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ISBN : 2253145297
Éditeur : Le Livre de Poche (1998)


Note moyenne : 4.21/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quel était le sort réservé aux reines dans l'ancienne France ? Simone Bertière poursuit ici une passionnante et originale enquête historique avec deux femmes qui vont marquer le XVIIe siècle : Marie de Médicis et Anne d'Autriche. Toutes deux sont appelées à jouer un rôl... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Simone Bertière a un don exceptionnel pour restituer tout ce que l'Histoire de notre pays recèle de passionnant. Je le répète, les néophytes ont tout intérêt à se procurer sans tarder sa série sur "Les Reines de France" (disponible aujourd'hui en édition de poche) qui, d'Anne de Bretagne à Marie-Antoinette, s'applique à dépeindre les liens profonds qui unirent la monarchie française aux épouses de ses rois.
    Pour l'historienne, la Reine - ou la Régente - était une composante essentielle du système. A partir du moment où, soit parce qu'on lui impose une mise en retrait, soit parce qu'elle choisit elle-même de prendre du recul avec la fonction qui est la sienne, la Reine consent à voir ces liens se relâcher et se distendre, la monarchie n'a plus beaucoup d'années devant elle.
    Paradoxalement, c'est sous Louis XIV, celui de nos rois qui porta le principe royal à son apogée en instaurant l'absolutisme, que s'amorce le lent mais irrémédiable déclin de la Reine en tant que symbole intouchable et quasi sacré. le Roi-Soleil en eut-il conscience ? Bertière ne se prononce pas.
    Pourtant, on ne pourra reprocher à Louis XIV de n'avoir pas aimé les femmes. Avantage rarissime chez un prince, il avait eu la chance d'avoir une mère aimante et proche de ses enfants. du jour de la naissance de son fils aîné jusqu'à celui de sa propre mort, Anne d'Autriche veilla sur lui avec un dévouement absolu.
    On aurait donc pu croire qu'il chercherait à avoir auprès de lui une reine aussi rayonnante que le fut sa mère. Son épouse, Marie-Thérèse, passait d'ailleurs pour ressembler beaucoup à sa tante, Anne d'Autriche. Hélas ! cette ressemblance n'était que physique : l'intellect n'était pas à la hauteur. le roi, qui était jeune et plein de vie, plein d'exigences aussi, se lassa très vite.
    C'est avec Marie-Thérèse que s'ancre l'usage aussi déplorable que machiste de ne plus sacrer les reines de France. On en avait perdu l'habitude un peu par superstition car le sacre de Marie de Médicis avait précédé de quelques jours l'assassinat de son époux par Ravaillac. Puis, pour des raisons politiques - Louis XIII ne tenait absolument pas à ce que le sacre donnât trop de prestige à une épouse qui complotait contre lui - on avait continué à l'"oublier." Louis XIV, lui, n'en veut absolument plus.
    S'il ne fait pas sacrer son épouse en grandes pompes, le Roi-Soleil exige toutefois que tous la respectent. Et ceci même si lui-même la trompe de manière si ostentatoire que, dès sa première liaison avec Louise de La Vallière, les courtisans et le peuple doivent s'accoutumer à un bien étrange spectacle: dans le même carosse, aux côtés de la Reine, sont assises la maîtresse en titre et celle qui lui sert de "paravent." Longtemps, très longtemps, se déplaceront ainsi côte à côte un Marie-Thérèse résignée, une Melle de La Vallière délaissée et une Mme de Montespan triomphante. Louis XIV aimait à afficher des goûts de potentat oriental.
    Louise de La Vallière alla demander au couvent de mettre une fin à son martyre. Cette décision, si elle ne lui apporta peut-être pas toute la paix de l'âme souhaitée, lui permit en tout cas de ne pas assister en direct à l'irrésistible ascension de Françoise d'Aubigné, veuve Scarron, jusqu'au marquisat de Maintenon et même, après le décès de Marie-Thérèse, jusqu'à la chapelle de Versailles où fut bénie son union morganatique avec un Louis XIV vieilli et assagi.
    Pareil cauchemar, on le sait, ne fut pas évité à la fière Montespan, définitivement mise sur la touche lors de l'affaire des Poisons.
    C'est sur ces trois caractères de femmes que Simone Bertière axe ce deuxième tome des "Reines de France au temps des Bourbon." Mais des femmes, dans l'entourage du Roi-Soleil, il y en eut toujours beaucoup. Notamment dans sa famille.
    Sa cousine germaine par exemple, la duchesse de Montpensier - la Grande Mademoiselle - qui avait un temps espéré l'épouser mais qui vit la canonnade qu'elle ordonna à la Bastille au temps de la Fronde lui emporter tous ses espoirs. Son autre cousine, Henriette, princesse d'Angleterre, devenue Madame par son mariage avec le frère de Louis et dont on ne sait exactement si elle devint aussi sa maîtresse avant de mourir dans des conditions jugées assez douteuses par les contemporains.
    Il y eut encore Elisabeth-Charlotte, la seconde Madame, laide mais spirituelle, dont on pense qu'elle conçut pour son beau-frère un amour platonique mais violent. Puis ses filles illégitimes nées de ses liaisons avec Melle de La Vallière puis avec Mme de Montespan. Et enfin sa petite-belle-fille, Marie-Adélaïde de Savoie, cette duchesse de Bourgogne qui sera un jour la mère de Louis XV.
    Or, pour le Roi-Soleil le bien nommé, quiconque pouvait se targuer d'un lien de parenté direct avec son auguste personne se devait de lui obéir en toutes choses. A fortiori si le quiconque en question appartenait au sexe dit faible. Voilà pourquoi Mademoiselle dut renoncer à Lauzun et les filles illégitimes se marier certes brillamment mais selon les voeux exclusifs de leur père. Quant à Marie-Adélaïde, avant même d'avoir posé un pied à la cour, elle savait que, avant de chercher à plaire à son époux, elle devait avant tout plaire au vieux Roi et à son épouse officieuse.
    Une remarquable leçon d'Histoire. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Marie de Médicis a toujours eu mauvaise presse dans notre Histoire - pire encore peut-être que sa lointaine parente, Catherine car, si celle-ci parvint, vaille que vaille, à maintenir la France hors du bourbier des guerres de religion, Marie, elle, privilégia beaucoup trop ses intérêts personnels par rapport à ceux de l'Etat dont elle était pourtant régente.
    Et puis, Catherine de Médicis reste le prototype naturel de la reine qui se sait mère et en tire gloire. Elle qui a tant souffert de sa supposée stérilité a voué à ses enfants si longtemps espérés un amour certainement oppressant et excessif mais sincère et prêt à tout.L'essentiel de leur réussite, l'image même qu'a conservée d'eux l'Histoire, c'est à leur mère qu'ils les doivent. Face à elle, Marie est la mère castratrice et froide, plus préoccupée de ce que ses enfants peuvent lui rapporter que de ce qu'elle peut, elle, leur apporter : elle ne fait pas le poids.
    La minorité de Louis XIII va justement donner à cette femme autoritaire un pouvoir dont elle rêvait depuis longtemps. Elle s'y cramponne avec une telle fureur que, alors que le jeune roi s'apprête à fêter ses 15 ans (âge de la majorité pour les monarques en France), elle se refuse à envisager un seul instant qu'il puisse enfin arriver aux affaires. Au désappointement, succède alors chez l'adolescent influençable une colère qui ne demande qu'à flamber : sur les conseils de son premier favori, Luynes, Louis XIII - qu'il ne fallut pas d'ailleurs beaucoup pousser pour donner un tel ordre car il haïssait Concini - commandita l'assassinat du maréchal d'Ancre.
    Dans la foulée, il se débarrasse de cette mère qui l'exaspère et qu'il redoute et l'exile à Blois. Elle y restera quelque temps et puis, il la fera revenir auprès de lui, mais plus pour satisfaire la galerie que par amour filial. (Aux yeux d'un psychothérapeute, les rapports amour-haine - et surtout haine- de cette mère et de ce fils sont un ravissement.)
    Liés à la disparition brutale d'Henri IV, assassiné en 1610, cet amour que Marie se refusa toujours à dispenser à son fils aîné aussi libéralement qu'elle le dispensait à son cadet, Gaston d'Orléans, et le vide abyssal que cela engendra a lourdement pesé dans la vie affective et sexuelle de Louis XIII. Ce monarque austère, qu'affligeaient un bégaiement indiscret et des humeurs mélancoliques, n'aimait guère la compagnie féminine. Ce qui n'en fait pas pour autant, ainsi que le prétend cette concierge de Tallemant des Réaux, un homosexuel actif, amoureux fou du trop beau et trop versatile Cinq-Mars.
    Louis a-t-il aimé sa jeune épouse, Anne d'Autriche ? Peut-être dans les tout débuts de leur mariage. Hélas ! une imprudence de la reine lui fit perdre l'enfant qu'elle attendait et c'est ainsi que débutèrent dans le couple des dissenssions qui allaient durer, avec des hauts et des bas, jusqu'à la mort du roi.
    Toutes deux apparentées aux Habsbourg - Anne était la fille de Philippe III d'Espagne - les deux reines éprouvaient, cela se conçoit, de fortes sympathies pour la cause de la Contre-Réforme. Mais alors que Marie, d'exil en exil et dans son désir exacerbé de reconquérir le pouvoir qui lui avait filé entre les doigts lors du coup d'Etat, se faisait de plus en plus hispanophile avec l'âge, Anne au contraire devient de plus en plus française avant de se hisser au rang de Catherine de Médicis lors de la régence qu'elle assumera pendant près de dix ans après la disparition de Louis XIII et de Richelieu.
    Si Louis XIII a détesté sa mère et s'est défié des femmes toute sa vie, Louis XIV a adoré la sienne et collectionné maîtresses et simples aventures. le premier se réfugiait dans le petit pavillon de chasse de Versailles, dans la seule compagnie de ses chiens et de quelques courtisans de sexe masculin ; le second, dans le même lieu qu'il aggrandit et ne cesse d'embellir, ne saura vivre sans les femmes.
    Voilà, grosso modo, ce que nous conte Simone Bertière dans ce premier tome de "Les Reines de France sous les Bourbon." Elle le fait avec sa vivacité habituelle et cette passion qui rend ses ouvrages si intéressants à lire et à relire. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par athena1, le 27 janvier 2012

    athena1
    Après Marie de Médicis et Anne d'Autriche, Simone Bertière s'attaque aux conquêtes du Roi Soleil. Bien qu'il n'en manqua pas, la structure de notre ouvrage repose sur un triptyque : La Vallière, La Montespan, La Maintenon. Bien sûr, notre auteur n'omet pas d'évoquer l'existence de Marie-Thérèse, épouse de Louis XIV dont la place de Reine demeure incontestable du moins par son acharnement à fournir une descendance digne de son nom à notre roi. C'est une fois de plus un ouvrage servi par une écriture d'une extrême finesse teintée d'ironie, le tout agrémenté d'un vocabulaire riche et bien souvent esthétique. La lecture de ces différents tomes m'enchante chaque fois plus.
    Dans cet ouvrage, Simone Bertière aborde le statut de Marie-Thérèse, Infante d'Espagne, livrée à notre bon roi, pour quelques raisons d'Etat, la paix entre les deux nations. Notre infante présente quelques attraits physiques similaires à ceux de la Reine mère mais la comparaison s'arrête bien là. En effet, notre souverain constatera amèrement que son épouse présente tous les symptômes de la niaiserie. Déjà disposé envers le beau sexe, Louis XIV cherchera dans ses conquêtes certes la beauté, ses maîtresses sont aimables, mais surtout le bon mot, le ton juste, l'appétit et la subtilité. D'ailleurs, pour notre roi la beauté ne peut pallier l'absence d'esprit, La Fontages en sera un exemple éloquent et en fera les frais.
    Vous aurez donc compris que notre charmant trio, précédemment cité, répond à cette exigence de disposer d'une tête bien faite et de la beauté.
    A chaque maîtresse correspondra un cycle de la vie de notre roi. Indéniablement autant La Montespan l'aura épaulé durant les années fastes du royaume, celles de la construction de Versailles, des guerres remportées, des deniers publics dépensés sans compter, autant La Maintenon l'aura accompagné vers la dernière phase de son règne, celle des échecs, de la miséricorde, d'une dynastie qui s'effondre, d'une famille trop nombreuse créant des heurts.
    Enfin, Louis XIV aura suivi le chemin de son père, il n'aura pas demandé le sacre de Marie-Thérèse, l'aura tenue souvent bien loin des affaires du royaume. Plus tard, il épousera La Maintenon mais n'en fera pas sa Reine. Notre roi aura profondément aimé le beau sexe mais cet amour n'aura pas été un gage de confiance. Seul élu en bon monarque de droit divin, il ne partagera pas son pouvoir. Toutefois, vers la fin de son règne, c'est bien quelque fois qu'il se laissera inspirer par La Maintenon, ou du moins le lui laissera-t-il croire... Défiance envers les femmes en général, oui, mais envers le fruit de ses amours illégitimes, au grand non. Louis XIV aura été prolixe en matière de descendance : dix-huit enfants en tout dont six avec la Reine. Notre roi mettra un point d'honneur à légitimer cette descendance, il donnera donc à ces enfants un titre. Plus tard, pour ceux qui survivront, il participera lui même aux négocations de leur mariage. Par ces unions calculées, Louis XIV associera cette lignée "illégitime" à des projets politiques.

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    • Livres 5.00/5
    Par athena1, le 15 janvier 2012

    athena1
    Une fois de plus Simone Bertière m'a transportée. Outre ses talents de biographe, notre historienne manie la langue française comme peu d'écrivains. Syntaxe parfaite, vocabulaire riche, bons mots, humour, notre historienne sert l'histoire de France en l'épurant de ses complexités. En bref, son amour de la langue nous réconcilie avec les ouvrages historiques souffrant si souvent de lourdeurs et anecdotes poussiéreuses. Les pages s'enchaînent et me voici propulsée au temps des Bourbons. Je suis Henri IV, Marie de Médicis, Louis XIII, Richelieu, Gaston d'Orléans, Anne d'Autriche, Mazarin ou bien encore le très jeune Louis XIV ! Souvent Marie de Médicis m'ulcère par son amour maternel inexistant, son esprit calculateur, sa soif de pouvoir, son côté parvenu, et alors je comprends Louis XIII, sa méfiance, son manque d'égards pour le "sexe faible", notamment pour Anne d'Autriche. Puis je souffre de la disgrâce de Marie, celle que les Pays Bas, l'Italie ou encore l'Angleterre se rejettent, celle qui n'a pas lâché prise suffisamment tôt, qui n'a pas compris qu'une fois le roi majeur et apte à gouverner, la Reine mère doit se retirer. Peut-être que son sacre l'a induite en erreur, Anne d'Autriche n'aura pas cette déconvenue, de sacre elle n'en aura pas.
    Enfin je suis charmée par Anne d'Autriche, sa candeur, sa loyauté, l'amour qu'elle porte à son Roi. Elle se retirera de la régence avec élégance, et même si Louis XIV l'évincera de toute charge politique jamais elle ne lui fera l'affront de le désavouer en public.
    En bref, Simone Bertière nous dresse le portrait de deux femmes emblématiques d'une intelligence notoire. Leur point commun : toutes deux furent régentes, toutes deux durent jouer avec un ministre intelligent et castrateur : Richelieu pour Marie de Médicis et Mazarin pour Anne d'Autriche, toutes deux durent au cours de leur règne affronter une crise majeure : journée de dupes pour une (Marie de Médicis sera désavouée par Louis XIII qui lui préfèrera son Ministre), et la Fronde pour Anne d'Autriche. D'ailleurs, la décision de Louis XIV de gouverner seul sans prendre de Ministre et d'évincer la reine Marie-Thérèse de toute décision politique n'est-il pas la réponse qu'il apporte aux écueils du passé ?

    Lien : http://www.athena1-lire.blogspot.com
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    • Livres 5.00/5
    Par Emphiris, le 02 décembre 2007

    Emphiris
    Simone Bertière n'a pas son pareil pour captiver son lecteur dans une fresque très réaliste de l'Histoire de France du point de vue des femmes. Sans dessein féministe particulier mais avec une légèreté de plume inouïe et un humour discret mais présent derrière des informations historiques toujours véridiques, ses œuvres sont vraiment admirables à mon sens. De plus elle n'a pas cette prétention de l'historien de masquer à tout prix les zones d'ombre: elle signale son lecteur quand une anecdote n'est pas vérifiable ou quand elle choisit une version qui lui semble la plus plausible. Avec elle l'Histoire de France devient un vrai roman. Je recommande vraiment cette auteure.
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Vidéo de Simone Bertière

Simone Bertière - Le procès Fouquet .
Simone Bertière vous présente son ouvrage "Le procès Fouquet" aux éditions de Fallois. http://www.mollat.com/livres/bertiere-simone-proces-fouquet-9782877068390.html Notes de Musique : "PORPORA" ?Alto Giove? from Polifemo? (by Rebel Baroque Orchestra; Derek Lee Ragin, countertenor) Free Music archive.








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