ISBN : 2203033088
Éditeur : Casterman (2011)


Note moyenne : 3.65/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Après le « coup de sang » environnemental dont Animal’z relatait l’impact tragique et dévastateur, la planète s’apaise et se recompose, les survivants réapprennent à s’organiser. Dans cette géographie chamboulée, des déserts ont surgi. Et c’est au cœur de l’un d’entre e... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (10)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 20 avril 2012

    colimasson
    La Terre a été profondément chamboulée par ce que les survivants appellent le Coup de Sang. Dans un monde post-apocalyptique, quelques hommes errent sans véritable but. Au volant de sa Ferrari solaire, Lawrence, un ancien aumônier de l'armée, croise la route de deux jeunes hommes en piteux état : Roem et son ami Merkt …

    Qu'est-ce que Shakespeare pourrait bien venir faire dans ce paysage post-apocalyptique ? Après l'épisode du « Coup de Sang », qui ne laissa sur Terre qu'une poignée de survivants, les landes désertes s'étendent jusqu'à l'horizon… de grandes routes, des bâtiments de temps en temps, et un ciel déchaîné surplombant une atmosphère nauséeuse de pétrole. Avec ça, essayez de survivre. Essayez de vous dire que votre vie a encore un quelconque intérêt.
    C'est peut-être afin de ne pas anéantir ce dernier moteur de la survie que les rescapés se regroupent ? Lorsque Lawrence, à bord de sa Ferrari solaire, croise la route de Roem et de son ami Merkt, il leur propose de venir s'installer avec le reste de sa tribu. Plus on est de fous, mieux on survit. Une telle proposition ne se refuse pas. La communauté s'agrandit…
    Tybb, Roem, Merkt, Lawrence, Julia… font étrangement écho à Tybalt, Roméo, Mercutio, Laurent et Juliette de la célèbre pièce de Shakespeare… Simple coïncidence ? Peut-être… Après tous, les noms ne sont pas exactement les mêmes que ceux des héros de la pièce originale, et les premiers ne sauraient être plus que des dérivés dégénérés des seconds.
    D'où vient alors cette focalisation abrutie sur la ressemblance entre la troupe de Shakespeare et la troupe de survivants ? Dans un monde vide où tout a encore moins de sens qu'en temps normal, les esprits essaient peut-être, tout simplement, de se raccrocher à quelque chose de connu. Après la fin du monde, la fin de l'histoire n'a pas encore sonné. La dernière bouchée de foie gras avalée, que reste-t-il encore à faire ? Alors que tout semblait définitivement achevé, la saison des amours repart pour un nouveau tour de piste… Julia et Roem sont électrisés l'un par l'autre. le charme agit sans explications. Ils n'ont pas besoin de se parler, et subissent le retour de la tragédie sans que leur volonté ne semble agir une seconde. L'histoire reprend…


    Enki Bilal n'a pas fait preuve d'une imagination démente pour constituer l'intrigue de cet album. Pour qu'on ne lui reproche pas le manque d'inspiration, il a tout de même tenu à transposer cette histoire dans un cadre qui ne ressemble en rien à l'Angleterre du 16e siècle. Ici, nous ne sommes nulle part ; le soleil, même, ne se couche peut-être plus à l'ouest. le ciel et la terre se fondent sous une couche de gris parfois éclairés de bleu et de rouge vif. Ca flambe, au loin… Les personnages, désabusés, sont débarrassés de tous les seconds rôles de la pièce originale de Shakespeare. L'huis clos en fonctionne d'autant mieux. Malgré ces différences, Shakespeare rejaillit de la bouche de Julia, Roem et consorts comme si un désastre apocalyptique n'avait jamais pu les séparer de leurs racines culturelles. Et la survenue inopinée du dramaturge est du plus bel effet : Shakespeare s'intègre sans difficultés aux planches noires dessinées par Enki Bilal. La poésie des mots se joint dans une commune mesure à la rêverie de tableaux sombres. Hélas, tout Shakespeare ne pouvait pas figurer dans un album –d'ailleurs, il ne le devait pas non plus sous peine que Julia et Roem perde son statut d'œuvre originale- mais le reste des paroles semble fade et peu consistant lorsque Shakespeare se tait. le revival, d'ailleurs, ne se met pas en place immédiatement, et il est expédié en quelques dizaines de pages.

    Julia et Roem, malgré sa singulière beauté, correspond à l'univers post-apocalyptique duquel il a surgi : pareil au souvenir d'un vieillard qui se serait laissé bercer par Roméo et Juliette dans sa jeunesse, il ne fournit que des bribes de poésie confuse au milieu d'un désert de pétrole destructeur.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-julia-et-roem-2011-d-enki-bi..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 26 juin 2011

    brigittelascombe
    Dans le futur, la survie sera t elle vivable?
    La nature crache sa colère, tout se dérègle par la faute de l'homme, c'est le chaos, stoppons la mort en marche avant qu'il ne soit trop tard.Voilà le message écologique que diffuse Enki Bilal dans cette BD, ce beau livre pastellisé de gris, ombré de brun.
    Ce dessinateur qui a reçu le grand prix du 14° salon de la bande dessinée d'Angoulème en 1987, a réalisé de nombreux films et BD.
    Il est l'auteur de La trilogie nikopol.
    Le premier volet d' Animal'z imaginait la terre d'aprés la catastrophe, le "coup de sang" (dixit Enki Bilal pour la rendre plus vivante), dans une ambiance bleutée de fonte des glaces.
    Dans ce deuxième volet, où chaque image est traitée comme un tableau au graphisme sobre, tout tangue. Désert. de Gobi, peut être. Pas de vie, tout est desséché. Seuls, sur une route isolée, Roem et Merkt marchent, assoiffés.
    Perdue au milieu de nulle part, une forteresse, citadelle, palace abandonné, seul vestige des fastes du passé, se dresse là bas, telle un mirage. Une communauté, à laquelle appartient Julia dont Kyle est amoureux.
    Sauvés in extrémis par un moine, ex aumonier militaire ( "je me présente Howard George Lawrence aumonier multiconfessionnel agrée") qui arbore sur sa tempe, son torse et une épaule les trois symboles des religions chrétienne,juive et musulmane(croix,étoile de David et croissant) les deux jeunes déshydratés sont ramenés en ferrari à batterie solaire (excusez moi du peu!!) dans la citadelle. Un rapace blessé par balle et soigné les escorte.
    C'est là que les allusions au "Roméo et Juliette" revisité de Shakespeare rentrent en jeu puisqu'une histoire d'amour va naitre entre Roem et Julia, mais qui dit amour dit trahison et jalousie et...
    J'ai beaucoup aimé le côté prophétie écolo de cette BD, l'humour qui efface un peu la noirceur de certaines situations,le graphisme et la représentation des phénomènes atmosphériques, ainsi que les interventions en milieu de livre de frère Lawrence, comme si le dessinateur s'interrogeait lui même, alors, je fais quoi? je fais mourir qui? je sauve l'amour ou non? et Shakespeare, pourquoi Shakespeare dans "l'après coup de sang" ?
    A suivre...Un troisième tome est prévu!

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Tampopo, le 17 juillet 2011

    Tampopo
    Si avec "Julia & Roem", Enki Bilal nous livre un album crépusculaire (comment ne pas voir dans cet album un écho troublant à une actualité malheureusement trop riche en catastrophes naturelles et dérèglements climatiques en tout genres ?), l'histoire n'en est pas moins traversée par une lueur d'espoir, une histoire d'amour entre deux jeunes gens.
    Bilal n'est certes pas le premier auteur à revisiter la pièce de Shakespeare, toutefois il va un « cran » plus loin en mettant les vers du tragédien dans la bouche de ses personnages, un procédé audacieux qui, une fois l'effet de surprise passé, se révèle un peu lourd.
    Pour cet album, Enki Bilal abandonne la peinture pour revenir au dessin, un dessin virtuose et d'une grande beauté formelle.
    Dans une interview donnée au site Internet de Casterman, Bilal dit la chose suivante : « je traite chaque image comme un tout, de façon totalement libre, et je me réserve le final cut. J'espère qu'il subsiste un peu de cet esprit de liberté à la lecture. » Cette « liberté de narration » que revendique l'auteur est à la fois sa force et sa faiblesse, elle m'a quelque peu déstabilisée. Emportée très loin par certaines planches, j'ai fini par perdre le fil et je suis restée à l'extérieur de l'histoire, presque hermétique aux sentiments et au devenir des personnages.
    Si l'auteur nous embarque avec assez de facilité dans un univers de science-fiction si loin, si proche, le format choisit (80 pages) ne permettait pas aux personnages d'acquérir l'épaisseur nécessaire. Je m'avance peut-être un peu, mais je pense qu'il aurait fallu à Bilal le double de pages pour que son scénario tienne toutes ses promesses.
    Ferons-nous plus ample connaissance avec les quatre personnages que nous quittons à la fin de ce « one shot » ? En particulier avec l'énigmatique Howard ? (Personnage avec qui j'aurais bien fait encore un bout de route !). Rien n'est moins sûr avec Enki Bilal.
    Je reste donc sur un sentiment mitigé, encore une fois séduite par le dessin d'Enki Bilal mais plus réservée sur le scénario.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lunch, le 17 décembre 2011

    lunch
    Au moment du « Coup de sang », Roem et Merkt faisaient des photographies et de la musique du côté espagnol des Pyrénées. Pourtant, les voilà maintenant à errer sur une route dans le désert de Gobi - lui-même flottant sur la mer Baltique - au bord de la déshydratation. L'un rêve d'un séjour au pôle nord, bien loin de la chaleur ambiante. L'autre aimerait vivre une dernière histoire d'amour, celles avec un grand A, avant de mourir. Ils finissent par stopper leur marche vers nulle part, vaincus par la soif.
    C'est finalement Howard Georges Lawrence, aumônier militaire de métier, qui les retrouve inanimés et qui sauve les deux hommes d'une mort certaine.
    Un peu plus tard, ils tomberont sur cet immense hôtel à la construction inachevée, peut-être originaire d'Abu Dhabi. le « Coup de sang » avait tout déréglé, tout mélangé. On pouvait presque sentir la route onduler sous la houle et le ciel gris toucher la terre en cendres. Les communautés étaient trop rares pour être évitées, les refuges convoités. Et cet hôtel là était habité !
    Un nouvel album d'Enki Bilal est un peu comme un événement pour moi. J'éprouve toujours une grande joie de découvrir la suite de son œuvre, et avec la très grande objectivité qui caractérise le fan de l'auteur que je suis, je vais tenter de faire une chronique tout à fait objective (Hum, j'ai déjà employé deux fois le qualificatif « objectif »... ah non tiens, trois ^^).
    Tout d'abord, Julia & Roem c'est la suite d'Animal'z sans vraiment l'être.
    La suite parce que c'est le même univers développé, avec ce « Coup de sang », véritable cataclysme climatique qui a touché notre Terre, mais aussi avec l'ambiance graphique morne et grise qui traduit ce dérèglement.
    Pas la suite parce que rien ne relie les personnages d'Animal'z à ceux de Julia & Roem. Dans le premier volet de cette série (trilogie ? tétralogie ?) qu'on pourrait allègrement appeler « du Coup de sang », les hommes avaient de nombreux attributs bioniques, s'ils n'étaient pas carrément le fruit d'expériences génétiques douteuses. Ici, nous avons affaire à des hommes et des femmes ni plus ni moins... et c'est déjà pas si mal !
    La suite à lire sur BenDis...

    Lien : http://bendis.uldosphere.org/index.php?p=bds&motor=1&titre=julia%20e..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Dmoisel, le 22 mai 2011

    Dmoisel
    Perdu dans un chaos post-apocalyptique, un homme va se trouver impliquer dans une tragédie mythique : celle de Roméo et juliette. Il va tenter d'y tenir son rôle afin d'aller contre le destin.
    Réécriture par Enki Bilal du Roméo et Juliette de Shakespeare. le texte de la bande dessinée est émaillé de citations librement traduites de la pièce d'origine. Pas toujours à propos. Et l'auteur nous rappel en permanence le lien entre son histoire et celle des amoureux de Vérone, quand on aurait pu aimer quelque chose de plus allusif.
    L'histoire est cependant agréable à lire.
    Les dessins sont sublimes. Et rien que pour ça, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

Critiques presse (4)


  • BDSelection , le 24 janvier 2012
    Une expérience de lecture toujours exceptionnelle où on apprécie l'art et la manière de ce Dieu vivant du neuvième art.
    Lire la critique sur le site : BDSelection
  • Lexpress , le 20 juillet 2011
    Regrettons que les intentions de l'auteur soient si lourdement exprimées et qu'elles contrastent de manière cruelle avec la beauté maintenue de cette atmosphère ocreuse et de sa science graphique
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lhumanite , le 15 juin 2011
    Dans le deuxième volet de sa nouvelle trilogie, Julia et Roem , il explore la recomposition du monde après le coup de sang de la planète. Inspiré par la langue de Shakespeare, il revisite le drame de Roméo et Juliette en imaginant une fin optimiste...
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LeSoir , le 14 juin 2011
    Entretien avec Enki Bilal : "Après le « Coup de sang » de la Terre de mon précédent album, Animal'Z, j'avais envie d'un coup de foudre ! Quand le monde est chamboulé, des liens humains doivent forcément se recréer et l'amour renaître. Dans ce contexte, j'ai tout de suite pensé à Roméo et Juliette de Shakespeare comme accompagnement littéraire. "
    Lire la critique sur le site : LeSoir

> voir toutes (15)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par colimasson, le 20 avril 2012

    Tout est calme. De plus en plus, c’est mes roues qui déroulent la route, pas le contraire. C’est soyeux et lisse. Nous filons vers l’ouest, du moins vers le soleil couchant. Mais quelque chose me dit qu’il ne se couche plus tout à fait à l’ouest, le soleil… Cette idée me plaît, comme me plaît ce ciel enfin apaisé. La nuit peut venir, avec toutes ses étoiles, quel que soit l’hémisphère.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par colimasson, le 20 avril 2012

    Il y a des lieux, comme ça, où le ciel et a terre se parlent ; je sais même, j’ose le dire, en quelle langue ils se parlent. Les nuages et le sol échangent leurs matières, mêlent leurs particules, ouvrent et recyclent leurs fragments de mémoire. Les mots pleuvent, invisibles, forment des phrases, jouent avec les destins… Ce lieu est un micro climat qui s’exprime en Shakespeare… Ici, ciel et terre parlent le Shakespeare, je le sais parce que je suis fou.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par colimasson, le 20 avril 2012

    Comme pour mieux clouter ce constat, le ciel s’employa cette nuit, plus que d’ordinaire, à superposer les couches, à ouvrir des gueules sans fond, à recycler la matière soulevée du sol par les vents. Les nuages charriaient une odeur de pétrole. Cette nuit, ils se faisaient raffineurs…
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 26 juin 2011

    Je crois en cette géographie chamboulée, recomposée de fond en comble, et je ne crois plus en Dieu...Le plasticien, le chirurgien qui a lifté à ce point l'écorce terrestre, ce n'est peut être pas lui, car ce chirurgien à lévidence c'est la terre elle même.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 26 juin 2011

    Dieu est le plus grand trafiquant d'armes depuis que l'homme l'a inventé...et quand je dis 'homme', je dis male...mais en ce qui me concerne c'est légitime défense et Dieu le sait.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

Lire un extrait

> voir toutes (34)

Videos de Enki Bilal

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Enki Bilal

Les Mardis Transfuge avec Enki Bilal .
Dans le cadre du rendez-vous mensuel "Un écrivain, un film", organisé par le magazine TRANSFUGE et le cinéma LA PAGODE, Enki Bilal a choisi de présenter le film "Les Gladiateurs" de Peter Watkins. Christophe Ono-dit-Biot et Enki Bilal présentent "CIELS D'ORAGE", livre de conversations, publié chez Flammarion.Débat animé par Oriane Jeancourt Galignani.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Julia et Roem par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (47)

> voir plus

Quiz