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ISBN : B0000DLHMI
Éditeur : France Empire


Note moyenne : 3.67/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Forteresse moyenâgeuse de granite et de béton sur-plombant le Danube, encerclée d'un infranchissable réseau électrifié de barbelés, le camp de Mauthausen, aux 150 000 morts, fut pendant des années le calvaire quotidien de plusieurs milliers de détenus.
Mauthause... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 15 avril 2012

    belette2911
    Vu sa couverture et vu le fait que l'aigle et la svastika se trouvent aussi sur la tranche du livre, il reste dans un coin sombre de la bibliothèque.
    Tout aussi prenant que tous les autres de la collection de Bernadac, ce livre nous décrit la vie au camp de Mauthausen.
    Bien qu'il ne fut pas le seul camp de concentration allemand destiné à l'extermination par le travail (Vernichtung durch Arbeit), Mauthausen-Gusen était l'un des plus sévères et des plus violents. Les conditions de travail étaient jugées particulièrement dures même selon les standards des camps de concentration[35],[36],[37]. Les prisonniers ne souffraient pas seulement de malnutrition, de baraquements surpeuplés et de violences permanentes de la part des gardes et des kapos[28] mais devaient effectuer des travaux très durs[21]. le travail dans les carrières était « réservé » aux prisonniers coupables de soi-disant « crimes » dans le camp comme par exemple ne pas avoir salué un Allemand.
    Le travail dans les carrières, dans une chaleur étouffante ou par des températures de -30 °C, entraînait des taux de mortalité particulièrement élevés.
    Les rations alimentaires étaient limitées et durant la période 1940-1942, le poids moyen des prisonniers était de 40 kg.
    Les rations alimentaires journalières estimées à 1 750 kilocalories durant la période 1940-1942 passèrent à environ 1 300 sur la période 1942-1944.
    En 1945, les rations étaient encore inférieures et n'excédaient pas 600 à 1000 kilocalories par jour, moins du tiers de l'énergie nécessaire à un travailleur standard de l'industrie lourde. Cela mena des milliers de détenus à mourir de faim.
    Les SS sont sans pitié (mais ça, on le savait déjà), et s'amusent à tourmenter les prisonniers, à les brimer, à les briser...
    Un livre assez prenant mais pas facile à lire... Beaucoup de détails techniques qui nuisent à la lecture, sans oublier que ce n'est pas un livre qui se lit comme un roman.
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Citations et extraits

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  • Par belette2911, le 01 mai 2013

    Entre le porche du camp et les premières marches de la carrière, une pente assez raide.

    Ce trajet, en hiver, était épouvantable car le sol gelé ressemblait à une patinoire de compétition et les semelles de bois des socques, sur la glace, à des lames de patins.

    Les glissades nombreuses étaient dramatiques car, dans la confusion générale, certains perdaient l'équilibre et plongeaient vers la gauche, c'est-à-dire vers le précipice et le gouffre de la carrière les avalait après une chute verticale de cinquante à soixante mètres ; quant à ceux qui "partaient" en dérapage vers la droite, ils franchissaient la "zone interdite" et les miradors ouvraient le feu sur ces "fuyards".

    Pendant deux mois et six jours, j'ai réalisé des acrobaties pour ne pas tomber dans ces deux traquenards. J'ai eu de la chance parce que j'étais jeune.

    Ensuite, il y avait l'escalier. Le fameux escalier de Mauthausen. A l'époque, il n'avait que 180 marches.

    C'est en mars 1942 que l'équipe des maçons de la carrière rectifia légèrement son profil et le porta à 186 marches; "notre" escalier, bancal, aux échelons disproportionnés (cinq ou six marches avaient plus de cinquante centimètres de haut) avait des paliers de terre battue.

    Nous appelions les jours de grands massacres : "offensive". Bien sûr, nous avons connu des jours plus calmes, surtout lorsqu'il n'y avait plus de Juifs ou de condamnés à exécuter, mais avec de nouvelles arrivées, les "séances" recommençaient :

    - Je me souviens de la fin janvier 1942. Nous venions de connaître trois ou quatre jours relativement paisibles : seulement quelques morts ; juste ce qu'il fallait pour satisfaire les S.S. Pas trop d'énervement non plus. Des contrôles coulants : une pierre moyenne ou "molle" ne déclenchait aucune "grosse colère".

    Un matin le calme fut rompu. Depuis deux jours des convois de Juifs étaient incorporés. Mauthaüsen débordait. S.S. et Kapos allaient pouvoir s'en donner à cœur joie.

    Ce matin Ià, tout commença sur la place d'Appel, à la formation des kommandos : en quelques minutes, trente morts... au hasard.

    Et l'interminable colonne se mit en marche.

    La "chair à canon" était composée d'une majorité d'Espagnols, avec quelques Tchèques, Yougoslaves et Polonais.

    Derrière, les « centaine s» de Juifs. Les Kapos nous disaient à l'oreille : "Aujourd'hui, grosse offensive. Beaucoup de Juifs. Ne pas vous mélanger avec. Juden alle kaputt ! "
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  • Par belette2911, le 01 mai 2013

    - Des nouveaux?
    - Pas pour aujourd'hui.
    - Demain?
    - Sûrement. Dans la matinée.
    - Un gros arrivage ?
    - Je ne sais pas! Mais le convoi annoncé comporte une longue liste de Juifs.
    Luis Garcia baisse la tête.
    - Fini le calme !

    Il se retourne vers le grand escalier aux larges marches de granit.

    - Ils ne descendront qu'après-demain.

    Il choisit une pierre, la soupèse.
    - Trop lourde !

    Celle qu'il ramasse semble plus volumineuse, mais c'est - comme l'on dit au fond de la carrière de Mauthausen - un parfait "trompe-l'œil", une pierre "molle".

    Ainsi donc, après quatre jours de "détente", "la folie" allait recommencer :
    - Pourvu qu'il n'y ait pas trop de Juifs !

    Et puis, à quoi bon ! Même s'ils ne sont qu'une poignée, les "marchands de bestiaux" compléteront la "centaine", à la formation des kommandos, par des condamnés.

    Ce groupe de travail, ou mieux d'extermination, était connu sous l'appellation officielle de "Baukommando n° 11".

    Le travail consistait surtout à remonter les pierres de la carrière nécessaires à la construction et, plus tard, à l'agrandissement du camp. Trois groupes distincts de déportés composaient la colonne du "Baukommando Il".

    En tête, trois "centaines" de punis de la Strafkompanie (compagnie disciplinaire). Son Oberkapo s'appelait Paul Mayer.

    Au centre, les "disponibles" :
    La "chair à canon" - de différentes nationalités mais surtout, pendant cette période 1941-1942, des républicains espagnols.
    Les "disponibles" formaient six bonnes "centaines".

    Derrière, sept ou huit "centaines" de Juifs bons à exterminer.

    Les membres du groupe de tête ne pouvaient être confondus avec les autres. Chacun portait dans le dos un « triiger », support de bois maintenu par des lanières de cuir, un peu à la manière des sacs tyroliens, sur lequel étaient empilées les pierres taillées.
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  • Par belette2911, le 15 avril 2012

    Le camp de Mauthausen est relié au fond de la carrière par un escalier de 186 marches.

    Vision infernale et monstrueusement irréelle que celle de ces hommes au crâne nu, amaigris, pâles, vêtus d'innombrables loques, qui gravissent, en geignant, les 186 marches de ce calvaire collectif, sans s'arrêter, portant leur pierre sur l'épaule, sous les bras, sur le ventre, tous en rangs serrés, pendant que les Kapos et les SS gueulent, aboient et frappent.
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