> Alain Gnaedig (Traducteur)

ISBN : 2070425126
Éditeur : Editions Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 106 notes) Ajouter à mes livres
Qui ne sait pas que La Ferme africaine est une grande histoire d'amour ? Mais, contrairement à ce que laisse supposer le superbe film de Sydney Pollack (Out of Africa), on sait moins que le plus grand amour de Karen Blixen est l'Afrique. Avant même Denys ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 10 novembre 2011

    mimipinson
    « Peu à peu on se laisse gagner par le calme de cette nature. Quand, avec le recul des années, je songe à ma vie en Afrique, je me rends compte combien j'ai été favorisée d'avoir pu mener une vie libre et humaine sur une terre paisible, après avoir connu le bruit et l'inquiétude du monde. »
    Plus qu'un roman ce livre est un recueil de souvenirs sans ordre précis, ni repères temporels. Plus qu'un livre, je l'ai vu comme une grande fresque, une peinture. Car Karen Blixen peint l'Afrique telle qu'elle l'a vécue ; une Afrique ancrée en elle. Une Afrique personnage de roman à part entière, au même rang que ses habitants, celles et ceux qui l'ont servie avec dévouement et pour lesquels elle a un attachement et un amour profonds.
    « La découverte de l'âme noire fut pour moi un évènement, quelque chose comme La découverte de l'Amérique pour Christophe Colomb, tout l'horizon de ma vie s'en est trouvé élargi. »
    La nature est intiment liée aux hommes qui peuplent cette terre. Elle a envouté Karen Blixen, qui par ses mots nous montre tout l'émerveillement qu'elle porte à la faune et à l'espace qui l'entoure.
    « Aucun animal ne peut être plus silencieux qu'un animal sauvage. »
    « Les années qui virent Lullu et ses descendants fréquenter ma maison furent parmi les plus heureuses de ma vie. J'en étais arrivée à voir, dans mes relations avec les antilopes de la brousse, le signe de l'amitié et de la bienveillance, le don de l'Afrique. »
    « En Afrique toute une vie animale semble s'éveiller dès le coucher du soleil ; l'espace se peuple alors mystérieusement. »
    « La forêt vierge est une région mystérieuse. Vous avez l'impression de pénétrer dans un fond de vieilles tapisseries dont les tons fanés ou assombris par l'âge offrent une infinie variété de nuances. »
    « On découvre les paysages les plus étonnants quand on survole les montagnes africaines. Mais ce sont peut-être les jeux de lumière entre les nuages qui réservent la surprise la plus merveilleuse. On traverse les arcs- en- ciel et les tempêtes vous emportent dans leurs remous. »
    Sur le fond, je ne peux rien en dire de plus sans ôter le plaisir de la découverte, gâcher le voyage .Oui, il s'agit d'un voyage dans le temps et surtout dans les grands espaces, non encore pollués par des touristes pressés, et où les animaux étaient encore maîtres chez eux.
    Sur la forme, 3 parties constituent cet ouvrage. La seconde intitulée " notes d'une émigrante »" est venue perturber ma lecture, le rythme de la narration. J'ai perçu ces notes comme une intrusion inopinée, superflue et même redondante par moment, dont je me suis affranchie assez vite pour retrouver la dernière partie et le plaisir de lecture avec.
    L'écriture est celle d'une autre époque, avec des termes qui peuvent choquer les âmes sensibles " droits de l'hommistes". Ils sont ceux de l'époque, d'une certaine époque…Ils n'ont aucun caractère discriminatoire (mot à la mode de nos jour). Karen Blixen aimé les Kikuyu, les Masaï ; elle les a protégés jusqu'à son dernier jour.
    Le rythme de livre est celui de l'Afrique : lent, nonchalant .Le volume réduit des chapitres, et son nombre élevé donne une alternative salutaire au rythme. Les africains ont un rapport au temps qui leur est propre, et, Karen Blixen l'a très bien transcrit par le style et les mots.
    « Les Noirs ont pour la grande vitesse que nous éprouvons pour le vacarme. Ils savent jouir de la durée. Jamais l'idée de la réduire ou de tuer le temps ne leur viendra ; plus il leur est donné d'en jouir et plus ils sont satisfaits. »
    Enfin, je ne peux m'empêcher de parler du film dont Sidney Pollack à tiré de ce livre. Je l'ai vu, à de nombreuses reprises. Même s'il n'est pas totalement fidèle aux mots de Karen Blixen (certains faits sont escamotés, certains personnages sont inexistants, et d'autres plus présents), le film me laisse un souvenir impérissable ; la magie des images, bien qu'il ait un peu vieilli, le choix des musiques, le regard de Robert Redford, sont, à mes yeux nettement supérieurs au livre qui ne rend pas de la même façon. Il n'empêche, cette lecture aura été un excellent moment.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/11/la-ferme-africaine.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Lystig, le 16 novembre 2011

    Lystig
    Dès la sortie de cette nouvelle traduction, je me suis précipitée pour l'acheter (en 2005) et depuis, ce livre patientait sur ma PAL "urgente" (c'est-à-dire au pied de ma table de chevet !), repoussant à chaque fois sa lecture. Finalement, grâce à une lecture comune, ce fut l'occasion de me jeter à l'eau.
    Et là, j'ai pris une claque ! Brûlante comme l'Afrique. Allez, une deuxième citation : page 16 :
    Ici, l'élément essentiel du paysage et de la vie n'était autre que l'air lui-même. Lorsque l'on se remémore un séjour de plusieurs années dans hautes terres d'Afrique, on est saisi, car on a l'impression d'avoir longtemps vécu dans les airs. le ciel n'était jamais très bleu, mais souvent pâle et si lumineux que les yeux le fixaient avec peine ; un royaume de nuages immenses, impondérables et fluctuants se dressait à l'horizon, le traversait et s'y perdait.
    Et tout le récit est un cri d'amour poétique à sa vie en Afrique.
    Pas chronologique, mais en fonction de ce qui lui revient en mémoire (ainsi, le Vieux Knudsen, ancien marin danois apparaît, meurt et est évoqué à nouveau plus loin, cela peut donner une impression brouillonne). Elle parle des "nègres" (remettre dans le contexte de l'époque), de "ses gens" dont elle s'occupera, les soignant (comme elle le peut), créant une classe pour leur apprendre à lire, elle s'en occupera, même lorsqu'elle devra vendre sa ferme (leur cherchant une nouvelle place). Sa ferme et ses gens, ce sont sa vie. Sa vie en Afrique nous semble si "moderne", alors que les actions qu'elle menait à l'époque étaient quelque peu "révolutionnaires".
    Isak Dinesen... Pourquoi un pseudonyme ? Nous sommes dans le premier tiers du XXème siècle, une femme n'écrit pas, voyons (Colette est une exception) ! Elle écrit donc (et avant son mariage et donc avant La ferme africaine) en utilisant son nom de naissance et un prénom masculin, comme George Sand. Malheureusement, elle n'est pas reconnue. Elle le sera avec cette oeuvre grandiose, connue et reconnue internationalement.
    Sans doute n'a-t-elle pas évoquée sa liaison avec Denys Finch Hatton, justement parce que ce récit était sensé être écrit par un homme (attention ! c'est ma propre interprétation) et à destination de sa famille, qui ne comprenaient pas sa vie en Afrique, si différente de ce que pouvait être la vie dans une famille aisée au Danemark.
    Et si elle ne l'évoque pas directement, on se doute de ses sentiments, surtout lorsque Denys décède. Elle n'en parle pas non plus parce que l'adultère est condamnable(pour une dame, alors que son mari est un trousseur de jupons) (Ils emménagent en 1913 au Kenya, ne divorcera qu'en 1925 (même s'ils sont séparés depuis 4 ans)), mais c'est sans équivoque quand elle écrit en 1923 à son frère Thomas (voir Lettres d'Afrique) (pas encore divorcés...) qu'elle est "liée à lui [Denys], qu'elle l'aime (clic)" [je vous fait grâce de sites en danois, très complets sur sa vie et son œuvre, les sites anglo-saxons, dont celui cité (musée au Danemark, disponible en danois et en anglai) sont accessibles, surtout avec glouglou traduction !]
    En Afrique, quand on a la chance de tomber sur un ouvrage digne d'être lu parmi tant d'épouvantables arrivages que de bons navires nous apportent d'Europe, on le lit comme l'auteur rêverait qu'il soit lu (page 106).
    Je l'ai lu, alors qu'il faisait encore chaud en octobre, sans feu de cheminée (sa ferme était située à deux mille mètres d'altitude).
    Je m'attendais à un style d'écriture plus "daté" entre deux guerres, mais non, le style (transcrit aussi grâce au traducteur) est résolument poétique, moderne, mélancolique, musical (le bruit de l'air), visuel (le Ngong) : une grande fresque !
    Mais pourquoi n'ai-je pas lu ce livre plus tôt ?


    Lien : http://loiseaulyre.canalblog.com/archives/2011/11/10/22631258.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 20 septembre 2011

    Cath36
    S'il y a un mot qui définit le mieux l'écriture de Karen Blixen, c'est celui d'élégance. Essentiellement descriptif mais riche en remarques pertinentes, un peu précieux, toujours précis avec force détails et des références littéraires qui renforcent l'impression d'ensemble, son style s'apparente beaucoup à celui de la conversation, telle qu'on la pratiquait autrefois, ou encore à celui du conte.. Un certain amusement perce souvent sous le sérieux du récit, mais toujours avec beaucoup de respect pour les personnages évoqués, un respect fait de réserve et de discrétion. On sent une grande maîtrise des émotions et des affects à travers un regard qui s'efforce d'être juste et objectif. le rythme lent des phrases, la précision du vocabulaire, la beauté des descriptions, tout cela concourt à créer une atmosphère envoûtante, presque capiteuse. Ce livre est celui d'une grande dame, qui, en dépit des difficultés auxquelles elle fut confrontée et dont elle parle peu, écrit avec beaucoup de classe.
    Vraiment, très chers,J'adooore.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 25 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture et de film... en suivant l'éphéméride...
    1986 "Out of Africa" reçoit six oscars.
    ***
    Au départ cela ne devait être qu'un recueil d'anecdotes de soirées, de " petits tableaux tout à fait véridiques ", de récits de voyages et d'anthropologie. Plus tard cela devint La ferme africaine.
    Les souvenirs de l'écrivain danois Karen Dinesen, baronne Blixen Finecke (1885 – 1962), furent publiés en anglais en 1937. Elle a publié ses livres parfois sous le nom de Isaak Dinensen.
    L'auteur, qui a vécu au Kenya de 1914 à 1931, raconte la vie dans sa ferme de culture de café à proximité de Nairobi. C'est une exploitation immense et féodale. La maîtresse, la " m'saba " règne sur elle comme un seigneur du moyen Age, qui aurait toute la largeur d'esprit d'une femme cultivée du XXe siècle.
    Intelligence et culture, originalité et fantaisie, récits et souvenirs s'efforcent de dégager un élément capital de la vie de l'auteur : la découverte de l'âme noire.
    Elle écrit à ce propos : " Les Noirs, en effet, sont en harmonie avec eux-mêmes et leur entourage, intégrés à la nature……Dès que j'ai connu les Noirs, je n'ai eu qu'une pensée, celle d'accorder à leur rythme celui de la routine quotidienne que l'on considère souvent comme le temps mort de la vie ".
    Aimant passionnément la population indigène, Karen Blixen décrit ses mœurs, ses lois, ses habitudes, la forme à la fois mythique et panthéiste de son esprit, et elle se livre à une critique indirecte de la civilisation européenne.
    Il y a dans le livre ‘exceptionnelles descriptions de paysage et d'admirables pages sur la vie des animaux.
    Dans La ferme africaine, la façon dont sont vues la ferme et sa vie est semblable au point de vue que l'on a du haut des airs, à une telle distance que même les désastres ont la beauté d'un motif. L'étendue de la vision que procure un avion qui survole un pays est un point de vue des plus avantageux. C'est la perspective supérieure que possède l'artiste ou l'aristocrate.
    Karen Blixen est une conteuse, et les attitudes chevaleresques qu'elle adopte envers la vie, transforment les souffrances et les tragédies qu'elle a endurées en quelque chose de sublime. Elle transcende son vécu, et tend vers une perception plus riche des choses.
    La calme perfection de son style, qui ne s'embarrasse pas de détails, sont le signe que nous avons quitté la gravité des choses pratiques pour atteindre un milieu plus pur, qui offre moins de résistance à l'idéal.
    La ferme africaine fut écrit à une époque où son auteur percevait clairement qu'il manquait un sens à sa vie et la terrible catastrophe qui l'affecta, elle s'attache à la réparer de façon sublime.
    Peut-être ce choix de sublimation procède-t-il de son fatalisme, de son amour du destin " la fierté […] des desseins de Dieu sur nous, lorsqu'il nous créa ".
    Fatalisme autoritaire qui s'exprime sous forme de l'honneur grâce auquel elle a le privilège de comprendre les tragédies.
    " Si un homme a une idée de l'honneur que rien ne peut ébranler, déclara Karen Blixen, il est à l'abri de tout ce qui peut lui arriver ".
    Le fait qu'il puisse perdre quelque chose à quoi il tient – sa ferme, sa vie, peut-être – n'affectera pas en l'occurrence la valeur de la seule chose qui ait pour lui quelque importance : l'expérience en soi. - Rosanna Delpiano
    source : alalettre

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par philo15, le 04 juin 2008

    philo15
    « La ferme africaine » est un livre de souvenirs. Ceux d'une danoise d' origine aristocratique qui 27 années durant a été à la tête d' une plantation de café au Kénya.
    Il y a beaucoup de poésie dans ce récit, tant dans la description de ces paysages sauvages, magnifiques, que dans celles des personnages remarquables qui ont jalonné la vie de Karen Blixen à cette époque. De ces pages transpirent aussi, la fantaisie de l' auteur, son amour des Hommes, de la vie et de la liberté. Ce recueil constitue une mine d' informations sur la vie menée par les colons à cette époque, sur les coutumes, la philosophie de vie des peuples Kikuyu et Masaï.
    Malgré la longueur indubitable de certains passages, ce récit est très instructif, très vivant et très profond. L' ensenble de ces anecdotes, de ces moments de vie forment une extraordinaire chronique de l' Afrique, une photographie d' une époque révolue. Un hymne à l' Afrique, un texte fort que l'on ne dévore pas mais que l'on déguste.
    En voir plus http://www.philo-au-fil-des-mots.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par boubi, le 27 janvier 2012

    Quand on appartient à une nation civilisée, on éprouve quelque honte en pensant aux quartiers pauvres.
    En Afrique, c'étaient mes boeufs qui troublaient ma conscience...

    Ce sont les boeufs qui ont en Afrique payé le plus lourd tribut à la civilisation.

    Partout où une terre a été défrichée,... Partout où un chemin fut tracé,...Leurs flancs ont été zébrés de coups de fouet...
    ...travaillent tous les jours de leur vie sans jamais connaître de dimanche. (349)
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  • Par boubi, le 27 janvier 2012

    ...j'essayais alors pour me distraire et à titre d'expérience de m'adresser en vers et en souahéli aux jeunes qui m'aidaient. (367)

    "Parle encore, parle comme la pluie", me disaient-ils.

    Pourquoi la pluie, je ne voyais pas.
    Mais ce devait être certainement flateur, car la pluie en Afrique est toujours impatiemment attendue et toujours bien reçue. (367)
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  • Par boubi, le 27 janvier 2012

    On prend aux indigènes plus que la terre quand on leur enlève celle de leurs pères. On les dépouille de leur passé, de leurs racines, de leurs coutumes. On les prive de tout ce qui faisait leur individualité et leur existence. (491)
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  • Par boubi, le 27 janvier 2012

    A certains égards, les liens qui s'établissent entre les Noirs et les Blancs en Afrique sont assez analogues à ceux qui se nouent entre les sexes...

    Si l'un des sexes découvrait qu'il ne joue pas de rôle plus essentiel dans la vie de l'autre sexe que celui-ci n'en joue dans la sienne, il serait d'abord vexé, et ensuite blessé. (351)
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  • Par boubi, le 27 janvier 2012

    La silhouette de Kitosh qui sut mourir au moment opportun, prend avec le recul des années un singulier relief.
    Elle personnifie ce qu'il y a d'insaisissable dans la nature, et que ses enfants découvrent à l'heure du danger, un refuge insoupconné qui s'ouvre sur leur demande et les rend inaccessibles à nos atteintes. (374)
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Vidéo de Karen Blixen

escapade touristique en Afrique, la maison de Karen Blixen au Kenya!!!











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