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ISBN : 2246760011
Éditeur : Grasset (2010)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 515 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A Prague, en 1942, deux hommes doivent en tuer un troisième. C’est l’opération "Anthropoïde": deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la sol... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 30 septembre 2012

    lehane-fan
    Rien compris au dernier Binet moi 
    Aucune image , aucun running gag ! Quid de ces héros des temps modernes que furent Robert et Raymonde , cédant désormais la place à cet obscur Heydrich qui , lui , ne me titilla jamais l'ombre d'un zygomatique ! C'est fort de ce constat amer - Michel - que je refermais ce bouquin , frustré et désappointé , quand la vérité dans toute sa simplicité m'apparut enfin ! Allez mettre ça sur le compte du gars enfin touché par la grâce - nan , pas dit la graisse – voire sur celui de mon exceptionnelle perspicacité toute Holmésienne ! Quoi qu'il en soit , et si tout bonnement je ne faillis pas en faisant bêtement preuve d'homonymite aigüe ? Là , ça changeait forcément la donne !
    Pas fou-fou des bouquins historiques à la base , j'y ai ici trouvé largement mon comptant ! Un complot visant à supprimer l'éminence grise d'Hitler , une écriture originale ou l'auteur nous fait régulièrement part de ses doutes quand à la véracité des faits énoncés , de ses angoisses de la page blanche et c'est un lecteur heureux d'avoir découvert le premier écrit de ce tout jeune prof de français auréolé fort justement du Prix Goncourt du premier roman . Même si les prix , hein , bon...
    " le bourreau de Prague " , "la bête blonde " , " l'homme le plus dangereux du IIIe Reich " , voici quelques uns des plus doux sobriquets accolés à ce joyeux drille , planificateur de la solution finale , qu'était Heydrich ! Juste retour des choses que l'opération «  Anthropoïde «  visant à éradiquer cette bête sans nom , alors 3e dans le monstrueux organigramme du Reich et possiblement appelée à devenir calife à la place du calife !
    Historiquement passionnant , humainement terrifiant . Binet , tout en s'interrogeant continuellement et en invitant implicitement le lecteur à en faire de même , parvient à trouver le juste équilibre entre histoire avec un grand H et l'interaction que cette dernière provoque avec son quotidien . Au-delà de ça , l'écriture interactive ne fait pas dans le cours magistral , dans le rébarbatif factuel mais vous entraine dans les nauséabonds méandres de l'Histoire tout en tentant , en plus de vous instruire  , de vous faire réfléchir ! Objectif osé s'il en est mais pleinement atteint ! Avant d'en arriver au dernier tiers addictif du bouquin majoritairement consacré à la tentative d'assassinat proprement dite , Binet pose les jalons de l'histoire dans l'Histoire , en en présentant les tenants et les aboutissants , des prémices d'un Nazisme encore balbutiant jusqu'à son funeste destin apocalyptique !
    HHhH ,Hemballant Hexaltant hinstructif Hentousiasmant !
    Un grand merci à Robert B. pour les quatre derniers adjectifs qui ne me seraient pas venus à l'esprit , là , tout de suite , dans l'immédiat instantané et imminent...
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    • Livres 4.00/5
    Par Bigmammy, le 05 août 2011

    Bigmammy
    Tout d'abord, il faut prononcer HA ! HA ! HA ! HA !, en aspirant correctement chaque H, et là, le jeu de mot en allemand prend tout son sens.....Et c'est un roman haletant, personnel, précis et documenté, passionnant jusqu'à la dernière ligne. Un roman émanant d'un jeune professeur de lettres de l'âge de ma fille aînée, justement couronné par le Goncourt du 1er roman.
    HHhH raconte l'histoire de l'attentat réussi en mai 1942 contre Reinhard Heydrich, Protecteur SS de la Bohême-Moravie et metteur au point de la Solution Finale lors de la Conférence de Wannsee, puis de la folle traque qui s'ensuivit pour s'achever dans une église au centre de Prague où sept hommes soutinrent un siège de sept heures face à sept cent SS.
    Reinhard Heydrich, la bête blonde, le boucher de Prague, « l'homme le plus dangereux du IIIe Reich », était le bras droit d'Himmler mais chez les SS, on disait « HHhH », ce qui signifie : « le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich » (Himmler's Hirn heisst Heydrich)
    Une roman historique de plus ? Non, bien plus que cela...L'auteur s'implique totalement dans "l'investissement" de ses personnages, il vit avec eux, en eux, et nous fait part de ses doutes : "a-t-il prononcé cette phase, à vrai dire, je n'en sais rien....Mais il a dû le dire comme ça...."
    Laurent Binet a lu tous les ouvrages et vu tous les films qui retracent cet épisode extraordinaire, où des Résistants venus de Londres ont réussi à atteindre l'un des personnages les plus odieux du IIIème Reich. En particulier, il cite l'interprétation de Kenneth Branagh dans le film"Conspiracy" : voilà l'image que j'ai de Reinhard Heydrich....une tête d'ange et un coeur de démon. Et il décrit aussi les invraisemblables représailles qui suivirent l'attentat comme la destruction du village de LIdice et de toute sa population, sur la foi d'un élément totalement étranger à l'affaire...Mais les SS n'en étaient pas à ça près après les forfaits des Einsatzgruppen à l'Est.
    Avec une écriture précise et poétique, des scènes d'action encore plus explicite qu'un film puisque lire permet d'aller plus lentement, d'apprécier chaque détail, de revenir en arrière si on craint de ne pas avoir tout saisi, tout concourt à ne pas vous laisser abandonner ce livre. Pourquoi cette fascination de l'auteur pour Prague et ses cent tours ? Il y a vécu, aimé, enseigné, et cette histoire l'obsède :
    "Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu'on leur rende hommage. Mais c'est pour nous, les vivants que cela signifie quelque chose. La mémoire n'est d'aucune utilité pour ceux qu'elle honore, mais elle sert à celui qui s'en sert. Avec elle je me construis, et avec elle je me console." (p.244)
    HHhH constitue ainsi un antidote aux "Bienveillantes", livre qu'il ne m'a pas été possible de terminer, ayant le coeur trop sensible et lassée de tant de sang.
    Avec HHhH, on vibre, on souffre, on espère, alors même qu'on connaît la fin dès la première ligne. C'est ça, la Littérature ! Avec un grand l'!

    Lien : http://www.bigmammy.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par Thorp, le 10 juin 2012

    Thorp
    Et c'est parti pour un avis de plus sûrement répétitif, mais l'envie de participer au plébiscite général est là (du coup je zappe le résumé)
    Quel joli premier roman ! Non pas de ces premiers romans tapageurs dont l'histoire de la littérature raffole, mais plutôt un premier roman empreint d'une finesse dans la narration telle, que seul le murmure averti d'un bouche-à-oreille sensible parait apte à le porter à nos connaissances (avec presque deux ans de retard en ce qui me concerne, mes tympans me trahissent souvent et mettent du temps à reconnaître les belles mélodies).
    Toujours est-il que j'ai quand même fini par tenir entre mes mains cet opus au titre mystérieux de HHhH (bien meilleur à mon avis que « Opération Anthropoïde » prévu initialement par l'auteur), et dès les premières pages je suis littéralement tombé sous le charme de cette façon si particulière de raconter la grande histoire au travers des vicissitudes de la petite, celle de l'écrivain, qui se débat dans ses errements, ses certitudes, ses erreurs et ses changements d'avis, au sujet surtout des rapports conflictuels entre récit documentaire et fiction. On ne peut pourtant pas parler de nouveauté concernant cet angle d'approche : les romanciers déguisés en personnages (de fiction ?) lors de leur approche documentaire et leur travail d'écriture, il semblerait même que ça soit plutôt à la mode ces temps-ci (Emmanuel Carrère avec L'Adversaire ou Limonov, Régis Jauffret et Claustria, ou dans un style d'imitation documentaire le narrateur d'Alexis Jenni qui se met en scène dans sa rencontre purement fictive avec Victorien Salagnon, etc…). Pourtant Laurent Binet parvient à s'extraire du lot en insufflant au genre sa touche personnelle, faite d'habileté et de rythme dans la construction, de légèreté et de fluidité dans l'écriture. A tel point qu'une belle promesse littéraire pointe le bout du nez, sous la forme d'une voix originale et intelligente, sifflotant l'air de rien au dessus du brouhaha général.
    Vivement son deuxième roman, que cette fois ma curiosité en éveil ne laissera pas échapper autant de temps.
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    • Livres 4.00/5
    Par MaMalleAuxLivres, le 14 janvier 2015

    MaMalleAuxLivres
    Ce livre, je le connaissais. le titre m'avait déjà interpellée, j'avais vu mon père le lire et savais qu'il était dans sa bibliothèque. Mais j'avoue que je ne m'y étais jamais intéressée, je n'avais jamais eu la curiosité de creuser. C'est mon prof d'Histoire/Géographie qui nous en a récemment parlé, en bien évidemment, puisqu'il a fini par me convaincre. C'était l'occasion ou jamais d'en apprendre plus sur la Seconde Guerre Mondiale, sujet qui m'intéresse franchement. Alors je l'ai lu. Et je suis perplexe. A vrai dire, je suis à l'heure actuelle incapable de vous dire si j'ai adoré ou si j'ai détesté.
    Je ne sais même pas par quel bout prendre ma chronique, j'ai l'impression d'avoir à vous chroniquer un OVNI. En même temps, je ne crois pas que ce ne soit qu'une métaphore... Bref. Ici, on ne peut pas parler de personnages. Toutes les personnes citées ont réellement existé, ont eu ces caractères. Heydrich est mis en avant dans le résumé, mais il n'y a bien entendu pas que lui : Nous découvrons de nombreux autres acteurs de l'Histoire, et en particulier de l'Opération Anthropoïde, dont deux hommes marquants : Gabcik et Kubis. (Vous m'excuserez, il manque les accents.) Ma curiosité a été ainsi assouvie : Evidemment, cet assassinat a été un début d'enfer, (Je pense notamment au village de Lidice), mais aussi un début de libération à mon sens, c'est donc pour cela que mieux découvrir ces deux jeunes et ceux qui les ont aidés de près ou de loin m'a semblé fondamental. Je ne peux de toute évidence ni vous analyser ni vous décortiquer les personnalités de chacune de ces personnes : Etant chroniqueuse et non psy, juger des gens "réels" serait un peu grotesque. Mais je peux en revanche vous dire qu'on en apprend beaucoup sur eux, et qu'on est parfois surpris...
    Clairement, le style de l'auteur est vraiment étrange, et déstabilisant. Celui-ci est en effet omniprésent dans le texte, nous confiant ses réflexions, ses pensées, ses gestes les plus futiles. On a l'impression de lire son livre en même temps qu'il l'écrit, c'est vraiment spécial. Il faut s'accrocher, avouons-le. Certes, certains trouveront cette "incrustation" égocentrique ; pour ma part, je l'ai trouvée pertinente : Elle permet en effet de ne pas tomber dans la récitation pure et simple, d'apporter plus de fluidité et de souplesse à cet ouvrage béton. Et il est toujours intéressant d'avoir un autre point de vue, ou un humour un brin caustique... Bien entendu, ça reste froid et distant, mais n'est-ce-pas le reflet de cette barbarie gratuite qu'était la Solution finale ?... (Et encore là, je vous fais un bel euphémisme...)
    Mais alors, avec un tel résumé et une écriture si atypique, comment peut-on définir ce "roman" ? Excellente question, car ce bouquin est tout simplement indescriptible. Inutile de le préciser (Mais je le fais quand même, notez-le.) que ce livre est une mine d'or en matière d'informations historiques. Il y a tellement de choses à dire ; on comprend assez vite pourquoi l'auteur semble, au début, se perdre à chaque chapitre. Je pense pouvoir dire que le contenu est irréprochable, on ressent -voire même on vit- les nombreuses recherches de l'auteur, on apprend tellement ! Pour être tout à fait honnête, j'avais un peu l'impression d'un bourrage de crâne intensif durant plus de 400 pages. Mais je ne dis pas que c'est pénible, loin de là ! Au contraire, ceci est vraiment enrichissant. Toutefois, il faut signaler que c'est vraiment surprenant. L'Histoire, j'adore ça, les romans historiques, j'en ai lu une palanquée, en jeunesse comme en adulte. Mais jamais je ne me suis trouvée face à tant d'authenticité, et c'est franchement effrayant, il faut le dire. On a au départ du mal à réaliser que le moindre détail de ce livre est vrai, jusqu'à la couleur de la voiture d'Heydrich. Oui, ceci m'a marquée, parce que sincèrement, en temps normal, on s'en fiche totalement de savoir si elle est noire ou verte. Mais là, non, il y a une nécessité de perfection historique frappante, et qui fonctionne très bien. Je n'ose même pas imaginer les années qu'il a fallu à Laurent Binet pour chercher ces moindres détails, et je salue l'énorme travail qui a été fait ici. Sauf que jusque là, tout ceci est bien beau, mais l'auteur n'a pas inventé grand chose. Rien, à vrai dire, puisqu'il met un point d'honneur à ne fournir (presque) que des informations vérifiées et assurées. Alors, comme ça, il s'est contenté d'amasser des éléments pendant des années et de nous les rebalancer à la figure ? Que nenni mes chers petits. Que nenni. Il va plus loin, et parvient étonnamment à implanter une seconde intrigue dans son bouquin. Tout le monde sait comment l'opération Anthropoïde a fini. Néanmoins, il y a une interrogation qui hante les pages de ce livre : Laurent Binet parviendra-t-il à mener son projet à bien sans recourir à la fiction ? S'ensuit alors, implicitement, une excellente réflexion sur la place du romanesque dans L Histoire. C'est fin, c'est discret, mais c'est là. Et j'ai vraiment adoré cet aspect de l'ouvrage, qui met en avant cette didactique de façon presque, on peut le dire, perverse. Cette éviction de l'imaginaire devient obsessive pour l'auteur, et finit par l'être aussi pour le lecteur. Je ne m'attendais pas à cela, mais c'est rondement mené. Ceci n'est évidemment pas capital, cependant, ça m'a marquée, c'est pour cela que j'ai tenu à le faire remarquer. La bataille est double, dans ce récit. L'une contre la Solution finale, l'autre contre la fiction.
    La chute est bien entendu sans surprise, si vous connaissez un minimum votre cours d'Histoire. En fait, si vous ne savez pas comment tout ceci se termine, vous n'avez plus qu'à lire HHhH ! Passons. Même si cette issue est réelle, si "l'aventure" s'est concrètement achevée ainsi, j'avais l'impression de lire un policier. Sérieusement, c'est tellement dingue et héroïque comme fin ! On aurait tout à fait pu la croire née de l'imagination de l'auteur (Quoique, après avoir lu son ouvrage, pas si sûr...) tant elle est riche et chevaleresque, c'est assez stupéfiant. A mon grand soulagement, on finit par savoir ce qui est advenu de toutes les personnes nommées dans cet ouvrage, aucun brouillard ne reste planer sur des événements qu'on préférerait oublier. Une fois de plus, la réalité est de mise. C'est loin d'être gai, mais au moins, c'est archi-complet. Et étant friande d'anecdotes, de broutilles, ça n'a pu que me plaire. On sent vraiment que Laurent Binet ne veut plus lâcher son ouvrage, que mettre le point final est pour lui une épreuve, qu'il a encore plein de choses à nous dire, ça en devient touchant. Dans chaque mot, sa passion est palpable, et communicative.
    Le titre est très intrigant, symbolique, surprenant, et surtout imprononçable. Si ce dernier point m'a passablement agacée, (Les gens comprennent hache hache hache hache et vous prennent pour une demeurée), le reste est parfait. La couverture est très spéciale et réfléchie, à l'image du texte, mais séduisante, symbolique, tout comme le titre en fait. L'alliance des deux rend ce bouquin encore plus particulier, et donne envie de s'y intéresser, par curiosité. On ne va pas se leurrer : Il faut avoir vraiment envie et être un peu barré pour se plonger dans un roman comme celui-ci. La combinaison gagnante, c'était alors un visuel qui donne envie. le contrat est donc rempli.
    En rédigeant ma chronique, j'ai compris que j'avais sincèrement apprécié ma lecture, qui change de l'ordinaire, mais dans le bon sens. Ce n'est pas quelque chose à dévorer pour se détendre, mais plus pour s'instruire. Ecrire 400 pages exclusivement sur Heydrich est risqué. Se prendre la tête avec la fiction est risqué. Couplez les deux, et c'est gagné. A lire pour combler vos lacunes en Histoire, ou simplement pour vous cultiver encore plus ! N'ayez pas peur de ce drôle de bouquin, vraiment : Il ne vous veut que du bien. Ayez confiance...

    Lien : http://mamalleauxlivres.blogspot.fr/2015/01/hhhh.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Yumiko, le 16 janvier 2013

    Yumiko
    J'espère réussir à trouver les mots justes pour vous parler de ce livre. Il a éveillé un nombre incalculable d'émotions en moi, à tel point que j'ai eu besoin de temps pour le digérer avant de vous en parler. Il est dur, comme tout livre traitant de l'époque, mais surtout il humanise beaucoup certains bourreaux, nous montrant différentes facettes de leur personnalité, ce qui le fait ressortir du lot par rapport à d'autres livres.
    Je dois dire que ce genre de roman m'attire de plus en plus, car même si certains pensent que les nazis sont forcément tous des monstres et qu'ils ne veulent pas ne serait-ce que ressentir quelque chose vis-à-vis d'eux, j'ai de la peine à être aussi catégorique. Je suis tout simplement fascinée par la façon dont leurs esprits ont évolué durant cette guerre, dont ils ont pensé certaines étapes de leur accession à la suprématie et à l'épuration du pays.
    Ces paroles peuvent choquer certains, j'en convient, mais difficile de ne pas se poser de questions quand on voit toutes les contradictions qui régissaient leur doctrine et que pourtant ils ont continué jusqu'au bout (avec plein d'infractions bien sûr, mais n'empêche qu'il n'y a pas eu les gros soulèvement qui nous semblent logiques), qu'ils obéissaient aux ordres ne réfléchissant que plus tard à la portée de leurs actes (ou pas pour certains). Il y a de quoi vouloir décortiquer l'âme humaine et essayer de comprendre comment ils ont pu aller aussi loin, afin d'éviter que cela se reproduise, non? Après tout Milgram nous a bien montré à quel point l'être humain peut flancher et se retrouver incapable de résister à une autorité...
    Dans ce roman, c'est Reinhard Heydrich qui est au coeur du récit, le bras droit d'Himmler. Celui qu'on appelle HHhH - Himmlers Hirn heisst Heydrich (le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich), et qui est le chef de la Gestapo et des services secrets nazis. Je n'avais pas encore eu l'occasion de vraiment rencontrer ce personnage jusqu'à maintenant, puisque je me suis surtout intéressée aux évènements touchant Auschwitz et moins à ceux touchant l'annexion de la Tchécoslovaquie et à ceux portant sur la Gestapo.
    L'auteur ne nous offre pas une histoire, mais nous parle de l'Histoire. C'est un savant mélange entre le documentaire et le roman, puisqu'il nous le rappelle souvent lui-même: il prête aux personnages des mots ou des comportements qu'ils pourraient avoir eu, mais sans être sûr que sa vision des choses soit correcte. Il essaie au mieux de transmettre toutes les informations qu'il a trouvé sur la vie d'Heydrich, sur les évènements de Prague et sur l'attentat, prenant souvent la parole dans son livre pour nous expliquer son travail de recherche et ses incertitudes sur la façon dont il transmet les faits. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce procédé, j'avais l'impression d'échanger avec l'auteur tout au long du roman.
    Revenons-en à Heydrich un personnage palpitant dont la vie est d'une rigidité et d'une organisation incroyable. C'est un esprit pensant très intelligent (trop?), qui a imprégné le troisième Reich de sa patte si unique. Il est l'un des instigateurs d'un grand nombre d'évènements et on ne peut que se demander ce qu'aurait été le règne d'Hitler s'il n'était pas parti aussi tôt... Il y a de quoi cogiter et s'inquiéter à la vue de toutes les idées qu'il a eues et de tous les complots qu'il a fomenté en cachette. Il est un bureaucrate hors pair et un vrai génie du crime.
    D'un autre côté, nous suivons les parachutistes dépêchés pour l'assassiner. Eux aussi ils passeront par toutes les galères jusqu'à l'attentat et ils vivront un vrai calvaire jusqu'au bout. Bon finalement, ils se retrouvent presque un peu en retrait face au charisme d'Heydrich, mais il n'empêche que suivre les deux côtés en même temps est palpitant. Je me suis attachée à ses personnages qui font tout pour stopper la barbarie qui se déroule chez eux, tout en sachant que cela risque de leur coûter la vie.
    J'ai même été très choquée quand j'ai vu comment réagissaient les autres nations au début de la montée d'Hitler, à quel point ils ont laissé faire, sans s'inquiéter, ne voyant pas l'intérêt de s'ennuyer à intervenir... L'avenir leur donnera tort très fortement... de quoi perdre foi une fois de plus en la politique.
    En bref, ce livre est un coup de coeur de part le style unique de l'auteur. L'Histoire nous est transmise d'une façon forte et poignante, qui nous emporte au fil des pages dans la tourmente et dans l'inquiétude. Voir d'autres facettes du nazisme m'a intriguée et intéressée, j'avais envie d'en apprendre toujours plus! Je ne peux que conseiller fortement ce livre aux fans du genre, même si je suis bien consciente qu'il ne conviendra pas à tout le monde.
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Critiques presse (2)


  • LaLibreBelgique , le 21 août 2012
    Le résultat est passionnant, même s’il n’y a ni scoops, ni analyses politiques fouillées. C’est le récit d’un témoin sur le grand cirque de la politique.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LeFigaro , le 07 septembre 2011
    C'est un récit remarquable mené de main de maitre […] Une grande réussite.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par raynald66, le 24 janvier 2015

    En juillet 1942 débute le programme d'extermination de tous les juifs de Pologne, avec l'ouverture de Belzec, Sobibor et Treblinka.
    De juillet 1942 à octobre 1943, plus de deux millions de juifs et près de 5000 Roms vont périr dans le cadre de ce programme.
    Le nom de code donné au programme est Aktion Reinhard

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  • Par raynald66, le 24 janvier 2015

    Il décide sobrement de se faire appeler H. C'est en quelque sorte son premier véritable alias, avant l'ère des surnoms dont il sera affublé :
    "le bourreau", "le boucher", "la bête blonde" et, celui-ci donné par
    Adolf Hittler en personne : "l'homme au coeur de fer"

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  • Par raynald66, le 24 janvier 2015

    Le petit Heydrich, bien mignon, bien blond, bon élève, appliqué, aimé de ses parents, violoniste, pianiste, petit chimiste, possède une voix de crécelle qui lui vaut un surnom, le premier d'une longue liste :
    A l'école, on l'appelle "la chèvre"

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  • Par raynald66, le 24 janvier 2015

    Heydrich ne peut réprimer un rictus de contentement. Il range le précieux papier dans sa serviette. Nous sommes le 31 juillet 1941, c'est l'acte de naissance de la solution finale et il va en être le principal artisan

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  • Par raynald66, le 24 janvier 2015

    "La chèvre" va devenir celui qu'on appellera "l'homme le plus dangereux du troisième Reich" et le juif Süss va se muer en grand planificateur de l'holocauste.
    Qui aurait pu deviner une chose pareille ?

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Dialogues, émission littéraire 25
Numéro 25 de l'émission Dialogues littéraires de décembre 2012, produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup en collaboration avec la chaîne Tébéo. Invités : Colombe Schneck, Bernard Berrou et Laurent Binet.








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