Un petit roman superbe malgré la tragédie qui se joue comme fil d'Ariane du début à la fin par l'enterrement d'un adolescent mort accidentellement lors d'une plongée. Paulot, beau-père du défunt nous livre par le biais de ce drame, sa propre histoire, ce face à face avec son existence, il nous plonge non dans le grand bleu mais dans les profondeurs de l'être humain.
Nous parcourons ce jour d'enterrement de l'aube à l'adieu final, et l'émotion va crescendo à la mesure des mots de Paulot qui se livre au grand jour, ce jour est aussi le bilan de sa vie, la révélation tardive de cet amour paternel, sa vision de cette île, toute une panoplie de sentiments, de réflexions, un roman très riche et écrit magnifiquement.
La structure est originale, ce dialogue avec Moana décédé et entre Paulot et lui c'est autre Paulot faisant son bilan sur cette île, c'est troublant et à la fois très intime, sensible, l'émotion devient de plus en plus intense jusqu'aux limites des larmes qui naissent bien malgré nous.
Quoiqu'on en dise, la chose la plus terrible dans une vie, c'est de perdre son enfant, tout s'écroule autour de vous, en vous, tout le reste devient dérisoire et absurde, on sait qu'il y aura un après mais que sera-t-il ?
Alors Paulot confie à ce fils ses douleurs, son amour, ses regrets peut-être, il se vide de ce trop plein qui le terrasse, jusqu'au bout il fait acte de présence mais dans sa tête il est ailleurs déjà loin très loin , perdu dans l'océan, dans les profondeurs, là où il sait qu'il retrouvera Moana…
Paulot nous mène vers le Moana, même au-delà quand le bleu devient noir, dans les profondeurs des ténèbres, on voyage entre ce bleu magnifique et ce noir qui nous glace le sang.
Entre le déroulement de l'enterrement et les confidences de Paulot, entre l'exposé des us et coutumes sur cette île, on ne ressort pas indemne de cette lecture qui m'a fortement émue.
Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/06/01/18086759.h..