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ISBN : 2070370674
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un jour de printemps 1968, Antoine Blondin se promène exceptionnellement dans Saint-Germain-des-Prés. La police sur le qui-vive en cette période survoltée se met soudain à courir en tous sens pour attraper un fuyard. Dans sa course, un sergent peu enclin à la littératur... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Moosbrugger, le 22 septembre 2014

    Moosbrugger
    Le hussard Antoine Blondin ose un premier roman anticonformiste et nous donne sa version de la guerre dans le style des chroniques journalistiques satiriques...Si dans son récit on tire d'avantage son coup que des bastos et que l'on prend plus volontiers son pied que le maquis, Blondin n'en oublie pas pour autant de nous rappeler son crédo le plus élémentaire en période belliqueuse : oublier la partisanerie et les beaux discours.
    Muguet c'est un peu un enfant, souvent un amant, mais jamais un soldat. C'est à la fois l'idéal d'un Blondin appelé à la STO, le combleur salutaire de la pyramide des naissances, le résistant bien trop séduisant parmi les huiles mais aussi le mutin en plaisance monégasque.
    On est plus souvent purement idiot que réellement pervers dans ce roman. Les deux Schutzstaffel H. et H. paraîtraient par exemple presque attendrissants de bêtise.
    « p. 110
    C'était peu que débaptiser quelques rues, mais obliger les citoyens à avancer leur montre de deux heures, sans que cette mesure revêtit à leurs yeux l'apparence d'une brimade gratuite, mettre au même pas toutes les pendules d'Europe, témoignait d'une exigence bien plus impérieuse : celle d'organiser le temps au moment précis où l'on occupait l'espace.
    On ne tyrannise pas impunément les méridiens
    Plus tard, lorsque les Nations Unies, incapable d'organiser l'espace, mais soucieuses par ailleurs d'occuper le temps, instruisirent d'interminables procès aux criminels de guerre, l'Uhrführer Bauer, responsable des chronomètres pour l'ensemble du continent et surnommé « le bourreau des longitudes », fit l'objet d'une affaire retentissante. Dénoncé par l'horloge parlante, on lui imputa le détournement d'un temps considérable […]
    Aucun des policiers notoires, commis à la recherche du temps perdu, ne parvint à mettre la main sur ces deux heures de leur vie, dérobées un beau jour aux habitants des territoires conquis. »
    Nous retrouvons toute la naïveté de « L'humeur vagabonde » dans ce compte iconoclaste au léger parfum d'autofiction. Une vision peut-être bien plus proche de la vie des Français pendant la guerre, qui comme nous le savons, ont tous été résistants, que l'image qui nous est donné aujourd'hui par les écœurantes commémorations des deux dernière conflagrations mondiales.
    Finalement, pourquoi lire ce livre ? Pour vivre une drôle de guerre sans coups de feu et jouir d'une prose plaisante à la Frédéric Dard. Très bon, on rigole beaucoup, même si la fin tire en longueur.
    Muguet est un héros qui possède le courage de la retraite. Toutefois, il est difficile de dire jusqu'à quel point ce personnage s'identifie avec son auteur, et il faudra donc veiller, et cela même en laissant de côté son orientation politique et sa participation controversée au STO, à ne pas commettre d'impair en confondant Antoine Blondin avec Louis Lecoin !
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 11 décembre 2011

    lecassin
    Fils de la poétesse Germaine Blondin, Antoine Blondin est un hussard. Hussard au sens du mouvement littéraire des années 50 – 60 qui s'opposa aux existentialistes en général et à Sartre en particulier, en tant que l'incarnation de « l'intellectuel » ; puis , plus tard, au nouveau roman.
    Caractérisé par un anticommunisme aussi primaire que courageux (à l'époque le PC était coté à 25 % des suffrages dans tous les scrutins) et par le refus des modes, les hussards présentaient également un certain goût pour les causes perdues comme l'Algérie Française…
    Notons les piliers du mouvement et compagnons d'infamie d'Antoine Blondin : Roger Nimier, Jacques Laurent (Académicien) et Michel Déon (Académicien)…
    Mais revenons à « L'Europe buissonnière ». Premier opus, première récompense avec le Prix des Deux Magots en 1949 ; et la notoriété qui va avec. de retour du STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne, Antoine Blondin s'appuie pour ce roman, sur cette période éprouvante de sa vie, néanmoins riche en événements. Ne dit-il pas que « L'Europe buissonnière » contient au moins dix sujets de roman à peine esquissés ?
    Dédié à Julien Guernec(« sans qui je ne l'aurais jamais commencé ») et à Michel Déon (« sans qui je ne l'aurais jamais terminé ») Ce livre est composé de deux grandes parties bâties autour des deux personnages principaux, espèces d'anti-héros : Muguet et Superniel.
    Muguet est au cœur d'une aventure burlesque, presque carnavalesque. Il traverse la guerre avec l' « aisance insouciante » d'un « déserteur léger ». Superniel, sympathisant de la Révolution nationale, c'est probablement Antoine Blondin lui même, de ses études en philosophie à la Sorbonne jusqu'au STO.
    « L'Europe buissonnière » est un livre profondément romanesque, à la manière de Marcel Aymé ou de Jean Giraudoux, picaresque même. Avec son habituelle prise de distance à l'égard des émotions, Antoine Blondin nous livre ici une vision impertinente et parfois irrévérencieuse de l'Histoire. Il alterne malicieusement le sentimental, le réaliste, le satirique, le burlesque avec ce ton qui n'appartient qu'à lui.
    « L'Europe buissonnière », n'est pas le plus connu des romans d'Antoine Blondin tant l'ombre portée par « Un singe en hiver » est dense. Dommage.

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    • Livres 4.00/5
    Par stcyr04, le 24 mars 2013

    stcyr04
    L'Europe buisonnière est une galerie de portraits de tire-au-flanc et fumistes de tout poil qui sévirent durant le dernier conflit mondial: les résistants de salon, les réfractaires aux armes, les prisonniers de guerre de profession, les anciens combattants plus combatifs du tout, les adolescents très attardés,les profiteurs qui font leur beurre quand il ne reste plus que de la margarine au marché noir...
    C'est avec bonheur qu'Antoine Blondin manie le calembour irrévérencieux, le jeu de mot iconoclaste . Un vrai régal de lecture que ce livre avec la juste proportion d'irrévérence et de tendresse.
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    • Livres 5.00/5
    Par letendard, le 07 juin 2011

    letendard
    Antoine Blondin fait partie de « cette génération qui eût vingt ans (ou un peu plus) en 1945 pour la fin du monde civilisé » (Roger Nimier). Mort il y a 20 ans, le 7 juin 1991...

    Lien : http://www.denecessitevertu.fr/2011/05/29/antoine-blondin-la-vie-vag..

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Citations et extraits

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  • Par lecassin, le 08 décembre 2011

    Ce n'était pas la première fois qu'il éprouvait les vertus viriles des femmes, leur rudesse, leur sincérité atroce, leur courage, et qu'aux seuls garçons appartenaient la sensibilité, la pudeur voilée, les tristesses secrètes, la vraie tendresse.”

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  • Par lecassin, le 11 décembre 2011

    La guerre est perdue, ce qui n’est pas grave, car vous me direz : une de perdue, dix de retrouvées .

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  • Par aleatoire, le 25 mars 2013

    Passé huit heures du soir, les héros de roman ne courent pas les rues dans le quartier des Invalides.

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  • Par lecassin, le 08 décembre 2011

    Compenons nous, mes enfants, il n'y a pas un idéal qui vaille la mort d'un homme, parce que l'idéal, c'est de vivre.

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  • Par lecassin, le 08 décembre 2011

    “Remarque, pourtant, qu'on a de la chance de tomber aux moissons. C'est la période de l'année où il y a le plus de mollesse et le plus de cocus.”

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