Mor-Zamba était un enfant sans racines lorsqu'il arriva à Ekoumdoum.
Et la peine qu'il eut à se faire adopter par le village témoigna que l'époque basculait dans un monde nouveau, aux règles brouillées par la colonisation. Raflé par les Blancs avec des milliers d... > voir plus
Ce roman m'a moins accroché que "Perpétue et l'habitude du malheur", j'avais même hâte qu'il se termine (j'ai presque honte de le dire ! :=)) ; quelques longueurs qui m'ont déplu bien qu'elles soient nécessaires pour dénoncer et témoigner de l'état du pays pendant les 25 années qui ont suivi son indépendance. Il dépeint sans conteste une époque peu glorieuse de ce pays.
Je pense qu'iI m'a manqué le côté "conteur africain" que j'avais aimé dans le roman précédent (voir l'article : http://noslectures.over-blog.com/article-perpetue-et-l-habitude-du-malheur-de-mongo-beti-39983699.html) et que je n'ai pas retrouvé dans celui-ci.
Ce roman est un peu trop "politique" pour être lu comme un roman.
Par contre, je continue d'être éblouie par l'écriture de cet homme. Il avait une maîtrise impressionnante de la langue française : vocabulaire, syntaxe, emploi des temps, etc. Une forme et un style que nous ne retrouvons plus dans les romans actuels. C'est un régal.
[...] Admirons cette fois les sages de notre clan qui jugèrent cette attitude avec sévérité, affirmant sans ambages qu'elle était de mauvais alois. Ils se gardèrent toutefois de déclarer, comme ils auraient dû, que Mor-Zamba était un homme libre comme tout un chacun dans la cité, et que personne, à l'avenir, ne serait fondé à tenter de disposer de lui ainsi que d'un captif, et surtout, que d'être né ailleurs que dans notre clan, et même d'être né Dieu seul savait où ne pouvait être désigné comme une tare comme tant de gens semblaient le croire. [...]