ISBN : 9782709631099
Éditeur : J.-C. Lattès (2010)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Depuis plus d'une décennie, Nola vit avec une zone d'ombre au sein de son histoire. Mais voilà : on ne peut pas fuir éternellement... Elle décide alors, l'année de ses trente ans, d'enfin trucider son fantôme. Elle rembobine, jusqu'à cet été-là, l'été le plus marquant d... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (14)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Ness, le 19 mars 2011

    Ness
    Nola, la narratrice du roman, revient douze ans en arrière, durant l'été 1998. le premier été qu'elle passe sans son père mort quelque mois plut tôt. Mais cet été là, après leur emménagement dans un « immeuble mutant », sa mère sombre peu à peu dans la dépression développant une hyperacousie. le moindre bruit lui devient alors insupportable, la contraignant à s'enfermer dans son appartement avec la télévision allumée en permanence sur le vide. Nola va alors devoir s'accrocher pour survivre. Pour ne pas connaître le même sort que sa mère, elle accepte un travail de serveuse à l'Evasion. Les rencontres qu'elle y fera, son obsession de sauver sa mère et l'art, vont lui permettre d'entamer enfin son travail de deuil. Au travers de ce travail de deuil, c'est toute une réflexion sur la vie et la mort qu'elle mènera.
    Pas de pathos dans ce roman au sujet très délicat. Une fois encore, Delphine Bertholon soigne ses personnages et son écriture. Elle sonde, un peu comme elle l'avait déjà fait dans Twist, la psychologie des personnages. Tous on leur importance et tous sont marqués par la vie à l'exemple de Nola. Aucun de fait exception. Car finalement, personne n'est épargné par le drame, c'est malheureusement une chose universelle que va découvrir la narratrice au travers de ses rencontres ? Tout ce qui change, c'est la manière dont il se traduit.
    Delphine Bertholon livre ici un roman tout en finesse et en pudeur, car même si la mort est omniprésente, elle est toujours sublimée. Un très bon roman et une écriture remarquable.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par keisha, le 12 août 2010

    keisha
    « Je n'avais pas dans l'idée de devenir serveuse dans un quartier dont le soleil semblait s'être retiré. Disons, ce n'était pas 'le rêve de ma vie' ».

    Cet été de ses dix-huit ans, Nola aurait dû être à Paros avec ses copines Marie et Johanna, et revenir ensuite dans le pavillon de Montreuil où l'attendaient des parents aimants. Sauf que, au mois de décembre précédent, ce fut la « grande catastrophe », son père assassiné juste parce qu'il se trouvait sur le parcours d'un type armé.

    Elle se retrouve à vivre « avec un zombie dans un immeuble mutant »: sa mère Mira souffre, d'après les médecins, d'hyperacousie et passe son temps enfouie dans un cocon de draps et couvertures, oreilles bouchées, mais en vain, aux boules Quiès, ou à écouter des « bruits blancs » sur son baladeur.

    Au cours de ces journées caniculaires, Nola lutte pour s'en sortir, elle et sa mère, jusqu'à découvrir que le passé a plombé le présent. Passé qu'elle mettra dix ans à accepter d'éclaircir totalement.


    Comme je le disais à Géraldine, ce roman est plutôt étouffant, ce qui met excellemment dans l'ambiance de la tragédie familiale, de la canicule et de cet immeuble au découpage délirant. Ce n'est pas du tout une histoire légère!
    Chaque lecteur, à mon avis, ressentira différemment cette lecture ; personnellement j'ai parfois un peu de mal avec ce type d'atmosphères et de mystères familiaux, mais Delphine Bertholon maîtrise vraiment bien sa narration, offrant au lecteur environné de tant de malheurs de petites bouffées d'humour et de poésie. Elle écrit vraiment bien, la mâtine!

    « Au-dessus de nous, quelques gracieux nuages comme filés au rouet d'une sirène de conte à qui l'amour d'un prince aurait donné des jambes »
    « Soulevée par des milliers de baudruches noires gonflées à l'hélium,une grappe de chauve-souris qui me baladait de trous d'air en trous d'air, jusqu'à la nausée. »

    N'hésitez pas à découvrir l'histoire de Nola et le talent de Delphine Bertholon.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-l-effet-larsen-5..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par soazcongar, le 01 février 2011

    soazcongar
    L’effet Larsen est l'histoire de Nola, ado de 18 ans, qui après la mort de son papa doit renoncer à ses projets de vacances et trouver un job d'été. L'emménagement dans un endroit sordide, la dépression et l'hyperacousie de sa maman auraient pu avoir raison de son moral et de sa résistance…
    « Au loin, j'aperçus bientôt l'immeuble mutant se détacher au sommet de la rue, cette grosse bête malade qui n'en pouvait plus de crever sur l'asphalte, rongée par la gangrène. »
    « Nous avions échangé un sourire, improbable connivence entre animaux blessés. Je ne savais encore rien de lui mais comme avec Jonas, il y avait entre nous cette fraternité de ceux qui ont souffert. »
    le portrait d'une jeune fille réaliste et mordante, une battante qui fait fi de ses préjugés. Elle s'ouvre aux autres et à l'art pour baliser et tracer le chemin de sa vie.
    Un très beau livre, un sujet grave mais allégé par les dialogues et l'écriture très vive et moderne de Delphine Bertholon.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par aaahhh, le 13 avril 2012

    aaahhh
    "L’effet Larsen" c'est l'histoire d'un travail de deuil. Celui de Nola, qui va devenir mère, et qui veut avant cela, pour offrir une vie meilleure à sa fille, chasser définitivement les fantômes des placards de son passé. Pour cela, elle replonge dans ses dix-huit ans, et se remémore cet été où sa vie à été bouleversée.
    Dans ce beau roman, fin et profond, c'est avec une grande délicatesse que Delphine Bertholon évoque la souffrance. de la mort tragique du père, à la dépression maternelle et enfin au dévoilement d'un secret de famille, elle parvient à décrire une tragédie sans jamais entrer dans le pathos.
    Bien sûr ce livre fend le cœur et ne laisse pas complètement indemne, mais la lecture en vaut vraiment la peine! Un traité du deuil intime et mélodieux!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 17 octobre 2010

    kathel
    Dès les premières pages, ce roman a un petit goût de « reviens-y » qui ne trompe pas. Grâce à des personnages vrais, attachants, à un mélange, plein de vérité aussi, de drame et d'humour, les pages tournent et l'intérêt va en s'accroissant. Pourtant, elle n'est pas facile, pour Nola, l'année de ses dix-huit ans… Elle vient de perdre son père quelques mois auparavant, elle et sa mère ont dû quitter leur jolie maison pour un appartement lugubre et sa mère perd pied peu à peu, ne supportant plus rien, restant cloîtrée dans sa chambre. Nola prend un petit boulot pour l'été, ne sait pas si elle reprendra ses études, tente de prendre soin de sa mère. A part un oncle au loin, des amies en vacances, quelques rencontres à son travail ou dans son immeuble, Nola est plutôt seule. « Ces autres, j'avais beau les regarder, ils ne me touchaient plus. Je ne voyais que leur tristesse, leur médiocrité, leur malveillance. A m'être si vite endurcie, sans rien comprendre au fond à ce qui s'était passé, ni même à ce qui était en train de se passer, je n'étais plus tout à fait certaine d'exister. » J'ai beaucoup aimé l'écriture de Delphine Bertholon, sensible et originale, la construction qui remonte par petites touches dans l'histoire familiale, les personnages éloignés de toute caricature. La lecture de ce roman m'a donné furieusement envie de découvrir Twist, le précédent roman de l'auteur !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-delphine-bertholon-l-eff..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (14)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Nyko_bzh, le 22 mai 2012

    Elle t'aimait tellement papa... Après toi, sans toi, son cœur semblait s'être métallisé, coffre-fort imprenable, et je ne suffisais pas à la garder ouverte; ne lui suffisais pas.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Reka, le 04 novembre 2010

    Il était dix-sept heures mais il faiasait toujours aussi chaud, l'air sentait le rance et l'oxyde de carbone. J'ai croisé un groupe de gamins avinés qui chantait "On est les champions, on est les champions" à tue-tête. J'aurais voulu leur dire "Ca va, y'a prescription", mais le pays n'arrivait pas à s'en remettre. A les entendre - le coup de tête de Zizou, le crâne de Barthez, le but de Petit - cette finale France-Brésil constituait le plus grand événement terrestre depuis l'anéantissement des dinosaures. Cet été-là, tout le monde surfait su la vague bleue dans une joie grotesque, les ministres avaient dansé dans les tribunes sur Alexandrie, Alexandra, les vieux ressorti leur drapeau français rangé dans une malle depuis la Libération, comme si cette victoire allait être capable de restaurer nos vies, d'organiser le chaos, d'empêcher les gens de s'entretuer, les maladies d'apparaître, les coeurs de se fendre, comme si les billets de banque allaient tomber du ciel, remplir les ventres, guérir le chômage, comme si - même tiens, pourquoi pas ! - cette victoire allait bouche la couche d'ozone et sauver la planète. Et moi, l'horreur pendue au cou au milieu de toute cette liesse, je me sentais si seule ! J'aurais voulu crier "Allez vous faire foutre, allez tous vous faire foutre avec votre triomphe, votre allégresse de merde, qu'on soit éliminés, humiliés, vaincus et qu'on me rende mon père ! (p. 85)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Reka, le 04 novembre 2010

    [...] cette jeune fille promise à un brillant avenir, un peu excentrique mais tout de même, sage et studieuse - de cette jeune fille-là que j'étais, celle que j'aurais du devenir, il ne restait plus rien. Ma mère continuait parfois de m'appeler Moineau mais l'oisillon semblait passé sous un bus, amas d'osselets et de plumes raides, écrabouillé. Je ne suis pas sûre qu'elle s'en rendit compte, ma mère, tout entière à tenter de survivre, à coups de médicaments, de larmes, et de momification ; mais cet été-là, je l'avais enviée. Envié sa douleur presque comique de veuve sicilienne, son superlatif malheur, ses étranges symptômes. Envié sa réclusion, cette espèce d'hors-la-vie auquel je n'avais pas droit, puisqu'il fallait bien que quelqu'un reste debout. En un sens, elle ne m'avait pas même laissé le temps d'être malheureuse. La perte de mon père m'avait volé l'enfance ; Mira me volait jusqu'à mon chagrin. (p. 46-47)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Reka, le 04 novembre 2010

    Lorsque je pense à lui, toujours me vient l'image d'un martin-pêcheur, couleur de rouille et de cobalt - cet oiseau merveilleux qui, à la pire époque de toute mon existence, m'avait offert une seconde de répit. Mais les instants de grâce, cela ne dure jamais. J'espérais qu'en changeant d'air, nous aurions créé une distance entre nous et le drame ; il n'en fut rien. Je ne le savais pas encore, papa, le pressentais mais ne le savais pas ; pourtant un autre drame se profilait, en marche, lui aussi, une ombre gigantesque au revers de nos vies - de ces spectres que l'on ne saurait fuir, même à l'autre bout du monde. Aujourd'hui pourtant, je fuis encore. (p. 166)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Reka, le 04 novembre 2010

    J'ai l'impression d'être au bord d'un trottoir à regarder passer ma vie en même temps que les bagnoles. Tous les jours, j'attends que quelque chose arrive, vous voyez, quelque chose qui me délivrerait. Et tous les soirs, je me dis : demain, ça ira mieux. Le matin ça ne va pas mieux du tout mais je me lève quand même, je mets un pied devant l'autre, et les jours avancent comme ça, pas après pas, à espérer je-ne-sais-quoi pour que cette merde s'arrête, tout en sachant très bien que ça ne s'arrêtera pas, jamais, parce que mon père est mort et que la mort de mon père, ce n'est pas une chose qui peut... s'arrêter. (p. 302)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (8)

Videos de Delphine Bertholon

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Delphine Bertholon

la Parole des libraires - Librairie Failler à Rennes .
rachel Guitton, de la librairie Failler, située au 8 rue St Georges à Rennes, vous présente ses coups de coeur du moment. Au programme : > Les séparées, de Kethevane Davrichewy, éd. S. Wespieser éditeur Et en bonus : > Grâce, de Delphine Bertholon, éd. JC Lattés > Retour à Killybegs, de Sorj Chalandon, éd. Grasset








Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'effet Larsen par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (42)

> voir plus

Quiz