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ISBN : 222110935X
Éditeur : Robert Laffont (2007)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
" Le temps s'étire et se contracte. Deux journées en une. Deux, cent, mille. Mon corps se dédouble. Franco-Anglais. Entrepreneur SDF. Fidèle adultère. Sauveur coupable. Frère et faux. Faux frère. Ma main voudrait caresser - mais elle s'agrippe, ripe, s'accroche - les do... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par CelineGe, le 17 avril 2013

    CelineGe
    Un titre qui m'a flanqué dans la tête le vieux duo de Madonna avec Prince... Don't try to tell me what your enemies taught you, I'm gone, but I just want you to know... that This is not a love song that I want to sing... Terrible, je n'arrive pas à m'en défaire. Pourtant, aucun rapport particulier avec l'histoire.
    Ce n'est donc pas une chanson d'amour, pas une histoire d'amour. Quoi que...
    Le sibyllin et long extrait choisi par l'éditeur pour la quatrième de couverture ne donne pas forcément envie de se plonger corps et âme dans cette lecture.
    C'est juste le chiche résumé de 4 lignes qui m'a harponnée.
    Le narrateur, Vincent - dont on n'apprendra le prénom qu'au cours du roman - revient passer une semaine chez ses parents, en France, dans la ville de son enfance, qu'il a quittée il y a dix ans. Il a 37 ans, est marié et père de deux petites-filles. Il vit en Angleterre où il a superbement réussi professionnellement dans le domaine de la restauration rapide. Avant de partir, il vivotait. Des petits boulots pour pouvoir manger, un appartement en colocation avec Étienne, son meilleur ami, tout autant looser que lui. Vincent était le vilain petit canard de la famille, le bon à rien.
    Depuis son départ, il n'est jamais revenu aussi longtemps dans sa famille. Un peu forcé par sa femme Susan - qui de son côté est partie se reposer chez ses parents avec les enfants -, dans l'Eurostar qui le ramène "vers sa taule", il appréhende d'avance la corvée de ces retrouvailles avec ses parents à qui il n'a rien à dire. Avec son frère Jérôme et sa petite vie étriquée, ce petit frère modèle sur qui les parents ont reporté tous leurs espoirs de réussite professionnelle, à l'époque où Vincent végétait. Avec aussi sa belle-sœur Céline, qui manifestement le méprise et l'a toujours considéré comme faisant partie de la lie de la société.
    Il compte également revoir Olivier, un ancien copain, et Fanny, un ex petite amie. Et puis Étienne, bien sûr. Son meilleur ami, celui qu'il considérait comme un frère, celui qu'il admirait pour son assurance et dans l'ombre duquel il avait l'impression de vivre.
    Il se doute bien qu'ils ne seront peut-être pas enchantés de le voir réapparaître, lui qui est parti depuis 10 ans et qui ne leur a jamais donné de nouvelles, mais la curiosité l'emporte finalement. La "curiosité, le voyeurisme - le besoin de m'assurer que j'étais plus heureux que tous ceux que j'avais laissés là-bas". (p. 15)
    J'arrêterai là mon résumé. Vous vous doutez bien que les retrouvailles de Vincent avec son passé vont être chargées d'émotions inattendues et j'ai tellement pris un plaisir immense à les découvrir, au fil des pages, que je n'ai aucune envie de vous les dévoiler ici.
    Surtout, ne cherchez pas à en savoir plus.
    Contentez-vous de vous plonger dans cette histoire, dans les pas de Vincent, qui a l'arrogance de ceux qui ont réussi en partant de rien, qui revient avec la ferme attention d'en mettre un peu plein la vue à tous ceux qui le regardaient de haut naguère mais qui va finalement découvrir que l'on ne part impunément aussi longtemps sans se retourner. Il repartira changé.
    Je n'ai pas aimé, j'ai adoré. Tout. Cet homme, son histoire, son passé retrouvé, les gens retrouvés. Je n'ai rien vu venir et j'ai dévoré les pages, sans pouvoir m'arrêter. Une fois ce livre terminé, je me suis dépêchée d'aller fureter dans les rayonnages de ma bibliothèque pour découvrir, à mon grand bonheur, que Jean-Philippe Blondel est un auteur qui y est bien référencé. Chic alors !
    Celui-là, je l'ai acheté, et je ne le regrette pas. Je vais même m'empresser de le prêter à ma mère, c'est vous dire mon enthousiasme !

    Lien : http://linecesurinternet.blogspot.fr/2013/04/this-is-not-love-song-d..
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  • Par Bene31, le 15 septembre 2013

    Bene31
    Pour la première fois, Vincent passe une semaine de vacances séparé de sa femme et de ses filles. C'est l'occasion pour aller retrouver ses parents et son frère, lui qui ne les voit si rarement. En effet, au départ peu doué pour les études, après quelques années de galère, il suit sa nouvelle petite amie en Angleterre, désormais sa vie est là-bas. Susan deviendra sa femme et il fondera une chaîne de fast-food de luxe au succès grandissant. Est-ce pour autant le retour du fils prodigue ? Comment renouer avec ceux qu'on a laissés derrière soi ?
    Le thème de ce roman n'est certes pas des plus originaux, mais le personnage de Vincent est attachant et l'auteur nous réserve des surprises. Blondel construit toujours ses personnages avec empathie et cela fait sa force. Lorsqu'on a fondé sa propre famille, il est parfois difficile de retourner seul chez ses parents, de retrouver ses anciens amis, nous n'avons plus les mêmes repères, on peut aisément se reconnaître dans le personnage de Vincent.
    Il s'agit du quatrième roman de Jean-Philippe Blondel que je lis, et pour l'instant il ne m'a pas déçue, j'ai passé un excellent moment de lecture. Lire un roman de Blondel c'est comme retrouver un vieux copain !

    Lien : http://bene31.canalblog.com/archives/2013/09/15/28016737.html
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    • Livres 5.00/5
    Par jackycaudron, le 26 mai 2013

    jackycaudron
    "J'ai refusé en bloc les souvenirs et les regrets.
    Je ne plongerai pas dans un février où je n'étais pas. "


    Dans ses années de jeunesse, la « lose » lui collait à la peau.
    Aujourd'hui Vincent a le vent en poupe et la quarantaine conquérante : marié à une fille de la grande bourgeoisie britannique, père de deux enfants, il dirige à Londres une chaîne de restauration en plein essor.
    Pour cela il a dû fuir la France et sa petite classe moyenne engourdie, ses parents et leur pavillon « qui craint », son frère et sa vie étriquée - et Étienne, son meilleur ami, son double inversé, dont il n'a plus jamais pris de nouvelles.
    Étienne qui a suivi le chemin opposé - Étienne qui est devenu SDF.
    Mais cela, Vincent l'ignore.
    Jusqu'à ce mois de juillet où il revient dans sa ville natale.
    Et se prend en pleine tête ses certitudes d'homme qui a « réussi » sans un regard pour ceux qu'il laissait derrière lui...

    L'écriture de Blondel me touche et me transporte...à chaque fois...
    La suite surhttp://jacky-caudron.blogspot.fr/2013/05/this-is-not-love-song-jean-philippe.html

    Lien : http://jacky-caudron.blogspot.fr/2013/05/this-is-not-love-song-jean-..
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    • Livres 5.00/5
    Par ALaure, le 22 novembre 2008

    ALaure
    J'avais entendu et lu bien des choses à propos de ce roman. Beaucoup de lecteurs le trouvaient décevant, dérangeant, âpre, grinçant, violent, bref très différent des autres livres de cet auteur.
    Contrairement à d'autres lecteurs, je n'ai absolument pas trouvé que Vincent, le personnage principal, soit arrogant, odieux, immonde, infect, railleur, pédant, ...
    En ce qui me concerne, c'est le troisième livre de Jean-Philippe Blondel que je lis et c'est, sans le moindre doute, mon préféré. le genre de roman que l'on ne peut refermer, qui vous prend et ne vous lâche plus.
    J'ai trouvé qu'il reflétait assez justement les moments difficiles de la vie, auxquels chacun d'entre nous peut être confronté. La misère, la solitude, les préjugés familiaux, le poids du regard des autres... Vincent a ses défauts, ses faiblesses, ses forces, mais nous avons tous les nôtres !!!
    J'ai aussi trouvé que le fait de tout plaquer, de changer de vie, de pays, d'oser. prendre des risques, était une forme de lucidité de courage.
    Bref, on aime, ou on n'aime pas, je n'ai pas aimé, j'ai adoré... J'ai adoré cette histoire parce qu'elle ressemble à la vraie vie, parce que je suis consciente qu'elle aurait pu m'arriver à moi et parce que je comprenais très bien Vincent que j'ai trouvé très humain.
    Vivement le prochain Blondel !!!
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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    InColdBlog
    Il est loin l'adolescent, le looser à l'avenir plus qu'incertain dont personne ne donnait pas cher de la peau. En suivant dix ans plus tôt Susan, jeune anglaise de la bonne société britannique, Vincent a choisi de couper définitivement les amarres qui le reliaient à son passé, à la loose : sa ville, sa famille, ses amis…
    Sa nouvelle vie lui a plutôt bien réussi : il se retrouve aujourd'hui brillant entrepreneur à la tête d'une chaîne de restauration et d'une petite famille.
    Finalement, le bonheur tient à peu de chose, il lui aura suffit de franchir le Channel. du moins le croit-il, jusqu'à ce qu'il se trouve plus ou moins contraint par Susan de passer une semaine en France, chez ses parents.
    Partir, tout quitter lui a été si facile. Mais aujourd'hui, il doit se confronter malgré lui à ce passé, qu'il n'a de cesse d'oublier depuis dix ans, retrouver tous ces gens qu'il a laissés sans aucun regret, sans un regard derrière lui - parents, frère, anciens amis, ex -, et reprendre cette première partie de sa vie à peu de choses près là où il l'a laissée en partant. A peu de choses près… Car la vie n'est pas une chanson d'amour. En s'accrochant à Susan, comme un rescapé du Titanic à son canot de sauvetage, Vincent n'a qu'une idée en tête : sauver sa peau. Il tenait là sa chance, pas question de la laisser passer, quels que soient les dégâts collatéraux que cela devait irrémédiablement engendrer. Et tant pis pour Etienne, son meilleur ami, son pote à jamais…
    Mais il ne suffit pas de détourner le regard ou de tourner le dos pour que la réalité s'estompe. Il ne suffit pas d'ignorer sciemment ce qui fâche, là où ça gratte, pour soulager sa bonne conscience. De nouveau de plein pied avec le quotidien de ses amis d'autrefois, lui qui est devenu "quelqu'un", sorte de symbole de la réussite du libéralisme à l'anglaise, va réaliser que sa réussite dans les affaires cache mal un échec bien plus profond. Son cynisme ne suffira plus à le préserver, lui et ses fausses certitudes.
    Comme beaucoup, je dois avouer que j'ai été quelque peu désorienté en lisant les premières pages de ce nouveau roman de Jean-Philippe Blondel. Je ne voyais où il voulait en venir, où il voulait m'emmener et il n'a pas fallu longtemps avant que son narrateur me tape sur les nerfs. Les concessions, la nuance, c'est pas son truc à Vincent. Il se complait mieux dans l'arrogance, voire le mépris, et la condescendance.
    Au fil de la lecture ne manquent pas de survenir les questions dérangeantes. Forcément, ça remue, ça vrille à l'intérieur, ça fout le souk dans les préjugés et ça continue, même après le dernier mot du roman.
    En totale empathie avec ses personnages - même les salauds !-, Jean-Philippe Blondel nous emmène avec lui dans les tréfonds de leurs âmes. Il parvient à ce que le lecteur se trouve des affinités avec son narrateur pour le moins antipathique même si cette fois-ci, il le fait avec un style plus rugueux, plus violent même parfois.
    This is not a love song. Pas sûr... Méfiez-vous des apparences. Moi j'y ai vu une histoire d'amour, un amour qui n'a jamais dit son nom et que Vincent va enfin concrétiser par-delà la mort.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?post/2007/09/11/Amour-d%C3%A9funt
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Citations et extraits

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  • Par jackycaudron, le 26 mai 2013

    "Je ne reconnais pas ma bouche.

    Je ne reconnais pas la sienne.

    Les lèvres sèches, les gerçures qui se creusent.

    Mes incisives cherchent le sang.

    Le goût du métal.

    Elle suffoque.

    Elle cherche à s'échapper...

    mais je la retiens prisonnière, là...

    entre mes jambes, entre mes bras.

    Entre moi.

    Entre en moi.

    La montée de la sève.

    Lente et douloureuse.



    Ma tête sous son menton.

    Le dos rond, prêt à bondir .

    Les poings fermés de chaque côté de son visage.

    Refuser l'explosion.



    Rester au bord.

    Tout au bord.

    Retarder.

    Rester dans l'inévitable.

    Suspendre.

    Attendre la faim de l'autre.

    Sa soif.

    Son aridité.

    Ses appels au secours.

    Les soubresauts de son corps qui cherche l'irrigation.

    Entendre ses membres se bander pour frapper.

    Sentir les muscles de son ventre agir.

    Enserrer.

    Interdire la fuite.

    Tu ne m'échapperas pas.



    Ceci n'est pas une chanson d'amour"


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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    On peut croire que je ne pense pas à lui. On peut croire que je ne l’ai pas pleuré. Que je n’ai pas été dévasté. Que mes années londoniennes ont créé autour de moi une bulle de verre et que plus rien ne m’atteint. Que mon cerveau ne hurle pas son nom aux moments les plus inattendus. Que ma seule réaction aura été de baiser ma belle-sœur et de faire la nique à la mort.
    On peut croire ce qu’on veut.

    Je ne croirai que ma belle-sœur.
    Parce que ma belle-sœur était là. Qu’elle sait la dose de douleur dans notre orgasme. Qu’elle m’a tenu dans ses bras alors que je voulais la dominer et qu’elle m’a bercé doucement. Qu’elle a vu mon visage dans l’oreiller. Qu’elle sait que pour faire la nique aux défunts, il faut d’abord faire son deuil. Le mien a été violent, rapide et charnel. J’espère que j’ai ensemencé la mort.
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  • Par carre, le 12 juillet 2012

    La lassitude. Malgré toutes les années enfouies, je la sens encore. La perspective du repas. Les reproches latents. Les anecdotes. Je ne serai jamais les parents que j’ai eus.

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  • Par carre, le 12 juillet 2012

    Est-ce qu’on reste responsable des gens avec lesquels on a vécu, une fois que notre histoire commune s’est terminée ?

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  • Par InColdBlog, le 11 septembre 2010

    Parfois, je l’appelais "mon deuxième meilleur ami" et cela me faisait rire, parce que tout le monde sait que c’est un concept qui n’existe pas, une élucubration de faux-jeton. Le "deuxième meilleur ami", c’est celui qu’on appelle quand le premier n’est pas là ou qu’il est occupé à draguer. C’est celui avec qui on a énormément de points communs, tellement que c’en est saoulant. C’est celui qui nous renvoie de nous une image qui nous déplaît. Ce n’est pas exactement un bouche-trou, parce que, des bouche-trous, on en a d’autres – mais c’est quelqu’un qui gravite à la périphérie de notre vie, sans faire de bruit.
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