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Critiques sur Là où les tigres sont chez eux (32)


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    • Livres 4.00/5
    Par litolff le 28/04/2012


    Tragédie baroque au Brésil
    1982 : Eléazard von Wogau, vague correspondant de presse français expatrié à Alcantara, ville abandonnée du Nordeste, se plonge dans un manuscrit inédit sur la vie d' Athanase Kircher, jésuite du XVIIe siècle, héritier des esprits universels de la Renaissance, mathématicien, linguiste, archéologue, naturaliste, historien des religions, ingénieur, géologue...
    Découpé en 32 sections, ce roman vertigineux se cristallise autour de la vie d'Athanase Kircher racontée par son disciple, Caspar Schott, qui ne ménage pas son admiration pour le grand homme. Chaque section commence donc par un chapitre de la vie du jésuite qui fut une sorte de Léonard de Vinci de l'époque baroque, un polygraphe qui a écrit sur tout, polyglotte, rêveur loufoque, fasciné par le prodigieux, curieux de tout et doté d'une formidable énergie. Les tribulations des personnages contemporains se déroulent et s'emboitent autour de cette biographie érudite.
    Dans un Brésil écartelé entre misère et opulence, pendant qu'Eleazard décrypte Athanase, Elaine, son ex-femme, remonte le fleuve Paraguay et s'enfonce dans la jungle amazonienne pour une expédition archéologique qui tourne au cauchemar, leur fille Moéma glisse sur la pente dangereuse de l'addiction, Moreira, gouverneur de la Province d'Alcântara, échafaude une machiavélique opération immobilière avec la bénédiction du Pentagone et le jeune Nelson, mendiant infirme des favelas rumine des projets de vengeance à l'encontre dudit gouverneur… Tous sont inéluctablement en route vers leur destin...
    Autour de ces vies entrelacées s'échafaude une réflexion profonde sur la condition humaine, le sens de la vie : au nom de Dieu et de la science, des hommes tels que Kircher sont partis évangéliser le monde et le Brésil en particulier et ont fondamentalement modifié le pays et la vie des peuples qu'ils ont rencontrés...
    Foisonnant, vertigineux, truculent, un grand roman d'aventure à ambition philosophique, une écriture précise et rythmée, un style enlevé, à déguster avec une caïpirinha !

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    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout le 25/04/2014


    De quoi nous parle ce Jean Marie Blas de Roblès, qui, il ne faut pas l'oublier car c'est important, est archéologue?
    De la vie d'Athanase Kircher, donc,un jésuite allemand, graphologue, orientaliste, esprit encyclopédique et un des scientifiques les plus importants de l'époque baroque.nous dit wikipedia.
    Racontée en chapitres jusqu'à sa mort par un disciple, Caspar Schott, un autre scientifique allemand contemporain, qui a ,lui aussi, existé.
    Et ceci grâce à un manuscrit totalement inédit trouvé à la Bibliothèque nationale de Palerme , et parvenu à quelqu' un qui connaît l'œuvre d'Athanase Kircher mieux que quiconque , et même de façon un peu obsessionnelle, Eléazard von Wogau .
    A partir de là on va lire, alternativement, les aventures d'Athanase, les réflexions que celles-ci inspirent à Eléazard, et, parallèlement les aventures de la famille von Wogau et de quelques autres au Brésil.

    Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Eléazard n'aime guère Athanase.Un "artiste de l'échec "l'appelle-t-il. Alors lire et étudier à longueur de journée les louanges de Caspar Schott sur le génie de cet homme ne le mettent pas d'humeur joyeuse dans ses carnets,qui sont la partie je dirais "philosophique" du livre .Réflexions auxquelles il faut ajouter ses conversations avec un ancien jésuite devenu maoïste, Euclides. Il parlent de beaucoup de choses,et entre autres, de ce qu'est l'Histoire.
    L'Histoire c'est -ce qui s'est réellement passé , pense-t-il citant Léopold von Ranke ( vous comprendrez le temps que l'on met à lire ce livre, vu le nombre de références , soupir..).
    Euclides lui répond Duby : "L'historien est un rêveur contraint, contraint à rêver devant les faits, à replâtrer les failles, à rétablir de chic le bras manquant d'une statue qui n'existe toute entière que dans sa tête."
    Et l'art… "Toute l'histoire de l'art et même de la connaissance est faite de cette assimilation plus ou moins poussée de ce que d'autres ont expérimenté avant nous…"

    Qui a pensé quoi, qui a écrit quoi.." Ce qui importe, c'est la matière grise universelle, pas les individus qui s'en trouvent par hasard, ou s'en rendent sciemment, propriétaires "( j'ai appris dans ce roman qui avait -vraiment -écrit « Rome, Rome l'unique objet de mon ressentiment etc, ) et tant d'autres choses , que j'oublie, bien sûr au fur et à mesure, hélas..).
    C'est dans ces réflexions que Jean Marie Blas de Roblès, archéologue, donc, nous dit beaucoup sur l'histoire, donc, mais aussi la science , science et réalité, ou plutôt science et appréhension du réel , la religion etc, et c'est toujours passionnant. Très érudit aussi , et je recommande de consulter un index qu'il avait rajouté sur tous ceux qui sont nommés.

    Cet Euclides va pousser Eléazard à se réconcilier avec le personnage historique qu'il étudie .Et à en tirer des enseignements sur sa propre personnalité, bien sûr.
    "Qu'ai-je aimé chez Kircher, sinon ce qui le fascinait lui-même: la bigarrure du monde, son infinie capacité à produire des fables, Wunderkamer: galerie des merveilles, cabinet des fées.. Grenier, cagibi, coffre à jouets où se lovent nos étonnements premiers, nos frêles destins de découvreurs."
    "L 'effet Kircher: le baroque. Ou, comme l'écrivait Flaubert, ce désespérant besoin de dire ce qui ne peut se dire…"

    C'est un personnage vraiment étonnant, Athanase! Qui au siècle de Galilée , à l'époque où les sciences expérimentales donnent accès à la compréhension, invente lui absolument n'importe quoi de façon complètement compulsive et dans n'importe quel domaine. Il a l'art de profiter de l'évènement, et bien sûr, bénéficiant des faveurs divines, ses inventions et découvertes ne sauraient être contestées. Il y a ainsi des épisodes très drôles au moment d'une épidémie de peste, où il saute sur les bubons pour étudier leurs contenus, découvrant le vermicelle de la peste, installe dans les cercueils des alarmes pour les malheureux enterrés un peu vite, à chaque jour sa trouvaille!
    Dans un autre domaine, il est donc persuadé d'avoir percé à jour la lecture des hiéroglyphes, de pouvoir communiquer en chinois et même de pouvoir reconstituer la langue de Dieu lui-même, celle qui était parlée en haut de la tour de Babel , et son dernier ouvrage, intitulé La Tour de Babel, donnait la preuve mathématique que la tour de Babel n'aurait jamais pu atteindre la Lune, attestant ainsi que "sa destruction résultait plus de la folie de son entreprise que de la volonté divine." CQFD.
    Et même au moment de sa mort! Avec la balance à peser l'âme que Caspar Schott devait utiliser juste au moment où il rendait son dernier soupir.. Un demi-scrupule pesait l'âme de Kircher…

    J'ai vraiment beaucoup aimé toute cette partie de ce roman,peut être un peu moins le reste. Peut être y a-t-il trop de personnages , un peu survolés, du moins si on compare avec le duo Kircher- Eleazard.
    Je ne vais pas tout reprendre, mais ces nombreux personnages qui évoluent dans cette histoire suivent chacun leur chemin- et quel chemin pour certains! Ils ont donc tous en commun un rapport plus ou moins familial avec Eleazard, et, comme dans tout bon roman choral, des liens entre eux. Et un destin commun.. En tout cas, pendant qu'Eléazard va se "trouver", les autres vont tous se "perdre".Un peu ou beaucoup.
    Même si, à mon avis , les chapitres qui narrent leurs aventures sont d'intérêt inégal, c'est un roman qui est difficile à lâcher.

    Quant à ce qu'il raconte vraiment, ce qui est vrai, ce qui est faux, alors là…:
    "Le problème n'est pas de savoir si un tel a vraiment dit ce qu'on lui fait dire, mais de juger si on a réussi à le lui faire dire d'une façon cohérente. La vérité n'est-elle pas ce qui finit par nous convenir assez pour que nous l'acceptions en tant que telle? le cas limite de la satisfaction, disait W.V. Quine."

    Très satisfaite, moi!
    Bien sûr, si vous aimez les textes concis, vous évitez..












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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura le 28/04/2011


    Correspondant de presse installé au Brésil,Eléazard von Wogau est chargé d'étudier une biographie inédite d'Athanase Kircher, célèbre jésuite du XVIIè siècle, inventeur de génie et grand érudit aux savoirs multiples.Et tandis qu'Eléazard se plonge dans le passé de cet homme hors du commun, sa fille Moéma s'adonne à la drogue,son ex-femme Elaine s'enfonce dans la jungle pour une périlleuse expédition archéologique pendant que Nelson,gamin des favélas, rêve de vengeance...
    Avec une maëstria inouïe,Blas de Roblès mêle différents récits, styles de narration et genres littéraires concoctant ainsi un livre d'aventures, un roman historique, sociologique, scientifique ou encyclopédique... qui traite de la quête des origines en parcourant époques, courants de pensée, sciences ou religions.Les lectures y sont diverses et variées mais également géniales; le lecteur s'immerge dans une oeuvre polymorphe époustouflante de démesure et d'érudition.Un vrai Chef-d'oeuvre

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    • Livres 4.00/5
    Par Auslander le 13/03/2012


    Concernant le titre, il est tiré des "Affinités électives" de Goethe : « Ce n'est pas impunément qu'on erre sous les palmiers, &* les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux ».

    Ces presque 900 pages se composent de six intrigues interdépendantes. Cinq d'entre elles ont pour toile de fond le Brésil au début du XXIe siècle, la sixième est une biographie romancée d'Athanase Kircher, plyglotte & esprit encyclopédique du XVIIe siècle. Chacun des 32 chapitres débute justement par l'histoire de ce personnage qui a réellement existé, suivie alternativement d'une des cinq autres intrigues, passant ainsi d'une époque à l'autre & d'un lieu à l'autre. Cette alternance est perceptible au niveau du style : Jean-Marie Blas de Roblès (1954-) jongle admirablement entre une langue précieuse & maniérée pour la biographie de Kircher & une belle langue au vocabulaire riche pour les autres passages. Dans les deux cas, le style est assez soutenu mais reste fluide & agréable à lire.

    L'auteur fait aussi preuve d'une grande érudition : une très bonne connaissance du Brésil (langue, géographie, mœurs, etc.) ainsi que de l'époque baroque (histoire, religion, philosophie, etc.). Derrière cette érudition se cache, on l'imagine, un travail de documentation assez conséquent. Il faut noter que contrairement aux livres d'Umberto Eco où parfois, & même souvent, on est dépassé par tant d'érudition, ce n'est pas le cas ici & le lecteur n'est pas « largué » principalement grâce au découpage du roman.

    Jean-Marie Blas de Roblès a mis 10 ans pour mettre au point ce texte, & on comprend donc pourquoi : un travail d'orfèvre pour produire ce bijoux littéraire.

    Le livre a néanmoins un défaut : la fin, ou plutôt l'absence de fin. le dénouement n'est vraiment pas à la hauteur du reste de l'ensemble & la lecture laisse un goût d'inachevé et de frustration. Si on se réfère au ton de l'œuvre et au sens de l'épigraphe (citation susmentionnée), on ne peut construire une fin que nécessairement pessimiste, et pour cause : « Ce n'est pas impunément qu'on erre sous les palmiers... ».

    Enfin, il faut signaler que ce roman a reçu le prix Médicis, le prix du roman de Fnac et le prix Jean Giono 2008.

    Une dernière remarque : en consultant la biographie d'Athanase Kircher sur deux encyclopédies (Wikipédia & l'Encyclopædia Universalis), je me suis posé la question suivante : comment un homme de cette stature n'a pas pu laisser son nom à la postérité à l'instar de certains de ses illustres contemporains (Newton, Descartes, etc.) ? À mon avis la réponse est simple : malgré son savoir encyclopédique, ce savant jésuite n'a pas apporté de contributions majeures à la science. Il avait de bons raisonnements mais aboutissait à des résultats erronés puisqu'il partait d'hypothèses fausses. La meilleure illustration à cela est sans doute l'exemple des hiéroglyphes qu'il pensait – à tort – avoir déchiffrés.

    Conclusion : Même si on est déçu par la fin, "Là où les tigres sont chez eux" reste un excellent livre et on constate avec joie que certains auteurs contemporains sont encore capables de produire des textes littéraires d'une grande qualité & pas seulement De la littérature de gare. Pour l'édition, je vous conseille le format poche car d'une part, il coûte moins cher, & d'autre part, il est de meilleure qualité typographique (en grand format, les caractères sont assez petits).

    *Le « et » est remplacé par l'esperluette, comme dans certains passages du livre !


    Lien : http://litterature-critiques-romans.blogspot.com/2012/02/la-ou-les-t..

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    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle le 17/11/2009


    J'ai lu ce gros pavé - près de 800 pages - comme un roman feuilletonesque, reprenant chaque jour ma lecture en lisant un chapitre ou deux, contente de retrouver tous ces personnages et de poursuivre mon voyage dans le temps - à la lecture du manuscrit inédit trouvé à la Bibliothèque nationale de Palerme, datant du XVIIe siècle et portant sur le très célèbre (à son époque du moins) Athanase Kircher, mais également dans l'espace - le Nordeste brésilien contemporain occupant la place centrale de ce récit dantesque (surtout dans sa dernière partie) et picaresque à la fois.

    Ce roman est très difficile à résumer de par sa richesse, sa complexité, son foisonnement et son érudition : roman d'aventure mais aussi psychologique, philosophique, historique, politique, il y en a pour tous les goûts ! Sachez néanmoins que nous suivons la destinée de plusieurs personnages plus ou moins entremêlés et que l'auteur ne se prive pas de faire quelques parallèles entre l'époque baroque et la société contemporaine, que ce soit au niveau des croyances, des rites, des prises de drogues hallucinogènes, de la quête des origines et de la vérité, de la recherche d'un savoir et d'un idéal souvent trompeur et finalement assez décevant. Sachez également que ce roman sombre petit à petit dans une certaine noirceur et un pessimisme certain, pouvant désarçonner et troubler quelque peu le lecteur…

    Un regret tout de même : j'aurai aimé mieux connaître les personnages, qui manquaient parfois un peu d'épaisseur et d'espace pour se mouvoir et se développer comme ils l'auraient mérité. Cela peut sembler paradoxal vu le nombre conséquent de pages du roman mais il aurait peut-être fallu soit restreindre le nombre de personnages soit leur laisser plus d'espace pour leur permettre de se déployer pleinement, ayant eu trop souvent le sentiment de les survoler alors que j'aurai tant voulu m'attarder un peu plus à leurs côtés. Même frustration en ne sachant pas trop ce que deviendront certains personnages à la fin du récit, ayant eu l'impression de les abandonner un peu trop rapidement à mon goût.

    A noter que les éditions Zulma nous offrent là un beau livre dans tous les sens du terme, ayant eu beaucoup de plaisir au toucher des pages et de la couverture. Et bien oui, je suis sensible à ce genre de détails qui apportent un plus et qui participent grandement à mon plaisir de lectrice ;-)


    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-la-ou-les-tigres-s..

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    • Livres 4.00/5
    Par herveGAUTIER le 23/05/2014


    N°329– Mars 2009
    LA OU LES TIGRES SONT CHEZ EUX – jean-Marie BLAS DE ROBLES – ZULMA Éditeur. Prix Médicis 2008.

    Quand j'ai vu le livre pour la première fois, j'ai hésité. Je n'aime pas beaucoup les « pavés » et je n'ai pas de bons souvenirs des « Frères Karamazov » et de « Guerre et paix ».

    C'est en fait une drôle d'histoire [dont l'écriture a demandé à l'auteur pas moins de 10 ans de travail], ou plus exactement de drôles d'histoires qui s'entrecroisent, sans apparemment de lien direct les unes avec les autres. Eléazard von Wogan, correspondant de presse un peu esseulé et inquiet, domicilié à Alcantara dans le Nordeste brésilien qui transmets à son journal des dépêches qui n'intéressent personne. Il est séparé de son épouse Elaine et tente de se placer auprès d'une journaliste italienne, Loredana. On lui transmet un jour, en vue de sa publication, un manuscrit inédit qui retrace la vie authentique d'un célèbre jésuite du XVII°siècle, Athanase Kircher, surnommé « le maître des cent arts » grand voyageur, érudit, extravaguant, curieux, excentrique et génial inventeur comme le sont souvent les membres de cette Compagnie. Il passera pourtant à côté de la science de son temps et même se rendra coupable d'erreurs multiples. La supériorité intellectuelle du jésuite va l'opposer à l'Inquisition et le confronter à la condamnation prononcé par l'Église contre Galilée et ses théories, le mettant lui-même en situation d'hérésie. Cette biographie va servir de fil d'Ariane à ce roman et fascinera le narrateur au point de voir sa vie en être modifiée.

    Eléazard, en plus d'être le témoin privilégié de la vie de cet ecclésiastique, va croiser une multitude de personnages comme on en voit souvent dans les contrées les plus reculées du globe en se demandant comment une région aussi désertique peut attirer tant de monde. Elaine, son ex-épouse, archéologue en mission au Mato Grosso, Moema, lesbienne et droguée, fille de la précédente, vaguement étudiante qui cherche sa voie mais qui aime surtout la marginalité et ses illusions, Nelson, jeune infirme des favelas qui remâche sa révolte contre son sort, la société ou on ne sait quoi? Dietlev, Milton et Mauro, universitaires et étudiant, à la recherche d'improbables fossiles, Herman Petersen, aventurier bolivien qui se veut un authentique Allemand, un peu nostalgique du nazisme et de sa violence aveugle. Moreira da Rocha, gouverneur sans scrupule, corrompu et magouilleur vers qui ne vont pas les sympathie de l'auteur, on le sent bien. Autant de personnages qui nous sont ici révélés, avec chacun leur leurs qualités, leurs fantasmes, leurs travers. Chacun se meut dans sa jungle personnelle qui ne manquera pas de le phagocyter

    Dans ce roman fleuve, l'érotisme se mêle au réalisme cru et parfois horrible. C'est aussi un roman baroque, non seulement parce que l'un des personnages, Athanase Kircher, s'inscrit au XVII° siècle, mais aussi parce que l'action contemporaine se passe au Brésil, ce pays baroque, non seulement par la jungle mais également par les favelas. Dans ce récit dans lequel le lecteur peut se sentir un peu perdu, se mêlent fiction et réalité mais finalement il s'y retrouvera à la fin, pour peu qu'il suive jusqu'au bout la démarche de l'auteur.

    Le style est agréable, fascinant, poétique même par moment, érudit assurément, avec une grande richesse de vocabulaire. Il sous-tend un récit passionnant et exotique, à la narration éblouissante, dans ce Brésil, de toutes les démesures qui s'attache le lecteur jusqu'à la fin... Une grande œuvre, picaresque, comme je les apprécie aussi parfois. Je pense, en effet, que lorsque les auteurs choisissent ainsi de s'exprimer dans notre belle langue française, ils la servent et le lecteur ne peut que l'apprécier.

    J'y vois un parcours initiatique et de retour aux sources, une quête impossible autant que la recherche d'une improbable vérité qui se révèle malheureusement être une tromperie de plus.


    Hervé GAUTIER – Mars 2009.http://hervegautier.e-monsite.com 


    Lien : http://hervegautier.e-monsite.com

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    • Livres 5.00/5
    Par bvb09 le 23/10/2011


    Le Brésil, des personnages très différents les uns des autres, une atmosphére qui colle à la peau et des aventures immobiles ou á la Indiana jones en passant par le drame social et en plus la bio d'un grand homme d'église et scientifique... avant la science: savoureux. Je n'ai pas compris qu'il n'ait pas eu le Goncourt.

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    • Livres 3.00/5
    Par MarianneDesroziers le 11/07/2010


    Roman-puzzle, où le lecteur voyage à travers les époques et les continents, du Brésil contemporain à l'Europe du XVI ème d'Athanasius Kircher. Mélange de roman d'aventure, de roman historique, de roman érudit, de parodie avec des vrais personnages et de vraies intrigues. le style est très fluide ce qui permet de lire rapidement ce pavé. Un seul bémol mais il est de taille : tous les personnages féminins (la fille, l'ex-femme, la nouvelle femme du narrateur principal) sont très caricaturaux et trop définis par leur aspect physique, ce qui m'a beaucoup énervé à la lecture. On ressent à la fois beaucoup l'influence De la littérature sud-américaine et celle d'Umberto Eco. Pas sûr que l'auteur arrive tout à fait au niveau de ses modèles mais l 'ambition et le souffle qui portent le livre suffisent à en faire un livre plutôt réussi dans lequel on a plaisir à se plonger . En tout cas, il a le mérite de trancher avec la majorité de la production française du moment.

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  • Par skyso le 27/02/2010


    Juste une petite explication concernant le titre original de ce roman. Il s'agit d'une allusion à cette citation de Goethe, tirée de "Les affinités électives" : "Ce n'est pas impunément que l'on erre sous les palmiers, et les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux."

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    • Livres 4.00/5
    Par Shan_Ze le 29/06/2013


    L'histoire se déroule au Brésil, un journaliste française lit un manuscrit relatant la vie d'Athanase Kircher, personnage extraordinaire ayant vécu au XVIIème siècle. En même temps, on suit sa future ex-femme, paléontologue qui avec son équipe part en expédition à la recherche de fossiles. Mais aussi leur fille de dix-huit ans, Moéma, qui part à l'aventure avec sa copine et un professeur sympa...

    Une histoire vraiment prenante même si par moments, l'histoire d'Athanase devient longue et répétitive mais elle est vraiment intéressante et quelques passages sont hilarants. Dommage que la fin soit un peu une désillusion... Les autres histoires qui gravitent autour de celles-ci sont aussi intéressantes à suivre même si certains moments sont déconcertants. Mais des personnages que j'ai aimé suivre même si l'ensemble me laisse une impression légèrement amère...

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