ISBN : 2940329788
Éditeur : Atrabile (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
A l’orée des bois, un petit bout de femme nommée Canopée grandit auprès de sa mère. Les années passent et il est temps pour la jeune femme de quitter le logis. La voilà, à peine sortie de l’enfance, projetée dans une sombre forêt. Les chemins et les sentiers s’entremêle... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 15 juin 2011

    Thyuig
    Karine Bernadou livre avec Canopée le récit muet d'un apprentissage. Tout en bichromie rouge et noir, l'album donne à voir au travers de courtes séquences les différents écueils qui vont jalonner le chemin de la petite Canopée, de sa naissance dans une maison forestière à sa découverte de l'homme, d'une masculinité autre que celle de son père. Quitter le foyer, dans le cas de Canopée, se faire abandonner au milieu d'une nature hostile, voilà ce qui semble guider de prime abord le travail de Karine Bernadou sur cet album. Il y a cependant beaucoup plus à voir dans ces pages.
    La Canopée est ce qui affleure au sommet de la forêt, c'est l'étage supérieur, en liaison avec le ciel. Mot anglais désignant le ciel de lit, tiré du grec kounoupi, la moustiquaire. Voilà pour l'étymologie. Et que fait-on de ça ? Nous avons un personnage qui ne s'exprime que par la violence (manger, boire, baiser, courir, taper, etc, la liste est longue) dont le nom signifie ciel de lit, sommet des arbres, ce que vous voulez, le tout dans un album muet tout en bichromie rouge et noir. Débrouillez-vous donc avec ça !
    Oui, que faire de tout ça ? Karine Bernadou s'applique à disséquer ce qui relie Canopée à la découverte du masculin, toute la violence qui s'exprime dans ce rapport. On nage ici en pleine psychanalyse, même si la poésie semble avant tout guider le récit. Nous n'apprenons rien ici, toute cette violence nous est connue, quitter le foyer parentale pour vivre ailleurs, cet ailleurs symbolisé par ces bois inconnus, découvrir l'autre dans ce qu'il a de plus barbare, de plus différent de vous. Qui n'a jamais ressenti une gène en reniflant pour la première fois l'odeur de la personne que l'on s'apprête à embrasser. Bernadou envisage toute cette refléxion dans cet ouvrage, s'appropriant la pensée de Sartre sur autrui, celle qui explique en quoi autrui est d'abord constitutif de moi, son "je est un autre".
    Très bel album dont la difficulté de lecture, la violence des scènes n'entâme en rien la richesse du sujet exploré. Une réussite à rapprocher de l'Icare de Manuel Fior ou du Des chiens, de l'eau d'Anders Nilsen pour la propension à explorer différents niveaux de lectures.
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  • Par saxaoul, le 27 juin 2011

    saxaoul
    Canopée porte un bien joli prénom, très symbolique... le mot désigne l'étage supérieur des forêts, celui qui est en contact avec l'atmosphère, avec la liberté.
    Notre Canopée, elle, vit dans la forêt avec ses parents. Elle vient de naître et sa mère lui donne le sein. Rien de plus normal pour un bébé. Sauf qu'elle grandit, devient adolescente et tête toujours, bien au chaud dans les bras de sa maman. le père est complétement mis à l'écart bien entendu...
    Le temps de quitter le foyer familial finit tout de même par arriver et Canopée se retrouve seule au beau milieu de la forêt. Elle se perd dans des chemins semés d'embûches et rencontre un ogre-jardinier mangeur de seins et de jambes, un joueur de flûte et des sirènes ou encore un amoureux sans visage. Dans cet univers mystérieux et onirique, elle fait face à ses propre démons -peur, jalouisie, désir, etc.- et apprend à grandir. La découverte de l'autre sexe ne se fait jamais sans difficultés...
    En écho à cette histoire, le lecteur découvre la relation étrange qu'entretiennent Canopée enfant et son père. Amour, folie, tendresse et méchanceté alternent à travers des saynètes burlesques ou tragiques mais toujours décalées.
    Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette bande dessinée est déroutante. Les couleurs tout d'abord, une bichromie rouge et noir. L'absence de texte ensuite : pas un seul mot, pas une seule parole, c'est au lecteur de donner du sens aux images. le scénario enfin : très étrange, à la fois poétique et psychanalytique, laissant la place à de nombreuses interprétations.
    J'ai relu plusieurs fois Canopée. A chaque fois, j'y ai vu des symboliques différentes et de ce point de vue là, je trouve l'histoire très intéressante. Il ya de multiples choses à dire sur les différentes saynettes qui composent cette bande dessinée mais ce que je retiendrai, c'est que même avec un tel prénom -Canopée-, il n'est jamais facile de conquérir sa liberté...
    BERNADOU, Karine, Canopée, Atrabile, 2011.
    Canopée par Karine Bernadou
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    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

Critiques presse (3)


  • BDSelection , le 26 août 2011
    La rondeur et la vitalité du dessin, comme le choix de la bichromie (noir et rouge), accentuent la dimension décalée et corrosive de cette œuvre surprenante, belle et dérangeante.
    Lire la critique sur le site : BDSelection
  • BoDoi , le 09 juillet 2011
    L’ensemble manque de continuité et de séquences posées suffisamment fortes. Il n’en manquait pas beaucoup pour que Canopée soit plus puissante et impressionnante. Dommage.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • Du9 , le 27 juin 2011
    On évoque avec raison les contes pour ce joli livre […]. Karine Bernadou y ajoute un délire, ou plutôt une « délecture » de nature musicale, où le désenchantement a posteriori (adulte donc) fait merveille en faisant un autre merveilleux, entre fable universelle et légende personnelle.
    Lire la critique sur le site : Du9






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