ISBN : 2710329859
Éditeur : Le Table Ronde


Note moyenne : 3.45/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres

J'en voulus à ma femme de ce qu'elle accumulât tant d'innocence au moment où j'allais la tromper. Etait-ce même la tromper que de retrouver Albertina dans une autre dimension de l'existence ? Sophie demeurait liée à un systè... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 janvier 2012

    brigittelascombe
    "Il ne faudrait quand même pas prendre Les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages!" lance en douce l' élève Minier, après examen de son cahier d'histoire par l'inspecteur d'Académie.
    Cette célèbre expression, signifiant: il ne faudrait pas nous prendre pour des imbéciles, utilisée par le général de Gaule et également par Michel Audiard (dont le scénario : Faudrait pas prendre Les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages a été adapté en film par Bernard Blier) se révèle appropriée dans Les enfants du bon Dieu d'Antoine Blondin.
    Pourquoi?
    Le héros du livre Sébastien Perrin, trentenaire, est un professeur d'histoire dont la "maison s'élève au carrefour de deux silences" dans les beaux quartiers de Paris, dont la gentille épouse Sophie (à la mère insignifiante et au père trop barbu) peint des chevaux de bois,dont les voisins: aveugle,général ou vicomte sont lourds et fantaisistes et dont la vie monotone va le pousser un jour à se jouer de l'histoire.
    "Puisque l'Histoire m'avait détraqué, je détraquerais L Histoire".
    Et le voilà, reprenant soudain vie entre un traité de Westphalie non signé,une guerre de cent ans rallongée,des Lulli,Mansard et La Fontaine promus ministres de Louis XIV,quelques rajouts,trucages et autres dérivations qui ne semblent pas inquiéter les élèves outre mesure. Et l'inspecteur?
    Le hasard s'en mêlant,ne voilà-t-il pas que Sébastien Perrin retrouve une ancienne maîtresse (la grande brune princesse Albertina d'Arunsberg-Giessen) connue dans son passé de STO en Allemagne.
    Et le voilà reparti sur les châpeaux de roues du mensonge et de l'hypocrisie.
    A moins que la fin ne nous délivre son secret !!!!
    A la fois léger, vu la verve drôle et l'humour décapant de l'auteur qui utilise souvent des expressions au pied de la lettre (ex:"je lui parlerai à visage découvert" et le beau-père se rase la barbe) et grave, vu les expressions touchantes (ex à propos de l'aveugle: "elle entend tout et soupèse le monde au creux de sa main") et la détresse de Perrin face à l'ordre immuable du monde et à L Histoire à laquelle il ne croit plus; Les enfants du bon Dieu parle d'imprévu et de hasard, de vie et de bonheur, de fiction et de réalité.
    L'ange Blondin avec son élégance naturelle nous régale de ses canards.
    A lire: Blondin 20 ans déjà ! (de Jean Cormier et Symbad de Lassus) paru dernièrement, pour les lecteurs qui comme moi ne connaissaient pas Antoine Blondin (prix Interallié 1959 pour Un singe en hiver et prix de littérature de l'Académie française 1979).
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 13 décembre 2011

    lecassin
    Si l'on considère qu'il y a comme une certaine unité entre les trois premiers romans d'Antoine Blondin, on peut raisonnablement penser que les enfants dont il est question dans « Les enfants du bon Dieu » sont en quelque sorte les fils spirituels de Muguet et/ou de Superniel, les deux « héros » du précédent et premier ouvrage de l'auteur, « L'Europe buissonnière ».
    Le héros de ce roman, Sébastien Perrin, est un jeune professeur d'histoire qui dispense un enseignement pour le moins atypique. Comme Blondin il a fait le STO ; et la guerre est finie. Il est de retour ; et doit se reconstruire une existence « normale ». Sauf que, et c'est lui qui parle : puisque que l'Histoire l'a détraqué, il allait détraquer l'Histoire…
    Prisonnier (encore et toujours) d'un collège suranné et d'un mariage de convention, il fait beaucoup plus que détraquer l'Histoire, il la revisite à sa manière, et dans certains cas il la réécrit : ainsi, il refuse de signer le Traité de Westphalie qui mit fin à la guerre de trente ans, Louis XVI devient résistant sous le nom de Louis XVIII, etc.
    Cet enseignement, pour le moins non conventionnel, est moins celui d'un révisionniste que celui d'un iconoclaste en proie au « désarroi nostalgique devant l'ordre rétabli de la vie quotidienne, que les improvisations de la fantaisie n'arrivent pas à conjurer ».
    Ici l'érudition le dispute à l'humour et à l'imagination…Une écriture d'une fraîcheur et d'une subtilité réjouissante. le « Hussard Blondin » à son meilleur !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par letendard, le 07 juin 2011

    letendard
    Antoine Blondin fait partie de « cette génération qui eût vingt ans (ou un peu plus) en 1945 pour la fin du monde civilisé » (Roger Nimier). Mort il y a 20 ans, le 7 juin 1991...

    Lien : http://www.denecessitevertu.fr/2011/05/29/antoine-blondin-la-vie-vag..
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par lecassin, le 13 décembre 2011

    Quand Sébastien décide à réécrire l'Histoire, il s'en ouvre à sa femme au restaurant :
    "-Au fait, dis-je en me penchant, tu sais que je n'ai pas signé le traité de Westphalie...
    J'étais un peu ému de mettre quelqu'un dans cette confidence magistrale. Je craignais qu'elle ne l'accueillît mal et se récriât d'horreur.
    -Alors qu'est-ce que tu as fait tout cet après-midi ? demanda-t-elle simplement.
    -J'ai fait ma classe.
    -Eh bien! tu le signeras la prochaine fois.
    -Tu ne te rends pas compte des conséquences incalculables que cela peut présenter.
    -Taratata... fit-elle en haussant les épaules.
    A ce moment, le garçon se coula vers nous la mine défaite. Il nous rapportait la carte des vins, et nous jeta à voix basse : "Il n'y a plus d'Alsace !"
    Je me tournai vers Sophie :
    -Tu vois, dis-je, ça commence.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 03 janvier 2012

    L'écoeurement que je sentais affleurer depuis le début de la soirée me submergea.Il n'était même plus question d'accuser la monotonie de la vie,c'était sa rigueur,cette fois,qui m'apparaissait avec une évidence scandaleuse.Car ne m'étais-je jamais dicté la moindre de mes lois?Il n'était que trop clair que mon destin m'arrivait,déjà mâché ailleurs.
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  • Par brigittelascombe, le 03 janvier 2012

    Nos ordures ne nous font pas honneur.Elles sont maigres et nous les dissimulons le plus possible.Mais l'aveugle est végétarienne,le général frugal, le vicomte parcimonieux,la veuve conservatrice, le bossu va au restaurant,et nous,nous sommes pauvres.A qui la faute? Les cambrioleurs ont du avoir une triste opinion de nous.
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  • Par brigittelascombe, le 03 janvier 2012

    Pourquoi ne baise-t-on pas les doigts des jeunes filles?J'avais un aide-mémoire sur les lèvres,un passe-partout,un post-criptum.Tout ce qui permet de retrouver ou de rouvrir,de prolonger,je l'eusse mis dans un baiser.Au lieu de quoi,nous nous serrâmes la main plutôt sèchement.
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  • Par brigittelascombe, le 03 janvier 2012

    Un nuage traversa mon ciel.J'éprouvais le spasme du voyageur sans billet qui aperçoit une casquette de contrôleur.Après tout,le jeu en valait-il la chandelle?Entre le traîté de Westphalie et l'évasion,il n'y avait pas à balancer.
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