ISBN : 9782283025185
Éditeur : Buchet-Chastel (2011)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 70 notes) Ajouter à mes livres
Le narrateur a 22 ans lorsqu’il perd son père dans un accident de voiture, après avoir perdu sa mère et son frère dans des circonstances similaires quelques années auparavant. Il décide de vendre l’appartement familial pour partir à Morro Bay, en Californie, pays mythiq... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 05 février 2012

    LiliGalipette
    À 22 ans, le narrateur est orphelin : sa mère, son frère et son père sont successivement morts en voiture. Orphelin donc, désemparé, privé des couleurs, mais riche de l'héritage familial, il entraîne Laure et Samuel vers Moro Bay, coin perdu d'Amérique, avec pour seule boussole une chanson de Llyod Cole. Un seul objectif : continuer à vivre. Mais c'est un pari difficile quand tout ce qui le retenait a disparu et ne subsiste qu'en lui. « J'ai vingt-deux ans et je suis le dépositaire de leurs histoires inachevées. J'ai vingt-deux ans et je suis un reliquat de récits. Une survivance. Un putain de séquoia. » (p. 95)
    Ce voyage en Amérique voudrait ressemble aux road-trips mythiques de la légende de l'Ouest. Mais cette errance dans le désert américain, au volant d'une Thunderbird, est avant tout une quête. « Je fais ce voyage pour trouver mon itinéraire singulier, alors, en marge, je trace mon sentier. » (p. 114) le narrateur pourrait tout se permettre, tout essayer. Mais seul au monde, il cherche également qui il est. Dernier vivant d'une famille décimée, quel est son talent ? « Moi, je ne sais pas en quoi je suis doué. En capacité de survivre au décès de mes proches, peut-être. » (p. 214) Ce cynisme est de mauvais aloi, mais la pulsion de vie reprend le dessus, douloureusement. Même si la tentation de la mort est grande, le narrateur vivra. Et même s'il portera toujours ses morts, il n'est plus tenu de leur rendre un constat hommage.
    Le trio d'amis est bancal. Laure est l'ex petite amie et Samuel l'ex meilleur ami. Laure et Samuel sont ensemble. Ou presque. Ou pas vraiment puisque le narrateur est là et qu'il a besoin d'eux. « Insensiblement, nous formons un trio. Un vrai. Contrairement aux apparences, cela n'est venu que petit à petit. À force de route et de Thunderbird. Nous étions partis, trois éléments morcelés, prêts à prendre des envols différents. le voyage nous colle ensemble. » (p. 163) Au-delà de la donne amoureuse, c'est une amitié qui se crée. Même ambiguë et imparfaite, cette relation est de celles qui sauvent.
    Au début du texte, le narrateur ne voit plus les couleurs. Tout est noir ou tout est blanc, atrocement blanc. Cette surexposition douloureuse, c'est la pellicule de sa vie qui crame. Ce sont les regrets et les chagrins qui explosent enfin, c'est la rancœur contre le père qui trouve sa voie, c'est la tendresse pour la mère qui n'a plus peur de se montrer. Ce trop-plein d'émotion fait disjoncter. Et le fusible, ce sont les couleurs. Parce que les couleurs sont la vie, elles disparaissent le temps que le deuil ait fait son oeuvre, le temps qu'il ait tout ravagé. On reconstruit mieux sur une table rase que sur des ruines branlantes. Et, même si c'est hésitant, les couleurs reviennent quand le narrateur reprend pied.
    Pudique et bouleversant, ce roman prend au cœur. Ceux qui ont perdu un être cher comprendront. Les autres aussi, parce que la mort n'est jamais une abstraction. Elle rôde sans malice, elle remplit son office. Tout ce que nous pouvons faire, en l'attendant, c'est rester vivant.
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Canaju, le 05 février 2012

    Canaju
    A 18 ans, le narrateur perd sa mère et son frère dans un accident de voiture. 4 ans après, même cauchemar, son père meurt dans les mêmes conditions. Brusquement, il devient orphelin. le destin a décidé de s'acharner sur son sort et sa vie ressemble fâcheusement à un mauvais mélodrame. A peine 22 ans et une vie déjà foutue. Tant pis, il sera maintenant hors d'atteinte.

    Puisqu'il n'a plus rien à perdre, il décide de s'offrir un billet sans retour en Californie, direction Morro Bay en hommage à la chanson Rich de Lloyd Cole. Ce voyage, il le fera avec Laure son ex petite-amie et Samuel son meilleur ami, ses pierres angulaires.
    A travers ce périple américain, le trio qu'ils forment, goûtera à la délivrance éphémère du mot "oubli". Mais ce road-trip sera en réalité l'occasion pour l'auteur de faire son deuil. de multiples bulles de souvenirs vont remonter à la surface. Elles l'aideront à évacuer le bouillonnement intérieur qu'il ne cesse de refouler sous un apparent détachement.
    Ce voyage, il le fait pour exorciser son chagrin, pour s'immuniser contre la douleur de la perte, pour se reconstruire, pour "rester vivant"...
    Jean-Philippe Blondel fait partie de mon grand cru 2011.
    J'ai été touchée par sa manière de raconter très "less is more" : simple, sans prétention, fichtrement percutante. On sent l'Humain derrière la plume, l'auteur nous offre une part de lui, il écrit avec sa tripaille. Ce style ciselé m'a touché en plein cœur.
    L'émotion est bien là, avec un thème aussi dur et intime que la mort des proches, difficile d'y échapper. Mais ne vous y méprenez pas, malgré un thème "fend-le-cœur", le livre ne se veut pas tire-aux-larmes, non tout sauf ça. Se faire plaindre ? Absolument pas son truc. L'auteur, un peu comme pour conjurer son effroyable destin, reste détaché et se moque de sa situation surréaliste, c'est "trop gros" pour être vrai. L'auteur garde d'ailleurs comme fils conducteurs, le cynisme et l'humour noir. Vous pouvez donc garder votre compassion, ici elle serait de très mauvais goût.
    Avec ce livre, Blondel accouche des maux par les mots.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par canel, le 23 septembre 2011

    canel
    Après un deuil, une séparation, il arrive qu'on éprouve le besoin de changer radicalement de vie, de cadre. C'est l'option choisie par le narrateur/l'auteur dans ce récit autobiographique pour se maintenir debout après un triple deuil. Avec l'argent hérité de ses parents, il s'envole pour les Etats-Unis accompagné d'un copain et d'une (ex) petite-amie. Mais le dépaysement n'efface ni les souvenirs ni les regrets qui taraudent celui qui vient de tout perdre.
    J'apprécie beaucoup l'œuvre de J-P Blondel (ou devrais-je parler au passé ? car c'est de moins en moins vrai). La preuve : je me suis jusqu'alors jetée aveuglément sur ses livres dès leur parution, exception faite de ses romans jeunesse. Mais là, la déception est de taille. Si j'ai dévoré les précédents ouvrages, celui-ci m'a vite ennuyée. Pas le début, ni la fin, mais le voyage aux Etats-Unis. Précisons que je ne suis pas fan des carnets de voyage ni des road-movies, donc ce récit n'était visiblement pas pour moi.
    L'auteur reprend quelques unes de ses thématiques récurrentes : quête identitaire de la post-adolescence, ménage à trois avec ambiguité entre les deux hommes, et surtout, bien sûr, le deuil. On comprend pourquoi, il s'en explique : après avoir "tourné autour" de cet épisode de sa vie ô combien traumatique dans certains de ses autres écrits, il espère pouvoir passer à autre chose après ce témoignage, être libéré de ce douloureux sujet, au moins dans son travail de création.
    Mais si les passages sur le deuil et la nostalgie m'ont touchée, le reste ne m'a pas convaincue... Peut-être, comme le dit un critique de l'Express, est-ce "(...) comme une blessure : au début, on ne sent rien. Mais après, quand on a refermé ce livre épatant, alors on déguste." ?
    J'en suis encore au stade où je ne ressens pas grand chose sur ce texte, je modifierai éventuellement ce billet dans quelques jours si j'apprécie mieux a posteriori et/ou souffre.
    Quoi qu'il en soit, je dois éprouver depuis quelque temps une certaine lassitude envers les autofictions, le nombrilisme. J'admets (et j'envie) l'intérêt thérapeutique pour l'auteur, Blondel parle en effet de ses romans comme "autant de planches de survie". Mais bon...
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  • Par asphodele85, le 22 janvier 2012

    asphodele85
    Editions Buchet Chastel, © septembre 2011, 245 pages. Premier livre lu pendant le Read-a-Thon d'octobre dernier, premier choc sur lequel je n'ai pas eu le temps de m'attarder, donc pour faire ce billet, j'y suis revenue, décryptant les post-it jalonnés de ci de là mais surtout pour y retrouver l'intense émotion qui m'avait saisie du début à la fin de cette confession. Comment en effet rester insensible à ce témoignage autobiographique ? Dans un autre cadre de lecture, j'aurais attendu de m'en remettre pour passer à autre chose, donc pour lui, pour restituer au mieux ce livre profond en émotions qui m'ont touchées j'ai laissé décanter, comme un bon vin…
    Je comprends que l'auteur ait laissé passer vingt-quatre ans pour pouvoir l'écrire aussi intimement. Car perdre sa mère et son frère à dix-huit ans, puis son père quatre plus tard, et les trois dans un accident de voiture, sans tomber dans la guimauve dégoulinante et larmoyante, ne prête pas à sourire. Pourtant le tour de force de ce roman est là : dans le ton ironique de Jean-Philippe Blondel, mêlé à son incompréhension et à son incrédulité souvent : “J'ai vingt-deux ans et je suis le dépositaire de leurs histoires inachevées. J'ai vingt-deux ans et je suis un reliquat de récits. Une survivance. Un putain de séquoïa.”
    Avec l'argent de l'héritage, il se sent ivre de liberté mais empêtré aussi avec elle. Il décide alors de partir à Morro Bay en Californie comme dans la chanson (Rich) de Lloyd Cole, Lloyd Cole étant une histoire à lui seul de ce roman, avec Samuel son meilleur ami et Laure, son ex, qui passe des bras de l'un à ceux de l'autre sans que cela ne remette en question l'amitié du trio !
    Commence un étrange voyage à bord d'une Thunderbird où notre héros, invariablement reste couché à l'arrière, retenant sa peur et ses a priori sur ce moyen de transport. Et pour cause…” D'habitude, dans les voitures, je passe mon temps à prier pour que tout se passe bien.” de motel miteux plantés dans le désert californien en franches parties de rigolade avec ses amis, c'est en parallèle une réflexion sur ce qui lui arrive, l'état d'esprit dans lequel il était après le décès de son père, un état d'hébétude où les images lui reviennent en “stroboscope”. Vers la fin , il s'émancipe de ses deux amis, loue enfin une voiture seul et met le cap sur Morro Bay, la quête initiatique et mystique de départ.
    Il y a une très belle image dans un motel paumé où il séduit la tenancière, Rose, un peu fanée, un peu pianiste, qui en lui jouant la valse n° 12 de Chopin (dans le désert ça m'a semblé presque irréel !) le projette l'année de ses huit ans : il roule à Solex avec sa mère qui était fanstasque (aux yeux des autres) serré contre elle sur le porte-bagages. Une image forte, en noir et blanc dans laquelle on perçoit la volonté de l'auteur à se raccrocher au peu de souvenirs qui lui restent. Ceux qu'il ne pourra plus se faire. Ceux qu'il ne peut plus développer, les négatifs ont disparu. “Les rues défilaient. Nous n'allions jamais loin. Nous ne partions jamais longtemps. C'était pourtant la plus belle des conquêtes.”
    Il retrouvera ses amis et nous dira ce qu'il est devenu. Comment les rencontres faites au cours de ce voyage, le soutien inconditionnel des amis, la musique de Lloyd Cole et surtout d'avoir été à Morro Bay, d'avoir au moins réalisé un rêve ont été déterminants dans sa vie. Et comment et pourquoi il a commencé à écrire des romans, pour ne pas se perdre, pour s'y perdre aussi et prendre la mesure du temps nécessaire qu'il faut pour “rester vivant”.
    Une lecture forte, un style imagé et concis avec des phrases courtes, où la frontière entre le rire et les larmes est ténue, mais Jean-Philippe Blondel maîtrise son sujet de main de maître en parvenant à nous faire sourire sans jamais s'apitoyer… J'ai beaucoup aimé. Merci à George qui m'a poussée (pas trop non plus) à l'acheter. Delphine a aimé également, ICI. Mais également, le beau billet de Mind the Gap, aujourd'hui, nous aurions pu faire une LC !

    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 09 avril 2012

    Seraphita
    « Et rester vivant » à 22 ans, en errant, le long de routes californiennes en compagnie de son ex-petite amie et de son nouveau copain qui n'est autre que son meilleur ami… Un peu tordu ? L'auteur le reconnaît : « si je me mettais vraiment à raconter ce qui s'était passé, personne ne me croirait. Parce qu'il y a des limites à la fiction, mine de rien. » (p. 11). 22 ans, c'est l'âge qu'avait Jean-Philippe Blondel lorsqu'il a perdu son père. Quatre ans plus tôt, sa mère et son frère aîné mouraient tragiquement d'un accident de voiture. Son père était alors au volant. Jean-Philippe Blondel avait préféré faire le trajet en train…
    Dès lors, comment rester vivant ? le départ pour un ailleurs semble tentant. Blondel choisit la Californie et ses routes, à la faveur d'une chanson de Lloyd Cole, ainsi que ses compagnons d'errance. le voyage commence, sous le signe du souvenir, entre nostalgie et rancœur. La construction du roman, assez décousue, suit le fil du voyage intérieur de l'auteur, les méandres de sa mémoire.
    Ce roman est poignant, extrêmement touchant. Blondel sait dépeindre en mots simples, en phrases savamment construites, cet ailleurs qu'il recherche pour mieux composer avec un passé traumatique. La déstructuration de l'ensemble restitue bien l'état intérieur de l'auteur, mais en tant que lectrice, j'ai parfois pu être déconcertée, voire un peu lassée : quel sera le terme du chemin ? Quoi qu'il en soit, « Et rester vivant » est un roman bouleversant de bout en bout. de retour de l'ailleurs californien, l'auteur dépose une ultime espérance : « J'espère que, désormais, plus aucun de mes livres ne sera un hommage. » (p. 245)
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Critiques presse (3)


  • Lexpress , le 28 septembre 2011
    Ce texte évite les gémissements, les lourdeurs du pathos, les épisodes dramatiques. Le narrateur n'est jamais très sympathique, il se débat dans ses contradictions, ses faiblesses et cette impression que la vie est déjà derrière lui. Il ne donne pas de leçon mais partage son expérience droit dans les yeux de ses lecteurs.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 22 septembre 2011
    Jean-Philippe Blondel a réussi un grand petit livre. Sobre, drôle, puissant. Il va à l'os. C'est comme une blessure : au début, on ne sent rien. Mais après, quand on a refermé ce livre épatant, alors on déguste.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeFigaro , le 09 septembre 2011
    Il semble avoir écrit ce roman comme un aveu qui prend des airs de délivrance.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 05 février 2012

    « Insensiblement, nous formons un trio. Un vrai. Contrairement aux apparences, cela n’est venu que petit à petit. À force de route et de Thunderbird. Nous étions partis, trois éléments morcelés, prêts à prendre des envols différents. Le voyage nous colle ensemble. » (p. 163)
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  • Par LeaB, le 12 janvier 2012

    Là.
    A moins d'un mètre de moi.
    Son corps tout entier penché sur l'une des rares fleurs qui survivent dans cet enfer.
    Son corps bleu et menu, son bec dans le pistil. Ses ailes qui vibrent à une telle vitesse qu'il semble pétrifié dans l'air du soir. Le bruit de ses ailes, un moteur discret, un ronronnement presque.
    Je suis à côté d'un colibri.
    Il y a tellement de beauté.
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  • Par Yuko, le 20 mars 2012

    J'aimerais avoir vingt ans de plus. J'aimerais que tout cela soit derrière moi. J'aimerais avoir trouvé ma voie, avoir atteint une sorte de sérénité illusoire - que ma vie soit un lac à peine troublé par l'impact des rames de la barque que je conduis. Etre débordé dès que je me réveille - avoir tellement d'obligations et de contraintes que je n'ai le temps de penser à rien, que je n'ai pas le loisir de me voir vieillir.
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  • Par mireille.lefustec, le 22 janvier 2012

    Elle pose les mains sur les touches. Les notes viennent doucement vers elle . Elles sont une pommade,un onguent. Elles se déversent et coulent vers moi. Elles détendent les muscles,montent le long des jambes,s'attardent sur les cuisses et poursuivent leur escapade vers la colonne vertébrale et les omoplates. Elles se lovent dans le cou et s'accrochent entre elles pour former un collier. Un collier scintillant. Deux ou trois d'entre elles,plus hardies,s'aventurent jusqu'aux paupières. Elles ferment les yeux avec douceur. Elles murmurent. Je me laisse aller.
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  • Par Canaju, le 05 février 2012

    "Samuel prend des photos.
    Moi, non.
    Je ne veux aucune trace que celles qui s'incrustent dans la mémoire.
    Le profil de Laure découpé dans la lumière jaune, la nuque de Samuel qui oblitère la route [...] Des touches. De toutes petites touches, millimétrées. Des princesses qui s'endorment à peine couchées dans ma boîte à images. Des princesses qui attendront des années, dix, vingt, peut être davantage avant d'être réveillées en sursaut tout d'un coup et ressortir intactes, pimpantes, lustrées - un bâillement étouffée, un étirement -, elles regarderont le monde autour d'elle. Tout aura changé.
    J'aurai changé
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