« Je n'avais pas dans l'idée de devenir serveuse dans un quartier dont le soleil semblait s'être retiré. Disons, ce n'était pas 'le rêve de ma vie' ».
Cet été de ses dix-huit ans, Nola aurait dû être à Paros avec ses copines Marie et Johanna, et revenir ensuite dans le pavillon de Montreuil où l'attendaient des parents aimants. Sauf que, au mois de décembre précédent, ce fut la « grande catastrophe », son père assassiné juste parce qu'il se trouvait sur le parcours d'un type armé.
Elle se retrouve à vivre « avec un zombie dans un immeuble mutant »: sa mère Mira souffre, d'après les médecins, d'hyperacousie et passe son temps enfouie dans un cocon de draps et couvertures, oreilles bouchées, mais en vain, aux boules Quiès, ou à écouter des « bruits blancs » sur son baladeur.
Au cours de ces journées caniculaires, Nola lutte pour s'en sortir, elle et sa mère, jusqu'à découvrir que le passé a plombé le présent. Passé qu'elle mettra dix ans à accepter d'éclaircir totalement.
Comme je le disais à Géraldine, ce roman est plutôt étouffant, ce qui met excellemment dans l'ambiance de la tragédie familiale, de la canicule et de cet immeuble au découpage délirant. Ce n'est pas du tout une histoire légère!
Chaque lecteur, à mon avis, ressentira différemment cette lecture ; personnellement j'ai parfois un peu de mal avec ce type d'atmosphères et de mystères familiaux, mais
Delphine Bertholon maîtrise vraiment bien sa narration, offrant au lecteur environné de tant de malheurs de petites bouffées d'humour et de poésie. Elle écrit vraiment bien, la mâtine!
« Au-dessus de nous, quelques gracieux nuages comme filés au rouet d'une sirène de conte à qui l'amour d'un prince aurait donné des jambes »
« Soulevée par des milliers de baudruches noires gonflées à l'hélium,une grappe de chauve-souris qui me baladait de trous d'air en trous d'air, jusqu'à la nausée. »
N'hésitez pas à découvrir l'histoire de Nola et le talent de
Delphine Bertholon.
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