> Patrick Modiano (Préfacier, etc.)

ISBN : 2847345000
Éditeur : Tallandier (2007)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Agrégative d'anglais, Hélène Berr a 21 ans lorsqu'elle commence à écrire son journal. L'année 1942 et les lois anti-juives de Vichy vont lentement basculer sa vie. Elle mourra à Bergen Belsen quelques jours avant la libération du camp. Cinquante ans durant, ce manuscrit... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par keisha, le 13 septembre 2008

    keisha
    Brillante étudiante à la Sorbonne, Hélène prépare l'agrégation d'anglais. Elle a sa famille, ses amis, la musique, et peut être un amoureux, Gérard. Nous sommes en avril 1942, et la situation des juifs français commence à se détériorer ... Elle rencontre Jean et là elle est réellement amoureuse. En juin 1942 son père est interné à Drancy. Début juillet 1942, elle demande à être assistante sociale bénévole et visitera aussi des enfants. Jusqu'à son arrestation en mars 1944, elle tient son journal.
    Deux principales raisons pour lesquelles lire ce journal :
    L'évidente, d'abord, comme un témoignage.
    "J'ai un devoir à accomplir en écrivant, car il faut que les autres sachent." "Je sais pourquoi j'écris ce journal, je sais que je veux qu'on le donne à Jean si je ne suis pas là lorsqu'il reviendra."
    Au début sa vie est presque normale. Puis de nouvelles lois sont instaurées. Les raffles et les déportations s'intensifient. le changement de ton est très net dans ce journal (en 1943). Elle n'hésite pas à parler des tragédies autour d'elle. Elle est parfaitement lucide sur les dangers et son destin possible.
    Au sujet de l'arrestation d'enfants par un inspecteur de police français : "Qu'on soit arrivé à concevoir le devoir comme une chose indépendante de la conscience, indépendante de la justice, de la bonté, de la charité, c'est là la preuve de l'inanité de notre prétendue civilisation."
    De plus ce journal, écrit quasiment sans ratures, a une réelle valeur littéraire. L'écriture n'est pas "datée".
    Une journée d'été à Aubergenville : "Le foudroiement de lumière qui émane du potager, l'allégresse qui accompagne la montée triomphante dans le soleil matinal, la joie à chaque instant renouvelée d'une découverte, le parfum subtil des buis en fleurs, le bourdonnement des abeilles, l'apparition soudaine d'un papillon au vol hésitant et un peu ivre. Tout cela, je le reconnaissais, avec une joie singulière. Je suis restée à rêver sur le banc là-haut, à me laisser caresser par cette atmosphère si douce qu'elle faisait fondre mon coeur comme de la cire ; et à chaque moment je percevais une splendeur nouvelle"
    Dans la première partie revient souvent le mot "joie", Hélène croque la vie à pleines dents, elle est très sensible à la nature, elle aime se promener dans Paris et l'évolution de son amour pour Jean est très finement visible pour le lecteur.
    Ensuite, de plus en plus, elle s'interroge sur ce qu'elle et les autres doivent vivre, sur le futur possible, et la tonalité générale de ses réflexions est plus sombre ...
    "Ce n'est pas la pitié qu'ils doivent donner, c'est la compréhension, la compréhension qui leur fera sentir toute la profondeur, l'irréductibilité de la souffrance des autres, la monstrueuse injustice de ces traitements et les révoltera."
    Pour ces raisons, j'ai réellement été captivée par cette lecture, sans jamais me sentir en position de "voyeur". A lire absolument !
    http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-22252536.html
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    • Livres 4.00/5
    Par calistoga, le 29 mai 2008

    calistoga
    Hélène Berr est née en 1921 à Paris et morte en avril 1945 à Bergen-Belsen. Commencer cette chronique ainsi incitera certains à ne pas la finir. On a tant lu, tant débattu de ces vies de déportés. Pourquoi se replonger encore dans tant de noirceur ?
    Le journal qu'a écrit Hélène Berr entre 1942 et 1944 est lumineux et plein d'espoir. Espoir d'une jeune fille de 20 ans qui tombe amoureuse d'un beau jeune homme aux yeux gris. C'est par le prisme de ce cœur amoureux que l'on lit Paris en 1942. Les lois anti juives se font de plus en plus abjectes. Hélène se voit contrainte de s'y plier mais continue à savourer le reflet du soleil dans l'eau, le goût des groseilles d'Aubergenville, le plaisir de jouer Schubert ou Mozart avec ses amis.
    Le journal d'Hélène Berr est foudroyant d'intelligence et ce qu'elle nous dit parle de tous les génocides. Ce qui me frappe le plus est ce qu'elle écrit de l'incapacité qu'ont ses proches de comprendre l'impensable. Assistant sociale bénévole à l'Union générale des israélites de France (Ugif), qui servait d'interface avec l'occupant allemand, Hélène est très vite au courant des atrocités qui se passent au moment des arrestations et plus tard en déportation. Comment relater cela à ses proches ? Elle constate avec effarement que les gens sont incapables d'entendre ce qui ne les touche pas directement. Si on dit : « Ma sœur et son enfant de trois ans ont été arrêtés et séparés. » Alors on suscite l'intérêt. Si on dit : « deux mille personnes ont été arrêtés hier dans la nuit. Des personnes invalides ont été jetées par la fenêtre. Ils sont partis dans un convoi plombé pour l'Allemagne où sont entassées 60 personnes de tout âge et de toute condition.». Alors on croise un regard incrédule et dubitatif.
    Dans ces conditions qui la mène à une totale schizophrénie, elle se tait et continue à aider des enfants orphelins et à faire tout ce qu'elle peut pour soulager les plus malheureux. Consciente de l'enjeu du témoignage, elle s'astreint à décrire tout ce qui lui est rapporté, tout ce à quoi elle assiste car elle sait qu'on voudra effacer ces atrocités, les oublier.
    Ce journal continue à nous interroger sur l'abjection de l'homme et sur le renoncement coupable, l'incroyable silence des témoins qui n'ont su se lever pour arrêter la barbarie. Et aujourd'hui, que faisons-nous ? Qu'avons-nous appris du passé ?
    Hélène Berr est d'une clairvoyance absolue. Elle nous éclaire à soixante de distance sur ce qui fait de certain des hommes et d'autres, des chiens.
    Disant cela, je ne vous ai pas dit qu'Hélène Berr était une jeune fille extrêmement cultivée qui ponctue ses réflexions de citations de Keats et de Tolstoï. L'édition du journal nous fournit en précieuse annexe une bibliographie de toutes les œuvres qu'Hélène cite au cours de ces deux années où nous l'accompagnons dans les rues de Paris occupé. On comprend mieux alors que cette ville occupée qu'Hélène arpente sans cesse peut effectivement sembler souriante aux Parisiens photographiés par André Zucca et présentés à l'exposition controversée de la mairie de Paris.
    http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=145&document_type_id=2&document_id=50952&portlet_id=11706
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    • Livres 4.00/5
    Par cequejelis, le 11 octobre 2011

    cequejelis
    Elle a vingt et un ans le 7 avril 1942 quand elle le commence. Elle prépare un doctorat es lettres. Elle aime sa famille. Elle est belle. Elle ne le dit pas, mais les garçons la regardent. Elle cherche à connaître ses sentiments. Elle est dans les rues de Paris, mais elle n'est pas forcément protégée des ignominies de ce monde. Certains on décidé qu'elle était coupable d'être ce qu'elle est. Pourtant elle n'a pas encore vécu. On la force à porter l'étoile jaune, puis on envoie son père à Drancy (son étoile tenait avec une épingle)… Elle finira à Bergen-Belsen en 1945. Aujourd'hui Hélène Berr est kenyane, palestinienne, afghane, …
    ” Au réveil, si douce la lumière…” lui inscrit Valéry en dédicace sur un de ses livres. A-t-il pensé à l'origine du prénom Hélène en l'écrivant : soleil ou flambeau en tout cas lumière… Hélène Berr est lumineuse.
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    • Livres 5.00/5
    Par carre, le 14 décembre 2011

    carre
    Hélène Berr est une brillante étudiante (agrégation d'anglais) d'origine juive de souche français.Elle va tenir un journal de 1942 à 1944 ou elle nous conte ses envies, ses désirs mais aussi l'effroyable peur qui se rapproche d'elle, alors que les nazis sèment l'horreur. Arrêtée à Drancy elle sera déportée à Auschwiz puis Bergen-Belsen ou elle mourat vraisemblament du typhus en avril 1945, quelques jours avant la libération du camp.
    Le récit d'Hélène Berr d'une grande sensibilité, vous étreint avec une émotion inimaginable, il est bouleversant de bout en bout alors que l'étau se resserre sur sa famille.Comment la folie barbare nazie a anéantie des millions de personnes qui n'avaient pour seul prérogatives de vivre et d'être heureux. Un témoignage historique indispensable à l'heure ou le nationalisme revient sur la scène politique. le manuscrit du journal d'Hélène Berr se trouve au mémorial de la Shoah.
    Lisez le journal de d'Hélère Berr, c'est un devoir de mémoire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Lali, le 28 janvier 2011

    Lali
    Ce n'est qu'en 2008 qu'a paru le Journal qu'Hélène Berr a tenu entre 1942 et 1944, dont le manuscrit a été déposé au Mémorial de la Shoah (à Paris) en 2002.
    Sa parution est d'autant plus importante qu'il existe peu de documents de ce genre, à savoir des journaux intimes tenues par des jeunes Juives, dont les plus connus restent ceux d'Anne Frank et d'Etty Hillesum, vivant toutes deux aux Pays-Bas.
    Or, c'est à Paris que vit quotidiennement Hélène Berr, étudiante brillante à la Sorbonne, férue de littérature anglaise, musicienne accomplie et dont la plume promettait un bel avenir, lequel a été brisé par son séjour à Drancy puis sa mort à Bergen-Belsen, à quelques jours de la libération du camp. Un Paris qu'elle relate pour qu'on n'oublie pas, car très vite elle a conscience que l'inévitable finira par arriver et qu'elle ne pourra rien faire contre ça, car tant de gens autour d'elle sont arrêtés, emprisonnés. Tant de gens partent et ne reviennent jamais à mesure que des échos de persécution et de torture viennent aux oreilles de ceux qui sont toujours là. Qui ne fuient pas. En sachant le danger qu'ils courent, mais en tentant de continuer à vivre comme avant, comme si rien n'avait changé, comme si Paris n'était pas occupé, comme si nul ne portait l'étoile jaune. En aidant ceux qui attendent des nouvelles, ceux dont les leurs ont été capturés, battus, tués. En aidant ces orphelins dont on a pris les parents.
    Et en même temps, il y a tout le drame intérieur d'Hélène, ses questions, ses sentiments, alors qu'elle relate ses allers et venues, les renseignements qui viennent à ses oreilles, ses lectures. Ce drame qui est celui de l'incompréhension face à tant de haine. Un drame (d)écrit avec beaucoup de finesse et souvent inspiré par ce qu'elle lit (Keats, notamment).
    Un autre témoignage, diront certains. Oui, un autre. Mais aussi un autre regard, car il n'y a jamais deux regards identiques sur les choses. Et celui d'Hélène Berr apporte un nouvel éclairage sur un sujet sur lequel on croyait tout connaître. Mais dont finalement nous ne connaissons que les bribes qui sont parvenues jusqu'à nous, d'où l'importance de continuer à publier ce genre de document.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=37979
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 mars 2008
    Lecture jeune, n°125 - Hélène Berr, jeune fille heureuse de 21 ans, étudie l’anglais à la Sorbonne et profite de chaque jour qui lui est offert. Mais sa vie bascule en juin 1942, lorsqu’elle se voit contrainte de porter l’étoile jaune. Bien qu’elle l’arbore fièrement, cet insigne marque le début de la traque des Juifs en France. Quelques semaines plus tard, son père est arrêté et transféré à Drancy. Hélène et sa famille connaissent alors des jours terribles : la spirale ne cessera d’emporter des proches de la jeune fille, jusqu’à sa propre déportation au camp de Bergen-Belsen en 1944. Ce témoignage magnifique et poignant ne laissera aucun lecteur indifférent. Cette jeune femme, jamais mièvre ou superficielle, prend conscience de la cruauté de son époque ; elle résistera au quotidien mais aussi grâce à ce journal qui nous révèle, aujourd’hui, ce Paris de la délation et la mise en place des rouages de la Shoah. Le journal d’Hélène Berr constitue un témoignage d’une grande force. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par LALECTRICE, le 11 mars 2008

    Il faudrait donc que j'écrive pour pouvoir plus tard montrer aux hommes ce qu'a été cette époque. Je sais que beaucoup auront des leçons plus grandes à donner, et des faits plus terribles à dévoiler. Je pense à tous les déportés, à tous ceux qui gisent en prison, à tous ceux qui auront tenté la grande expérience du départ. Mais cela ne doit pas me faire commettre une lâcheté, chacun dans sa petite sphère peut faire quelque chose. Et s'il le peut, il le doit.
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  • Par LALECTRICE, le 11 mars 2008

    Qui dira jamais ce qu'a été la souffrance de chacun? Le seul "reportage" véridique, et digne d'être écrit, serait celui qui réunirait les récits complets de chaque individu déporté. (...) nous sommes si isolés parmi les autres, notre souffrance particulière même crée entre les autres et nous une barrière, qui fait que notre expérience demeure incommunicable, sans précédent, et sans attaches dans le reste de l'expérience du monde.
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  • Par cequejelis, le 27 septembre 2011

    25 août 1943 : … il y a mille raisons qui m'empêchent d'écrire et qui me tiraillent encore à cette heure, et qui m'entraveront encore demain et les autres jours.

    D'abord, un espèce de paresse qui sera dure à vaincre. Ecrire, et écrire comme je le veux, c'est-à-dire avec une sincérité complète, en ne pensant jamais que d'autres liront, afin de ne pas fausser son attitude, écrire toute la réalité et les choses tragiques que nus vivons en leur donnant leur gravité nue sans déformer par les mots, c'est une tâche très difficile et qui exige un effort constant.

    Il y a ensuite une répugnance très grande à se concevoir comme ” quelqu'un qui écrit, parce que pour moi, peut-être à tort, écrire implique un dédoublement de la personnalité, sans doute une perte de spontanéité, une abdication (mais ces choses-là sont peut-être des préjugés).
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  • Par mathilde08, le 11 août 2011

    Voici ce que Jean Morawiecki écrit le 20 juin 1946, dans une lettre adressée à Denise Job :

    Les êtres comme Hélène - je ne suis pas sûr qu'il y en ait - ne sont pas seulement beaux et forts en eux-mêmes. Ils propagent le sens de la beauté et donnent la force à ceux qui savent les comprendre. Pour moi, Hélène était le symbole de la force – de la force radieuse, qui est magnétisme, beauté, harmonie, persuasion, confiance et loyauté. Tout cela a sombré. Avec elle disparaît la femme que j'aimais, et plus encore cette âme si proche de la mienne (la lecture du journal achève de me la prendre d'une manière poignante). Tout ce que je lui avais donné, confiance, amour, élan, elle l'emporte avec elle. Je ne puis même pas dire dans la tombe ; c'est atroce, n'est-ce pas. Elle emporte aussi le trésor merveilleux de force que je savais pouvoir puiser en elle dans l'avenir ; auquel j'avais eu un peu recours déjà. Mais six mois, qu'est-ce ? Oui, six mois seulement ont suffi pour attacher nos deux existences avec un lien que seule la mort pouvait défaire, que seule la mort a défait. Malgré la séparation, Hélène occupait en moi une place toujours croissante ! Tout se mettait en réserve pour elle. Comment ai-je pu la quitter sans la savoir l'abri !
    De ces six mois, que mes souvenirs reviennent hanter comme un siècle et qui ont paru durer une heure, que reste-t-il ? Un parfum indéfinissable, qui flotte autour de nous, un peu de lavande, je crois ...
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  • Par MissG, le 26 mars 2011

    Ce soir, j'ai une envie folle de tout flanquer en l'air. J'en ai assez de ne pas être normale; j'en ai assez de ne plus me sentir libre comme l'air, comme l'année dernière; j'en ai assez de sentir que je n'ai pas le droit d'être comme avant. Il me semble que je suis attachée à quelque chose d'invisible et que je ne peux pas m'en écarter à ma guise, j'en viens à haïr cette chose, et à la déformer.
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Filigranes.tv, Michelle Perrot présente, Le journal d'Hélène Berr, Tallandier











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