> Alain Gnaedig (Traducteur)
> Marthe Metzger (Traducteur)

ISBN : 2070349330
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.74/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Babette est une Française devenue domestique en Norvège, après la Commune qui l'a contrainte à l'exil.
Ses patronnes sont deux vieilles filles austères. Le jour où elle gagne dix mille francs or à une loterie, elle leur demande de la laisser préparer un dîner fin... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Chouchane, le 13 mai 2012

    Chouchane
    Le Festin de Babette démarre comme un conte "Il y a en Norvège un long fjord étroit... Deux sœurs vivaient dans une de ces petites maisons jaunes, il y a soixante cinq ans". Martine et Philippa, les deux sœurs qui furent élevées par un père pasteur luthérien continuent, après son décès, à mener une austère vie. le temps s'est enfui, les perspectives d'amour avec et nos deux sœurs vieillissent paisiblement au sein d'une stricte communauté luthérienne comme en connaissent les pays du Nord. C'est dans cette atmosphère où la plupart des désirs sont réprimés, où le temps s'écoule à un rythme lent et mesuré que débarque "une nuit pluvieuse de juin" Babette fuyant la commune de Paris. Elle va devenir leur domestique, se pliant avec douceur à leurs règles jusqu'au jour où gagnant à la loterie une petite fortune (qui lui permettrait de repartir en France) elle décide d'offrir, à ce petit groupe vêtu, de noir un dîner français. La préparation du dîner et ses conséquences prennent la moitié de la nouvelle et toute la magie est là. Karen Blixen nous conduit avec sensualité vers un repas que chacun des membres de la communauté s'interdit de commenter mais ce dîner possède un charme et si "d'habitude, à Berlevaag, on ne parlait guère pendant les repas. ce soir là les langues se délièrent ". Chacun y va de son histoire et une vieille croyante répète les larmes aux yeux "aimez-vous les uns les autres". le festin de Babette, c'est le don gratuit et désintéressé d'une artiste à un groupe d'hommes et de femmes ignorants tout des plaisirs de la table ; ils croient boire une sorte de limonade quand ils dégustent de la Veuve Cliquot 1860 ! un festin digne des Dieux païens qui va effrayer puis métamorphoser des gens taciturnes et des esprits figés en une communauté joyeuse et fraternelle. Babette diabolique avec sa soupe à la tortue va devenir celle qui "ravira les anges" et va transformer une communauté grâce à son talent et sa générosité.
    Les autres nouvelles de ce livre sont délicatement ciselées par l'écriture de Karen Blixen et se lisent avec plaisir malgré ou grâce l'impression surannée qu'elles laissent.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 13 décembre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    La baronne Karen von Blixen (1885-1962), d'origine danoise, a très vite rejeté le mode de vie bourgeois qui lui permettait sa richesse pour se consacrer à l'écriture et à la peinture.
    Elle se marie baron Bror von Blixen-Finecke en 1912, avec qui elle achète d'une plantation de café en Afrique. Mais c'est échec et elle doit rentrer au Danemark, ruinée et physiquement très affaiblie. C'est la période qui est racontée dans La ferme africaine en 1937, adapté au cinéma sous le nom d'Out of Africa.
    Après cette période africaine, elle se consacre à l'écriture, animant un petit cercle littéraire dans son domaine et s'affirmant peu à peu comme une figure de premier plan de la vie artistique danoise. Sa deuxième œuvre la plus connue est Anecdotes du destin, en 1958 (nom premier de l'ouvrage que je présente ici) dont l'une des nouvelles est adaptée au cinéma en 1987 par Gabriel Axel : le Festin de Babette. Affaiblie et malade, elle entreprend un voyage de quelques mois aux États-Unis en 1959, où l'accueil de son public est triomphal. Elle réalise un vieux rêve : dîner avec Marilyn Monroe et son mari Arthur Miller.
    Le livre
    Ce livre est en réalité un recueil de nouvelles d'inégales longueurs : le plongeur, Le Dîner de Babette, Tempêtes, L'éternelle histoire et l'Anneau.
    Le plongeur : L'histoire perturbante d'un Iranien, Saufe, qui rêve de voler pour devenir un ange et rendre ainsi aux hommes la pureté qu'ont su garder les oiseaux .
    Le Dîner de Babette : Babette, chef cuisinière renommée dans un grand restaurant parisien, le Café anglais, fuit la répression de la Commune de Paris en 1871. Elle trouve refuge au service de deux vieilles filles, dans un petit village luthérien du Danemark. Chaque année, elle achète un billet de loterie. Après quinze ans, elle remporte le gros lot de 10 000 francs et, plutôt que d'améliorer son sort, elle consacre tout son argent pour reconstituer, en une seule soirée et pour douze couverts, le faste de la grande cuisine parisienne.
    Tempêtes : L'histoire d'une jeune comédienne, Malli, qui va interpréter le rôle d'Ariel dans La Tempête de Shakespeare. Ou l'histoire d'une solitude qui va la détruire peu à peu.
    L'éternelle histoire : C'est l'histoire d'un vieillard qui aborde un marin et lui propose de gagner 5 pièces d'or s'il accepte de passer la nuit avec une femme, lui permettant de s'assurer une descendance. C'est l'histoire de cette légende qui se propage dans tous les ports du monde. Jusqu'à ce qu'elle devienne vraie, par la folie d'un vieillard qui ne comprend pas que certaines histoires doivent simplement rester des histoires ...
    L'Anneau : La rencontre étrange d'une jeune mariée au détour d'un fourré.

    Ce que j'en ai pensé
    J'ai tout d'abord été surprise puisqu'en principe, je n'aime pas trop les nouvelles (à part celles de Stefan Zweig), pour moi un exercice littéraire très difficile où bon nombre d'auteurs échouent ...
    La première nouvelle m'a laissé froide : la folie de Saufe m'a lassé et irrité, comme tous les récits qui ont une résonance religieuse.
    Le Dîner de Babette m'a un peu plus accroché : l'histoire de cette Française qui fera passer l'art avant toutes choses, faisant honneur à la France, m'a beaucoup touché. Même si l'on peut regretter que l'auteur s'appesantisse autant sur le passé des deux soeurs, et moins sur Babette elle-même. En tout cas, pour moi, c'est le personnage qui m'a le plus intéressé ...
    Finalement, je pense même avoir préféré Tempêtes et L'Eternelle histoire, qui font davantage réfléchir sur la nature humaine et la complexité des sentiments, et dont les petites touches fantastiques m'ont séduites. Les personnages de Malli et de Virginie sont très approfondis et l'on se sent proches de ces femmes guidées par l'amour et la vengeance. Au départ victimes, elles apparaissent en réalité finalement comme des êtres forts, qui résistent à toutes les tempêtes et font des choix qui ne seront pas compris, mais qu'elles ont fait avec leur cœur. Karen Blixen offre ainsi une vision moderne de la femme, alors que l'homme est cantonné à un rôle externe et distant, seulement déclencheur des choix féminins, et qu'il n'a pas son mot à dire.
    Enfin, je n'ai toujours pas compris l'intérêt de la dernière nouvelle, L'Anneau, qui m'a plutôt démontré encore une fois que l'art de la nouvelle est délicat et qu'il nécessite une alchimie particulière, au risque de laisser le lecteur sur sa faim.
    Vous comprenez donc que j'ai finalement été déçue par ce recueil, qui ne m'a pas semblé très abouti (à part pour certains passages des deux nouvelles que j'ai apprécié). Il ne m'a finalement pas réconcilié avec Karen Blixen dont La ferme africaine m'avait également déçu ...

    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-sD
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Couperine, le 19 décembre 2011

    Couperine
    Ce livre est en fait un recueil de nouvelles. Cinq textes le composent : le Plongeur, Le Dîner de Babette, Tempêtes, L'Eternelle histoire et L'anneau.

    Au final, une seule a vraiment produit son effet sur la lectrice exigeante que je suis, celle qui a donné au recueil son titre. En effet, Le Dîner de Babette sort des sentiers battus. Cette exilée se retrouve en tant que servante, en Norvège, dans une famille plutôt sectaire, à cheval sur la religion et les traditions. Philippa et Martine, les deux filles du Pasteur, ont sacrifié leurs vies à leur père et à ses exigences. " Elles avaient été baptisées des noms de Martine et de Philippa, d'après martin Luther et son ami Philippe Melanchton. Leur père était à la fois pasteur et prophète. Il avait fondé une petite congrégation, ou secte pieuse, connue et estimée dans toute la Norvège. Ses membres renonçaient aux plaisirs de ce monde, car la terre, et tout ce qu'elle offrait, ne représentait pour eux qu'une illusion. La seule réalité était " La Nouvelle Jérusalem ", vers laquelle tendaient toutes leurs aspirations". (P25)

    Le ton est donné. Mais pourquoi diable Babette tient-elle autant à vivre parmi ces deux vieilles filles, sans même se faire payer ? Elle avait un rôle important dans la Commune, mais un rôle dangereux.
    Lorsque celle-ci apprend qu'elle a gagné à la loterie française la belle somme de dix mille francs, elle veut absolument faire un cadeau à cette famille en offrant le repas pour la célébration des cent ans du pasteur : un repas français.

    Celui-ci représente, certes, la générosité mais également une identité. La gastronomie française est réputée à travers le monde. Elle fait partie intégrante de notre patrimoine, de notre nation, de notre individu. Babette peut ainsi faire partager ses valeurs, ses coutumes et se retrouver, l'espace d'un instant, quelques années en arrière, lorsqu'elle était dans son pays natal.

    Cette nouvelle est à lire, donc, à plusieurs degrés afin d'en extirper tout son sens. Encore une fois, les autres m'ont laissée sur ma faim.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 30 mai 2011

    brigittelascombe
    Karen Blixen connue pour "La ferme africaine" dont Sidney Pollack a tiré l'excellent film "Out of Africa" a également écrit le non moins célèbre "Le diner de Babette" livre de cinq nouvelles dont la nouvelle éponyme a donné lieu au film "Le festin de Babette" ( réalisateur Gabriel Axel).
    Bien que n'ayant pas trouvé de réel intéret aux autres nouvelles(l'histoire d'un plongeur d'huitres perlières,une autre de tempêtes,de marins et une dernière à propos d'un anneau perdu) ce conte d'un autre siècle pourtant plein de fraicheur m'a séduite.
    Pourquoi?
    Babette ayant fui Paris et la répression suite à la commune, se retrouve en Norvège, bonne à tout faire chez deux vieilles filles austères.
    Papiste fermée et renfermée, serait elle une pétroleuse?
    Ce vocabulaire désuet rend à lui seul l'atmosphère confinée qui règne chez les deux soeurs Philippa et Martine bigottes au possible.
    Babette est une artiste et va le leur prouver et le prouver à toute la bonne petite société confite de préjugés et de religion.
    A l'occasion d'un anniversaire,ayant encaissé une somme replette, elle va tout dépenser et leur concocter un diner digne du "Café de Paris", rien n'est trop beau. Vins fins,mets raffinés,la sérénité et l'amour de tout un chacun planent sur son diner comme une envolée d'anges merveilleux. Et même si les convives, planent eux aussi s'en se rendre vraiment compte du chef d'oeuvre qui se crée sous leurs yeux, Babette, elle n'en a cure, elle s'est surpassée. C'est ça l'Art !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Chrisalaude, le 12 octobre 2011

    Chrisalaude
    Un petit bijou de littérature écrit par Karen Blixen, plus connue pour sa Ferme africaine. Nous assistons ici à la rencontre improbable entre une petite communauté puritaine et austère ayant renoncé aux plaisirs de ce monde et la généreuse Babette, une cuisinière venue de France (pays de la gastronomie s'il en est !) qui va leur faire découvrir les plaisirs interdits de la bonne chère lors d'un somptueux festin. Une confrontation des plus réjouissantes qui va bousculer plus d'une certitude chez nos convives médusés... Une fable d'une beauté saisissante portée à l'écran avec brio en 1987 par Gabriel Axel et primé Oscar du meilleur film en langue étrangère.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Chouchane, le 13 mai 2012

    Le garçon remplit à nouveau les verres. Mais, cette fois-ci les frères et les sœurs furent certains que ce qui leur était servi ne pouvait être du vin, car cette boisson pétillait. Cela devait être une sorte de limonade. Cette limonade s'harmonisait avec leurs esprits enjoués et exaltés, c'était comme si elle les emportait encore plus loin de la terre, vers une sphère plus pure. Le général Löwenhielm reposa son verre et s'adressa à son voisin de gauche : "Mais enfin, voici assurément du Veuve Cliquot 1860 !"
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Couperine, le 19 décembre 2011

    - Non, non ! Babette ! Comment pouvez-vous vous figurer pareille chose? Croyez-vous donc que nous vous permettrons de dilapider votre précieux trésor en nourriture et en boissons et, de plus, à notre avantage ? Non, Babette, c'est impossible.
    Babette fit un pas en avant, et ce mouvement eut la soudaineté et la violence d'une vague qui se dresse, formidable et menaçante.
    S'était-elle avancée de la même manière en 1871 pour planter le drapeau rouge sur une barricade ?
    Elle parla dans son norvégien maladroit, mais avec l'éloquence classique particulière aux français : sa voix résonnait comme pour un chant :
    - Mesdames, vous ai-je demandé la moindre faveur pendant ces douze années ? Non ? Et pourquoi ne l'ai-je pas fait ? Vous qui récitez vos prières chaque jour, pouvez-vous vous imaginer ce qu'éprouve un coeur humain qui n'a aucune prière à faire ? Et pourquoi donc Babette devrait-elle prier ? Pour rien ? Ce soir, elle a une prière à faire ; cette prière jaillit du fond de son coeur. Ne comprenez-vous pas Mesdames, que ce soir il vous appartient de l'exaucer, avec la même joie que le bon Dieu éprouve à exaucer les vôtres ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Chrisalaude, le 12 octobre 2011

    Le troupeau du vieux pasteur se composait de petites gens au coeur simple. En se rappelant plus tard la soirée de ce 15 décembre, ils n'eurent jamais l'idée que leur exaltation n'était due qu'à eux-mêmes. Ils comprirent que la grâce infinie, dont parlait le général, leur avait été dispensée. Ils ne s'en étonnèrent même pas, car ils voyaient dans ce miracle la réalisation de leurs propres espérances. Les vaines illusions s'étaient dissipées devant leurs yeux comme de la fumée, et ils avaient aperçu la véritable face du monde. Ils vivaient une heure de l'Eternité.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 30 mai 2011

    -Qu'y a t il là dedans Babette? Ce n'est pas du vin au moins?
    -Du vin,Madame? s'écria Babette. Oh!Non! c'est du clos-vougeot 1846.
    Et elle ajouta:
    -Il vient de chez Philippe,rue Montorgueil.
    Martine ne s'était jamais doutée que les vins puissent porter des noms, elle fut donc contrainte de garder le silence sur ce point là.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 30 mai 2011

    Quelle épreuve insupportable pour un artiste,disait il, que d'être encouragée et applaudi pour ne créer et n'exécuter que des oeuvres de second ordre. Dans le monde entier,un seul cri monte du coeur de l'artiste:"Permettez moi de me surpasser!"
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (4)

Videos de Karen Blixen

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Karen Blixen

escapade touristique en Afrique, la maison de Karen Blixen au Kenya!!!








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le festin de Babette : Et autres contes par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (105)

> voir plus

Quiz