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ISBN : 2070443558
Éditeur : Gallimard (2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 13 notes)
Résumé :
L'érotisme, la poésie - ou la rencontre de deux émois majeurs. Dans son Erotisme, Georges Bataille affirme lumineusement : « .La poésie mène au même point » Lire la suite que chaque forme de l'érotisme. Elle nous mène à l'éternité. » Si la poésie est bien le « plus haut état de la langue », n'est-elle pas la plus apte à restituer l'émotion érotique, ce plus haut état du corps et du coeur ? Embrasant les mots, la poésie érotique met le feu aux joues et ailleurs. Elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Tempuslegendae
Tempuslegendae24 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Les mots, en poésie, ne se dépassent plus vers ce à quoi ils renvoient: ils revendiquent pleinement l'autonomie. Á partir de là, la célèbre phrase de Mallarmé prend tout son sens: «Ce n'est pas avec les idées qu'on fait un poème, c'est avec les mots». L'art, dans la conception «romantique» n'est pas la représentation d'autre chose que de lui-même: il se satisfait d'être le jeu interne de ses propres éléments. Á qui doit-on cette traduction: «La poésie n'a d'autre but qu'elle-même»? Même si certains me contrediront au regard de ma réponse, j'ai envie de dire que c'est Edgar POE le précurseur d'une telle pensée, et non BAUDELAIRE. Mais mon idée, comme toujours, est opposable à la vôtre.
Pourquoi une telle introduction? La poésie érotique française n'a-t-elle pas la même consistance que celle, plus traditionnelle, que nous connaissons tous? Sartre la définissait de façon générale comme un matériau qui vaut pour sa forme, sa couleur sensuelle, mais aussi son pouvoir de suggestion qui est le propre du signe. Nous y voilà!
La poésie est partout, grandissante. Bernard NOËL nous le prouve dans son affirmation: «Tout le décor est alors emporté, non par le désespoir, mais par un afflux de vitalité dont l'éruption traverse le corps et jette de l'élan sexuel dans l'intelligence.» Si la poésie se situe «au plus haut état de la langue» (Léopardi), n'est-elle pas alors la plus apte à restituer l'émotion érotique, ce point extrême du corps et du coeur? Si la poésie demeure au lieu privilégié des interrogations humaines, n'est-elle pas à même de transmettre ce surcroît de présence au monde qu'est l'Éros?
Alain BOSQUET est un poète dont nous sommes peu habitués à lire les textes, car l'appréciation de chacun de ses poèmes demande au lecteur un rapprochement très particulier: la sémiotique poétique devient corolaire de ses propos.
«Portrait d'un séducteur
Il va de lit en lit, de caresse en caresse,
de salive en salive. Il se perd dans la femme
comme on se perd dans les forêts les plus crépues
Il aime aimer, pour n'avoir pas à réfléchir
Il ne respire bien que sous la peau des autres.
Sa grande volupté consiste à se dissoudre,
tantôt dans une bouche et tantôt dans un ventre.
Après l'amour, il balbutie quelques syllabes
désespère de soi et finit par offrir
son squelette aux passants: on a toujours besoin
d'une potence, aux heures molles de la nuit.
Il ne veut pas d'identité, n'étant complice
d'aucun destin. Sa joie serait qu'on le confonde
avec sa lèvre ou sa muqueuse ou son genou.»
Inutile de vous dire que le poète avait pour maîtres à penser Baudelaire et Mallarmé. Excès de vie et vertige libertin alimentent la poésie française. Á l'instar de l'esprit des Lettres attaché aux XVIème et XVIIème siècles, le feu, la fougue et la sensualité redeviennent le moteur du temps. le sexe- impudique par définition- inouï et solaire, imprègne tout, confère à chacun une autre intelligence des êtres et des choses.
Évidemment, mon manque d'habitude à écrire ce type de chronique a prévalu une intense réflexion sur le sujet. Je pense avoir situé la vraie place de la poésie érotique dans son art généraliste. Une phrase d'Apollinaire me conforte sur ma vision, lorsqu'il décrit de façon bouleversante et surtout mieux que quiconque son ressenti face à un corps désiré: «J'y entre en homme tout entier et aussi tout entier poème».
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IreneAdler
IreneAdler29 mars 2012
  • Livres 5.00/5
Tout est dit dans le titre je crois.
Les textes sont sélectionnés sur une période allant de la fin du Moyen Age (Eustorg de Beaulieu et un extrait de son "Blason du cul"), jusqu'à maintenant. de quoi faire un beau recueil.
Il se compose de poèmes en vers, en prose, de petits textes poétique, de calligrammes...Un beau panorama des différentes formes poétiques.
Avec également des notes et les sources pour les poèmes qui ne sont pas dans le domaine public.
Et une magnifique couverture !
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magdala
magdala22 mai 2012
  • Livres 4.00/5
Enfin une véritable anthologie de la poésie érotique. ce livre sait éviter aussi bien le trash exhibitioniste que l'hypocrite ennuyant. de la bien belle poésie de tout genre et de tout époque. de celle qui fait rêver, ou qui fait se souvenir, bref de la poésir de voyage.
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Les critiques presse (1)
Telerama21 mars 2012
Les jeux de la langue sont infinis.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
jsgandalfjsgandalf03 septembre 2012
Union libre

Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d'éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquet d'étoiles de dernière grandeur
Aux dents d'empreintes de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d'ambre et de verre frottés
Ma femme à la langue d'hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâtons d'écriture d'enfant
Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle
Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
Ma femme aux poignets d'allumettes
Ma femme aux doigts de hasard et d'as de cœur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit de la Saint-Jean
De troène et de nid de scalares
Aux bras d'écume de mer et d'écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d'initiales
Aux pieds de trousseaux de clés aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d'orge imperlé
Ma femme à la gorge de Val d'or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux seins de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d'éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical
Au dos de vif-argent
Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc
De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d'amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque
Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

André Breton (1931)
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jsgandalfjsgandalf14 septembre 2012
Il y avait ton cœur fermé
ton cœur ouvert
ton cœur de feu couvert
tes cheveux pour filer entre les doigts
pour verser leur sable sur mon sommeil
et pour enchanter la fatigue
tes cheveux comme un treillage entre le regard et les
vignes qui flambent
tes cheveux de luisant et de sorgue
tes yeux avec la halte à l’ombre
et la colonne de froid sur le puits
tes yeux les anémones ouvertes dans la mer
tes yeux pour plonger droit dans les vaucluses
et dérober leurs paillettes aux fontaines
tes yeux sur les averses qui volent sur les ardoises
tes bras pour les bras tendus
pour le geste cueillant le linge qui sèche
pour tenir la moisson de toile contre ta poitrine
pour maintenir la maison de souvenirs contre le vent
tes bras pour touiller les bassines de confiture
tes seins les dunes d’un beau soir
tes seins pour les paumes calleuses au retour du travail
- mais sais-tu les meules qui se prêtent se creusent
quand il faut le repos
- sais-tu le nez dans les sources d’herbe
quand la marinière trempe de buée sa chanson –
tes seins pour bander
tes mains – pavots qui apprivoisent l’insomnie
tes mains pour les mains nouées et les promesses scellées
tes mains pour tendre les tartines
tes mains pour toucher ton amour
tes hanches comme la péniche pleine
comme l’amphore épousée par les doigts de haut en bas
ton ventre pour les tabliers bleus du matin
et les gaines soyeuses des minuits de luxe
ton ventre la pleine joie de la pleine mer
ton ventre de houle
tes cuisses de flandre
ton sillage de carène heureuse et de menthe volée
ton odeur de servante jeune et de pain bis
ton odeur de vachère et de jachère en avril
ton odeur de renoir et d’auberge calme
ta peau de santé le slalom nègre sur la pente des étés
tes robes de bouquets aux crayons de couleurs
sur un vieux cahier d’école
tes robes en dimanche tes robes de bonjour
tes matinées au lit comme une nage facile par la grande baie des fougères
ton envie comme une salve qui salue la rade où brûlent mille rochelles
et l’argent des avirons
- et te voici dressée, plantée sur ton plaisir et qui délires –
ton envie le suc qui éclate de la figue mûre
ta voix venue des châteaux en Bavière
ta voix qui étonne les légendes dissimulées
ta bouche pour dire oui
ta salive à boire
ton sourire d’enfance retrouvée.
Il y avait ce plus secret de toi
ce blond de toi épanouie
l’étoile de mer encore humide entre deux désirs.
Il y avait ton attente la première permission
du soldat à la guerre
ton souvenir – et c’est la pluie qui bat tiède
contre les volets clos de la mémoire
ton souvenir à inventer
- mais jamais toi tenue certaine
au midi du bonheur
et pourtant quelques-uns t’ont vue en plein jour
ont laissé ton portrait à travers leurs toiles
ou derrière leurs poèmes
tu es plus vieille que la peine du monde
et plus neuve que la joie de vivre
c’est toi que les hommes ont toujours voulue
dans leur faim de tendresse
au bout des jours au bout des routes
celle qu’ils ont appelée la veille de la chaise électrique
ou du peloton d’exécution
pour qui tous ont trahi leur plus franche parole
et tenu leurs plus dérisoires serments
celle qui embrassait trop tard les gars punis
avant la fosse commune ou les croix de bois.
Il me reste à te donner un nom
à te donner vie
il me reste surtout à te rencontrer
comme les mains émerveillées de l’aveugle
trouvent la présence du soleil
sur un pan de mur.
André Hardellet

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jsgandalfjsgandalf04 septembre 2012
Coucher avec elle

Coucher avec elle
Pour le sommeil côte à côte
Pour les rêves parallèles
Pour la double respiration

Coucher avec elle
Pour l’ombre unique et surprenante
Pour la même chaleur
Pour la même solitude

Coucher avec elle
Pour l’aurore partagée
Pour le minuit identique
Pour les mêmes fantômes

Coucher coucher avec elle
Pour l’amour absolu
Pour le vice, pour le vice
Pour les baisers de toute espèce

Coucher avec elle
Pour un naufrage ineffable
Pour se prouver et prouver vraiment
Que jamais n’a pesé sur l’âme et le corps des amants
Le mensonge d’une tache originelle


Robert Desnos 1942

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jsgandalfjsgandalf13 septembre 2012
Passé le genou où la main se creuse
comme une semence qui germe
en soulevant un peu la terre,
je vais vers ton ventre comme vers une ruche endormie.

Plus haut ta peau est si claire
que les jambes en sont nues pour tout le corps
et mon regard s'y s'use
comme au plus tranchant d'un éclat de soleil.

Au-delà il y a ta lingerie qui sert à t'offrir
et à colorer mon désir.
Tes cuisses, lisibles de toute leur soie, se desserrent
et je vois la ligne de partage de ta chair.

Géants de la sensation,
mes doigts vont se fermer
sur le seul point du monde
où se carbonisent des hauteurs entières de jour.

Et c'est enfin la pleine rivière
que je remonte sans effort,
parce que tes seins s'y élèvent
comme deux cailloux à fleur d'eau...
Lucien Becker
+ Lire la suite
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jsgandalfjsgandalf13 septembre 2012

ELBE
J’ai dit
Je te tu
Tu dis
Tu me moi
Je te tutoie
Tu me tutoies
Je me tais et tu t’es tue
Je tue l’autre en toi
Comme en moi tu tuas l’un
Je me tue si tu te tues
En te tuant tu me tues
Tu n’es plus toi tu es moi
Qui ne suis plus rien que toi
Une et un sont un
Il fait nuit en plein soleil
Pour mieux noyer l’indivis
Pour nous noyer tous deux
Dans un vaste lit d’eau bleue
Midi profondément noir
Claire mort
Précipite l’heure ardente
Au sablier inférieur
Engouffre notre bonheur
Sous le démesuré drap
Du temps qui ondule et brille
Devant ce point où nous sommes
Nus et joints
Confondus
Et qui tout nûment est
Le fond étroit d’une barque
Dérivant devant la belle
Ile d’Elbe.
(André Pieyre de Mandiargues)
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Video de Zéno Bianu (3) Voir plusAjouter une vidéo

Sandor Marai : Divorce à Buda
Depuis le café le Rostand, à Paris, Olivier BARROT présente le livre de Sandor MARAI "Divorce à Buda", publié aux éditions Albin Michel. Un roman traduit du hongrois par Georges KASSAI et Zéno BIANU. Interview de Edgar REICHMANN, journaliste au "Monde", par Olivier BARROT.
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