ISBN : 2070268268
Éditeur : Gallimard (1969)


Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
« Écrire, l'exigence d'écrire : non plus l'écriture qui s'est toujours mise (par une nécessité nullement évitable) au service de la parole ou de la pensée dite idéaliste, c'est-à-dire moralisante, mais l'écriture qui, par sa force propre lentement libérée (force aléatoi... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 14 août 2009

    Piling
    Blanchot ou le sheikh du Barzakh, comme je dis souvent en plaisantant à une murîd, toujours dans l'entre-deux et ne voulant point passer dans l'un ou l'autre monde. Ainsi, la relation maître-disciple serait ici, pour lui, essentiellement une infranchissable distance, une dynamique tendue entre le disciple et le maître, lequel n'a pas pour fonction d'instruire mais de dérouter au fond : un murshid dont la fonction n'est pas de guider mais d'égarer, du moins d'empêcher l'arrivée, et surtout d'arriver à sa personne, ce qui éteindrait la quête. Un lien de tension assez proche de l'amour courtois, où l'accomplissement est soit inaccessible, ou recule toujours, ou se dérobe, afin que reste le désir et la brûlure qui est le lien véritable. De même le maître est peut-être celui qui sait garder entre lui et l'élève, un pont éternel, c'est-à-dire jamais franchi totalement, jamais effondré non plus.

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/08/le-maitre-represente-une-region..
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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 17 août 2009

    Piling
    A la vue, à la clarté, aux contours nets et solaires d'une vérité solaire, l'UN, Blanchot aime bien opposer la parole qui embrouille, déroute, la parole transgressive qui aveugle. le Dieu parole de l'Ancien Testament opposé à l'éternelle vérité statique de l'Image grecque. Alors que les courants iconoclastes surtout venus de la Bible et plus tard du Coran ont dénoncé l'image comme scandaleuse, Blanchot montre que c'est la Parole qui est dangereuse, effraction, transgression, source de désordre et de discorde, fitna. L'image relie, met d'accord, rassemble.

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/08/la-parole-est-guerre-et-folie-a..
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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 13 août 2009

    Piling
    C'est une piètre piété que celle qui demande de croire pour être, ce qui corrobore fort à propos mes doutes sur la sagesse de l'agnostique...

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/08/mon-seul-desir-dieu-aimant-et-l..
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 21 août 2009

    Et Héraclite a dit avant les autres : " Si toutes choses devenaient fumée, on les discernerait avec les narines." Mais il ne faisait pas du nez un organe théologique. Je n'ai rien, notez-le, contre l'odeur de fin de temps. Il est possible que cette mixture de vague science, de confuse vision, d'incertaine théologie, telle qu'on la trouve chez Teilhard, ait aussi une valeur de symptôme, et même de pronostic : Dans les périodes de transition, on voit se développer ce genre de littérature. Ce qui est pénible, c'est que cet homme sincère et courageux ne se rend pas compte de l'horrible mélange dont il doit se contenter, parlant au nom du savoir, alors qu'il parle en auteur de science-fiction.
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  • Par Piling, le 15 août 2009

    Prenons ces deux modes d'expression : "Le ciel est bleu", "Le ciel est-il bleu ? Oui." Il ne faut pas être grand clerc pour reconnaître ce qui les sépare. Le "Oui" ne rétablit nullement la simplicité de l'affirmation plane : le bleu du ciel, dans l'interrogation, a fait place au vide ; le bleu ne s'est pourtant pas dissipé, il s'est au contraire élevé dramatiquement jusqu'à sa possibilité, au-delà de son être et se déployant dans l'intensité de ce nouvel espace, plus bleu, assurément, qu'il n'a jamais été, dans un rapport plus intime avec le ciel, en l'instant – l'instant de la question où tout est en instance. Cependant, à peine le Oui prononcé et alors même qu'il confirme, dans son nouvel éclat, le bleu du ciel rapporté au vide, nous nous apercevons de ce qui a été perdu. Un instant tranformé en pure possibilité, l'état des choses ne fait pas retour à ce qu'il était. Le Oui catégorique ne peut rendre cela qui un moment n'a été que possible, puisqu'il affirme maintenant l'être de ce qu'il est, mais comme il affirme en réponse, c'est indirectement et d'une manière seulement médiate qu'il l'affirme. Ainsi, dans le Oui de la réponse, nous perdons la donnée droite, immédiate, et nous perdons l'ouverture, la richesse de la possibilité. La réponse est la malheur de la question.

    Ce qui veut dire qu'elle fait apparaître le malheur qui est caché dans la question. C'est même le trait déplaisant de la réponse. La réponse n'est pas en elle-même malheureuse; elle garde pour elle l'assurance; une sorte de hauteur est sa marque. Celui qui répond est implicitement supérieur à celui qui interroge. D'un enfant qui oublie le statut de l'enfance, l'on dit : il répond. Répondre, c'est la maturité de la question.
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  • Par Piling, le 21 août 2009

    Ces vues, réduites à ce qu'elles ont de plus simple, que signifient-elles ? Qu'il y a, caché dans ce qu'on appelle la technique moderne, une puissance qui va dominer et déterminer tous les rapports de l'homme avec ce qui est. Cette puissance, nous en disposons, en même temps quelle dispose, mais nous ignorons quel en est le sens; nous ne le comprenons pas pleinement. Ce trait mystérieux, Jünger le fait briller à l'aide des vieilles images du romantisme magique, Teilhard, avec les façons de dire d'une science qui n'est qu'une prescience. Tous deux, loin de s'effrayer de ce mystère, s'en réjouissent et s'y confient. Tous deux ont foi en l'avenir, ils aiment l'avenir : avenir non seulement d'années, mais d'états supérieurs. Cela est bien.
    – Je me demande si tout au contraire vos auteurs n'ont pas pour l'avenir une sorte de répugnance, puisqu'ils refusent d'accueillir l'inachèvement qu'il recèle nécessairement en lui. On dirait qu'ils font tout pour se détourner de la simple vérité de notre mort qui est d'être toujours prématurée et avant terme. De là cette hâte avec laquelle ils affirment : l'époque est achevée, un temps a pris fin.
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  • Par Piling, le 20 août 2009

    Il ne faut pas douter de l'essence dangereuse du quotidien, ni de ce malaise qui nous en saisit, chaque fois que, par un saut imprévisible, nous nous en écartons et, nous tenant en face de lui, découvrons que rien précisément ne nous fait face : "Comment ? C'est cela, ma vie quotidienne ?" Non seulement, il n'en faut pas douter, mais il ne faut pas la redouter, il faudrait bien plutôt chercher à ressaisir la secrète capacité destructrice qui est là en jeu, la force corrosive de l'anonymat humain, l'usure infinie. Le héros, pourtant homme de courage, est celui qui a peur du quotidien et qui en a peur, non pas parce qu'il craint d'y avoir trop à son aise, mais parce qu'il redoute d'y rencontrer le plus redoutable : une puissance de dissolution. Le quotidien récuse les valeurs héroïques, mais c'est qu'il récuse bien davantage, toutes les valeurs et l'idée même de valeur, ruinant toujours à nouveau la différence abusive entre authenticité et inauthenticité. L'indifférence journalière se situe à un niveau où la question de valeur ne se pose pas : il y a du quotidien (sans sujet, sans objet), et tandis qu'il y en a, le "il" quotidien n'a pas à valoir et, si la valeur prétend cependant intervenir, alors "il" ne vaut "rien" et "rien" ne vaut à son contact. Faire l'expérience de la quotidienneté, c'est se mettre à l'épreuve du nihilisme radical qui est comme son essence et par lequel, dans le vide qui l'anime, elle ne cesse de détenir le principe de sa propre critique.
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  • Par Piling, le 21 août 2009

    En rédigeant Une Saison et l'"Adieu" qui la termine, si Rimbaud met fin à ses rapports avec la littérature, cela ne veut pas dire qu'au mois d'août 1873, à tel jour et à telle heure, il s'est levé et retiré. Une décision d'ordre moral peut à la rigueur n'avoir besoin que d'un instant pour s'accomplir : telle est sa force abstraite. Mais la fin de la littérature est à nouveau toute la littérature, puisqu'elle doit trouver en elle-même sa nécessité et sa mesure. Admettons, comme il est possible et, je pense, probable, que Rimbaud ait continué à faire œuvre poétique, après avoir enterré son imagination et ses souvenirs : que signifierait cette activité continuée et cette survie ? Ceci d'abord, que sa rupture n'a pas été seulement un "devoir", comme il a pu le penser momentanément, mais a répondu à une exigence plus obscure, plus profonde et, en tout cas, moins déterminée. Ensuite, qu'à celui qui veut enterrer sa mémoire et ses dons, c'est encore la littérature qui s'offre comme terre et comme oubli.
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Film de CHRISTOPHE BIDENT et HUGO SANTIAGO, 1998 Retour sur la vie et l'oeuvre de Blanchot Interview d'E. Levinas, de Christophe Bident Lecture de Jacques Dupin








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