Retour parmi les hommes
Philippe Besson
Julliard
Vincent de L'Étoile, vingt-trois ans, raconte son errance et son retour parmi les vivants.
Arthur, son amant, le fils de sa gouvernante est tué pendant la grande guerre.
Anéanti par la douleur, il fuit Paris alors qu'il n'a que seize ans, abandonnant sa vie de nanti pour errer, telle une âme en peine, dans les pays d'Europe du Sud, d'Afrique, du Moyen-Orient.
Il s'installe finalement à New York où il travaille comme un simple ouvrier.
Sa mère parvient à retrouver sa trace grâce à un détective qu'elle a engagé.
Vincent rentre à Paris après sept années d'exil. Il découvre une ville radicalement différente.
Le Paris supplicié de la guerre est devenu le Paris étourdissant des années folles.
Il rencontre Raymond (
Radiguet) au cours d'une soirée au Bal Bullier. Vincent est de suite séduit par la personnalité extravagante du jeune écrivain de qui il s'entiche, mais avant même qu'une amitié ne naisse entre eux, il meurt.
A la suite de ce nouveau deuil, Vincent parvient à se recueillir, sept ans après son décès, devant la tombe d'Arthur.
Dix ans après son premier roman
En l'absence des hommes,
Philippe Besson s'intéresse à nouveau à son personnage Vincent de L'Étoile, le jeune aristocrate ami de
Marcel Proust.
Les thèmes bessoniens que l'on retrouve au fil de son œuvre sont tous présents dans ce nouveau livre : la mort, le deuil, l'absence, la solitude, l'exil, la dépression.
L'écriture de l'auteur est toujours aussi limpide, fluide, délicate, travaillée. Les phrases sont belles, certaines ressemblent même à des aphorismes.
Néanmoins, la narration des sept années d'errance de Vincent est trop brève, superficielle. On a du mal à s'installer dans la douleur, dans le deuil, dans la solitude que suscite le décès d'Arthur.
Le livre prend de l'ampleur dès lors que le héros revient en France. La description de l'ambiance du Paris des années 20 est plutôt réussie.
Dans la relation qui s'installe peu à peu avec Raymond, on retrouve toute la subtilité de
Philippe Besson, sa façon d'explorer les sentiments humains toujours sur la corde raide.
La lecture du roman reste un moment agréable. le Besson 2011,
Retour parmi les hommes est cependant un cru moyen, l'esthétique narrative de l'auteur ne parvenant pas à effacer l'impression que toute une partie du livre a été maladroitement survolée.
FAA
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