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ISBN : 2246760011
Éditeur : Grasset (2010)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 778 notes)
Résumé :
A Prague, en 1942, deux hommes doivent en tuer un troisième. C’est l’opération "Anthropoïde": deux parachutistes tchécoslovaques envoyés par Londres sont chargés d’assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo, chef des services secrets nazis, planificateur de la solution finale, "le bourreau", "la bête blonde", "l’homme le plus dangereux du IIIe Reich". Heydrich était le chef d’Eichmann et le bras droit d’Himmler, mais chez les SS, on disait : "HHhH". Himmlers H... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (155) Voir plus Ajouter une critique
andman
andman26 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
L’église orthodoxe Saints-Cyril-et-Méthode à Prague est devenue un lieu de recueillement un peu particulier. C’est dans sa crypte, aujourd’hui transformée en musée, que s’acheva, le 18 juin 1942 à midi, un acte de résistance parmi les plus audacieux de la seconde guerre mondiale.
Trois semaines auparavant, à cinq kilomètres de là, trois parachutistes de l’armée tchécoslovaque en exil à Londres attentèrent à la vie d’un des dignitaires les plus haut placés du Troisième Reich : Reinhard Heydrich. Mais le grain de sable du destin vint, au moment le plus critique, contrecarrer la bonne marche de “l’opération Anthropoïde” si bien qu’il s’en suivi un certain nombre de revirements de situations dignes d’un scénario hollywoodien...
De nombreux écrits relatent ce haut fait d’armes et mettent en avant l'esprit sacrificiel de Gabčík, Kubiš et Valčík, ces trois soldats dont l’héroïsme bouleversa et ragaillardi tout un peuple.
Un jeune auteur français passionné d’Histoire, Laurent Binet, en a tiré en 2009 un livre au titre bien singulier : ''HHhH''.
Un long travail de repérages dans la capitale tchèque, la consultation d’une énorme quantité de documents d’archives et une rigueur d’écriture presque maladive accouchent au final d’un roman composé de 257 chapitres dont la brièveté favorise une fluidité de lecture du plus bel effet.
Outre l’attentat de Prague et les représailles SS, “HHhH” retrace la montée du nazisme depuis les années 20 jusqu’au printemps 1942 où l’hitlérisme était au faîte de sa puissance. Les accords de Munich et la crise des Sudètes, évoqués longuement, permettent au lecteur d’appréhender graduellement l’escalade mortifère au cœur de l’Europe.
Laurent Binet voulait un roman le plus factuel possible. Force est de constater l’authenticité qui s’en dégage !
La participation de l’auteur en tant que personnage à part entière est une belle trouvaille surtout dans un contexte aussi peu évident. Ses attaques à l’encontre de protagonistes ayant un rôle marginal dans cette époque troublée, le diplomate et poète Saint-John Perse notamment, sont par contre étonnamment virulentes pour ne pas dire excessives.
Concernant le personnage central Reinhard Heydrich, il vaut mieux faire court ; rien que d’écrire son nom une seconde fois me hérisse le poil. C’était un criminel de guerre de la pire espèce. Hitler l’appréciait beaucoup car il trouvait que sa férocité n’avait d’égal que son efficacité : c’est tout dire !
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lehane-fan
lehane-fan30 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Rien compris au dernier Binet moi 
Aucune image , aucun running gag ! Quid de ces héros des temps modernes que furent Robert et Raymonde , cédant désormais la place à cet obscur Heydrich qui , lui , ne me titilla jamais l'ombre d'un zygomatique ! C'est fort de ce constat amer - Michel - que je refermais ce bouquin , frustré et désappointé , quand la vérité dans toute sa simplicité m'apparut enfin ! Allez mettre ça sur le compte du gars enfin touché par la grâce - nan , pas dit la graisse – voire sur celui de mon exceptionnelle perspicacité toute Holmésienne ! Quoi qu'il en soit , et si tout bonnement je ne faillis pas en faisant bêtement preuve d'homonymite aigüe ? Là , ça changeait forcément la donne !
Pas fou-fou des bouquins historiques à la base , j'y ai ici trouvé largement mon comptant ! Un complot visant à supprimer l'éminence grise d'Hitler , une écriture originale ou l'auteur nous fait régulièrement part de ses doutes quand à la véracité des faits énoncés , de ses angoisses de la page blanche et c'est un lecteur heureux d'avoir découvert le premier écrit de ce tout jeune prof de français auréolé fort justement du Prix Goncourt du premier roman . Même si les prix , hein , bon...
" le bourreau de Prague " , "la bête blonde " , " l'homme le plus dangereux du IIIe Reich " , voici quelques uns des plus doux sobriquets accolés à ce joyeux drille , planificateur de la solution finale , qu'était Heydrich ! Juste retour des choses que l'opération «  Anthropoïde «  visant à éradiquer cette bête sans nom , alors 3e dans le monstrueux organigramme du Reich et possiblement appelée à devenir calife à la place du calife !
Historiquement passionnant , humainement terrifiant . Binet , tout en s'interrogeant continuellement et en invitant implicitement le lecteur à en faire de même , parvient à trouver le juste équilibre entre histoire avec un grand H et l'interaction que cette dernière provoque avec son quotidien . Au-delà de ça , l'écriture interactive ne fait pas dans le cours magistral , dans le rébarbatif factuel mais vous entraine dans les nauséabonds méandres de l'Histoire tout en tentant , en plus de vous instruire  , de vous faire réfléchir ! Objectif osé s'il en est mais pleinement atteint ! Avant d'en arriver au dernier tiers addictif du bouquin majoritairement consacré à la tentative d'assassinat proprement dite , Binet pose les jalons de l'histoire dans L Histoire , en en présentant les tenants et les aboutissants , des prémices d'un Nazisme encore balbutiant jusqu'à son funeste destin apocalyptique !
HHhH ,Hemballant Hexaltant hinstructif Hentousiasmant !
Un grand merci à Robert B. pour les quatre derniers adjectifs qui ne me seraient pas venus à l'esprit , là , tout de suite , dans l'immédiat instantané et imminent...
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cannibalector
cannibalector13 novembre 2015
  • Livres 2.00/5
Laurent binet a souhaité nous raconter l'irrésistible ascension de Reinhard Heydrich au sein du troisième reich nazi et son assassinat par un commando tchécoslovaque en 1942.
Tout pour faire un superbe roman. En effet, la tchécoslovaquie, née sur les ruines de l'empire austro-hongrois en 1918, s'est trouvé disloqué suite au desastreux accord de Munich de 1938. La Boheme Moravie (actuelle Tchéquie) devient une province allemande et la Slovaquie un pays satellite du reich. Leur président, Bénés, en exil à Londres, a du mal à faire entendre la voix de ce petit pays qui n'intéresse pas grand monde. Il décide donc de monter l'opération "Anthropoid": organisation d'un commando qui doit éliminer le " protektor" de la Boheme moravie: le général Heydrich.
Pour faire un bon roman, il faut un bon méchant; ce général, théoricien et initiateur de la solution finale est parfait.On aurait pu donc avoir un superbe roman héroique, épique, à la gloire de la liberté et de la résistance.
Ah, non! Beaucoup trop populaire ( excusez moi, de nos jours il faut dire populiste), beaucoup trop simple pour un génie comme l'auteur. Il aurait pu faire un roman réaliste mais" je ne supporte pas la littérature réaliste "
( bye bye Stendhal, Balzac, Flaubert..).
" Je veux faire un roman non fictionnel" " j'invente un nouveau concept: l'infra roman". Qu'est ce à dire?
- Binet veut nous montrer toute la difficulté de relater un fait historique sans avoir recours à la fiction tout en restant dans la littérature.
- Pour cela il se met en scène (autofiction) et nous livre toutes ces hésitations, il écrit un dialogue, puis, 3 pages plus tard nous dit que c'est faux et nous en propose un autre.
- Il nous montre toute la fragilité de la recherche historique. 2 tramays interviennent sur les lieux de l'attentat mais quel est leur numéro? Le 22 ou le 24? Les photos de l'époque montre que Heydrich s'est fait tué dans une mercedes noire; mais était-elle vraiment noire ou vert foncé ( on en prend pour 10 pages)
- et puis il nous raconte sa vie, tous les films et livres qu'il a étudié sur cette période historique, evidemment il en montre les faiblesses et lui fait beaucoup plus mieux!
L'auteur est , en outre, trés véhément voire insultant sur certaines personnalités historiques: c'est le diplomate Alexis Léger plus connu en tant que Saint John Perse qui tire le gros lot: " sac à merde". C'est ce qui me gene le plus: ce regard anachronique et outrancier sur cette période bien complexe.
Le plus triste, à mon avis est qu'il a reçu le prix goncourt du premier roman; c'est ça le futur de la littérature française?
Je crois que je vais arreter de lire et me mettre à la broderie.
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Bigmammy
Bigmammy05 août 2011
  • Livres 4.00/5
Tout d'abord, il faut prononcer HA ! HA ! HA ! HA !, en aspirant correctement chaque H, et là, le jeu de mot en allemand prend tout son sens.....Et c'est un roman haletant, personnel, précis et documenté, passionnant jusqu'à la dernière ligne. Un roman émanant d'un jeune professeur de lettres de l'âge de ma fille aînée, justement couronné par le Goncourt du 1er roman.
HHhH raconte l'histoire de l'attentat réussi en mai 1942 contre Reinhard Heydrich, Protecteur SS de la Bohême-Moravie et metteur au point de la Solution Finale lors de la Conférence de Wannsee, puis de la folle traque qui s'ensuivit pour s'achever dans une église au centre de Prague où sept hommes soutinrent un siège de sept heures face à sept cent SS.
Reinhard Heydrich, la bête blonde, le boucher de Prague, « l'homme le plus dangereux du IIIe Reich », était le bras droit d'Himmler mais chez les SS, on disait « HHhH », ce qui signifie : « le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich » (Himmler's Hirn heisst Heydrich)
Une roman historique de plus ? Non, bien plus que cela...L'auteur s'implique totalement dans "l'investissement" de ses personnages, il vit avec eux, en eux, et nous fait part de ses doutes : "a-t-il prononcé cette phase, à vrai dire, je n'en sais rien....Mais il a dû le dire comme ça...."
Laurent Binet a lu tous les ouvrages et vu tous les films qui retracent cet épisode extraordinaire, où des Résistants venus de Londres ont réussi à atteindre l'un des personnages les plus odieux du IIIème Reich. En particulier, il cite l'interprétation de Kenneth Branagh dans le film"Conspiracy" : voilà l'image que j'ai de Reinhard Heydrich....une tête d'ange et un coeur de démon. Et il décrit aussi les invraisemblables représailles qui suivirent l'attentat comme la destruction du village de LIdice et de toute sa population, sur la foi d'un élément totalement étranger à l'affaire...Mais les SS n'en étaient pas à ça près après les forfaits des Einsatzgruppen à l'Est.
Avec une écriture précise et poétique, des scènes d'action encore plus explicite qu'un film puisque lire permet d'aller plus lentement, d'apprécier chaque détail, de revenir en arrière si on craint de ne pas avoir tout saisi, tout concourt à ne pas vous laisser abandonner ce livre. Pourquoi cette fascination de l'auteur pour Prague et ses cent tours ? Il y a vécu, aimé, enseigné, et cette histoire l'obsède :
"Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu'on leur rende hommage. Mais c'est pour nous, les vivants que cela signifie quelque chose. La mémoire n'est d'aucune utilité pour ceux qu'elle honore, mais elle sert à celui qui s'en sert. Avec elle je me construis, et avec elle je me console." (p.244)
HHhH constitue ainsi un antidote aux "Bienveillantes", livre qu'il ne m'a pas été possible de terminer, ayant le coeur trop sensible et lassée de tant de sang.
Avec HHhH, on vibre, on souffre, on espère, alors même qu'on connaît la fin dès la première ligne. C'est ça, la Littérature ! Avec un grand l'!
Lien : http://www.bigmammy.fr
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Yumiko
Yumiko16 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
J'espère réussir à trouver les mots justes pour vous parler de ce livre. Il a éveillé un nombre incalculable d'émotions en moi, à tel point que j'ai eu besoin de temps pour le digérer avant de vous en parler. Il est dur, comme tout livre traitant de l'époque, mais surtout il humanise beaucoup certains bourreaux, nous montrant différentes facettes de leur personnalité, ce qui le fait ressortir du lot par rapport à d'autres livres.
Je dois dire que ce genre de roman m'attire de plus en plus, car même si certains pensent que les nazis sont forcément tous des monstres et qu'ils ne veulent pas ne serait-ce que ressentir quelque chose vis-à-vis d'eux, j'ai de la peine à être aussi catégorique. Je suis tout simplement fascinée par la façon dont leurs esprits ont évolué durant cette guerre, dont ils ont pensé certaines étapes de leur accession à la suprématie et à l'épuration du pays.
Ces paroles peuvent choquer certains, j'en convient, mais difficile de ne pas se poser de questions quand on voit toutes les contradictions qui régissaient leur doctrine et que pourtant ils ont continué jusqu'au bout (avec plein d'infractions bien sûr, mais n'empêche qu'il n'y a pas eu les gros soulèvement qui nous semblent logiques), qu'ils obéissaient aux ordres ne réfléchissant que plus tard à la portée de leurs actes (ou pas pour certains). Il y a de quoi vouloir décortiquer l'âme humaine et essayer de comprendre comment ils ont pu aller aussi loin, afin d'éviter que cela se reproduise, non? Après tout Milgram nous a bien montré à quel point l'être humain peut flancher et se retrouver incapable de résister à une autorité...
Dans ce roman, c'est Reinhard Heydrich qui est au coeur du récit, le bras droit d'Himmler. Celui qu'on appelle HHhH - Himmlers Hirn heisst Heydrich (le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich), et qui est le chef de la Gestapo et des services secrets nazis. Je n'avais pas encore eu l'occasion de vraiment rencontrer ce personnage jusqu'à maintenant, puisque je me suis surtout intéressée aux évènements touchant Auschwitz et moins à ceux touchant l'annexion de la Tchécoslovaquie et à ceux portant sur la Gestapo.
L'auteur ne nous offre pas une histoire, mais nous parle de l'Histoire. C'est un savant mélange entre le documentaire et le roman, puisqu'il nous le rappelle souvent lui-même: il prête aux personnages des mots ou des comportements qu'ils pourraient avoir eu, mais sans être sûr que sa vision des choses soit correcte. Il essaie au mieux de transmettre toutes les informations qu'il a trouvé sur la vie d'Heydrich, sur les évènements de Prague et sur l'attentat, prenant souvent la parole dans son livre pour nous expliquer son travail de recherche et ses incertitudes sur la façon dont il transmet les faits. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé ce procédé, j'avais l'impression d'échanger avec l'auteur tout au long du roman.
Revenons-en à Heydrich un personnage palpitant dont la vie est d'une rigidité et d'une organisation incroyable. C'est un esprit pensant très intelligent (trop?), qui a imprégné le troisième Reich de sa patte si unique. Il est l'un des instigateurs d'un grand nombre d'évènements et on ne peut que se demander ce qu'aurait été le règne d'Hitler s'il n'était pas parti aussi tôt... Il y a de quoi cogiter et s'inquiéter à la vue de toutes les idées qu'il a eues et de tous les complots qu'il a fomenté en cachette. Il est un bureaucrate hors pair et un vrai génie du crime.
D'un autre côté, nous suivons les parachutistes dépêchés pour l'assassiner. Eux aussi ils passeront par toutes les galères jusqu'à l'attentat et ils vivront un vrai calvaire jusqu'au bout. Bon finalement, ils se retrouvent presque un peu en retrait face au charisme d'Heydrich, mais il n'empêche que suivre les deux côtés en même temps est palpitant. Je me suis attachée à ses personnages qui font tout pour stopper la barbarie qui se déroule chez eux, tout en sachant que cela risque de leur coûter la vie.
J'ai même été très choquée quand j'ai vu comment réagissaient les autres nations au début de la montée d'Hitler, à quel point ils ont laissé faire, sans s'inquiéter, ne voyant pas l'intérêt de s'ennuyer à intervenir... L'avenir leur donnera tort très fortement... de quoi perdre foi une fois de plus en la politique.
En bref, ce livre est un coup de coeur de part le style unique de l'auteur. L'Histoire nous est transmise d'une façon forte et poignante, qui nous emporte au fil des pages dans la tourmente et dans l'inquiétude. Voir d'autres facettes du nazisme m'a intriguée et intéressée, j'avais envie d'en apprendre toujours plus! Je ne peux que conseiller fortement ce livre aux fans du genre, même si je suis bien consciente qu'il ne conviendra pas à tout le monde.
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Les critiques presse (2)
LaLibreBelgique21 août 2012
Le résultat est passionnant, même s’il n’y a ni scoops, ni analyses politiques fouillées. C’est le récit d’un témoin sur le grand cirque de la politique.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro07 septembre 2011
C'est un récit remarquable mené de main de maitre […] Une grande réussite.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
lehane-fanlehane-fan27 septembre 2012
(...) dans un souci d'efficacité très allemand , les SS , avant de les abattre , faisaient d'abord descendre leurs victimes au fond de la fosse , où les attendait un " entasseur " . Le travail de l'entasseur ressemblait presque en tout point à celui des hotesses qui vous placent au théatre . Il menait chaque Juif sur un tas de corps et , lorsqu'il lui avait trouvé une place , le faisait étendre sur le ventre , vivant nu allongé sur des cadavres nus . Puis un tireur , marchant sur les morts , abattait les vivants d'une balle dans la nuque . Remarquable taylorisation de la mort de masse . Le 2 Octobre 1941 , l'Einsatzgruppe en charge de Babi Yar pouvait consigner dans son rapport : " Le Sonderkommando 4a , avec la collaboration de l'état-major du groupe et de deux commandos du régiment Sud de police , a exécuté 33771 Juifs à Kiev , les 29 et 30 septembre 1941 . "
+ Lire la suite
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balooobalooo17 septembre 2010
Gabcík, c'est son nom, est un personnage qui a vraiment existé. A-t-il entendu, au-dehors, derrière les volets d'un appartement plongé dans l'obscurité, seul, allongé sur un petit lit de fer, a-t-il écouté le grincement tellement reconnaissable des tramways de Prague ? Je veux le croire. Comme je connais bien Prague, je peux imaginer le numéro du tramway (mais peut-être a-t-il changé), son itinéraire, et l'endroit d'où, derrière les volets clos, Gabjík attend, allongé, pense et écoute. Nous sommes à Prague, à l'angle de Vyšehradska et de Trojijka. Le tramway n° 18 (ou 22) s'est arrêté devant le Jardin Botanique. Nous sommes surtout en 1942. Dans Le Livre du rire et de l'oubli, Kundera laisse entendre qu'il a un peu honte d'avoir à baptiser ses personnages, et bien que cette honte ne soit guère perceptible dans ses romans, qui regorgent de Tomas, Tamina et autres Tereza, il y a là l'intuition d'une évidence : quoi de plus vulgaire que d'attribuer arbitrairement, dans un puéril souci d'effet de réel ou, dans le meilleur des cas, simplement de commodité, un nom inventé à un personnage inventé ? Kundera aurait dû, à mon avis, aller plus loin : quoi de plus vulgaire, en effet, qu'un personnage inventé ?
Gabjík, lui, a donc vraiment existé, et c'était bel et bien à ce nom qu'il répondait (quoique pas toujours). Son histoire est tout aussi vraie qu'elle est exceptionnelle. Lui et ses camarades sont, à mes yeux, les auteurs d'un des plus grands actes de résistance de l'histoire humaine, et sans conteste du plus haut fait de résistance de la Seconde Guerre mondiale. Depuis longtemps, je souhaitais lui rendre hommage. Depuis longtemps, je le vois, allongé dans cette petite chambre, les volets clos, fenêtre ouverte, écouter le grincement du tramway qui s'arrête devant le Jardin Botanique (dans quel sens ? Je ne sais pas). Mais si je couche cette image sur le papier, comme je suis sournoisement en train de le faire, je ne suis pas sûr de lui rendre hommage. Je réduis cet homme au rang de vulgaire personnage, et ses actes à de la littérature : alchimie infamante mais qu'y puis-je ? Je ne veux pas traîner cette vision toute ma vie sans avoir, au moins, essayé de la restituer. J'espère simplement que derrière l'épaisse couche réfléchissante d'idéalisation que je vais appliquer à cette histoire fabuleuse, le miroir sans tain de la réalité historique se laissera encore traverser.
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JeanPierreVJeanPierreV18 janvier 2016
Depuis des années que je porte ce livre en moi, je n'ai jamais pensé à l'intituler autrement que "Opération Anthropoïde" (et si jamais ce n'est pas le titre que vous pourrez lire sur la couverture, vous aurez que j'ai cédé à l'éditeur qui ne l'aimait pas trop : trop SF, trop Robert Ludmum paraît-il....). Or Heidrich est la cible et non l'acteur de l'opération. Tout ce que je raconte sur lui revient à poser le décor, en quelque sorte. Mais il fait bien reconnaître que d'un point de vue littéraire, Heidrich est un beau personnage. C'est comme si un docteur Frankenstein romancier avait accouché d'une créature terrifiante à partir des plus grands monstres de la littérature. Sauf que Heidrich n'est pas un monstre de papier. (P. 138)
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vlg0901vlg090109 septembre 2012
le 4 février 1942, Heydrrich tient ce discours qui m'intéresse parce qu'il concerne l'honorable profession à laquelle j'appartiens : [Binet est prof de lettres, note de moi-même] “Il est essentiel de régler leur compte aux enseignants tchèques car le corps enseignant est un vivier pour l'opposition Il faut le détruire, et fermer les lycées tchèques. Naturellement, la jeunesse tchèque devra alors être prise en charge en un lieu où l'on pourra l'éduquer hors de l'école et l'arracher à cette atmosphère subversive. Je ne vois pas de meilleur endroit pour cela qu'un terrain de sport. Avec l'éducation physique et le sport, nous assurerons tout à la fois un développement, une rééducation et une éducation."
Tout un programme : cette fois, c'est le cas de le dire !
(...)
Ce discours m'inspire trois remarques :
1. En Tchéquie comme ailleurs, l'honneur de l'Education Nationale n'est jamais aussi mal défendu que par son ministre. Antinazi virulent à l'origine, Emmanuel Moravec est devenu après Munich le collabo le plus actif du gouvernement tchèque nommé par Heydrich.
(...)
2. L'honneur de l'Éducation Nationale est bel et bien défendu par les profs qui, quoi qu'on puisse en penser par ailleurs, ONT VOCATION À ÊTRE DES ÉLÉMENTS SUBVERSIFS (c'est moi qui souligne), et méritent qu'on leur rende hommage pour cela.
3. Le sport, c'est quand même une belle saloperie fasciste."
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NadaelNadael04 décembre 2010
Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu'on leur rende hommage. Mais c'est pour nous, les vivants que cela signifie quelque chose. La mémoire n'est d'aucune utilité à ceux qu'elle honore, mais elle sert celui qui s'en sert. Avec elle, je me construis, et avec elle je me console.
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