ISBN : 2916488456
Éditeur : La Louve (2011)


Note moyenne : 4.71/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Au Moyen Âge, la foi est omniprésente. On aime Dieu mais on le craint, on vénère la Vierge, les saints, on croit au pouvoir des reliques... De ce point de vue, la maladie est punition du pécheur, la guérison est récompense ou miséricorde. Tout dépend de Dieu. Nul mieux ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 novembre 2011

    LiliGalipette
    À travers l'étude des Miracles de Nostre Dame du moine Gautier de Coinci (1178 – 1236), l'auteure dresse un panorama des liens entre maladie et foi à l'époque médiévale. « Parmi les miracles publiés en cette époque où sévissaient les épidémies, bon nombre mettent en scène la maladie. Elle est l'instrument de châtiment et de rédemption dont se sert Notre Dame afin de punir ou pardonner le pécheur. » (p. 12) L'ère médiévale a été ravagée par des épidémies telles que la lèpre, la peste ou encore le mal des ardents. Pour expliquer ces fléaux, le recours à la religion était aisé : la maladie était d'origine divine et représentait soit un châtiment pour les pécheurs, soit une épreuve de foi pour les croyants. « Devant les mortalités dont on ignorait les causes, les hommes du Moyen Age virent dans la maladie l'expression du courroux céleste. de simple phénomène naturel, elle devint le signe de la présence divine. » (p. 78) En ce sens, le miracle prend tout son sens : si Dieu envoie la maladie, Dieu seul peut l'ôter et il ne le fait qu'avec éclat au travers de miracles tel que rendre la vue à un vieil homme ou restaurer la beauté d'un visage dévoré par la lèpre.
    Dans le culte marial auquel il se voue, Gautier de Coinci insiste sur l'utilité de la foi dans le combat contre la maladie. Son propos est une longue diatribe envers les impies et les hérétiques qui seront frappés à mort par la maladie. C'est aussi un hymne au croyant et à l'être pur qui sera toujours sauvée par la sainte mère du Christ qui intercède auprès de Dieu et de son fils pour obtenir la guérison et la rédemption des justes. Très didactique dans ses propos et maniant l'exemple au travers de descriptions très précises, Gautier de Coinci voulait marquer les esprits sans demi mesure. « La maladie et ses symptômes, certes exagérés, ne sont qu'une mise en œuvre de cette forme d'endoctrinement que Gautier poursuit à travers ses textes. » (p. 64)
    « La maladie joue aussi un double rôle, mettant en relief le péché […] mais aussi la dévotion. » (p. 34) La maladie se présentait également comme la réparation de l'offense faite au Seigneur, à ses saints ou à Marie. Seule la contrition et la pénitence pouvaient alors conjurer la souffrance et la guérison représente la récompense ou le triomphe au terme du combat contre le Mal. « La prière est un des trois éléments fondamentaux de l'action thaumaturgique, les deux autres étant la confession et les pratiques pénitentielles. » (p. 31) Finalement, ce qu'il s'agit d'obtenir, outre la guérison du corps, c'est la guérison de l'âme et sa survie dans une éternité de grâce. « La maladie est le reflet du péché pour lequel il convient de se faire pardonner afin de guérir au plus vite. La pénitence devient la voie ouvrant à une vie spirituelle éternelle. » (p. 50)
    L'essai de Lydia Bonnaventure est aussi intéressant qu'il est facile d'accès. La richesse des informations n'est jamais indigeste et la compréhension du sujet est encore facilitée par une mise en page claire. L'ouvrage reproduit des citations du texte original en langue médiévale et met en regard la traduction en français moderne. Pour l'ancienne passionnée d'ancien français que je suis, ce fut un plaisir de naviguer entre les deux versions et de retrouver toute une grammaire un peu oubliée. Entre analyse littéraire et analyse historique, cet essai illustré de copies des manuscrits originaux est tout à fait passionnant. Et certains aspects du texte de Gautier de Coinci m'ont rappelé la folle passion de Sainte Lydwine de Schiedam, si fabuleusement écrite par Joris-Karl Huysmans.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 08 juin 2011

    Woland
    Snobé par le Grand Siècle et celui des Lumières, le Moyen-Age fit rêver les Romantiques, à commencer par notre Hugo national qui lui éleva en hommage ce véritable chef-d'oeuvre littéraire que reste "Notre-Dame de Paris." Emporté et déchiré par les tourments immenses qui le ponctuèrent, le XXème siècle a alterné envers lui l'image d'Epinal, avec le Bon Roy Saint-Louis rendant la Justice sous son chêne et les haineuses invectives de certains obsédés voyant en ce monarque et la rouelle jaune qu'il fit porter aux Juifs rien moins que l'avant-garde religieusement fanatisée de la S. S. hitlérienne. Quant au XXIème siècle, pas encore débarrassé de certaines séquelles parmi les moins reluisantes de son prédécesseur, il semble s'engager sur la même voie, avec cependant, peut-être, un peu plus d'hésitations et de regards en arrière, à la recherche d'une vision plus juste, plus posée aussi du Moyen-Age et de ceux qui le traversèrent.
    Le livre de Lydia Bonnaventure peut se lire comme une sorte d'enquête sur les rapports entre la foi, cette donnée constante et pour ainsi dire essentielle, pour le meilleur comme pour le pire, du Moyen-Age, et la maladie, autre donnée majeure de l'époque, avec la guerre et le pillage. Si longtemps avant un Pasteur que ses confrères traitèrent de fou furieux lorsqu'il osa parler des microbes - et ceci au coeur pourtant d'un XIXème siècle si triomphalement scientiste - l'homme du Moyen-Age était totalement désarmé face à la maladie. Les recettes homéopathiques pouvaient aider à se guérir d'un rhume ou d'une petite fièvre mais que faire contre la peste ou contre le choléra ? que faire encore contre le mal des ardents, cette affection délirante que l'on sait aujourd'hui causée par l'ergot de seigle mais qui, rappelons-le tout de même, trouva encore le moyen de tuer dans un petit village français, à la fin des années cinquante ?
    Occupé avant tout à survivre - à la misère des temps, à leur précarité, à la guerre qui pouvait éclater sous le moindre prétexte, bref, à tant de choses qui nous demeurent plutôt étrangères - l'homme du Moyen-Age n'avait, face à la Maladie toute puissante, que la ressource de sa Foi. Gautier de Coinci, religieux érudit et auteur des "Miracles" cités ici par Lydia Bonnaventure, est le chantre même de cette foi. Esprit austère, il la veut pleine et entière : la maladie, c'est le châtiment de Dieu car l'homme, de toutes façons, est presque toujours coupable et, si ce n'est pas le malade lui-même qui l'est, comme dans le miracle ayant pour protagoniste un enfant sauvé par la Vierge, c'est l'un de ses proches (ici, la mère) qui n'est pas assez pieux.
    La prière et surtout le repentir, un repentir sincère et ostensible, sont seuls à même de soigner et de guérir. Et si la guérison ne survient pas, si le malade repenti meurt, eh ! bien, c'est que, comme pour Galaad devant le Saint-Graal, Dieu lui fait en quelque sorte une grâce ...
    Toutefois, Gautier de Coinci ne se contente pas de fustiger le malade. Assez courageusement, il pointe aussi du doigt le comportement, trop souvent dépourvu de toute charité chrétienne, de l'entourage du malheureux, cet entourage fût-il religieux. Lépreux ou pas, le malade moyen-âgeux est en effet presque unanimement considéré comme une charge et un paria. On l'accable de mauvais traitements, on le jette à la rue, on le laisse claudiquer dans les pires ruisseaux et quand survient la fin, on le jette sur un talus, avec à peine un peu de terre pour recouvrir son cadavre. Disons-le comme nous le pensons : pour une époque si religieuse et si obsédée par la Foi, ce n'est pas très reluisant.
    Le mérite de ce petit livre, rédigé par ailleurs en un style simple, clair et dépourvu de toute pédanterie, a le mérite de faire réfléchir les modernes que nous sommes non seulement à la condition du malade en cette époque si difficile que fut le Moyen-Age mais aussi à notre propre comportement, à nous, femmes et hommes du XXIème siècle, face à certains de nos malades, tels que ceux affectés de troubles mentaux ou les personnes souffrant de troubles du comportement ou encore les handicapés.
    Avec toutes nos belles techniques et toute notre belle foi en l'angélisme officiel et les valeurs dites "humanitaires", sommes-nous si différents des gens du Moyen-Age ? S'il se matérialisait brusquement parmi nous, Gautier de Coinci ne sentirait-il pas grandir en lui le besoin de rédiger un autre texte qui parlerait, hélas ! plus d'une absence totale que d'un accomplissement de miracles ? Si différente de celle du Moyen-Age, notre "foi" n'a pas gagné en se faisant plus terre-à-terre : elle révèle simplement que la Nature humaine reste dominée par l'égoïsme et que la charité envers son prochain n'est pas vraiment sa tasse de thé. Et puis, faut-il à tous prix croire en Dieu pour se montrer charitable et compréhensif ?
    Je terminerai sur une note plus littéraire en signalant que "La Maladie et la Foi" ne saurait manque de donner à l'esprit curieux l'envie de découvrir des textes médiévaux. Rien que pour cela, lisez-le. ;o)
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 01 juin 2011

    annie
    voilà quelques jours que j'ai terminé ce livre...
    que j'ai trouvé passionnant, mais pas facile d'en faire un commentaire...

    Bien longtemps que je ne m'étais plus plonger dans l'Histoire du Moyen-Âge, hors roman historique. Quelques appréhensions donc, malgré toute la confiance que j'avais envers l'auteur.

    Peur surtout de n'être pas à la hauteur de cette lecture érudite.

    En fait, j'ai été assez vite rassurée... et surtout, pleine de curiosité, envers ce Gautier de Coinci, originaire de la même région que moi...

    Lydia nous conte l'histoire des Miracles de "Nostre-Dame" de Gautier de Coinci et décortique quelques miracles... c'est un vrai plaisir que de la suivre sur cette route.

    En ces temps où la médecine en était à son balbutiement, et l'Eglise assurant son emprise sur les esprits et le monde, quoi de plus naturel de considérer la maladie des corps comme une punition divine, que seule l'intercession de "la bonne mère" puisse guérir.

    Suivant son repentir, Nostre Dame, intervenant auprès de son fils pour obtenir le pardon du pêcheur... tout comme avant la christianisation, les déesses-mères avaient également ce don de thérapeute.

    Le mal des corps étant donc considéré comme le reflet du mal de l'âme, il était normal de se tourner vers le seul recourt possible, la Foi, en faisant allégeance à la Vierge, aux saints. La maladie agit comme un révélateur, le repentir et une croyance aveugle envers les représentants de la Foi, peuvent seul rendre santé, vie et assistance. La Société, la famille abandonnant, bannissant, ses membres malades, ceux-ci était condamnés à brève échéance à périr, loin de toute consolation/

    Espérance et Foi... la littérature de l'époque n'est pas avare de ces contes édifiants et moralisants. En fait, une très bonne "propagande". Hors l'Eglise point de rémission.

    ***
    seul point gênant dans... pas facile de trouver le notes... il aurait été plus pratique de les mettre en bas de pages ou en annexe... les mettre en fin de chaque chapitre n'est pas vraiment pratique.

    Lien : http://mazel-annie.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Ceache, le 15 septembre 2011

    Ceache
    Peut-on voir en Gautier de Coinci un lointain précurseur de Théophile Gautier... Rapprochement facétieux mais pas seulement, il se trouve que j'ai lu «La maladie et la Foi au Moyen Âge» de Lydia Bonnaventure quasiment en même temps que Le Capitaine Fracasse dudit Théophile... Et l'on trouve chez les deux auteurs des portraits aussi criants de vérité des corps souffrants et dans les deux cas une vision imprègnée par son temps, quand Theophile évoque le règne de Louis XIII, il place dans la bouche d'un de ses personnages (Le Pédant) une allusion à la pyramide de Cheops qui ne s'explique que par l'Expédition en Egypte de Napoléon Bonaparte, quand Lydia Bonnaventure évoque les rapports entre maladie et foi dans les écrits d'un clerc qui a vécu entre le règne de Philippe Auguste et celui de Saint Louis on ne peut s'empêcher de songer aux diverses attitudes «superstitieuses» face à la maladie qui ont trop souvent cours dans certains milieux conservateurs du XXIe siècle....
    le Moyen-Âge n'a pas totalement disparu de nos mentalités.
    Ce petit livre de Lydia Bonnaventure, publication d'un travail universitaire pourra être lu avec fruit par tous ceux que passionnent l'épistémologie de la médecine.
    Il peut aussi se lire à la manière d'un roman, alors on découvre un homme Gautier de Coinci décrit par une auteure passionnée par son sujet et très attentive aux multiples aspects de son personnage. On y découvre que sous le règne de Saint Louis les mentalités étaient bien différentes de celles d'aujourd'hui, mais on peut aussi traquer à la manière d'un détective mille détails où le découvre que le souci des souffrances d'autrui préfigurait déjà l'humanisme dont de multiples racines plongent dans les mentalités médiévales. Bref devant ce livre chaque lecteurs se retrouve (comme devant une fiction passionné par ce qui le préoccupe.
    Ce livre peut enfin se lire, tout simplement comme l'oeuvre d'une histoirienne de talent. J'ai à plus d'une reprise songé en lisant ce livre à Guillaume le Maréchal de Georges Duby. Cette évocation de Gautier de Coinci aurait certainement pu s'insérer dans cette série «Les inconnus de l'histoire» publiée chez Fayard et qui faisait les délices des étudiants passionnés d'Histoire dans les années 80. Même élégance dans le style, semblable précision dans l'évocation des sources. Un seul regret, il est lié à l'édition et à des questions matérielles, quel dommage que les illustrations n'aient pas pu être en couleurs. Fort heureusement, le noir et blanc des images est compensé par le chatoiements de la prose.
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    • Livres 5.00/5
    Par bleuettediot, le 26 août 2011

    bleuettediot
    Je n'ai qu'une crainte en écrivant ce commentaire, celui de ne pas rendre justice à la qualité remarquable de l'oeuvre de Lydia Bonnaventure. Cette médiéviste de talent a rédigé, là, un essai particulièrement abouti, digne d'un historien confirmé. Mais si ce travail de recherche est aussi pointu que minutieux, l'ouvrage n'en demeure pas moins accessible à tous, tant les explications sont claires, le style fluide et le sujet bien amené.
    Au travers des écrits de Gautier de Coinci (1178-1236) Lydia Bonnaventure nous brosse le portrait d'une société médiévale, à une époque où sévissaient les épidémies et la misère.
    Quelle portée a eu le message de ce précurseur ? Comment ses contemporains percevaient-ils la maladie en ce temps-là ? Autant de questions auxquelles l'auteure répond avec une étonnante faculté d'empathie, restituant la psychologie d'un monde où la maladie était perçue comme une punition divine et pour qui la guérison n'était jamais qu'un signe physique de la guérison de l'âme par la rédemption de ses péchés.
    Un livre précieux à découvrir et à conserver dans sa bibliothèque.

    Lien : http://bleuettediot.e-monsite.com
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 21 novembre 2011

    La maladie a ponctué la période médiévale. Les différentes pestes notamment restent dans tous les esprits. On commence à trouver des descriptions exactes de cette maladie au vie siècle. La peste dite de Justinien, du nom de l’empereur byzantin (482-565), en fut la première manifestation véritable. Bien que son foyer se trouvât en Égypte, elle s'abattit sur tout le monde occidental. En quelques mois, elle décima des populations entières, les villes devinrent des déserts. Grégoire de Tours, évêque et historien, relate dans son Histoire des Francs  :

    « …on compta, un dimanche, dans une basilique de saint Pierre, trois cents corps morts. La mort était subite ; il naissait dans l’aine ou dans l’aisselle une plaie semblable à la morsure d'un serpent ; et ce venin agissait tellement sur les hommes qu'ils rendaient l’esprit le lendemain ou le troisième jour ; et la force du venin leur ôtait entièrement le sens. »

    La mort du Pape romain Pélage II, en 590, provoqua une terreur sans nom. Pouvait-on imaginer un seul instant qu’un tel personnage, qui s'était voué corps et âme aux malades durant son Pontificat puisse, lui aussi, subir les effets de ce châtiment envoyé par le malin ?

    Du VIIe siècle au XIVe siècle, le monde connut quelques autres attaques, relativement bénignes. La maladie couvait cependant, pour mieux se déchaîner au XIVe siècle. Cette épidémie sournoise se répandit alors comme une traînée de poudre, faisant fi des continents, des frontières, des Hommes. Elle hanta les corps et les esprits, à tel point que l’on y fait encore référence aujourd’hui en abordant le sujet des maladies à cette période.
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  • Par Couperine, le 21 novembre 2011

    L'obsession majeure de l'homme médiéval est la crainte du Jugement dernier et de la damnation qu'il peut entrainer. Cette peur est à l'origine de certaines conversions subites et décisives, de fins de vie édifiantes dont les textes littéraires portent témoignage. Parallèlement aux genres bien définis que sont la poésie lyrique, l'épopée ou le roman, s'est développée une importante production littéraire constituant une somme de valeurs morales. De cette production disparate font partie les vies de saints, les contes pieux et les miracles de la Vierge. Si cette étude s'est attachée au recueil de Gautier de Coinci, cela n'est pas sans raison. Ce dernier a marqué un tournant dans le paysage littéraire et culturel, devenant un exemple pour ceux qui lui succèderont.
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  • Par Woland, le 08 juin 2011

    [...] ... Pourquoi prôner ainsi l'exil des personnes souffrantes ? J. L. Goglin émet une hypothèse : "La rumeur publique accuse les malades d'empoisonner les fontaines, d'user de maléfices ... [...] Porteurs d'un mal horrible, ils constituent une menace pour la société qui en a peur, et la foule préfère supprimer tous ceux qui sont suspects de jeter des sorts." Le mal assume alors une fonction dramatique, déclenchant haine et vengeance de la société. De ce fait, elles motivent spirituellement les personnages, lesquels se réfugient dans la foi.

    L'exclusion sociale est un thème fréquent dans la littérature médiévale, en corrélation avec la maladie, et notamment avec la lèpre, considérée comme le plus grand des maux. Ainsi, un passage célèbre de "Tristan & Iseut", "La Fleur de Farine", y fait référence. Le nain Frocin, proche du roi, veut faire accuser les deux amants. Pour ce faire, il parsème de farine la chambre de la reine. Tristan est trahi par une blessure. Son sang se répand sur la farine, révélant ainsi sa présence. Pris en flagrant délit, les coupables doivent être livrés au bûcher sur ordre du roi. Mais Tristan s'évade. Iseut, quant à elle, est condamnée à être abandonnée aux lépreux, châtiment bien plus long et bien plus cruel que le précédent. Elle sera sauvée de cette vie atroce et misérable par son amant. ... [...]
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  • Par Woland, le 08 juin 2011

    [...] ... Devant les mortalités dont on ignorait les causes, les hommes du Moyen-Age virent dans la maladie l'expression du courroux céleste. De simple phénomène naturel, elle devint le signe de la présence divine. "Les Miracles de Nostre-Dame" sont le reflet littéraire de cette idéologie sociale. Une sorte de typologie se dégage dans les oeuvres de Gautier de Coinci. Nous allons voir cohabiter un certain nombre de maladies répondant à la conception traditionnelle, reflétant les croyances de l'époque et, par ailleurs, d'autres maladies qui ne seront plus du tout perçues de la mêmes façon. Quelles sont donc les raisons profondes de la souffrance du malade ? ... [...]
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  • Par annie, le 01 juin 2011

    "la souffrance était considérée comme le châtiment de Dieu. Des cérémonies étaient faites pour exorciser le démon. Des textes rapportent des guérisons ponctuelles dues à l'intervention des saints"
    ...
    "Habile ruse ou croyance véritable ?"
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