ISBN : 2917094044
Éditeur : Les Editions du Vampire Actif
(2011)
Note moyenne : 3.4/5 (sur 5 notes)
Atopia, petit observatoire de littérature décalée2Ajouter à mes livres
Dans cet ouvrage, Éric Bonnargent nous livre un regard singulier et volontairement subjectif sur une trentaine d’œuvres marquantes des XXe et XXIe siècles, écrites par des auteurs de plus de vingt nationalités différentes qui ont la particularité de s’organiser autour d... > voir plus
Nombreux sont ceux qui, comme moi, ont fait de l'excellent blog d'Eric Bonnargent Bartleby les yeux ouverts une étape indispensable de ce qu'on appelle l'Internet littéraire. À présent que ce blog est fermé (Eric Bonnargent co-animant depuis quelques mois un autre site, L'anagnoste, que l'on recommande également au passage) il débouche sur un livre, dont le titre décalé interpelle. Atopia, petit observatoire de littérature décalée n'est pas une adaptation copié/collé du blog en livre mais bien la synthèse d'un travail effectué sur le net durant trois ans et demi. Ce texte, plutôt élégant et très bien organisé, se propose d'explorer en particulier la notion d'atopia (sur laquelle nous allons revenir), le tout à travers la littérature contemporaine sans restriction de langue ou de frontière. Atopia est édité par les éditions du Vampire Actif, à qui l'on devait déjà l'excellent La vieille au buisson de roses (dont j'ai déjà parlé il y a plusieurs mois ici-même). Croquez d'autres morceaux de cet article sur Culturopoing !
Pour goûter cet étrange petit recueil de textes presque tous, au préalable, publiés par Éric Bonnargent sur son ancien blog, il faut se débarrasser de deux choses.
La plus simple d'abord, l'indigente préface d'Antoni Casas Ros, fardée de mots creux et de phrases idiotes qui font la réclame et aguichent le lecteur, grosse de généralités pas même dignes de la série Harlequin : «Ce Petit observatoire de littérature décalée n'est pas un recueil d'articles [à l'évidence, si] mais une longue coulée d'obsidienne sur laquelle flottent les pépites laissées par les spéléologues de l'âme humaine, les écrivains qui choisissent de naviguer dans l'obscur, sous des apparences rassurantes» (p. 9).
Nous tenons là, sans doute, l'une des premières phrases les plus ridicules de l'année.
Préface de Antoni Casas Ros
La chair sous les masques. Ces écrivains travaillent en-deçà de la peau du monde et des êtres. Ils incisent les surfaces lisses de la réalité objective, de l'ordre, de ce que nous osons appeler "démocratie" qui n'est qu'un vaste mensonge partagé par les masques sans regard.
(...) la littérature la plus profonde détruit toute illusion pour nous faire toucher les nerfs, le sang et l'os de la beauté et de sa soeur siamoise, l'horreur.
(...) L'écrivain est celui qui résiste jusqu'au bout, par le mot, le silence, la virgule ou le point final.