ISBN : 2246760011
Éditeur : Grasset (2010)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 156 notes) Ajouter à mes livres
A Prague, en 1942, deux hommes doivent en tuer un troisième. C’est l’opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Bigmammy, le 05 août 2011

    Bigmammy
    Tout d'abord, il faut prononcer HA ! HA ! HA ! HA !, en aspirant correctement chaque H, et là, le jeu de mot en allemand prend tout son sens.....Et c'est un roman haletant, personnel, précis et documenté, passionnant jusqu'à la dernière ligne. Un roman émanant d'un jeune professeur de lettres de l'âge de ma fille aînée, justement couronné par le Goncourt du 1er roman.
    HHhH raconte l'histoire de l'attentat réussi en mai 1942 contre Reinhard Heydrich, Protecteur SS de la Bohême-Moravie et metteur au point de la Solution Finale lors de la Conférence de Wannsee, puis de la folle traque qui s'ensuivit pour s'achever dans une église au centre de Prague où sept hommes soutinrent un siège de sept heures face à sept cent SS.
    Reinhard Heydrich, la bête blonde, le boucher de Prague, « l'homme le plus dangereux du IIIe Reich », était le bras droit d'Himmler mais chez les SS, on disait « HHhH », ce qui signifie : « le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich » (Himmler's Hirn heisst Heydrich)
    Une roman historique de plus ? Non, bien plus que cela...L'auteur s'implique totalement dans "l'investissement" de ses personnages, il vit avec eux, en eux, et nous fait part de ses doutes : "a-t-il prononcé cette phase, à vrai dire, je n'en sais rien....Mais il a dû le dire comme ça...."
    Laurent Binet a lu tous les ouvrages et vu tous les films qui retracent cet épisode extraordinaire, où des Résistants venus de Londres ont réussi à atteindre l'un des personnages les plus odieux du IIIème Reich. En particulier, il cite l'interprétation de Kenneth Branagh dans le film"Conspiracy" : voilà l'image que j'ai de Reinhard Heydrich....une tête d'ange et un coeur de démon. Et il décrit aussi les invraisemblables représailles qui suivirent l'attentat comme la destruction du village de LIdice et de toute sa population, sur la foi d'un élément totalement étranger à l'affaire...Mais les SS n'en étaient pas à ça près après les forfaits des Einsatzgruppen à l'Est.
    Avec une écriture précise et poétique, des scènes d'action encore plus explicite qu'un film puisque lire permet d'aller plus lentement, d'apprécier chaque détail, de revenir en arrière si on craint de ne pas avoir tout saisi, tout concourt à ne pas vous laisser abandonner ce livre. Pourquoi cette fascination de l'auteur pour Prague et ses cent tours ? Il y a vécu, aimé, enseigné, et cette histoire l'obsède :
    "Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu'on leur rende hommage. Mais c'est pour nous, les vivants que cela signifie quelque chose. La mémoire n'est d'aucune utilité pour ceux qu'elle honore, mais elle sert à celui qui s'en sert. Avec elle je me construis, et avec elle je me console." (p.244)
    HHhH constitue ainsi un antidote aux "Bienveillantes", livre qu'il ne m'a pas été possible de terminer, ayant le coeur trop sensible et lassée de tant de sang.
    Avec HHhH, on vibre, on souffre, on espère, alors même qu'on connaît la fin dès la première ligne. C'est ça, la Littérature ! Avec un grand l'!

    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par marcbordier, le 20 août 2011

    marcbordier
    Critique tirée de mon blog www.marcbordier.com.
    HHhH. Au premier abord, le titre laisse perplexe. Que signifie cet étrange acronyme ? Pour le savoir, il faut se reporter à la quatrième de couverture de l'ouvrage. Himmlers Hirn heißt Heydrich. le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich. Ces quatre lettres résument l'admiration que les SS témoignaient à Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services de renseignement nazis, resté célèbre dans l'histoire pour avoir été à l'origine de la solution finale. Ce roman raconte sa vie : son enfance dans la ville de Halle sous l'influence d'un père musicien, son entrée dans la marine allemande, son mariage, ses débuts chez les SS, ses faits d'armes à la tête des Einsatzgruppen, ces unités SS chargées de « nettoyer » les territoires occupés, son ascension au sein de l'appareil nazi jusqu'à la tête du Reichsprotektorat de Bohême-Moravie , où il gagna le surnom de « Bourreau de Prague » et s'illustra en organisant la conférence de Wannsee (20 janvier 1942), au cours de laquelle les plus hauts dignitaires nazis décidèrent et planifièrent l'extermination des juifs en Europe. Mais HHhH est aussi et surtout le récit de l'attentat qui lui coûta la vie; c'est le roman passionnant du plus haut fait de la résistance tchèque, l'opération « Anthropoïde », orchestrée depuis Londres par le Président tchécoslovaque en exil Edvard Beneš et menée à bien par deux parachutistes au courage extraordinaire, le Tchèque Jan Kubiš et le Slovaque Jozef Gabčik; enfin, c'est l'histoire incroyable du combat qu'ils ont livré jusqu'à la mort dans une église de Prague face à sept cents SS.
    Autant vous le dire tout de suite, j'ai adoré ce livre, et je ne dis pas cela seulement par sympathie personnelle pour son auteur. Tout d'abord, le sujet me passionne. Etant à la fois citoyen tchèque, praguois de coeur et petit-fils de résistant français, je suis particulièrement touché par cet événement historique. Mais il n'est nul besoin de revendiquer ces origines pour se pencher sur cette période. Comme en témoigne le récent succès du documentaire d'Isabelle Clarke Apocalypse – la 2ème Guerre mondiale, il existe chez le public un véritable intérêt cette période tragique, et je ne doute pas que les faits relatés dans HHhHtrouveront une oreille attentive chez de nombreux lecteurs.
    Ensuite, Laurent Binet fait preuve d'un réel talent de romancier. Son travail de documentation impressionnant lui permet de restituer avec fidélité et relief l'ambiance de l'époque à travers quelques épisodes, comme ce match de football entre ukrainiens et nazis, dont les enjeux ont dépassé la simple rencontre sportive pour tourner à l'affrontement symbolique entre opprimé et oppresseur. A ces choix judicieux, il ajoute un traitement narratif souvent original, comme lorsqu'il raconte la nuit des longs couteaux (l'élimination des SA par les SS le 20 avril 1934) sous la forme d'une série de répliques de dialogues téléphoniques brefs échangés depuis le quartier général des SS (pp. 62-63). La brutalité n'est pas seulement dans le contenu des propos (« Allô ! Il est mort ?… Laissez le corps sur place. Officiellement, c'est une suicide. Placez lui votre arme dans la main… Vous avez tiré dans la nuque?… Bon, ça n'a aucune importance. Suicide. »), mais aussi dans leur succession rapide, comme si toutes ces morts accumulées n'avaient aucune importance. En digne héritier de la tradition littéraire française classique, Laurent Binet fait également bon usage de figures stylistiques éprouvées pour susciter et entraîner l'intérêt de son lecteur. Il semble affectionner particulièrement l'anaphore et les effets de rythme et de mise en emphase provoqués par le retour à la ligne. On les retrouve dans les moments clés du roman, comme dans ce passage (p. 16) : « Il y avait les traces encore terriblement fraîches du drame qui s'est achevé dans cette pièce voilà plus de soixante ans […] Il y avait aussi les visages des parachutistes sur des photos […], il y avait le nom d'un traître, […], il y avait Londres, il y avait la France, il y avait des légionnaires, il y avait un gouvernement en exil, […], il y avait une ville entière sous la coupe de celui qu'on surnommait « le bourreau », il y avait des drapeaux à croix gammée et des insignes à tête de mort, il y avait des espions allemands qui travaillaient pour l'Angleterre, […], il y avait la grandeur et la folie, la faiblesse et la trahison, le courage et la peur, l'espoir et le chagrin, il y avait toutes les passions humaines réunies dans quelques mètres carrés, il y avait la guerre et il y avait la mort, il y avait la Bohême, la Moravie, la Slovaquie, il y avait toute l'histoire du monde contenue dans quelques pierres.
    Il y avait sept cents SS dehors. »
    (à mon grand regret, j'ai été obligé de tronquer la citation car elle serait trop longue, surtout pour un article de blog, mais lisez ce passage et vous constaterez qu'il est un véritable morceau de bravoure). Plus loin dans le récit (pp.343-344), on trouve la scène très réussie de l'attentat, racontée du point de vue d'un Heydrich parvenu au sommet de sa carrière, et dont la rêverie vaniteuse et narcissique au premier plan d'une Mercedes noire lancée à pleine vitesse dans les rues de Prague est brutalement interrompue par l'apparition d'un résistant armé venu le mitrailler : « Votre instinct de policier est-il engourdi par les rêveries qui traversent votre cerveau tandis que file la Mercedes ? Vous ne voyez pas en cet homme qui porte un imperméable sous le bras par cette chaude journée de printemps et qui traverse devant vous l'image de votre présent qui vous rattrape.
    Que fait-il, cet imbécile ?
    Il s'arrête au milieu de la route.
    Pivote d'un quart de tour pour faire face à la voiture.
    Croise votre regard.
    Fait voler son imperméable.
    Découvre une arme automatique.
    Pointe l'arme dans votre direction.
    Vise.
    Et tire. »
    Ces passages fortement stylisés sont de loin ceux que je préfère dans le roman car ils donnent à l'épisode historique de l'assassinat d'Heydrich par la résistance tchèque une véritable dimension héroïque et tragique.
    Enfin, le mérite de ce livre est aussi selon moi à situer sur un plan strictement littéraire : en montrant ouvertement et sans fard les efforts du romancier, ses hésitations, ses partis pris, ses doutes et ses erreurs, HHhH interroge le rapport entre réel et fiction. Comment raconter un fait historique sans artifices ? Comment la fiction littéraire peut-elle approcher au mieux la réalité ? Par bien des aspects, ce roman puzzle s'apparente à une cathédrale qui se construit sous nos yeux. Avec honnêteté et courage, l'architecte Laurent Binet nous emmène derrière la façade et nous promène sur les échafaudages. Il nous montre les difficultés de l'écriture romanesque et partage avec nous ses scrupules, comme lorsqu'il met en scène un dialogue entre le jeune Heydrich et son père (p. 14) pour ensuite descendre en flèche son propre travail en soulignant le caractère surfait et malhonnête de la scène (« Rien n'est plus artificiel, dans un récit historique, que ces dialogues reconstitués à partir de témoignages plus ou moins de première main, sous prétexte d'insuffler de la vie aux pages mortes du passé »). Ces étranges réflexions qui jalonnent le roman lui confèrent une saveur particulière et l'insèrent dans la lignée des oeuvres qui, de Madame Bovary à la préface de la Comédie humaine en passant par les travaux de György Lukàcs ou Henri Mitterand, questionnent le rapport entre réalité et littérature.

    Lien : http://www.marcbordier.com
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 27 juillet 2011

    caro64
    C'est à un brillant exercice de style que s'est livré Laurent Binet pour son premier roman, en appliquant des règles strictes. le récit raconte une histoire vraie, celle de l'assassinat à Prague, en 1942, de Reinhard Heydrich, le bourreau de Bohême-Moravie, par des parachutistes tchèques envoyés par Londres. Ceci explique l'étrange titre : HHhH est un acronyme qui signifie en allemand, « le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich ». Pour pouvoir écrire un roman où tout est vrai, l'auteur doit parfois se mettre en scène pour rendre compte des conditions d'écriture, de ses choix qui peuvent être contestés. le récit, qui s'étend de 1938 à 1942, est structuré comme un entonnoir. Des chapitres courts, relatant différents épisodes de l'histoire en différents lieux et à diverses époques, créent une impression de convergence en direction de Prague où tout s'achève.
    Laurent Binet pose ici plusieurs problématiques : comment raconter l'Histoire sans la déformer, la romancer ? Peut-il exister une vérité historique en dehors d'une quête sans fin ?
    Un premier roman incontestablement original et bien réussi, très agréable à lire. le rythme d'écriture de Laurent Binet nous transporte et on se surprend à dévorer ce livre. Et puis enfin, il donne vraiment envie de visiter Prague...
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mariech, le 22 février 2012

    mariech
    Laurent Binet va mettre 10 ans à écrire ce livre sur l'assassinat de Reynard Heydrich , bras droit d ' Himmler ,surnommé la bête blonde et le bourreau de Prague .
    Il fut assassiné par deux parachutistes tchèques Gabcik et Kubis .
    Mon avis : ce livre est très bien documenté , j'ai bien aimé quand l'auteur nous parle de sa vie privée , ce qui n'a pas plu à tout le monde d'après ce que j'ai pu lire sur différents blogs , moi ce n'est pas cela qui m'a dérangé , au contraire , cette démarche de l'auteur m'a paru sympathique , quand il raconte que même sa vie privée en prend un coup , qu'il pense sans arrêt à son roman .
    Mais un grand point négatif , c'est le fait que l'auteur critique certaines personnes , des hommes politiques ou le poète et écrivain Saint john Perse, qui ne peuvent plus se défendre , je trouve que l'auteur manque d'impartialité , je suis d'ailleurs étonnée que presque personne ne l'ai épinglé . Dommage que l'auteur ne soit pas resté neutre .
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Bunee, le 23 juin 2010

    Bunee
    Un français à Prague se lance dans un entreprise périlleuse: écrire un roman historique sur le déroulement d'un acte héroïque ayant eu lieu lors de la 2de guerre mondiale dans la ville. L'attentat contre Heydrich, "le cerveau d'Himmler". C'est d'ailleurs de là que vient le titre : HHhH est l'abréviation de Himmlers Hirn heisst Heydrich (le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich).
    Ca devient obsessionnel. Ecrire. Mais comment?
    Allers et retours entre tâtonnements intelligents de l'auteur au présent et feu de l'action au passé.
    Au départ, Laurent Binet ne sait pas comment commencer. Commence avec un cliché d'un homme à Prague. Après quelques atermoiements, se lance dans le récit de l'enfance d'Heydrich. Se ravise et se corrige, reprend.
    Genre: lecture pause, je rembobine et je redéroule avec quelques aménagements.
    Le tout avec une fluidité et un naturel, une apparente spontanéité qui rendent la plume vive, libre et enlevée. Je dirais presque décomplexée.
    Donc. Tchécoslovaquie sacrifiée, seconde guerre mondiale. le scénario est semblable à celui de Jackdaws de Ken Follet (mais en beaucoup plus travaillé, hein!): des agents sont parachutés en territoire ennemi en vu de neutraliser des cibles stratégiques.
    Et quel enjeu !
    On devinera que neutraliser Heydrich au travers d'une opération menée depuis Londres en parachutant un slovaque et un tchèque dans la région de Prague (enfin, à peu près) n'a pas été une mince affaire.
    Laurent Binet nous guide dans les arcanes de l'histoire et de la fiction, et c'est un plaisir de le suivre. La petite histoire rencontre la grande, on sent d'ailleurs l'auteur angoissé de ne pas éclairer la masse de tous ceux qui ont participé directement ou indirectement à cette action mythique, en le payant souvent de leur vie. De petites anecdotes en grands faits historiques ...
    Le récit est trépidant, le livre se déroule à une vitesse maîtrisée. On se délecte de la richesse documentaire de l'intrigue qui nous embarque complètement.
    Un des meilleurs livres du genre qu'il m'a été donné de lire. Qui m'a d'ailleurs furieusement donné envie de retourner à Prague, ne serait-ce que pour voir quelques uns des lieux cités.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 07 septembre 2011
    C'est un récit remarquable mené de main de maitre […] Une grande réussite.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par balooo, le 17 septembre 2010

    Gabcík, c'est son nom, est un personnage qui a vraiment existé. A-t-il entendu, au-dehors, derrière les volets d'un appartement plongé dans l'obscurité, seul, allongé sur un petit lit de fer, a-t-il écouté le grincement tellement reconnaissable des tramways de Prague ? Je veux le croire. Comme je connais bien Prague, je peux imaginer le numéro du tramway (mais peut-être a-t-il changé), son itinéraire, et l'endroit d'où, derrière les volets clos, Gabjík attend, allongé, pense et écoute. Nous sommes à Prague, à l'angle de Vyšehradska et de Trojijka. Le tramway n° 18 (ou 22) s'est arrêté devant le Jardin Botanique. Nous sommes surtout en 1942. Dans Le Livre du rire et de l'oubli, Kundera laisse entendre qu'il a un peu honte d'avoir à baptiser ses personnages, et bien que cette honte ne soit guère perceptible dans ses romans, qui regorgent de Tomas, Tamina et autres Tereza, il y a là l'intuition d'une évidence : quoi de plus vulgaire que d'attribuer arbitrairement, dans un puéril souci d'effet de réel ou, dans le meilleur des cas, simplement de commodité, un nom inventé à un personnage inventé ? Kundera aurait dû, à mon avis, aller plus loin : quoi de plus vulgaire, en effet, qu'un personnage inventé ?
    Gabjík, lui, a donc vraiment existé, et c'était bel et bien à ce nom qu'il répondait (quoique pas toujours). Son histoire est tout aussi vraie qu'elle est exceptionnelle. Lui et ses camarades sont, à mes yeux, les auteurs d'un des plus grands actes de résistance de l'histoire humaine, et sans conteste du plus haut fait de résistance de la Seconde Guerre mondiale. Depuis longtemps, je souhaitais lui rendre hommage. Depuis longtemps, je le vois, allongé dans cette petite chambre, les volets clos, fenêtre ouverte, écouter le grincement du tramway qui s'arrête devant le Jardin Botanique (dans quel sens ? Je ne sais pas). Mais si je couche cette image sur le papier, comme je suis sournoisement en train de le faire, je ne suis pas sûr de lui rendre hommage. Je réduis cet homme au rang de vulgaire personnage, et ses actes à de la littérature : alchimie infamante mais qu'y puis-je ? Je ne veux pas traîner cette vision toute ma vie sans avoir, au moins, essayé de la restituer. J'espère simplement que derrière l'épaisse couche réfléchissante d'idéalisation que je vais appliquer à cette histoire fabuleuse, le miroir sans tain de la réalité historique se laissera encore traverser.
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  • Par freude, le 18 mars 2012

    Je pense à Oscar Wilde, comme d'habitude, c'est toujours la même histoire : " Toute la matinée, j'ai corrigé un texte, pour finalement ne supprimer qu'une virgule. L' après-midi, je l'ai rétablie."
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  • Par Nadael, le 04 décembre 2010

    Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu'on leur rende hommage. Mais c'est pour nous, les vivants que cela signifie quelque chose. La mémoire n'est d'aucune utilité à ceux qu'elle honore, mais elle sert celui qui s'en sert. Avec elle, je me construis, et avec elle je me console.
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  • Par Nadael, le 04 décembre 2010

    Ayant eu vent que le chef du Secret Intelligence Service anglais se fait appeler M ( oui comme dans James Bond), il décide sobrement de se faire appeler H. C'est en quelque sorte son premier véritable alias, avant l'ère des surnoms dont il sera bientôt affublé : "le bourreau", 'le boucher", "la bête blonde", et, celui donné par Adolf Hitler en personne, "l'homme au coeur de fer".
    Je ne crois pas que H se soit imposé comme une appellation très répandue auprès de ses hommes ( qui lui préfèreront "la bête blonde" plus parlant ). Sans doute trop de H éminents au dessus de lui risquaient-ils d'engendrer de regrettables confusions : Heydrich, Himmler, Hitler...par prudence, il a dû lui-même laisser tomber cet enfantillage. Pourtant, H comme Holocauste...ça aurait été très bien pour servir de mauvais titre à sa biographie.
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  • Par Kittiwake, le 16 juillet 2011

    Je sens bien que mes deux héros tardent à entrer en scène. Mais s'ils se font attendre, peut-être que ce n'est pas plus mal. Peut-être qu'ils n'en auront que plus de corps. Peut-être que la marque qu'ils ont laissée dans l'Histoire et dans ma mémoire pourra-t-elle s'imprimer plus profondément dans mes pages. Peut-être que cette longue station dans l'antichambre de mon cerveau leur restituera un peu de leur réalité, et pas seulement de la vulgaire ressemblance. Peut-être, peut-être...mais rien n'est moins sûr! Heydrich ne m'impressionne déjà plus. Ce sont eux qui m'intimident
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