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> José Ignacio Fernández (Illustrateur)

ISBN : 2359200003
Éditeur : Alzabane (2009)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Avec "Ils ne sont pas comme nous", c’est un livre choc et prenant que proposent ici Jean-Sébastien BLANCK (textes) et José Ignacio FERNANDEZ (illustrations). Conçue et réalisée comme un véritable « livre-film », cette nouvelle illustrée nous transporte au cœur de l’Alle... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nanne, le 23 juin 2010

    Nanne
    En mettant en exergue ces vers de "L'Homme qui rit" de Victor Hugo, le ton de ce petit conte cruel est donné. Si le rire est une thérapie pour désamorcer une situation préoccupante, il peut aussi être ironique, méprisant, méchant, sardonique, sarcastique. le rire se transforme, dès lors, en un rictus effroyable.
    Juin 1938. Clinique Münstall. Il y a là Wolf qui compte toute la journée. Il compte, recompte et décompte. Cent fois, mille fois, il remet les compteurs à zéro dès qu'il a atteint son objectif chiffré. Il compte les pas, les arbres, les cachets, les mots. Tout ce qui passe à sa portée est inventorié, comptabilisé. C'est une obsession dont il ne peut se défaire. Wolf s'est noyé dans les nombres, son esprit est encombré d'unités, de quantités infinies, de séries, d'abstractions, de pairs et d'impairs, de divisibles et d'indivisibles. Son âme est définitivement engloutie, submergée. Seuls, importent les chiffres. Il y a aussi Reinhardt, celui qui passe son temps à chaparder la blouse du médecin. Il joue au docteur avec les autres patients. Il a besoin d'être quelqu'un d'autre que lui. Dès qu'il aperçoit un uniforme, il n'a qu'un désir, s'en emparer pour le porter. Et puis, il y a le journaliste, venu à la clinique pour réaliser un reportage. Il est venu avec sa petite valise et se demande bien pourquoi, vu qu'il n'est là que pour son travail. Il n'est pas malade, lui. Il est différent des autres. Les anormaux, ce sont eux. D'ailleurs, il refuse de prendre les médicaments que lui donnent Emma ou Anna, les infirmières. Lui veut juste rentrer chez lui.
    Janvier 1939. Otto Kepffer, chargé de mission du nouveau gouvernement est chargé de faire appliquer la circulaire de son ministère et de regrouper les patients de la clinique Münstall dans un centre spécial plus adapté, dans le cadre d'un programme expérimental. Leur transfert doit se faire dans les meilleurs délais, avec méthode et organisation. Wolf, Reinhardt, le journaliste et tous les autres comprennent que quelque chose trame. Heureusement, le docteur Schmidt et Emma sont présents pour calmer les angoisses, pour endormir les peurs, pour tranquilliser, malgré leur tristesse apparente. Les soldats eux aussi comptent, impassibles et concentrés, occupés qu'ils sont par leur macabre besogne. De toute façon, ces individus sont la lie de la nouvelle société. Ils souillent la pureté de la race aryenne. Ce sont des êtres sans valeur.
    Écrit sous la forme d'une fable cynique, "Ils Ne Sont Pas Comme Nous" de Jean-Sébastien Blanck revient sur un épisode monstrueux de la 2e Guerre mondiale - qui n'a pas été avare d'événements abominables -, les expériences de gazage des malades mentaux. Cette expérimentation sur des êtres pudiquement qualifiés de différents allait ouvrir la voie, quelques années plus tard, au génocide d'autres sous-hommes - les Juifs, les Tziganes -, considérés comme tels par des individus se considérant très au-dessus de la moyenne. Saisissante allégorie sur la folie humaine, on perçoit que celle-ci ne se situe pas où on croit la trouver. La folie se trouve dans l'autre camp, celui de l'État qui a décrété l'éradication de personnes psychologiquement fragiles et qu'il aurait dû protéger, celui de la société dans sa quasi-totalité pour son silence obstiné valant un soutien tacite de cette politique infâme, celui des médecins et personnels soignants qui ont contribué à favoriser ce meurtre de masse par passivité. En 59 pages, le texte - servi par une écriture intelligente, nerveuse, au phrasé court et simple -, synthétise toute l'abomination de ce programme secret d'euthanasie des internés psychiatriques. Alternant courriers, dialogues, points de vue divers, l'auteur réussi à rendre l'atmosphère d'angoisse des patients, les non-dits du corps médical, les sentiments de gêne, de honte, de lâcheté de chacun. Conçu comme un scenario, le graphisme des photos renforce encore un peu plus cette sensation de malaise. Usant de méthodes de photomontage à la manière des anciens romans-photos de l'époque, on est impressionné par l'humanité et la normalité des fous, alors que les êtres soi-disant supérieurs apparaissent pervertis, défigurés par une idéologie qui les assimilent à la vraie folie. "Ils Ne Sont Pas Comme Nous" de Jean-Sébastien Blanck ou comment raconter l'indicible de façon à la fois accessible et captivant. A mettre entre toutes les mains, sans hésitation.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2010/06/pas-comme-nous-pas..
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    • Livres 4.00/5
    Par FeeParadis, le 09 février 2010

    FeeParadis
    Cette nouvelle montre comment les malades internés dans un HP ont été les premiers cobayes du tristement célèbre gaz zyklon qui permis, au nom de l'"hygiène raciale" d'exterminer de manière systématique des handicapés, des juifs ou des tsiganes.
    A travers es 20 séquences illustrées qui composen la nouvelle, on se pose différentes questions :
    - les pathlogies des patients nécessitaient-elle déjà un enfermement ? Rien n'est mois sûr, tant ils ne semblaient pas dangereux mais plutôt bourrés de médocs.
    - on voit bien que la mère du pricipal narrateur et le personnel soignant étaient loin d'être favorables à ce qui se profilait (mais n'a été nommé que dans les dernières pages) : comment ce système a pu être efficace au point que personne n'ose se révolter contre cette inhumanité ? Parce que là, ils ne pouvaient pas dire qu'ils ne savaient pas !
    Comme dans un film, à partir de l'entrée en scène des militaires, on sent qu'il se trame quelquechose de pas net et on avance progressivement vers le drame final.
    L'histoire et le scénario sont assez simples et on connait malheureusement tous la fin. Ce qui est intéressant, c'est cette manière naïve d'amener le sujet de l'intérieur. Les illustrations vont parfaiteent dans le sens de cette naïveté : on y voit des personnages hilares et sympas qui ne se doutent de rien. Les montages donnent une impression d'hypercéphalie grotesque. Tous les personnages sont illustrés de cette manière :
    - les malades : imbéciles heureux qui ne se doutent de rien
    - le peronnel soignant qui finalement a laissé faire de peur de subir le même sort que les malades
    - les SS, sûrs de la légitimité de leurs actes : ils sont persuadés de rendre service aux malades et à leurs familles en les amenant vers la solution finale
    - Himmler et ses sbires administratifs ils ont la satisfaction du devoir accompli.
    L'histoire se passe entre juin 1938 et janvier 1940. Cest un contexe extraordinaire d'inhumanité et d'eugénisme. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Evidement, dans les pays occidentaux, on ne gaze plus les handicapés. Mais le manque d'attention et d'aide qui leur est apporté, à eux et à leurs familles, n'est-il pas le signe d'un eugénisme rampant ?
    La société a peur, et a toujours eu peur, des gens "pas comme nous" (handicapés, étrangers, pauvres, subversifs, marginaux, vieux ...). L'enfermement, la relégation et l'éloignement loin des yeux nous semblent de bonnes solutions. Mais finalement, ce sont les mêmes germes inhumains qui ont conduit au pire il n'y a pas si longtemps.
    Outre ses qualités littéraires et graphiques, cette nouvelle est une super piqure de rappel pour nous faire réfléchir au sens réel du "plus jamais ça" de 1945. Je suis très contente d'y avoir eu accès via Babélio, et j'en recommande chaudement la lecture à tous !


    Lien : http://esterella-au-pays-des-merveilles.over-blog.com
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  • Par pimprenelle, le 10 mars 2010

    pimprenelle
    J'ai été très surprise en découvrant ce petit livre, pas plus grand qu'un fasicule à la couverture pour le moins étonnante. L'illustration donne un aspect vieilli et les personnages représentés donnent le ton... En effet, j'ai d'abord feuilleté le livre et regardé les pages illustrées. Je dois reconnaître qu'elles m'ont vraiment mise mal à l'aise : il s'agit de montages avec en arrière plan de vraies photos anciennes sur lesquelles viennent se greffer d'étranges personnages. Leurs têtes donnent l'impression d'être démesurées par rapport à un corps qui ne semble pas assorti. Une drôle de sensation vraiment, à la vue de ces graphismes, je vous en laisse juges...
    Et puis, en abordant le texte, on comprend car celui-ci met lui aussi mal à l'aise... La folie est reflétée dans le texte même, qui joue avec les points de vue des personnages, sous forme de dialogues qui donnent parfois la sensation que les personnages s'adressent directement au lecteur, témoin impuissant. D'ailleurs, tout est fait pour que nous perdions nos repères, plongés nous-mêmes au coeur de la folie. D'abord, il y a ce journaliste qui ne semble finalement pas si fou et qui lance ses supplications "Tu sais, j'attends que tu viennes me chercher et que tu me ramènes à la maison. Tu ne devrais plus tarder maintenant n'est-ce pas? Tu me l'as promis." Et là, on se prend à douter : et si finalement, cet homme était comme nous? Victime d'une machination? Et puis, il y a ces fous qui se prennent pour des médecins, et ces médecins qui sont sans doute les plus fous dans l'histoire : ils obéissent les yeux fermés aux ordres donnés par les SS. Des ordres qui montrent là encore la folie, la barbarie de l'état nazi. Ce livre s'appuie en effet sur des faits historiques : les nazis, pour préparer la solution finale, ont testé leurs premières chambres à gaz sur ces hommes. Des hommes qui selon eux, n'étaient pas dignes de leur race supérieure car "tarés"... Et même si on connait les ignominies qui ont été commises à cette époque sombre de l'histoire, c'est chaque fois, la même terreur et la même incompréhension. Un livre qui dérange donc, qui bouscule, mais qui ne peut laisser indifférent, ne serait-ce que par sa construction si particulière.


    Lien : http://carnets-de-lecture.over-blog.com/article-ils-ne-sont-pas-comm..
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    • Livres 4.00/5
    Par Reno, le 08 février 2010

    Reno
    Ce livre est un bel et étrange objet qui, pour dénoncer un horrible évènement de l'histoire, revêt une forme originale.
    Le texte est de prime abord déroutant, mais on s'y fait vite. Il est composé de courts paragraphes et est exclusivement formé de dialogues ou monologues.
    Le journaliste est le personnage principal : ce sont ses pensées et ses échanges que l'on suit au départ. Mais les points de vue changent au fur et à mesure du récit. Ce sont ensuite les envoyés du ministère puis les S.S. qui prennent la parole.
    Comme le dit le texte de présentation envoyé par l'éditeur, on découvre petit à petit le contraste entre ces mondes. D'un côté, celui de la maladie mentale, où l'on finit par s'attacher à tous ces personnages particuliers. De l'autre, celui des nazis, qui profèrent sans sourciller les pires horreurs.
    Les illustrations de José Ignacio Fernandez, quant à elles, sont intéressantes (la couverture en offre un bon exemple). Elles sont réalisées à partir de photographies découpées et de montages. L'effet est intrigant et parfois dérangeant ou effrayant quand les parties du corps sont déformées : les têtes sont parfois disproportionnées par rapport au corps, les yeux sont agrandis ou les bouches retouchées. Il en ressort cependant un effet de profondeur et une facilité à repérer chaque personnages, même si leur nom n'est pas écrit. De plus, la plupart du temps les personnages regardent le lecteur, ce qui l'interpelle.
    Le rapport texte-image est également très intéressant. Chaque chapitre est accompagnée d'une illustration, qui montre la scène décrite par le texte. Les images apportent cependant des indications supplémentaires sur les personnages et leur sentiment.

    Lien : http://blablabibli.over-blog.com/article-ils-ne-sont-pas-comme-nous-..
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    • Livres 5.00/5
    Par Dahlianoir, le 10 février 2012

    Dahlianoir
    Etrange et troublant, ce livre raconte la première expérience nazie d'utilisation de chambre à gaz sur les malades mentaux d'un asile psychiatrique en Allemagne. Les montages photos de José Ignacio Fernandez qui illustrent le livre impressionnent par leur étrangeté. Avec son texte, constitué essentiellement de dialogues et monologues, Jean-Sébastien Blank, nous transpose dans cet hôpital au milieu de ces malades touchants qui n'ont aucune idée de ce qui les attend. Un livre déroutant sur la folie humaine, la vraie, non pas celle des malades mentaux mais celle du nazisme...
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Citations et extraits

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  • Par MarcBibliotheca, le 10 février 2010

    " - Vous croyez qu'ils ont peur ou qu'ils se doutent de quelque chose? demanda Schoënber.

    L'autre SS qui avait fini de compter, éclata de rire en fermant bruyamment son registre.

    - Ah ! Ah ! Pensez-vous mon colonel ! Ce sont des fous, ils sont comme des animaux. Ils ne comprennent rien, ils ne sentent rien... Ce sont des dégénérés.

    - Oui, certainement ... fit Schoënber, pensif.

    - Nous rendons service à leur famille... Vous savez, conclut l'officier comptable, ce ne sont pas des humains!

    Le colonel SS observait, impassible, ces fantômes apeurés défiler devant lui comme du bétail. On commençait à entendre de plus en plus de pleurs et de grognements. Wolf était déjà loin devant. Il sanglotait : "Mon lapin! Mon lapin!"

    - Oui, ce sont des fous, c'est vrai... dit Schoëner toujours songeur. Ils ne sont pas comme nous ! "
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  • Par Nanne, le 23 juin 2010

    - Vous croyez qu'ils ont peur, ou qu'ils se doutent de quelque chose ? Demanda Shoënber. L'autre SS, qui avait fini de compter, éclata de rire en fermant bruyamment son registre. - Ah ! Ah ! Pensez-vous, mon colonel ! Ce sont des fous. Ils sont comme des animaux. Ils ne comprennent rien, ils ne sentent rien ... Ce sont des dégénérés. - Oui, certainement ... fit Shoënber, pensif. - Nous rendons service à leur famille ... Vous savez, conclut l'officier comptable, ce ne sont pas des humains !
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  • Par Nanne, le 23 juin 2010

    Quatre et quatre font huit. Huit et huit qui font quinze ... Ah non ! Seize ! Ou dix-huit. Je ne sais plus. Ah ! Bonjour, monsieur ! Je m'appelle Wolf. Vous savez, on m'a emmené ici il y a très longtemps. Mais je me plais bien. On me laisse compter tranquillement. C'est important de compter, vous savez ... Alors ... Trois et trois font six, et six et six font ...

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