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ISBN : 2070371115
Éditeur : Gallimard (1979)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 68 notes)
Résumé :
Benoît quitte femme et enfants pour tenter fortune à Paris. Rastignac triste, il s'égare dans le Père-Lachaise. Quand il revient au pays, sa mère le prend pour un amant de sa femme et tue l'épouse supposée infidèle. Maintenant Benoît peut revenir à Paris. Parce qu'on flaire sur lui l'odeur du crime, la capitale s'offre à lui. Pas pour longtemps. Un nouveau caprice du tout-Paris, et il est rejeté. Une fable comique et triste, une petite musique aigre-douce, le ton in... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Levant
Levant11 juillet 2016
  • Livres 3.00/5
J'avais fait connaissance avec Antoine Blondin sans le savoir, en regardant le film Un singe en hiver. Belmondo s'y livre à quelques passes de tauromachie sur le capot des voitures passant dans la rue. J'ignorais que ce dernier ne faisait que reproduire ce que l'auteur facétieux avait eu l'occasion de risquer dans ses frasques juvéniles.
L'époque où le tour de France cycliste n'était pas vécu en direct comme aujourd'hui donnait à quelques chroniqueurs habiles l'occasion de faire valoir leur maîtrise de la langue. On ne l'attend pas vraiment d'un journaliste sportif. Antoine Blondin s'est fait connaître du grand public en ce temps-là. Au-delà des exploits sportifs de nos coureurs, sa plume en a séduit plus d'un avec sa gouaille et son verbe facile. Mais réduire Antoine Blondin à ses chroniques bien tournées ferait oublier qu'il a été un auteur primé. le lire me fait que cautionner le succès dont il a été gratifié.
Je le découvre donc avec son deuxième roman, L'humeur vagabonde. J'ai trouvé l'intrigue un peu faible. C'est un ouvrage déséquilibré dans sa construction, entre l'escapade parisienne de son héros narrateur, Benoît Laborie, et l'événement, dont on ne dira rien, qui découvre tardivement la raison d'être de l'ouvrage. Mais j'ai compensé ma déconvenue par l'exploration d'une écriture témoignant d'une grande finesse d'esprit, en oscillation permanente entre humour et gravité.
En littérature on n'a d'intérêt à l'égard d'un trait d'humour que le temps d'un sourire. A moins qu'il ne soit soutenu par une culture et une maîtrise de la langue qui en feraient une écriture tout en spontanéité, sans lourdeur, qui ne mendie pas la louange. C'est le cas avec Antoine Blondin dont le style sobre, espiègle, piquant à souhait, ne fait de victime que celui qui n'aura pas compris le calembour.
Comme souvent, l'humour est un rempart derrière lequel se retranche l'émotif. Benoît Laborie n'en est pas dépourvu. Faut-il y voir un trait de caractère de son auteur ? Joseph Kessel ne disait-il pas que "la véritable biographie d'un écrivain, ce sont ses personnages".
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fran6h
fran6h04 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Tout quitter, prendre le train, abandonner femme et enfants. Les enfants qui ne parlaient pas encore. La femme qui ne parlait plus. C'est dans un grand silence que Benoit Laborie quitte Mauvezac pour rejoindre Paris.
Benoit Laborie, un anti-héros, une sorte de Meursault avec sa mère en plus. Car l'amour maternel joue ici un rôle central.
A Paris, plein d'espoir, il va chercher à nouer les contacts que sa mère a gardés pour trouver une situation. Mais personne ne se souvient d'eux. Tout le monde ignore ce provincial et son pot d'azalée.
Commence l'errance, et une semaine terrible où les situations cocasses s'enchainent. Désespoir. Il décide de rentrer à Mauvezac, sans rien dire, pour faire la surprise à sa femme. C'est au moment de ces retrouvailles que par un malentendu se produit un évènement dramatique qui bouleversera sa vie.
Benoit Laborie, le médiocre, devient alors l'attraction de la justice et de la presse. de retour à Paris il devient le centre d'intérêt de toute cette société qui l'avait si superbement ignoré. Mais cet intérêt soudain s'éteindra peu à peu alors que le procès dévoilera le manque de consistance du personnage.
La vie de Benoit n'est qu'une salle d'attente de gare, avec les trains qui partent sans nous, et ceux qui partent trop tard, et ceux qui ne partent pas. Et dans cette salle d'attente, les figurants regardent leur vie défiler, sans prise sur elle, sans prise sur rien.
Un texte poétique et plein d'une souffrance larvée, cachée sous l'humour et l'absurdité.
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vincentf
vincentf02 novembre 2010
  • Livres 4.00/5
Tout cela est bien écrit... le narrateur erre dans Paris, naïf. Il dort sans le savoir dans un bordel, se perd dans le cimetière du Père-Lachaise, passe une nuit chez les flics. Cela aurait pu continuer. le roman semble être un vagabondage sans fin. le narrateur décide cependant de rentrer dans sa campagne, de retrouver sa femme sans passer d'abord chez sa mère. Là, inattendu, survient le drame. le lecteur a le plaisir rare de la surprise. le coup de fusil vient de nulle part. le roman tourne. Drame passionnel, homme perdu entre son épouse assassinée et sa mère meurtrière, homme que l'on s'arrache dans la ridicule bonne société sans coeur, parce qu'il est peut-être complice, homme qui subit. Il se retrouve figurant de cinéma, métaphore évidente de sa vie, homme figurant de sa propre vie. Tout cela est raconté avec style (notion dont on sait bien qu'elle ne veut rien dire, mais je ne vois pas comment le dire autrement), au temps évaporé où il était naturel de bien écrire.
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LPL
LPL24 mars 2015
  • Livres 4.00/5
On connaît Blondin pour Un singe en hiver, on le connaît moins pour ce roman - le troisième de son oeuvre - où le lecteur accompagne le narrateur dans une double errance : celle d'un homme, "un petit provincial un peu gêné aux entournures" dans le Paris de l'après-guerre, celle d'un père dans le monde éreintant des doutes et des sentiments illisibles. le point de départ de cette double errance est le même : Mauvezac, le village natal des Charentes où se cristallisent les échecs d'une situation, d'un mariage, et de l'affirmation d'un fils face à l'amour maternel ; Mauvezac que Benoît Laborie quitte pour préférer Paris et y tenter fortune. Mais l'arrivée à la gare d'Austerlitz est le début d'une lente tragédie où toutes les pierres de l'édifice vont s'installer avec malice.
Trop jeune, peut-être un peu trop innocent, le jeune Laborie est emporté dans un tourbillon de mésaventures : toutes presque insignifiantes, mais toutes révélatrices de son inaptitude à affronter l'agitation d'une capitale. Il s'y laisse prendre comme si la passivité le sortirait mieux d'affaire que la contre-attaque ; elles se succèdent. Blondin nous dresse une réflexion sur le hasard des situations, sur les successions de coïncidences que d'aucun ne veut, à son sens, croire comme le fruit de l'ironie du sort. Laborie pense alors qu'il est temps de rentrer car son errance parisienne a au moins éclairci le marasme de ses sentiments. Il part par où il est venu : Gare d'Austerlitz, retour à Mauvezac, auprès de son foyer. Et voilà que toutes les pierres de la tragédie sont réunies.
Construit autour de la dynamique du voyage, l'image du train sous-tend la narration dès les premières lignes : "Après la Seconde Guerre mondiale, les trains recommencèrent à rouler" ; jusqu'aux dernières : "Un jour, nous prendrons des trains qui partent", pour maintenir présente l'impression de mouvement. Et quand l'écho des chemins de fer pourrait se dissiper après de trop nombreuses pages sédentaires, et avec elle l'atmosphère d'instabilité, tantôt le hasard frappe, tantôt Blondin ramène son narrateur dans un bureau de poste, "ce hall, vaste comme une gare", autre lieu où la notion de départ, de passage, et de retour est omniprésente. Ecriture vive et poétique, L'humeur vagabonde raconte le destin d'un homme ordinaire, ballotté par les aléas de la vie et les faiblesses du coeur.
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lecassin
lecassin14 décembre 2011
  • Livres 5.00/5
Troisième opus « de jeunesse », bien qu'on ne puisse pas vraiment parler de trilogie si on le joint aux deux premiers, « L'Humeur vagabonde » complète le tableau de l'immédiat après guerre vu par Antoine Blondin : à l'insouciance de « l'Europe buissonnière » et au désarroi des « Enfants du bon Dieu » succède le désenchantement.
Après la Seconde Guerre mondiale, les trains recommencèrent à circuler. le « héros », Benoît Laborie a l'humeur vagabonde. Jeune agriculteur, il décide de tout quitter : sa Charente natale, femme et enfant. Il monte à Paris et espère bien y faire fortune. Echec et retour à la maison… où sa propre mère ne le reconnaît pas et le prend pour un amant de sa femme … Drame !
On retrouve ici tout Blondin dans le désenchantement et la solitude de son (anti) héros confronté à l'absurdité de l'existence ; plus : cette petite musique aigre-douce d'une écriture d'une grande finesse.
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Les critiques presse (1)
Telerama14 décembre 2011
Si l'intrigue est mince, l'écriture s'impose, telle une musique traversant le temps et les modes. Blondin flâneur aime les hommes ordinaires, les rêveurs insatiables, les poètes de comptoir.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
LevantLevant10 juillet 2016
Mais les miroirs embués par trop de souvenance s'obstinent à ne répondre qu'au passé et c'est une tentation assez commune aux hommes que de chercher au-delà, que de les retourner pour savoir ce qu'il y a derrière. Vieux mystère décevant : on n'y trouve rien qu'on ne leur ait apporté ; les miroirs sont nos auberges espagnoles.
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lecassinlecassin13 décembre 2011
Un jour nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n'auront plus de secrets pour nous. Un jour nous prendrons des trains qui partent.
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LPLLPL22 mars 2015
Pendant cinq minutes, je sus ce qu'est d'être aveugle : c'est quand on téléphone d'une province lointaine à cette femme que l'on aime, et qu'on lui demande la couleur du jour et celle de sa robe, comme si le prix de l'existence en dépendait. Si elle se tait, le monde, soudain, n'existe plus.
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LPLLPL22 mars 2015
Un jour, peut-être, nous abattrons les cloisons de notre prison ; nous parlerons à des gens qui nous répondront ; le malentendu se dissipera entre les vivants ; les morts n'auront plus de secrets pour nous.
Un jour, nous prendrons des trains qui partent.
Commenter  J’apprécie          50
LPLLPL22 mars 2015
La vision d'un père, après le travail, conduisant par la main un petit garçon vers le tas de sable, leurs querelles tendres, leur complicité évidente, m'arrachaient les larmes des yeux. Ni veufs ni orphelins... la langue n'a pas inventé de nom pour qualifier ceux qui sont privés de leurs enfants.
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Video de Antoine Blondin (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Antoine Blondin
Antoine Blondin, rive gauche. Entretiens avec Pierre Assouline
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