
Les dix témoins de la « révélation » du Site de l’Aigle se sont tous mystérieusement volatilisés, non sans mentionner un étrange rendez vous, le 32 décembre…Optus Warhole n’est plus. Dans ce contexte chamboulé, où tous les repères semblent s’estomper, Leyla Mirkovic erre au cœur de l’hiver de Belgrade, hantée par le souvenir de Nike Hatzfeld. Pendant ce temps, dans la région des Balkans, Amir et Sacha se sont mariés. Le titre Rendez-vous à Paris indiquerait donc que la quête de Nike, sa promesse de reconstituer le trio d’orphelins Sarajevo 1993, est sur le point de se réaliser… ? A moins d’un quatrième et dernier acte…
La TÉTRALOGIE DU MONSTRE est une histoire à trois voix. Celles de Nike, Leyla et Amir, orphelins de Sarajevo aux quatre coins du monde. Il s’agit avant tout d’un travail sur la mémoire. Mémoire individuelle et collective, où se mêlent des images écrites de l’éclatement de la Yougoslavie, “lieu” de naissance d’Enki Bilal (pays déjà sorti des mémoires, en même temps que sa dislocation), et des images peintes d’une entêtante conjugaison passé-présent-futur. Mémoire prospective aussi, potentielle, élargie des Balkans au reste du monde. Ce monde, seul endroit, il faut bien le dire, qui nous reste.