ISBN : 229034611X
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 4.23/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Dans les pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes, mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s'enfoncent lentement dans la régression animale. Tribus dominantes carnivores, communautés agricoles servant de nourriture aux clans prédateurs, tous sont soumis par... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 29 octobre 2009

    Seraphita
    Dans le pays de la Dorgne, vivent des êtres mi-hommes, mi-animaux, en voie de régression vers l'animalité. Nous faisons connaissance avec Véhir, l'un des héros, qui est un grogne (soit, selon les descriptions de l'auteur, un être mi-homme, mi-cochon). Les grognes forment une communauté agricole servant de nourriture aux clans prédateurs, notamment aux hurles de Luprat. Véhir va pour la première fois de sa vie connaître la cérémonie rituelle de reproduction, dans laquelle grognes et troïas (femelles) copulent pendant plusieurs jours et plusieurs nuits. Mais Véhir s'est entiché de troïa Orn, un sentiment qu'il ne devrait pas éprouver puisque les velléités individuelles sont combattues par le clergé de l'Humpur (comprendre : l'Homme pur). Au cours de cette cérémonie rituelle, Véhir préfère briser l'enclos de fécondité, abandonnant là sa communauté, pour partir vers un ailleurs mystérieux et terrifiant. Il rencontre sur sa route Jarit, un grogne âgé, qui s'est exilé près de la communauté de Manac, communauté qu'a quitté Véhir. Jarit devient un mentor pour ce dernier...
    Une nouvelle fois, ce livre nous expose les capacités imaginatives de Pierre Bordage, dans un style toujours aussi poétique. le monde qu'il décrit est à la fois original sur un plan imaginaire, mais aussi terrifiant. L'auteur a eu l'audace et le mérite de créer un nouveau langage, dégradé par rapport au langage humain, à l'image de la dégradation des clans. Ce roman est une ode à la tolérance et à l'amour, un idéal qu'on pourrait appliquer dans notre monde actuel. A découvrir pour basculer dans un nouvel univers et pour réfléchir sur les rapports humains…
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par keisha, le 05 avril 2010

    keisha
    "L'odeur de la silhouette enveloppée dans un ample manteau de lin, la tête enfouie sous un capuchon, n'était pas celle d'un hurle. Un miaule, un glape, un gronde peut-être.
    Affalé sur son tapis de feuilles, paniqué, le jeune grogne ne parvint pas à prendre la seule décision qui s'imposait : prendre ses jambes à son cou. Son enfance à Manac avait forgé en lui un comportement de soumission, de résignation. En dehors de la communauté il était aussi nu et fragile qu'un nouveau-né, une proie à la fois recherchée et fragile pour les rôdeurs du pays de la Dorgne. En dépit de la protection offerte par ses soies et sa couenne, des frissons glacés le parcouraient du sommet du crâne jusqu'à l'extrémité des doigts. "
    Refusant l'existence sans surprise qui l'attend à Manac, le jeune grogne Véhir s'enfuit. Sa rencontre avec Jarit, qui lui fera entrevoir l'existence des dieux là-bas dans le Grand Centre, lui donnera l'impulsion pour étancher sa soif de connaissance. Mais dans ce monde fortement médiéval et hiérarchisé, bourré d'interdits et de superstitions, Véhir n'est qu'une proie pour tous les prédateurs qui rodent. Au fil du chemin qui le mène vers les dernières révélations, il rencontrera Tia la hurle, Ruogno le ronge et Ssassi la siffle. Les quatre héros viendront à bout de leurs peurs et de leurs inimitiés et apprendront à faire parler en eux la part humaine et pas seulement la part animale.
    Premier contact donc avec Pierre Bordage. De prime abord, bon point pour le style, particulièrement dans les dialogues. Les personnages assistent au fil des générations à une lente chute vers de plus en plus d'animalité, leur parler s'en ressent forcément et l'auteur a bien mis cela en valeur en usant d'une belle inventivité langagière.
    La description cet univers évoquant le Moyen Âge mais se déroulant dans notre futur est une belle réussite.
    L'évolution de Véhir, la création du groupe de plus en plus soudé est assez classique je pense, ainsi que l'alternance de combats (plutôt violents à mon goût ) ou d'instants plus paisibles. Pas le temps de souffler cependant. Sans doute habituée à ce genre d'histoire, j'ai vite compris comment cela allait évoluer, mais je n'ai pas boudé mon plaisir.
    La deuxième partie fait parfois un peu "L'âge de glace" ou "Jurassic park" ou évoque aussi un roman de Wells, je ne dis pas lequel pour éviter un spoiler...
    J'oubliais : chaque chapitre est précédé d'un "fabliau de l'Humpur", fort bien troussé!

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-les-fables-de-l-..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Annaelle, le 17 avril 2011

    Annaelle
    Résumé:
    Dans les pays de la Dorgne, des êtres mi-hommes, mi-animaux perdent peu à peu leur patrimoine humain et s'enfoncent lentement dans la régression animale. Tribus dominantes carnivores, communautés agricoles servant de nourriture aux clans prédateurs, tous sont soumis par le clergé aux lois de l'Humpur, qui punissent de mort les mélanges entre les clans et les comportements individualistes. Parce qu'il ne supporte pas de voir la jeune Troïa qu'il aime livrée aux appétits collectifs lors de la cérémonie rituelle de reproduction, Véhir brise l'enclos de la fécondité et s'enfuit en quête des derniers dieux humains de la légende. Lui, le grogne paysan, va accomplir ce chemin en compagnie de Tia, une jeune prédatrice hurle en exil...

    Mon avis:
    Décidément, je crois que je vais bientôt compter cet auteur parmi mes préférés !
    J'avais déjà adoré « Porteurs d'âmes », et j'ai au moins autant aimé celui-ci.
    Même si l'histoire et l'univers sont très différent, j'y ai retrouvé tout ce que j'avais déjà aimé de l'auteur dans le premier livre que j'avais lu de lui.
    L'originalité de ces histoires d'abord, ses récits son captivants, surprenants et passionnants.
    Ici il nous offre en plus de découvrir un vrai monde, un univers, avec son langage (proche du nôtre, mais à la fois si différent), ses coutumes, ses différentes espèces (quelle idée génial d'ailleurs, même si j'ai parfois eu un peu de mal à me les représenter, j'ai trouvé ça vraiment excellent!). Chaque détail contribue à nous emporter totalement et avec un plaisir immense dans l'histoire.
    J'aime aussi beaucoup ses personnages, contrairement à ce qu'on a l'habitude de voir, les héros ne sont jamais totalement blancs, bourrés de défauts et de faiblesse ils sont même parfois pitoyable, énervant, voir détestable ! Malgré tout (et peut-être même malgré nous !), on fini toujours par s'attacher à eux, peut-être aussi parce que ça les rends plus proches de nous. Quand à leurs ennemies, ils ne sont pas entièrement sombre non plus, d'ailleurs quand on croise un nouveau personnage, on ne sait que rarement de quel côté il se situe, et on se trompe souvent !
    Bref, j'ai trouvé cette histoire excellente ! A lire absolument !

    Lien : http://l-imaginarium.forumactif.net/t150-les-fables-de-l-humpur-pier..
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    • Livres 5.00/5
    Par Lelf, le 02 avril 2010

    Lelf
    Avec ce roman, Pierre Bordage fait une nouvelle fois preuve de cette ingéniosité qui plaît tant à ses lecteurs. A la fois roman de fantasy, par cet univers médiéval et brutal, et de science-fiction par ses références aux Dieux Humains, Les fables de l'Humpur s'avère surtout être un roman incontournable pour tout amateur d'Imaginaire, un conte d'Humanité dont la morale bouscule et pousse à la réflexion. La maîtrise narrative laisse le lecteur admiratif devant ce fabuleux travail et émerveillé par la beauté de ce récit puissant, d'une profondeur rarement égalée.

    Lien : http://www.imaginelf.com/2010/03/les-fables-de-lhumpur-pierre-bordage/
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    • Livres 5.00/5
    Par IreneAdler, le 07 février 2012

    IreneAdler
    Les hommes ont disparu, remplacés par des êtres mi-animaux mi-humains. Leur mode de vie est plus proche de l'animal que de l'homme, les valeurs et les sentiments disparaissent peu à peu pour laisser place à l'instinct et à la bestialité.
    Un homme-cochon, après avoir trouvé des fresques de l'humanité disparue, part en quête pour en chercher le berceau originel et tenter d'enrayer, voire d'inverser le processus de transformation. Il sera rejoint par des membres d'autres tribus : une louve, une souris,...
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Citations et extraits

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  • Par Coeurdechene, le 26 septembre 2010

    Du coin de l'oeil, il épia Jarit, qui avait retiré ses vêtements et qui, la tête posée sur son sac, s'était allongé sur l'herbe pour se gorger de la chaleur naissante du jour. La couenne du vieux grogne ressemblait à un sac de jute qu'on aurait rempli d'os taillés en pointe. Cependant, bien qu'il eût pour lui la vigueur de la jeunesse, Véhir avait l'impression d'être un double dégénéré de son congénère. Un double animal. Il se sentait laid, dépourvu de cette grâce singulière, indéfinissable, qui imprégnait chaque geste, chaque parole de l'ermite. Ils étaient de la même race, sans doute, mais l'un avait accumulé une énorme somme de connaissances là où l'autre pataugeait dans son ignorance et dans sa peur ; l'un s'était affiné en vieillissant, l'autre s'était engagé dès la naissance sur le chemin de la régression ; l'un employait un langage élaboré, précis, l'autre rencontrait les pires difficultés à transformer ses pensées en paroles. Quant à leurs différences physiques, elles n'étaient que l'illustration de l'inexorable déchéance des grognes de Manac.
    " Du temps où j'étais un grognelet, les anciens m'apparaissaient bien plus beaux que moi ", dit soudain Jarit sans bouger.
    Bien que couverte par le grondement de la chute, sa voix effaroucha les oiseaux qui s'envolèrent des deux saules dans un bruissement d'ailes.
    " L'est le démon, çui qui s'aglume dans la tête d'autrui ! " s'exclama Véhir.
    Jarit partit d'un éclat de rire qui fit onduler la couenne plissée de son ventre.
    " Pas besoin d'être démon pour deviner tes pensées, p'tio ! Elles se voient sur ta face aussi clairement que des cailloux au fond d'un ruisseau. Toutes ces années de solitude ont développé en moi un sens aigu de l'observation.
    - Eh, pouvai't pas me voir puisqu'avai't les yeux enclos !
    - J'ai également appris qu'on pouvait voir sans se servir de ses yeux. J'appelle ça la vision intérieure.
    - A't pas eu la vision… intérieure de miaules, ct'e matin ?
    - Je crois qu'ils ont renoncé à leur repas, répondit Jarit en se redressant sur un coude. Mais ni ma vue, ni mon flair ne sont infaillibles.
    - Ai'j faim.
    - Rentrons. Il ne fera pas bon rester dehors aujourd'hui. "
    Ils se mirent en chemin alors que les nuages bas et noirs s'amoncelaient au-dessus de leurs têtes. La chaleur se faisait lourde, et le silence qui figeait la forêt annonçait un orage imminent. Ils s'arrêtèrent ni pour cueillir les cèpes qui s'épanouissaient au pied des chênes ni pour déterrer les patates truffières dont les effluves agaçaient l'appétit de Véhir. Ils arrivèrent en vue de la grotte au moment où une bourrasque soudaine déracinait un hêtre à moitié mort.
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Vidéo de Pierre Bordage


Zone Franche 2012 : Conférence Trou noir, trou de ver et énergie du vide 3/5
Conférence avec Jean-Michel Alimi, astrophysicien, directeur de recherche au CNRS, ancien directeur du Laboratoire Univers et Théories de l'Observatoire de Paris, Pierre Bordage et Laurent Genefort, auteurs. Table ronde animée par Laurent Kandel.








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