> Robert Amutio (Traducteur)

ISBN : 2267019663
Éditeur : Christian Bourgois Editeur


Note moyenne : 4.12/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
2666 est le dernier roman écrit par Roberto Bolano. Il a été publié de manière posthume en 2004 et aussitôt salué par la critique internationale. De l'Europe en ruines jusqu'au désert du Sonora à la frontière du Mexique et du Texas, hanté par les meurtres non résolus de... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 18 juin 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2008/06/le-cinquime-postulat-roberto-bolao-2666.html
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2008/06/le-cinquime-postulat-roberto-bolao-2666_14.html
    Extrait :
    « Tout ce qui existe dans ce pays est un hommage à tout ce qui existe dans le monde, et même aux choses qui ne sont pas encore arrivées. »

    S'il y a bien un livre qui a créé l'événement ces derniers mois, c'est 2666 de Roberto Bolaño. Il s'agit d'un roman de plus de mille pages divisé en cinq parties qui auraient pu être publiées séparément si les éditeurs avaient suivi les recommandations de l'auteur qui, se sachant condamné, espérait ainsi mettre plus facilement sa famille à l'abri du besoin. Nous pouvons remercier les ayant-droit de n'avoir pas respecté la volonté de l'auteur car si une lecture séparée de ces cinq parties était possible, l'unité de l'ensemble aurait été perdue pour la plupart des lecteurs.
    La première partie, « La partie des critiques », est une sinistre parodie de roman universitaire. On est à la fois très proche et très éloigné de l'univers de David Lodge, car si les mesquineries intellectuelles et amoureuses du milieu universitaire ont bien une place essentielle, Bolaño y introduit la dimension du mal à travers deux de ses manifestations les plus communes : la bêtise et la violence. Cette partie raconte l'histoire de quatre professeurs, Espinoza l'Espagnol, Morini l'Italien, Pelletier le Français et Norton l'Anglaise, spécialistes de l'œuvre de l'écrivain allemand Benno Archimboldi, qui, tel un Salinger ou un Pynchon, s'est éclipsé, laissant désemparés ces critiques qui tentent de le retrouver afin de lui assurer une chance de se voir attribuer le prix Nobel de littérature. Bolaño fait de Pelletier et d'Espinoza la parfaite caricature de ces universitaires arrogants au teint cireux qui, parce qu'ils consacrent leur vie à commenter l'œuvre d'un autre, n'ont finalement pas d'œuvre propre et qui vivent dans une telle misère sentimentale qu'ils doivent se partager – parfois en même temps – les faveurs de Norton ou s'amouracher de pauvres adolescentes. Mais sous leur bienséance de façade se cache, comme en tout homme, une frustration haineuse qui n'attend qu'une occasion pour se manifester le plus lâchement possible comme ce sera le cas à Londres où ils tabasseront un chauffeur de taxi pakistanais au point de lui casser le nez, quatre côtes, toutes les dents et lui causer une commotion cérébrale. Leur forfait commis :
    « Pelletier avait l'impression d'avoir joui. Même chose, avec quelques différences et nuances, pour Espinoza. Norton, qui les regardait sans les voir au milieu de l'obscurité, paraissait avoir eu un orgasme multiple. »
    De colloques en congrès, ces quatre professeurs sillonnent l'Europe – dérisoires apôtres d'Archimboldi –, jusqu'à ce qu'ils apprennent par hasard qu'Archimboldi a été localisé au Mexique, dans l'état du Chihuahua, dans une ville à la frontière des Etats-Unis, dont le vrai nom est Ciudad Juárez, mais que Bolaño appelle, et nous verrons pourquoi, Santa Teresa. Prétextant son handicap et les difficultés qu'il y a à voyager en chaise roulante, Morini refuse d'accompagner ses coreligionnaires au Mexique. le trio amoureux s'envole donc vers l'Amérique centrale. Bornés comme peuvent l'être des Européens, ils n'éprouvent que du mépris pour leurs collègues autochtones (ça les amuse de se faire appeler « chers collègues »). Une Université dans une ex-colonie ne peut être qu'un ersatz d'Université. Et si un professeur mexicain ne saurait être véritablement un professeur, que dire d'un étudiant ? S'ils condescendent à faire quelques conférences, ils ne préparent rien, adoptant une attitude de « boucher », de « tripier » ou de « videur de boyaux ». Ils s'étonnent même et s'émeuvent de constater que ces étudiants lisent, parfois même leurs livres… S'ils finissent par apprendre qu'il se passe des événements effroyables dans cette ville, cela les indiffère et ils continuent, pendant tout leur séjour, à se conduire, qu'on m'excuse le pléonasme, comme de vulgaires touristes. Seules Norton aura l'intuition de quelque chose et rentrera soudainement en Europe rejoindre le seul homme qu'elle peut vraiment aimer : Morini.
    Pelletier et Espinoza continueront en vain à chercher Archimboldi. Ils sauront n'avoir jamais été aussi proches de lui, mais si cela est géographiquement vrai, c'est “spirituellement” faux car, comme nous l'apprend la cinquième partie, « La partie d'Archimboldi », c'est à cause de ce qui se passe à Ciudad Juárez qu'Archimboldi est là.
    Cette dernière partie constitue le pendant de la première puisque, elle aussi, retrace un itinéraire menant à Ciudad Juárez, celui à cause duquel les personnages de la première partie s'y sont rendus : Benno von Archimboldi. Bolaño emprunte cette fois le genre de la biographie, voire, parfois, celui du roman historique (certaines pages m'ont rappelé Un sergent dans la neige de Rigoni Stern). On découvre comment Hans Reiter, né en 1920, d'une paysanne borgne et d'un misérable boiteux, qui « n'avait pas l'air d'un enfant mais d'une algue » devint Benno von Archimboldi, le mystérieux écrivain toujours susceptible de recevoir le prix Nobel. Plus grand que les autres enfants de son âge, Hans Reiter semble souffrir d'autisme, « il n'appartenait pas à ce monde, auquel il se rendait seulement comme explorateur ou en visite. »
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 17 avril 2011

    brigetoun
    Critique impossible, même pour quelqu'un de moins furieusement incapable que moi.
    Foisonnement ordonné. Roublardise peut être. Inachevé et terriblement composé.
Tout de même quelques impressions, premières couches de ce qui s'est déposé, sans effort d'analyse, au cours de cette lecture fractionnée en plusieurs nuits.

    Le charme ironique de la première partie, des critiques, des colloques, d'une image de la vie littéraire, et ces quatre, dessinés à grands traits, comme des types, qui prennent vie et s'aiment. le découpage, les petits blocs qui alternent, avec juste assez d'irrégularités résiduelles pour qu'on ait le plaisir de goûter cette construction sans que cela pèse.

    La quête, dérive, creusement, d'Amlfitano au monde des lettres, de la poésie, l'histoire de sa femme, des contestants, et les rapports avec sa fille.

    Le côté picaresque de la partie "Fate",journalisme, boxe, silhouettes et l'amorce de Santa Teresa.

    La formidable partie sur les assassinats, avec comme dans la première partie, l'alternance des thèmes, les reprises obsédantes et leurs légères différences, l'émotion qui passe à travers la distance gardée, et toujours des personnages "épatants"
    
L'emboîtement des récits , l'histoire d'Ansky qui se suffirait, qui par le texte découvert, lu, incorporé, nourrit et oriente celle de Reiter en route pour devenir Archimboldi, la résolution, le regroupement des différentes parties.
    
Variété des formes, et coulée impérieuse. Foisonnement des personnages, des situations, profondeur de l'histoire, survol du siècle et nourrissant le tout, circulant dessous ou affiché avec un rien d'ironie, un monde de citations vraies, fausses, recrées, inventées. Plaisir de lecture en circulant entre les différents niveaux. Un peu effrayant d'intelligence, mais avec une bonhomie que j'ai peut-être inventée pour ne pas me détourner de mon plaisir.
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    • Livres 4.00/5
    Par gvissac, le 24 avril 2011

    gvissac
    2666 reprend pratiquement Les détectives sauvages là où celui-ci se termine : dans le désert du Sonora, après boucle temporelle et astuce narrative qui permettait au récit de se mordre la queue et de ne jamais réellement se terminer. Comme Les détectives sauvages, 2666 est un roman polyphonique, un livre sur la chaos plutôt que sur le vide, sur la fugue et non la fuite. En un sens 2666 va au-delà des Détectives sauvages et le dépasse aussi dans la démesure.

    Lien : http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?article520
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par JAsensio, le 04 mars 2011

    JAsensio
    Une évidence : ce ne sont certainement pas les très pièTres articles de la presse française dite littéraire, à l'exception, peut-être, de la critique de Philippe Lançon pour Libération (elle-même ne valant pas grand-chose comparée à la méditation sur l'impossibilité d'écrire une critique sur 2666 plutôt que critique, signée par Rodrigo Fresán pour El País), qui peuvent nous apprendre quoi que ce soit sur 2666.

    Lien : http://stalker.hautetfort.com/archive/2008/03/26/2666-de-roberto-bol..
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    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Difficile à noter et encore plus à commenter.
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Citations et extraits

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  • Par mangeclous, le 03 avril 2011

    Mais elle se posait la question (et en passant elle la leur posait) de savoir jusqu’à quel point quelqu’un peut connaître l’oeuvre de quelqu’un d’autre.

    - Par exemple, moi, l’oeuvre de Grosz me passionne, dit-elle en désignant les dessins de Grosz accrochés au mur, mais est-ce que je connais réellement son oeuvre ? Ses histoires me font rire, à certains moments je crois que Grosz les a dessinées pour que je rie, à certaines occasions le rire se transforme en éclats de rire, et les éclats de rire en crise de fou rire, mais j’ai rencontré une fois un critique d’art qui aimait Grosz, évidemment, et qui pourtant sombrait dans la dépression lorsqu’il assistait à une rétrospective de son oeuvre, ou lorsque, pour des raisons professionnelles, il devait étudier un tableau ou un dessin. Et ces dépressions ou ces périodes de tristesse duraient habituellement des semaines. Ce critique d’art était un ami à moi, mais jamais nous n’avions abordé le sujet Grosz. Une fois cependant je lui ai dit ce qui m’arrivait. Au début il ne voulait pas le croire. Ensuite, il s’est mis à remuer la tête d’un côté à l’autre. Puis il m’a regardée de haut en bas comme s’il ne me connaissait pas. J’ai pensé qu’il était devenu fou. Il a cessé toute relation amicale avec moi pour toujours. Il n’y a pas très longtemps on m’a raconté qu’il dit encore que je ne sais rien sur Grosz et que mon goût esthétique ressemble à celui d’une vache. Bon, en ce qui me concerne, il peut dire ce qu’il veut. Moi je ris avec Grosz, lui, Grosz le déprime, mais qui connaît Grosz réellement ?
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  • Par gvissac, le 24 avril 2011

    Qu’est-ce qui se passe ? On étouffe, merde. Vous, vous vous défoulez comme vous pouvez. Moi, je tabasse ou je me laisse tabasser. Mais ce ne sont pas n’importe quels tabassages, des cassages de gueule apocalyptiques. Je vais vous raconter un secret. Parfois je sors le soir, et je vais dans des bars que vous ne pouvez même pas imaginer. Là, je joue l’efféminé. (...) Un mignon efféminé prétentieux, avec du fric, qui regarde tout le monde de haut. Alors arrive ce qui doit arriver. Deux ou trois brutes m’invitent à aller dehors. Et le tabassage commence. Je le sais, et je m’en fous. Parfois ce sont eux qui s’en tirent mal, surtout quand j’y vais avec mon pistolet. D’autres fois, c’est moi. Je m’en fous. J’ai besoin de ces saloperies de sorties. (...) Nous, les Mexicains, nous sommes pourris, vous le saviez ? Tous. Ici, pas un pour sauver l’autre. Du président de la République jusqu’à ce clown de subcomandante Marcos. Si j’étais le subcomandante Marcos, vous savez ce que je ferais ? Je lancerais une attaque avec toute mon armée contre une ville quelconque du Chiapas, à condition qu’elle ait une bonne garnison militaire. Et là, j’immolerais mes pauvres Indiens. Et ensuite, probablement, je m’en irais vivre à Miami. (...) Quels livres lisez-vous d’habitude ? Avant, je lisais de tout, professeur, et en grande quantité, aujourd’hui je ne lis que de la poésie. La poésie seule n’est pas contaminée, la poésie seule n’est pas dans le coup. Je ne sais pas si vous me comprenez professeur. La poésie seule, et encore pas toute, que ce soit clair, est un aliment sain et pas une merde.
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  • Par brigetoun, le 17 avril 2011

    Le corps d'Estrella Ruiz Sandoval, dix-set ans, fut découvert une semaine plus tard, sur la route qui va à Casas Negras. Elle avait été violée et étranglée. Elle portait un jean et un chemisier bleu foncé. Elle avait les bras attachés dans le dos. Son corps ne portait pas de traces de torture ou de coups. Elle avait disparu de chez elle, ou elle vivait avec ses parents et ses frères, trois jours auparavant. Ce furent Epifanio Galindo et Noé Belasco, de la police de Santa Teresa, qui se chargèrent de l'affaire, pour alléger la tâche des inspecteurs qui de plaignirent d'avoir trop de travail. Le lendemain de la découverte du cadavre d'Estrella Ruiz Sandoval, on trouva le corps de Monica Posadas, vingt ans, dans le terrain vague proche de la rue Amistad, dans la colonia Le Preciada.
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  • Par brigetoun, le 17 avril 2011

    et alors il quittait le lit, s'approchait de la fenêtre, regardait la rue, une rue vulgaire, laide, silencieuse, mesquinement éclairée, puis allait dans la cuisine, mettait de l'eau à bouillir et se faisait du café, et parfois, pendant qu'il buvait du café chaud et sans sucre, un café merdique, il allumait la télé et se mettait à regarder des émissions nocturnes qui arrivaient des quatre coins cardinaux du désert, à cette heure-là il captait des chaînes mexicaines et nord-américaines, des chaînes de handicapés déments qui chevauchaient sous les étoiles, se saluaient avec des paroles incompréhensibles, en espagnol, en anglais ou en spenglish, mais toutes incompréhensibles, ces foutues paroles, et alors Juan de Dios Martinez posait sa tasse de café sur la table, se couvrait la tête de ses mains, et un hululement faible mais distinct s'échappait de ses lèvres, comme s'il pleurait ou luttait pour pleurer, mais lorsque finalement il retirait ses mains il n'y avait, éclairée par l'écran de la télé, que sa vieille gueule, sa vieille peau stérile et sèche, sans la moindre trace de larme.
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  • Par brigetoun, le 17 avril 2011

    - Qu'est-ce que c'est qu'un regard de peur absolue ? lui avait demandé Popescu.
    Le médecin avait roté deux fois, remué sans son fauteuil et répondu que c'était un regard qui ressemblait à de la pitié, de de pitié vide, comme si, après un périple mystérieux, il ne restait à la pitié rien que son enveloppe de peau, comme si la peau était une outre pleine d'eau, par exemple, entre les mains d'un cavalier tatar qui s'enfonce ans la steppe au galop, et que nous, nous voyons rapetisser jusqu'à disparaître, puis le cavalier revient, ou le fantôme du cavalier revient, ou son ombre, ou son idée, et a, avec lui l'outre vide, à présent sans eau, car pendant son voyage il l'a toute bue, ou lui et son cheval l'ont toute bue, et l'outre est maintenant vide, c'est une outre normale, une outre vide, mais le cuir gonflé d'eau, la peau monstrueuse gonflée d'eau ne provoque pas la peur, ne la réveille pas, et encore moins ne l'isole, en revanche, la peau vide oui, et c'est cela qu'il avait vu sur le visage du mathématicien, la peur absolue.
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Roberto Bolano - Entre parenthèses .
Ignacio Echevarria vous présente l'ouvrage de Roberto Bolano "Entre parenthèses" aux éditions Bourgois.http://www.mollat.com/livres/roberto-bolano-entre-parentheses-9782267021455.html








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