Forteresse moyenâgeuse de granite et de béton surplombant le Danube, encerclée d'un infranchissable réseau électrifié de barbelés, le camp de Mauthausen, aux 150 000 morts, fut pendant des années le calvaire quotidien de plusieurs milliers de détenus.
Mauthausen,... > voir plus
Vu sa couverture et vu le fait que l'aigle et la svastika se trouvent aussi sur la tranche du livre, il reste dans un coin sombre de la bibliothèque. Tout aussi prenant que tous les autres de la collection de Bernadac, ce livre nous décrit la vie au camp de Mauthausen. Bien qu'il ne fut pas le seul camp de concentration allemand destiné à l'extermination par le travail (Vernichtung durch Arbeit), Mauthausen-Gusen était l'un des plus sévères et des plus violents. Les conditions de travail étaient jugées particulièrement dures même selon les standards des camps de concentration[35],[36],[37]. Les prisonniers ne souffraient pas seulement de malnutrition, de baraquements surpeuplés et de violences permanentes de la part des gardes et des kapos[28] mais devaient effectuer des travaux très durs[21]. le travail dans les carrières était « réservé » aux prisonniers coupables de soi-disant « crimes » dans le camp comme par exemple ne pas avoir salué un Allemand. Le travail dans les carrières, dans une chaleur étouffante ou par des températures de -30 °C, entraînait des taux de mortalité particulièrement élevés. Les rations alimentaires étaient limitées et durant la période 1940-1942, le poids moyen des prisonniers était de 40 kg. Les rations alimentaires journalières estimées à 1 750 kilocalories durant la période 1940-1942 passèrent à environ 1 300 sur la période 1942-1944. En 1945, les rations étaient encore inférieures et n'excédaient pas 600 à 1000 kilocalories par jour, moins du tiers de l'énergie nécessaire à un travailleur standard de l'industrie lourde. Cela mena des milliers de détenus à mourir de faim. Les SS sont sans pitié (mais ça, on le savait déjà), et s'amusent à tourmenter les prisonniers, à les brimer, à les briser... Un livre assez prenant mais pas facile à lire... Beaucoup de détails techniques qui nuisent à la lecture, sans oublier que ce n'est pas un livre qui se lit comme un roman.
Le camp de Mauthausen est relié au fond de la carrière par un escalier de 186 marches.
Vision infernale et monstrueusement irréelle que celle de ces hommes au crâne nu, amaigris, pâles, vêtus d'innombrables loques, qui gravissent, en geignant, les 186 marches de ce calvaire collectif, sans s'arrêter, portant leur pierre sur l'épaule, sous les bras, sur le ventre, tous en rangs serrés, pendant que les Kapos et les SS gueulent, aboient et frappent.