Texte exhumé par Philippe Etuin pour Publie.net comme exemplaire de la « proto-science-fiction » : « un astronome construit une machine volante, s'élève et disparaît dans l'infini ».
(Le récit par Philippe Etuin de la recherche du texte est déjà un plaisir).
Partir des conventions comme le portrait du héros, rêveur, assez pour épouser une jeune orpheline sans le sou, objet des interrogations amusées de tous, trop bon, découvreur à posteriori… mais avide de gloire et aérostier (ou ballonier en son temps ?) amateur, et ravi - grisé, il monte, monte, jusqu'à plus de huit mille mètres, horriblement malheureux de devoir redescendre.
Inventeur et constructeur, en secret, d'un appareil « à diriger les ballons », ambitieux, s'envole, vers son rêve, et n'en revient pas.
C'est tout court, écrit avec simplicité et avec la petite ironie de tout récit de ce genre, et fort joli.
Autour de lui scintillait une sorte de lumière qui ressemblait à des reflets d’opale. Au-dessus de sa tête s’étendait l’immensité de l’azur du ciel. Sous ses pieds s’éloignait la terre et l’horizon se développait lentement et de plus en plus.
Toujours distrait et rêveur, il cherchait les lieux solitaires, passait des heures les yeux levés vers le ciel, n’avait point de moments réglés pour ses repas, et ne savait point gagner un écu par son travail.