Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 286432282X
Éditeur : Verdier (1997)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Si Brulin – à peine croisé avant d’être assassiné dans un squat – est la figure en creux qui soutient le récit, elle laisse à d’autres la charge de dire le désarroi et la rage de ceux que notre monde rejette dès l’enfance aux bords des villes, et dont l’une des première... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (2)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 15 février 2011

    brigetoun
    Pour ceux qui ont aimé « Prison » la force de ce qui était dit par les mots des jeunes détenus, et surtout par la façon dont en parlait celui qui les avait rencontré, qui avait essayé de les deviner, qui avait provoqué leurs mots, ce qui était dit aussi de notre société et de ses marges et de la façon dont elles étaient produites, contenues, réprimées, qui avaient découvert ce que l'on peut saisir de la vie des Prisons en venant de l'extérieur, il vaut la peine de se procurer cette nouvelle édition révisée, à cause de ce qui y a été ajouté, qui fait environ 70 pages : le rapport intermédiaire, réflexion sur cette expérience, la difficulté qu'entraîne le turn-over extrême – article – textes écrits par participants – courrier (fax) au responsable culturel de la Prison – réflexion sur ce qui en reste plusieurs années après, humainement, pour l'intervenant, qui n'est pas le moins important et raison et justification du livre - et l'on peut ensuite reprendre la lecture depuis le début.
    Pour ceux qui ne l'avaient pas lu, je conseille fortement de le faire (à tout ce que j'évoque ci-dessus s'ajoute, discrètement, souplement, sans s'imposer ni prendre le dessus, la beauté de la construction et l'écriture)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par valetudinaire, le 17 mai 2012

    valetudinaire
    Prison, ce n'est pas que ce lieu, souvent gris, d'extérieur monumental, derrière de hauts murs de pierres ou de vieux coulis gris abjectes. La Prison c'est aussi le monde qui s'enferme, comme une trappe, sur les trajectoires multiples qui le composent. Comment mieux comprendre cet empilement de cloisons qu'au fin fond des sous-sols ; comment vivent ceux qui sont au bout de la lumière ?
    Oedipe déjà était emPrisonné, dans sa condition d'aveugle, « le destin, c'est quand tu commences à faire quelque chose et qu'il t'arrive des choses que l'on n'avait pas pensé à faire. » La vie est une Prison car elle nous mène à sa guise, parfois loin des sources. le premier rempart, c'est de naître. [...]

    Lien : http://abonnesabsents.blogspot.fr/2012/05/deflagration-carcerale.html
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la critique

> voir toutes (9)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par brigetoun, le 15 février 2011

    Par la fenêtre, puisqu’on est à l’angle rentrant de deux blocs, les alignements vis-à-vis de cellules en premier étage et rez-de-chaussée s’élargissant jusqu’au grand grillage de la cour de promenade où ils jouent au foot, les gars collés aux barreaux noirs, accroupis par terre devant leur chiotte pour se crier d’un mur à l’autre ou d’un étage à celui du dessous, parmi les serviettes à pendre et les chaussettes qui sèchent, les fenêtres ouvertes donc et des mains et des jambes qui dépassent des barreaux noirs, se retournant Hurlin entré avec son pull de laine informe et ses cheveux trop longs sur son visage tout en os et surtout ses lunettes : la monture cassée d’un côté depuis ma garde-à-vue il avait dit et donc tout ça en équilibre précaire, lui une main aux lunettes pour vous parler, myope et parlant de trop près, puis bougeant, reparti vers la fenêtre, sa haute silhouette le dos un peu cassé et revenant, il s’agissait que je veuille bien lui ramener un paquet de tabac à rouler, moi non, pas le droit, et l’instituteur avec son accent des montagnes grognant gentiment que la veille il lui en avait déjà donné au moins pour quatre fois, lui offrant pourtant une nouvelle fois de sa blague, Hurlin racontant un bobard pour en ramasser dans ses doigts un peu plus que demandé, rituel ordinaire de nos séances avant de s’asseoir pour de vrai et qu’on commence.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par brigetoun, le 15 février 2011

    Ce texte-ci lui l’avait dicté puisqu’à ce que je demandais il restait sur sa feuille blanche, on se voyait pour la première fois et ce qu’il avait dicté c’était encore non pas des mots qui s’accumuleraient pour un texte mais ceux qui auraient dû rester en amont, dire l’obstacle, prétendaient seulement que ça ne valait pas d’être dit et c’est cela pourtant que je notais, disant même qu’un livre aussi peut s’écrire comme ça, sur ce qu’on n’arrive pas à dire ou qu’on ne veut pas dire, accumuler en amont, retenir parce qu’il n’y a pas droit à plus comme je ne prétendrai pas à autre droit que reprendre ici ces seuls mots parce qu’ils restent sans doute le partage possible et que si je viole pas ici ce droit (ces mots sont à lui, que je ne nomme pas, parce qu’aucun nom ne colle sauf celui qu’on porte et qui nous fait) rien ne se fera de ce partage possible et non pas pour un besoin affectif de ce partage mais pour le malaise où il nous met
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par brigetoun, le 15 février 2011

    Nous sommes dans le paradoxe d’avoir à donner une finalité à l’atelier pour notre propre exigence : renvoyer à notre propre société le questionnement à elle relancé par ceux qu’elle a séparés d’elle, parce que ce questionnement nous affecte, nous, en profondeur. Mais une finalité qui restera en dehors de ceux-mêmes qui auront donné au questionnement sa teneur et sa chair. Celui qui est terrorisé par son propre coup de couteau nous terrorise : le travail que nous faisons sur nous-mêmes pour entrer dans ces zones non jugeantes, notre travail est de l’exprimer en retour au niveau même de la société.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par brigetoun, le 19 novembre 2011

    Et ce qui reste de celui qui ne portait pas de chaussettes et six semaines n’eut pas de pantalon de rechange, des lunettes qui ne tenaient plus dans la monture cassée et quémandait son tabac à rouler en parlant de trop près et impossible à fixer dans la pièce avant qu’il se mette à écrire, alors le visage tout contre la feuille et la silhouette cassée en deux, une main tenant le stylo bille qu’on lui avait prêté, l’autre main, la gauche, retenant le verre des lunettes : je prends liberté de parole parce que le corps a cessé et s’ils l’ont finalement ramené dans sa famille tout au long de la route en diagonale de Bordeaux à Metz ou bien s’il est resté là dans une concession provisoire, tiré dans un véhicule des services concessionnaires de la ville est-ce que ça compte sauf l’engrenage, pour les bêtises faites à vingt-quatre ans l’engrenage de parois dures qui rongent et des deux côtés se resserrent
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par brigetoun, le 15 février 2011

    Mais l’autre devant nous, au parloir, on ne lui donne aussi que la vérité qu’on veut pour avoir le droit encore de se regarder les yeux en face. Peut-être qu’on fabrique pour chaque parole sa vérité, et qu’enfin devant soi-même on s’accroche à toutes ces vérités accumulées et superposées, où ce qui s’est passé, là où on est tombé en faute, serait comme une pièce oubliée, derrière la porte une pièce vide dont on n’ouvrirait plus la fenêtre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

> voir toutes (33)

Videos de François Bon

>Ajouter une vidéo
Vidéo de François Bon

François Bon - L'incendie du Hilton .
Le 22 novembre 2008, en pleine nuit, alerte incendie au Hilton Montréal. Quinze étages plus bas, sur trois niveaux souterrains, le Salon du livre. Les écrivains logés là, les footballeurs professionnels de la Gray Cup sont parmi les 800 personnes évacuées dans les couloirs du métro, une patinoire vide et le Tim Hortons, le bar de la gare centrale. Soudain la ville et ses buildings vus à l'envers, depuis les coulisses. Et tous ces livres dans le sous-sol vide. Construire les quatre heures d'un récit qui se tiendrait au plus près des quatre heures à errer dans la nuit, de 1h50 à 5h50 exactement, entre rencontres réelles ou rêvées, et l'idée renversée de la ville. Un incendie dans le livre ?Après Daewoo (2004), voici le grand retour de François Bon au roman.








Sur Amazon
à partir de :
11,07 € (neuf)
5,49 € (occasion)

   

Faire découvrir Prison par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz