ISBN : 2732437581
Éditeur : Editions de la Martinière (2008)


Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l'éditeur
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  • Par lauravanelcoytte, le 29 juin 2009


    Accueil Poètes Célèbres Theophile Gautier Theophile Gautier - Bûchers et tombeaux Bûchers et tombeaux
    Auteur : Theophile Gautier
    Le squelette était invisible,
    Au temps heureux de l'Art païen ;
    L'homme, sous la forme sensible,
    Content du beau, ne cherchait rien.

    Pas de cadavre sous la tombe,
    Spectre hideux de l'être cher,
    Comme d'un vêtement qui tombe
    Se déshabillant de sa chair,

    Et, quand la pierre se lézarde,
    Parmi les épouvantements,
    Montrait à l'oeil qui s'y hasarde
    Une armature d'ossements ;

    Mais au feu du bûcher ravie
    Une pincée entre les doigts,
    Résidu léger de la vie,
    Qu'enserrait l'urne aux flancs étroits ;

    Ce que le papillon de l'âme
    Laisse de poussière après lui,
    Et ce qui reste de la flamme
    Sur le trépied, quand elle a lui !

    Entre les fleurs et les acanthes,
    Dans le marbre joyeusement,
    Amours, aegipans et bacchantes
    Dansaient autour du monument ;

    Tout au plus un petit génie
    Du pied éteignait un flambeau ;
    Et l'art versait son harmonie
    Sur la tristesse du tombeau.

    Les tombes étaient attrayantes:
    Comme on fait d'un enfant qui dort,
    D'images douces et riantes
    La vie enveloppait la mort ;

    La mort dissimulait sa face
    Aux trous profonds, au nez camard,
    Dont la hideur railleuse efface
    Les chimères du cauchemar.

    Le monstre, sous la chair splendide
    Cachait son fantôme inconnu,
    Et l'oeil de la vierge candide
    Allait au bel éphèbe nu.

    Seulement pour pousser à boire,
    Au banquet de Trimalcion,
    Une larve, joujou d'ivoire,
    Faisait son apparition;

    Des dieux que l'art toujours révère
    Trônaient au ciel marmoréen ;
    Mais l'Olympe cède au Calvaire,
    Jupiter au Nazaréen ;

    Une voix dit : Pan est mort ! - L'ombre
    S'étend. - Comme sur un drap noir,
    Sur la tristesse immense et sombre
    Le blanc squelette se fait voir ;

    Il signe les pierres funèbres
    De son paraphe de fémurs,
    Pend son chapelet de vertèbres
    Dans les charniers, le long des m
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