ISBN : 2070403181
Éditeur : Gallimard (1998)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Dans un village près de la mer, dans les marais et le vent, un matin de décembre, l'enterrement d'Alain. La famille n'a avoué de la mort ni comment ni pourquoi, et la journée s'en va de travers, comme avait fait la vie qu'on devine et reconstruit. Moment de bascule où s... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par hubertguillaud, le 29 avril 2008

    hubertguillaud
    Dans une prose quasi Célinienne, François Bon revient sur ses pas, dans les endroits où l'on ne souhaite pas revenir, auprès de gens qu'on ne souhaite pas cotoyer, mais contre lesquels les évènements parfois vous poussent, comme le ressac. Cet enterrement est un prétexte. Prétexte à évoquer la pesanteur familiale, la gangue moralisatrices des campagnes, la bêtise de nos congénères. Dans cette galerie de portraits, François Bon évoque l'hésitation, ce moment de bascule où l'on accompagne son passé sans pouvoir enfin recommencer.
    On parcours cette journée de souffrances contenues, égaillées de bouts de souvenirs, comme des bulles d'eau gazeuse pour digérer la lourdeur de tout ce qu'il faut avaler, à l'épaule de l'auteur. On trace petit à petit les pesanteurs qu'a connu celui qui n'est plus, jusqu'à savoir pourquoi. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans cette peinture en contre, la rage au coeur, dans ce rejet féroce de ce monde là que François Bon dépeint sans pareil : les réflexions routinières, la gangue crasse de la stupidité...
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    • Livres 4.00/5
    Par hubertguillaud, le 29 avril 2008

    hubertguillaud
    Dans une prose quasi Célinienne, François Bon revient sur ses pas, dans les endroits où l'on ne souhaite pas revenir, auprès de gens qu'on ne souhaite pas cotoyer, mais contre lesquels les évènements parfois vous poussent, comme le ressac. Cet enterrement est un prétexte. Prétexte à évoquer la pesanteur familiale, la gangue moralisatrices des campagnes, la bêtise de nos congénères. Dans cette galerie de portraits, François Bon évoque l'hésitation, ce moment de bascule où l'on accompagne son passé sans pouvoir enfin recommencer.
    On parcours cette journée de souffrances contenues, égaillées de bouts de souvenirs, comme des bulles d'eau gazeuse pour digérer la lourdeur de tout ce qu'il faut avaler, à l'épaule de l'auteur. On trace petit à petit les pesanteurs qu'a connu celui qui n'est plus, jusqu'à savoir pourquoi. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans cette peinture en contre, la rage au coeur, dans ce rejet féroce de ce monde là que François Bon dépeint sans pareil : les réflexions routinières, la gangue crasse de la stupidité...
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 15 août 2010

    brigetoun
    peut-être le livre de François Bon que je préfère - une composition mosaïque, savante, et qui semble naturelle - un va et vient dans le temps qui fait pénétrer plus profondément dans la vie, les vies concernées de près ou de loin par cet enterrement - l'autobiographie affleurante, transformée, déplacée, recomposée d'éléments divers, mais que l'on sent toujours un peu et qui donne densité au texte - attention aux êtres, aux actes, aux petits rites, aux petitesses, et toujours l'horizon qui s'élargit, qui débouche sur l'histoire passée de l"ami, sur l'histoire présente de celui qui revient pour cet enterrement, juste à travers le corps en voyage.
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    • Livres 3.00/5
    Par vdujardin, le 27 avril 2012

    vdujardin
    Un lent récit, avec des phrases longues, comme une lente déambulation, mais avec en alternance les différents " tableaux " de la journée, avec des détours et des retours, le trajet en train, la levée du corps, le cortège funèbre, la cérémonie à l'église (pour les femmes) et au café (pour les hommes qui n'ont pu trouver de place dans l'église, les pauvres), le cimetière, le repas après la cérémonie. Est-ce que j'ai aimé ? Et bien, je ne sais pas, après quelques pages, je me suis laissée bercée par le lent écoulement du récit.


    Lien : http://vdujardin.over-blog.com/article-26415208.html
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 22 mai 2010

    Enfin forte tête plus l'ongle, à l'eau le quant-à-soi, ne pas assister à l'office du mort ne proclamerait rien. La vraie messe était dehors : combien de temps ça durerait leur machin, soudain je m'étais senti désoeuvré. Heureusement à l'abri du vent ici, et le soleil de onze heures s'était enfin décidé à briller clair : "Ce sera étale de mer haute, avait dit le maire dans le cortège, on aura une heure de eau. Mais ça pourrait faire de l'eau après."
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  • Par brigetoun, le 16 novembre 2011

    Larges échappées, plus rien sur l’horizon qui s’arrondit autour, ciel brouillé, horizon noir. Juste en grisé, au fond émergeant droit des champs, le clocher un trait simple dans le réseau indifférent des fossés jusque tout au bout la petite élévation de la digue contre la mer en surplomb : l’eau imbibe tout, cette eau remplie de ciel des marais, parce que c’est le matin on dirait qu’elle fume.
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  • Par brigetoun, le 16 novembre 2011

    Un nuage d’oiseaux s’y abat d’un coup, centaines de petites boules noires sur le ciel argent gris de décembre, un temps le recouvrant d’un vacarme de cris. Quand ils cessent, encore le vent, on dirait qu’il hurle. Au pâtis des bâille-bec c’est l’expression par ici pour où ce matin on va, jour d’enterrement à Champ-Saint-Père, tout le village fait cortège.
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  • Par brigetoun, le 22 mai 2010

    "Sensation qu'une autre silhouette que vous-même tient la barre à votre place, plus grande que vous, plus lourde, et l'étrange impression, un moment bref, mais sur tout l'horizon à la fois, de voir bien plus loin qu'à l'ordinaire et dans un spectre agrandi : les rouges sombres et les mauves profonds qu'on découvre comme, à la lisière du monde ordinaire, bien d'autres surfaces." Cette heure singulière du soir, disait-il, dans ce vide soudain de l'après-soleil, et le sentiment d'une immobilité géante, sur la mer vide.
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  • Par brigetoun, le 22 mai 2010

    Un village ce n'est plus le destin commun de familles réunies, aujourd'hui on s'en va vivre sa vie où on peut mais le coeur sur la main, pleureuses, elles étaient venues et avaient coiffé le masque fixe du deuil, nulle n'aurait manqué ce matin et la mère rendrait la pareille quand il le faudrait : le deuil des autres c'est le meilleur moyen qu'on a de revenir un peu dans les siens et la seule façon qu'on vous laisse parler de vos morts au moins le temps pour l'autre de préparer sa réponse.
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François Bon à la Gaité Lyrique (Paris) le dimanche 8 mai 2011, à l'occasion du festival "Paris en Toutes Lettres" - "Les écrivains s'inquiètent du monde"- François Bon en résidence à Paris La Défense, puis à la Gaité Lyrique








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