
par Outis, le 2007-10-10 10:41:01
Bruckner est un compositeur négligent, tout comme Stifter est un écrivain négligent, cette négligence haute-autrichienne, ces deux-là l’ont en commun. Tous deux ont pratiqué un art soi-disant...
par Outis, le 2007-09-17 22:46:04
Nous haïssons les gens et nous voulons tout de même vivre avec eux, parce que c’est seulement avec les gens et parmi eux que nous avons une chance de continuer à vivre et de ne pas devenir fous.
Dans le Kunsthistorisches Museum, à Vienne, Atzbacher, le narrateur, a rendez-vous avec Reger, le vieux critique musical. Atzbacher est arrivé une heure à l'avance pour observer Reger, déjà installé dans la salle Bordone, assis sur la banquette qu'il occupe chaque matin depuis dix ans, face à L'Homme à la barbe blanche du Tintoret. Pendant une heure, le narrateur se rappelle les citations de Reger ou des conversations portant sur lui. Dans un deuxième temps, qui commence à l'heure précise du rendez-vous, c'est la parole même de Reger qui résonne dans la salle Bordone, comme sous l'effet d'une nécessité vitale. Sur le mode de la diatribe, variant avec fureur et allégresse se succèdent les thèmes (qui sont des cibles) chers à Bernhard dans cette comédie (le sous-titre de l'oeuvre) qui n'est autre que celle de l'art, des artistes, des écrivains, des compositeurs... Aux exagérations coutumières, l'auteur ajoute le mauvais goût des Hasbourg, l'institution des musées, l'autorité des maîtres anciens, l'enfance, les toilettes viennoises, les journaux, les femmes de ménage, Beethoven... Des imprécations, en une langue exaltante et libératrice, qui finissent toujours par forcer le rire au bout du désespoir. --Céline Darner