ISBN : 2909790967
Éditeur : Au Vent des Iles (2004)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Moana, c'est le bleu absolu que prend l'océan quand le regard plonge vers l'abysse, vers le vertige sans fond qui s'ouvre au-delà du lagon, passé le récif-barrière. Moana, c'est la matière bleue, à la fois aussi présente au plongeur que sa conscience et aussi désespérém... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par yv1, le 29 mars 2012

    yv1
    Moana c'est le prénom du fils de Malinda, épouse de Paulot. Paulot, le déraciné. Paulot, le métropolitain, pied-noir d'origine, débarqué un jour à Tahiti pour tenter de s'y enraciner justement. Il a épousé Malinda, maman de deux garçons, Moana et Félix. Ensemble, ils ont fait la petite Urahei, la petite soeur. Moana c'est l'adolescent fou du surf, qui sans accepter son beau-père Paulot, ne le rejette pas. Et puis, à force de patience et grâce à la plongée sous-marine, ces deux-là vont s'apprivoiser et s'apprécier et devenir inséparables. Aussi lorsque Moana meurt d'un accident de plongée et que toute sa famille est inconsolable, Paulot se sent étranger, père illégitime et a peur de se sentir rejeté.
    Moana blues se passe le jour de l'enterrement de Moana et c'est le déroulement de la journée de Paulot, ses questions, ses pensées, ses réflexions qui nous expliquent son arrivée sur l'île, sa rencontre avec Malinda et avec ses enfants.
    Roman intérieur, très fort. L'emploi alterné des deuxième et troisième personnes du singulier donne une proximité avec Paulot, avec son discours et ses émotions. Il est pudique envers les autres, mais dans ses réflexions intimes il se livre, se découvre. Un homme simple confronté à une douleur qu'il ne peut ni partager ni diminuer. Moana, était devenu son fils ; une vraie complicité et un vrai amour père-fils étaient nés. Trop vite arrêtés, puisqu'ils n'ont pu en profiter que quelques petites années, d'où une douleur encore plus vive.
    L'écriture de Anne-Catherine Blanc provoque des sensations, elle prend au ventre. J'ai compati -ce que je pouvais faire de mieux- à la douleur de Paulot et des autres membres de la famille, je me suis senti concerné et me suis même revu dans des circonstance analogues, ayant des pensées identiques à lui, des moments de solitude et des instants où j'avais l'impression de ne pas être à ma place.
    Un roman très beau, très fort sur les tourments d'un homme confronté au deuil de son récent-fils adolescent. Très différent du roman suivant d'A-C Blanc, L'Astronome Aveugle que j'avais également beaucoup aimé. Ce qui prouve que cette auteure a beaucoup de talent et qui me donne très envie de découvrir son prochain livre.

    Lien : http://www.lyvres.over-blog.com
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    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 01 juin 2010

    saphoo
    Un petit roman superbe malgré la tragédie qui se joue comme fil d'Ariane du début à la fin par l'enterrement d'un adolescent mort accidentellement lors d'une plongée. Paulot, beau-père du défunt nous livre par le biais de ce drame, sa propre histoire, ce face à face avec son existence, il nous plonge non dans le grand bleu mais dans les profondeurs de l'être humain.
    Nous parcourons ce jour d'enterrement de l'aube à l'adieu final, et l'émotion va crescendo à la mesure des mots de Paulot qui se livre au grand jour, ce jour est aussi le bilan de sa vie, la révélation tardive de cet amour paternel, sa vision de cette île, toute une panoplie de sentiments, de réflexions, un roman très riche et écrit magnifiquement.
    La structure est originale, ce dialogue avec Moana décédé et entre Paulot et lui c'est autre Paulot faisant son bilan sur cette île, c'est troublant et à la fois très intime, sensible, l'émotion devient de plus en plus intense jusqu'aux limites des larmes qui naissent bien malgré nous.
    Quoiqu'on en dise, la chose la plus terrible dans une vie, c'est de perdre son enfant, tout s'écroule autour de vous, en vous, tout le reste devient dérisoire et absurde, on sait qu'il y aura un après mais que sera-t-il ?
    Alors Paulot confie à ce fils ses douleurs, son amour, ses regrets peut-être, il se vide de ce trop plein qui le terrasse, jusqu'au bout il fait acte de présence mais dans sa tête il est ailleurs déjà loin très loin , perdu dans l'océan, dans les profondeurs, là où il sait qu'il retrouvera Moana…
    Paulot nous mène vers le Moana, même au-delà quand le bleu devient noir, dans les profondeurs des ténèbres, on voyage entre ce bleu magnifique et ce noir qui nous glace le sang.
    Entre le déroulement de l'enterrement et les confidences de Paulot, entre l'exposé des us et coutumes sur cette île, on ne ressort pas indemne de cette lecture qui m'a fortement émue.

    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/06/01/18086759.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par Lalivrophile, le 05 juin 2010

    Lalivrophile
    Vous l'aurez compris, ce livre n'est pas gai. Ce n'est pas pour autant qu'il est larmoyant. Il est poignant, émouvant, bouleversant, et aborde, avec justesse, un sujet délicat. Un livre court, dense, décrivant et suscitant émotions et sentiments variés.
    Paulo nous raconte, par fragments, son passé, et la journée de l'enterrement de Moana. Petit à petit, il se met à nu devant le lecteur, et explique comment la famille dans laquelle il est entré l'a accepté, surtout les enfants.
    Pendant cette journée, Paulo semble apathique et indifférent. Il ne se manifeste que par des malaises. Il attache de l'importance à certains détails, comme la chaleur étouffante (qui symbolise la suffocation qu'on ressent quand on perd quelqu'un), l'étiquette de sa chemise neuve qui le gratte. Au détour de ces considérations, il évoque des scènes terrifiantes de simplicité qui montrent tout l'amour qu'il ressent pour Moana et les autres.
    [...]
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    Lien : http://www.lalivrophile.net/moana-blues-d-anne-catherine-blanc.html
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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 01 juin 2010

    Il voudrait enfoncer la tête dans le coussin, le plaquer sur ses deux oreilles, mais il s'est lui-même tellement ficelé dans la saleté de drap qu'il ne peut plus dégager ses mains. Le temps d'y arriver, une porte s'est ouverte en grinçant, un murmure lui parvient à travers la cloison, quelqu'un est en train de calmer la gosse, de lui parler doucement, de l'aider à se rendormir. Pas à dire mon Paulot : les familles extensibles, c'est chiant la plupart du temps, mais ça a parfois du bon. T'imagines, nouveau père à Paris, dans un appart' de deux mètres carrés, t'aurais dû y aller toi-même.
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  • Par saphoo, le 01 juin 2010

    C’est quand il jardine ou qu’il débrousse qu’il imagine l’île avant que les hommes ne la civilisent, ou n’y apportent leur propre forme de sauvagerie, question de vocabulaire. Depuis plus de vingt ans qu’il est arrivé, il n’a jamais pu oublier son premier contact avec cette nature tropicale obscène, explosive. Ce jour-là, il a eu la vision originelle, fragment de magma dans l’infini marin, parcelle constituée au centre de la soupe primitive. Le magma bouillonne, fermente, les coulées s’épaississent, se figent en strates sillonnées par le réseau souterrain des lava tubes.
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  • Par saphoo, le 01 juin 2010

    nous avons eu si peu de temps, Moana. Nous avons gaspillé à nous guetter mutuellement, à nous apprivoiser, à nous connaître. Mais dans le bleu, d’abord quand je t’apprenais à plonger et ensuite quand, devenu en peu de mois mon égal, tu t’amusais à me faire comprendre que bientôt l’élève dépasserait le maître, nous avons vécu ensemble des moments d’une telle intensité que leur souvenir vaut bien une vie.
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  • Par saphoo, le 01 juin 2010

    Ne regarde pas, n’écoute pas. Regarde l’océan. L’océan t’a toujours sauvé de la médiocrité, quand tu la sentais peser vraiment trop fort sur ta pauvre vie d pauvre petit Paulot paumé. C’est pourtant vrai qu’on voit l’océan, d’ici, les montagnes s’entrouvrent sur une belle échancrure verte de lagon, frangée de la ligne blanche et nette du récif qui la sépare du bleu profond, du moana …
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  • Par saphoo, le 01 juin 2010

    les îles sont des lieux forts, intenses, violents, faits pour des personnalités déjà persuadés qu’ils vont pouvoir s’y oublier, s’y métamorphoser, alors ils s’y retrouvent face eux-mêmes et rien de plus, face à leur propre vérité, nus moralement et presque physiquement. Le corps ici ne peut pas se nier, se cacher, il fait trop chaud, l’esprit ne peut pas dissimuler ses lâchetés et ses compromissions, il fait trop clair. Les bourrelets de la graisse, les bourrelets du remords, on les repère au premier coup d’oeil.
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