sans famille, ils sont récupérés par leur mère qui souhaite redonner un semblant de normalité à leurs vies. C'est à ce moment-là que les deux frères font connaissance.
    Or, tout se passe de travers, leur mère boit à en perdre la raison, elle se prostitue occasionnellement et les laisse livrés à eux-même. Lorsqu'elle se retrouve enceinte, ce sont les deux frères qui doivent tant bien que mal s'occuper du nourrisson. Ils volent de la nourriture, des couches...et tentent d'oublier ses pleurs incessants en sniffant de la colle, peinture où en buvant...
    Le petit frère, qui n'a jamais eu de nom, meurt un jour dans son landau.
    Nick et son frère, jamais nommé dans ce livre, ne cesseront dès lors de dériver.
    Nick passe ses journées dans une salle de musculation, ses soirées à boire et a du mal à contrôler sa violence. Il ne semble pas réellement vouloir la contrôler, ce qui lui vaut plusieurs séjours en prison.
    Quant à son frère, père d'un petit garçon - Martin - qu'il élève seul, c'est un junkie, qui va se lancer dans le trafic d'héroïne pour pouvoir subvenir à son addiction.
    Ce roman se passe à Copenhague et l'on est à 100 lieues du Danemark que l'on connaît. C'est glauque, ça suinte le désespoir, la misère affective, la misère sociale.
    C'est douloureux et en aucun cas, on imagine une fin heureuse à cette histoire. Martin n'échappera pas à son destin.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par myriamriou, le 17 juillet 2011

    myriamriou
    On est loin de l'image propre et lisse du Danemark, ici les personnages évoluent dans le milieu de la drogue, de l'alcool et de la misère sociale. C'est aussi un livre sur la famille, l'enfance, l'éducation, le destin. Un très beau livre qui ne laisse pas indifférent.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par ignatus-reilly, le 02 septembre 2011

    Je ne lui ai jamais parlé des institutions.
    De ma mère, qui nous a réunis, mais qui a disparu.
    De mes frères, de celui qui a un nom que je n'emploie presque jamais, et de celui qui n'en a jamais eu.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ignatus-reilly, le 05 septembre 2011

    Je ne suis ni le premier, ni le dernier junkie qui se fait une overdose cette semaine. Je n'en vaux pas la peine. Car c'est terminé. C'est sûrement mon dernier instant de lucidité, et je sais que c'est fini. Ils vont prendre Martin. Martin va s'en aller, ne plus m'appartenir.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par ignatus-reilly, le 05 septembre 2011

    Je vide la seringue dans mon bras. Un court instant, j'ai l'impression que je vais faire une OD. Que l'heure est venue. Je sens des gouttes de sueur sur mon front, j'ai l'impression d'avoir quelqu'un debout sur la poitrine. Elle est pure, me dis-je. Elle est très pure.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par ignatus-reilly, le 05 septembre 2011

    Il peut me frapper, me mettre une jolie raclée, à condition que je rentre à la maison avec un shoot pour ce soir.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Submarino par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (13)

> voir plus

Quiz