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ISBN : 2021055345
Éditeur : Editions du Seuil (2011)

Note moyenne : 3.3/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Nous vivons une des très rares mutations de l'écrit. Rares (la tablette, le rouleau, le codex, l'imprimerie), mais chaque fois irréversibles et globales.

Ce que change Internet, ce n'est pas le rapport au livre, c'est le rapport au monde. Le numérique affecte la façon dont on écrit aussi bien que celle dont on lit, nos bibliothèques comme la trace que nous laissons parmi les autres. Il ne s'agit pas ici de prédire. Prendre le temps, au contraire, de c... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Enroute
23 août 2016
  • 1/ 5
François Bon vit une époque formidable : depuis son premier Atari 1040 acheté en 1988, il n'a de cesse de cumuler les "expériences utilisateurs" : imprimante à aiguilles autoalimentée, Sony PRS-600, Système 9 d'Apple, puis Mac Os, iPhone, iPad, voilà un homme de son temps. Il se souvient de la date de création de sa "bibliothèque numérique" (en 1996) et de celle de la réception de son Windows commandé "par correspondance", ou de l'achat de son PowerBook 45 à la FNAC. Un vrai geek. Il ne nous passe aucun détail de ses petites manies, des appareils qui trônent sur son bureau à l'émerveillement des multliples fonctions de son smartphone, et nous apprend au passage que "cela fait bien longtemps que je n'emporte plus de réveille-matin en voyage". Quelle modernité ! Quelle joie !
Les pensionnaires des maisons de retraite et des prisonniers enfermés avant 1980 (s'il y en a encore) seraient enchantés d'en apprendre autant sur le monde extérieur, mais pour les autres, on s'ennuie ferme.
Nous avons tous eu un éclair d'émerveillement le jour où nous nous sommes rappelés notre premier modem 14,4k ou l'utilisation de Windows 3.1. Mais passé les trois minutes de "séquence souvenir" avec un ami ou un membre de la famille, on ne savait plus quoi dire. François Bon, lui, fait durer le plaisir sur des dizaines de pages et ne se lasse pas de tous ces fantastiques souvenirs. En complément de revenus, il serait avisé de proposer ses services à Amazon en tant qu'"utilisateur final" pour tester son nouveau "Kindle", à moins qu'il ne préfère engranger des "vues" sur YouTube avec une petite vidéo ( façon j'ai testé pour vous le nouveau Windows 10, franchement, il est top...) ?
Tout cela est bien naïf, narcissique et risible... à moins qu'il ne s'agisse d'un roman, et, dans ce cas, c'est admirable. L'écriture file à une vitesse ahurissante qui dépasse toute capacité humaine de "scrolling", d'innombrables parenthèses s'insinuent dans le texte et, comme des pop-up et des publicités intempestives, dérangent la lecture, les noms de marques sont innombrables, comme dans les romans et "produits culturels" de masse contemporains, l'enthousiasme est enfantin, le langage oral, les phrases sont lacunaires, la ponctuation en surnombre, les phrases hachées et averbales ou composées de propositions infinitives seulement, les sujets manquent, les citations sont hétéroclites (de César à Quinard, de Saint Augustin à Rabelais, de Nietzsche à Balzac) et s'amoncèlent sans ordre comme une suite de clics sur Wikipédia, on fait le tour du monde en quelques pages (Londres, New-York, la Provence, Lyon, Berlin..) : c'est simple, on dirait un langage de blog...
Le tour de force de notre Otaku est ni plus ni moins d'avoir su démontrer que l'on peut faire du web sur du papier. Mais on se demande toujours à la fin du livre comment on fait du papier sur écran... L'informatique a sans doute parmi les fonctionnalités supérieures au papier la recherche automatique et l'ajustement du texte à la page, mais le papier semble en avoir une autre : la capacité à raconter une histoire...
En conclusion, "Les livres numériques que je lis plutôt sur tablette ou liseuse s'y synchronisent automatiquement à la dernière page lue" s'émerveille notre touche-à-tout... s'il savait que les grandes compagnies qui fournissent le "contenu" remontent, par cette fonctionnalité, les informations sur le temps de lecture par page, les passages qui bloquent, les heures et les durées de lecture, tout cela pour qu'un "écrivain" puisse pondre demain une "oeuvre" calibrée pour les futurs "lecteurs-consommateurs"... (cf les Echos du 8-9 juillet 2016 qui, pour des raisons économiques, s'en émerveillent...).
Ah la réalité est parfois cruelle... de mon côté, je vais aller emprunter quelques bouquins dans ma bibliothèque de quartier, pour 10 euros par an, ou moins de dix centimes le livre, qui seront aussi bien là où je les donne que dans la poche de Google...
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mercure
10 octobre 2011
  • 5/ 5
Ouvrage érudit, disert, calculé : les qualificatifs ne manquent par pour cet ovni littéraire produit par le défenseur du vrai droit d'auteur. Jurant comme un charretier numérique, piquant sans relâche ses adversaires de sa vacharde mémoire, on est d'autant plus surpris de lire une écriture somme toute apaisée, agréable et convaincante. Erudit, a-ton noté, parce que la visite de l'Histoire à la fois relativise et donne toute sa dimension à la révolution actuelle. Mais pas sans repères. Convoquez là-dessus les Mânes de Robert Darnton et de Roger Chartier et quelque chose de la création littéraire va se laisser s'entr'apercevoir.
La lecture numérique renforce le caractère urgent du propos. Vite, vite, à l'essentiel ! Réglons le cas des homothétiques, orphelins et épuisés pour enfin consacrer tous les efforts aux textes à leurs lectures et à leurs lecteurs.
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Davjo
07 avril 2013
  • 3/ 5
Un livre qui se lit facilement, car on suit la pensée de François Bon qui court, qui cavalcade en courts chapitres. Mais je ne sais pas quelles conclusions tirer de ce livre.
L'auteur est un pionnier dans l'édition numérique. Il est convaincu que le laboratoire de la littérature d'aujourd'hui se fait sur le web. Et que l'acte de lire se fait aussi bien sur une liseuse que sur une tablette. Quand on suit son blog au quotidien, on n'est pas dépaysé.
En lisant ce livre, j'ai traversé les siècles, j'ai rencontré Balzac dans une diligence, Dürer et l'image du rhinocéros, Mallarmé qui mettait des bouts de notes dans une boîte à biscuits, sans compter sur la place indispensable que François Bon donne à Kafka et à Walter Benjamin. Ces chapitres instructifs sur ces auteurs d'hier alternent avec ceux sur les obsessions actuelles de François Bon pour le web et l'édition numérique, notamment les flux RSS dont on a beaucoup parlé ces derniers temps avec la disparition programmée de Google Reader.
C'est le livre d'un intuitif passionné qui passe en revue les mutations de la chose écrite, le rouleau, l'argile sur les tablettes, puis l'imprimerie. J'en ai retiré une impression un peu décousue, en ayant l'impression de lire une mise au propre d'articles de blog plus qu'un livre pensé comme structure. Quand on est familier du blog de l'auteur, cela ne pose pas de problème, il prêche un convaincu mais je me demande ce que peut penser de ce livre quelqu'un qui partirait de zéro sur le sujet.
Au fond, le problème, c'est peut-être le titre: Après le livre. On a davantage affaire à un état des lieux du livre à un moment donné, en 2013, de la façon dont on lit (sur papier, livre de poche, livre broché, livre acheté, livre emprunté, livre numérique, sur liseuse à encre électronique ou sur tablette...) qu'un vaste aperçu historique. Pour cela, il y sans doute d'autres auteurs, des historiens que cite d'ailleurs Bon, comme Robert Darnton, Roger Chartier.
Bref, paradoxe de ce livre: c'est un bon complément du blog le Tiers Livre, de François Bon. C'est peut-être cela, la mutation numérique: certains livres ne peuvent plus se lire "seuls".
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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Vermeer
14 août 2015
  • 2/ 5
La mort du livre physique est quasi inéluctable mais si cela angoisse, cela tient à l'aspect non prédictible de cette évolution. Mais cela ne signifie ni la mort de l'écrit, ni de la lecture. Cela ne constitue qu'une évolution de support même si nous sommes aujourd'hui dans l'ère de l'instable. J'aimerais être aussi optimiste que F. Bon mais...Un aspect peu évoqué et important est le problème de la mémoire de l'écrit que poseront ces supports en perpétuelle évolution. Qui pourra les lire dans quelques décennies ou plus ?
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carldegussem
13 janvier 2013
  • 2/ 5
Un propos captivant et un style abscons. Autour de la question de l'avenir de l'écriture et de la lecture et de leurs supports - François Bon pose d'excellente question et ses notations sont toujours passionnantes: la déconstruction du récit, la fragmentation de la notion d'auteur, le rapport très intéressant à l'histoire des supports d'écriture (en commençant par des tablettes...d'argile :-)). Au moment où le livre électronique, les tablettes ou les téléphones changent le rapport physique à "l'objet livre", une telle réflexion est bienvenue.
Malheureusement le style de l'auteur, touffus, elliptique, et souvent volontairement "haché", rend la lecture du livre compliquée et parfaitement indigeste. N'est pas Barthes qui veut. A lire, donc, avec effort.
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Les critiques presse (6)
NonFiction30 décembre 2011
Il s’agit pour François Bon de quitter toute approche idéologique ou polémique pour appréhender une mutation; l’accueillir dans toute sa complexité, mais aussi ses promesses. Cela tombe bien, car ce qui intéresse François Bon n’est peut-être pas le livre, mais bien plutôt la littérature, et la lecture
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lhumanite12 décembre 2011
Sans jamais faire l’impasse sur la complexité, parfois grande, des médiations techniques par lesquelles passent les nouvelles pratiques de lecture et d’écriture, en l’espèce indissociables, François Bon éclaire très précisément la portée nouvelle du changement en cours.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Telerama16 novembre 2011
Contre les prophètes de malheur, Après le livre préfère tricoter des fils heureusement plus colorés : ceux que tresse justement la pluralité de nos usages.
Lire la critique sur le site : Telerama
NonFiction04 octobre 2011
Un essai qui donne ses lettres de noblesse au numérique.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Lexpress23 septembre 2011
François Bon a fait du Web son atelier d'auteur depuis 1997. Dans Après le livre, il esquisse le devenir de la création littéraire aux temps numériques.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde23 septembre 2011
La force du discours de François Bon est de n'être pas prophétique, mais fondé sur des expériences multiples et une réflexion qui invite à s'abandonner, mais avec lucidité, "à la mutation et à l'imprédictible". Imprédictible mais irréversible.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun26 janvier 2011
En général, par exemple, ceux qui vous répondent tant aimer « l’odeur du papier » n’ont pas connaissance des 4 ou 6% de chaux vive en couche fine sur la page qu’ils respirent, pour la rendre hydrofuge et économiser sur les micro-gouttelettes du jet d’encre. Ni d’ailleurs que cette odeur est plutôt celle de la colle et de l’encre que celle du papier (résidus de tri sélectif blanchis à l’acide puis agglomérés en mélasse colorée pour casser le blanc et ne pas se déchirer dans le nouveau roulage), et surtout éviter en ce cas de les informer des différents composants chimiques inhalés dans cette odeur d’encre, c’est à vous qu’ils en voudraient et non pas à la chimie.
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brigetounbrigetoun26 janvier 2011

Aujourd’hui, je pourrais me dispenser de cette référence au livre dans l’intitulé de ce qu’est devenu mon site : mais un site Internet porte en lui son histoire, elle se traduit par des zones fossiles (traces, même si vous seul savez les rejoindre, des premières mises en page, textes qu’on a rendus inaccessibles mais restent dans les caves secrètes du site, et même son arborescence :
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DavjoDavjo07 avril 2013
En cela aussi, période de chamboulements et mutations, réseaux qui s’écroulent, sites qui disparaissent. Affirmation lente au contraire d’outils solides (revues littéraires, comme remue.net, Poezibao, Sitaudis, réseau de lecteurs Babelio). Mais quelle pitié, quand après un beau et pertinent billet sur notre blog, la discussion s’entame sur Facebook et non pas sur notre site. Écrasement aussi des durées : un statut ou un message Facebook n’est visible que six heures en moyenne, accueille plus de la moitié de ses visites dans l’heure même suivant la mise en ligne, disparaissant de votre page où d’autres ont pris la place.
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brigetounbrigetoun05 novembre 2011
C’est sans doute un des meilleurs exemples de cette adéquation dynamique des formes littéraires aux usages écrits de leur époque – et cela vaut bien sûr pour les cristallisations progressives d’aujourd’hui. Madame de Sévigné écarte toute cela du coude, parce que chez elle il ne s’agit pas de fiction : mais lisons-la, quand on rouvre ses livres, depuis cette seule instance, avant même que la destinataire de Grignan ait reçu la lettre, où vous lisez la lettre recopiée, et que vous-même la recopierez pour que vite elle rejoigne vos amis (rappelons que, sur 1120 lettres, à peine 150 dont l’original nous est parvenu, et l’œuvre imprimée, pérennisée, s’établit non pas depuis la destinataire, mais depuis les copies et copies de copies). Cette fluidité de la phrase, au contact du monde, voilà ce qui à nouveau nous est autorisé – à nous de copier.
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brigetounbrigetoun26 janvier 2011
Un étonnement secondaire, mais non mineur, c’est qu’aux premiers temps du codex, c’est cet usage de calligraphie par colonnes étroites qu’on reproduira sur la page du codex – le passage au codex ne suffisant donc pas en lui-même à établir la notion conceptuelle de « page ». Un très long rouleau retrouvé dans son tombeau et retraçant les faits biographiques de Ramsès est écrit à l’horizontale, même si de nombreuses images de scribes écrivant induisent à penser que l’usage du rouleau vertical est courant pour les écrits commerciaux et privés. Il semble aussi que des bandes étroites de rouleaux, résidus de la fabrication des rouleaux principaux, étaient aux temps romains utilisées aussi pour la correspondance privée, et qu’on les utilisait dans le sens vertical.
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Videos de François Bon (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Bon
François Bon - L'incendie du Hilton .Le 22 novembre 2008, en pleine nuit, alerte incendie au Hilton Montréal. Quinze étages plus bas, sur trois niveaux souterrains, le Salon du livre. Les écrivains logés là, les footballeurs professionnels de la Gray Cup sont parmi les 800 personnes évacuées dans les couloirs du métro, une patinoire vide et le Tim Hortons, le bar de la gare centrale. Soudain la ville et ses buildings vus à l'envers, depuis les coulisses. Et tous ces livres dans le sous-sol vide. Construire les quatre heures d'un récit qui se tiendrait au plus près des quatre heures à errer dans la nuit, de 1h50 à 5h50 exactement, entre rencontres réelles ou rêvées, et l'idée renversée de la ville. Un incendie dans le livre ?Après Daewoo (2004), voici le grand retour de François Bon au roman.
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